- Les marchés du travail font preuve de résilience mais montrent des premiers signes de ralentissement
- Les salaires réels sont en hausse mais ont encore du retard à rattraper
- Contrer les effets du vieillissement sur la croissance
- Les compétences en traitement de l’information et les taux de participation à la formation sont plus faibles chez les travailleurs âgés
Table des matières
Ces notes pays donnent un aperçu de la situation du marché du travail dans chaque pays en s’appuyant sur les données des Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2025. Cette édition met en lumière la façon dont le vieillissement de la population et en particulier de la population active va affecter le marché du travail et les emplois.
Les marchés du travail font preuve de résilience mais montrent des premiers signes de ralentissement
Copier le lien de Les marchés du travail font preuve de résilience mais montrent des premiers signes de ralentissementLe taux de chômage de l’OCDE se maintient à 4.9 % en mars 2025, soit le même niveau qu’il y a un an. Toutefois, des signes de ralentissement apparaissent, avec une décélération de la croissance de l’emploi, et des tensions sur le marché du travail qui retombent aux niveaux d’avant la crise de COVID‑19 dans de nombreux pays.
Le taux de chômage au Canada demeure supérieur à la moyenne de l’OCDE et a augmenté de 1.8 point de pourcentage, passant de 5.2 % en 2023 à 7 % en mai 2025 (voir graphique ci-dessous). Par ailleurs, le taux d’emploi a diminué de 1.9 point de pourcentage entre le premier trimestre 2023 et le premier trimestre 2025.
Selon les projections de l’OCDE (Perspectives économiques 2025), la croissance annuelle du PIB au Canada devrait ralentir, passant de 1.5 % en 2024 à 1.0 % en 2025, puis à 1.1 % en 2026. Ce fléchissement s’explique en grande partie par les tensions commerciales avec les États-Unis, la détérioration des perspectives d’emploi devant peser sur la consommation des ménages, dans un contexte de recul des investissements des entreprises et des exportations.
Au Canada, certains signes laissent entrevoir un début de reprise du marché du travail. Le recul du nombre de postes vacants – observé depuis l’été 2022 – s’est interrompu au deuxième trimestre 2024, et le nombre de postes vacants est resté globalement stable jusqu’au premier trimestre 2025. De plus, les offres d’emploi publiées au Canada sur la plateforme en ligne Indeed étaient plus nombreuses en février 2025 qu’en novembre 2024 – le Canada étant le seul des sept pays pour lesquels les données sont disponibles à afficher une telle évolution.
Les salaires réels sont en hausse mais ont encore du retard à rattraper
Copier le lien de Les salaires réels sont en hausse mais ont encore du retard à rattraperLes salaires réels augmentent dans pratiquement tous les pays de l’OCDE, mais dans la moitié d’entre eux, ils sont encore inférieurs aux niveaux de début 2021 – juste avant la poussée inflationniste qui a suivi la pandémie.
Les salaires réels au Canada ont commencé à se redresser après la pandémie. Au premier trimestre 2025, les salaires réels ont augmenté de 1.9 % sur un an (voir graphique ci-dessous). Sur la même période, les salaires nominaux ont progressé de 4.3 %.
Bien que les salaires réels soient désormais supérieurs au niveau le plus bas observé pendant la pandémie – où les salaires étaient inférieurs de 5.7 % à leur niveau du premier trimestre 2021 –, il leur reste retrouver leur niveau d’avant la pandémie et restent inférieurs de 1.4 % à celui du premier trimestre 2021.
Les salaires minimums réels ont suivi l’évolution de l’inflation ainsi que la croissance des salaires dans l’ensemble. Depuis janvier 2021, les salaires minimums réels au Canada ont augmenté de 0.5 %, soit davantage qu’aux États-Unis, où ils ont reculé, mais moins que la médiane des pays de l’OCDE (croissance de 4.7 %) et d’autres membres du G7 tels que l’Allemagne (croissance de 12 %) ou le Royaume‑Uni (croissance de 11 %). Bien que la hausse des salaires minimums réels au Canada soit plus modeste, ceux-ci sont tout de même passés de 49 % à 50 % du salaire médian réel.
Contrer les effets du vieillissement sur la croissance
Copier le lien de Contrer les effets du vieillissement sur la croissancePartout dans le monde, les gens vivent plus longtemps et en meilleure santé que jamais auparavant. Cette réussite remarquable s’est accompagnée d’une baisse de la fécondité, ce qui a entraîné d’importants changements démographiques. Le nombre de personnes âgées par personne en âge de travailler augmentera de 67 % d’ici 2060 dans l’ensemble de l’OCDE. Sans changement politique, la part des personnes qui travaillent dans la population diminuera, ce qui ralentira la croissance annuelle du PIB par habitant de 0.4 point de pourcentage.
Selon les projections de référence, le ratio emploi-population au Canada devrait diminuer de 2.89 points de pourcentage entre 2023 et 2060. Cela signifie qu’il y aura près de 3 personnes de moins sur 100 en emploi. Par ailleurs, le ratio de dépendance des personnes âgées au Canada devrait croître, passant de 0.32 à 0.50 sur la même période.
Les individus âgés appartenant à la population active ont connu une croissance des revenus plus rapide que les jeunes adultes appartenant à la population active. En effet, le revenu disponible équivalent des jeunes en âge de travailler (âgés de 25 à 34 ans) est passé de 0.65 % supérieur à celui des travailleurs âgés (55 à 64 ans) en 1995, à inférieur de 3.6 % en 2019.
Ainsi, si le Canada parvient à prolonger la durée de vie professionnelle, cela contribuera à alléger la charge supportée par les jeunes générations, qui seront confrontées aux défis économiques du vieillissement démographique et de la perspective d’une faible croissance des revenus.
L’augmentation du nombre d’emplois pour les travailleurs âgés et la promotion de l’égalité femmes / hommes au travail pourraient stabiliser les ratios emploi/population de la plupart des pays de l’OCDE. Toutefois, la croissance du PIB par habitant continuera de ralentir dans de nombreux pays. Ce n’est qu’à condition de stimuler la croissance de la productivité que les pays pourront maintenir un niveau de croissance proche des niveaux antérieurs.
Si la croissance de la productivité se poursuit selon la tendance observée entre 2006 et 2019, le PIB par habitant du Canada augmentera de 0.41 % par an, compte tenu des tendances démographiques et d’emploi actuelles (voir graphique ci-dessous). Ce taux de croissance est nettement inférieur à la moyenne enregistrée sur la même période au sein de l’OCDE (1.03 %).
Le Canada peut augmenter la croissance annuelle du PIB par habitant à 0.62 % en mobilisant les ressources inexploitées du marché du travail, notamment en encourageant l’emploi des travailleurs âgés en bonne santé. Le taux d’emploi des travailleurs en fin de carrière (60‑64 ans) est globalement comparable à la moyenne de l’OCDE, à hauteur de 55 %, et pourrait être relevé. Le Canada peut encourager l’emploi des travailleurs âgés, par exemple, en réformant les dispositifs qui empêchent ceux bénéficiant de prestations de retraite anticipée de continuer à travailler. Ces dispositifs contraignent ces individus à choisir entre revenu du travail et pension.
La croissance économique du Canada pourrait même dépasser 0.62 % pour atteindre 1.09 % par an, si la croissance de la productivité des travailleurs s’élève à 1.03 % (soit la moitié du taux de croissance médian observé dans les pays de l’OCDE entre 1991 et 2000). Un tel progrès permettrait au Canada de compenser l’impact négatif du vieillissement démographique sur la croissance.
Les compétences en traitement de l’information et les taux de participation à la formation sont plus faibles chez les travailleurs âgés
Copier le lien de Les compétences en traitement de l’information et les taux de participation à la formation sont plus faibles chez les travailleurs âgésLa nature du travail évolue, offrant aux travailleurs âgés l’opportunité de rester productifs plus longtemps, Toutefois, ces avantages pourraient être compromis par un déclin des compétences lié au vieillissement de la main-d’œuvre. Pour y remédier, il est urgent de passer du modèle actuel – où seulement un tiers des personnes âgées de 55 à 65 ans suivent une formation – à un modèle où les individus apprennent tout au long de la vie.
Au Canada, les adultes plus âgés affichent des niveaux de maîtrise de la lecture plus faibles – et en déclin – par rapport aux jeunes adultes. Les résultats en littératie des personnes âgées de 55 à 65 ans dans l’enquête PIAAC au Canada sont inférieurs à ceux des 25 à 44 ans, et l’écart d’âge en matière de littératie est relativement important par rapport aux autres pays de l’OCDE. En outre, en 2023, les scores de littératie ont diminué de 8 % chez les personnes qui avaient entre 50 et 54 ans en 2012, tandis qu’ils ont augmenté de 6 % chez celles âgées de 25 à 29 ans en 2012.
L’apprentissage chez les travailleurs âgés est central pour inverser ces tendances. Le Canada présente le plus grand écart de participation à la formation non formelle entre les 25‑54 ans (62 %) et les 55‑65 ans (36 %) parmi les pays de l’OCDE (voir graphique ci-dessous). En plus de contribuer au maintien des compétences de base, encourager la participation des adultes plus âgés à la formation peut leur permettre de prolonger leur vie professionnelle productive, de mieux s’adapter à la transition numérique et à la transition écologique, et d’accéder à des opportunités professionnelles plus épanouissantes, même à un stade avancé de leur carrière.
Des politiques sont mises en place pour encourager les migrants à participer à l’apprentissage des adultes. Le programme de formation relais de l’Ontario (PFRO) continue d’aider les professionnels formés à l’étranger à s’insérer sur le marché du travail canadien. Le PFRO propose des formations spécialisées et ciblées par profession, ainsi que des services d’accompagnement afin d’aider les immigrants à satisfaire aux exigences en matière de reconnaissance des certifications et à accéder à des emplois correspondant à leur niveau de qualifications. Le programme se concentre sur les secteurs en forte demande afin de répondre aux besoins du marché du travail.
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Roland TUSZ (✉ roland.tusz@oecd.org)
Theodora XENOGIANI (✉ theodora.xenogiani@oecd.org)
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La publication complète est disponible en français : OCDE (2025), Perspectives de l'emploi de l'OCDE 2025 : Pouvons-nous surmonter la crise démographique ?, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/79445578-fr.
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