Ce chapitre démontre le bien-fondé de l’adaptation aux sécheresses en examinant comment les cadres stratégiques, les instruments et les mécanismes de financement peuvent améliorer la résilience aux sécheresses dans un contexte de changement climatique. Il passe en revue les stratégies permettant d’intégrer cette résilience dans les politiques nationales, de gérer l’approvisionnement et la demande en eau, de protéger les écosystèmes et d’adapter les secteurs clés à l’accroissement du risque de sécheresse. S’appuyant sur des études de cas et l’identification de bonnes pratiques, notamment des membres de l’OCDE, ce chapitre montre comment les pays peuvent améliorer leur capacité à atténuer les impacts de la sécheresse et mettre en place une résilience à long terme.
Perspectives mondiales des sécheresses
4. S’adapter au risque de sécheresse pour assurer la résilience à long terme
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4.1. Introduction
Copier le lien de 4.1. IntroductionL’accroissement des risques et des impacts liés aux sécheresses souligne l’urgente nécessité de renforcer l’action publique pour améliorer la résilience face à des phénomènes de sécheresse de plus en plus intenses, protéger les communautés et garantir une utilisation durable des ressources dans le contexte du changement climatique. Faute d’une action forte de la part des pouvoirs publics, les coûts socioéconomiques et environnementaux des sécheresses vont continuer à augmenter à l’échelle mondiale, avec des effets en cascade et potentiellement irréversibles pour les sociétés, les économies et les écosystèmes sur tous les continents (voir les chapitres 2 et 3).
Face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, de nombreux pays ont renforcé leurs mesures d’urgence, en particulier les restrictions de la consommation d’eau (Gerber et Mirzabaev, 2017[1] ; UNW-DPC, 2015[2]). En France, par exemple, les restrictions d’eau dans la région Île-de-France sont passées d’une moyenne de 0.7 jour/an en 2011-2016 à 21.7 jours/an en 2017-2022 (OCDE, 2025[3])1. En Espagne également, certaines des régions les plus exposées aux sécheresses ont eu de plus en plus recours aux restrictions d’eau (Agència Catalana de l'Aigua, 2020[4]).
Bien que ces mesures permettent effectivement de réduire la consommation d’eau pendant les périodes de grande pénurie, leur insuffisance devient flagrante à mesure que la fréquence et l’intensité des sécheresses augmentent. Les restrictions d’usage de l’eau sont généralement des mesures à court terme visant à limiter la consommation immédiate des eaux de surface, mais elles sont de peu d’utilité pour améliorer la résilience sur le long terme. Une fois que les restrictions sont levées, la consommation d’eau retrouve généralement les niveaux antérieurs (Climate ADAPT, 2023[5]). Les restrictions de l’usage de l’eau peuvent même parfois être préjudiciables à la résilience face au changement climatique car elles peuvent déclencher des mécanismes qui accentuent encore la vulnérabilité aux sécheresses. Ainsi, si les prélèvements des eaux souterraines ne sont pas réglementés de façon stricte, les usagers peuvent y trouver une source alternative aux eaux de surface, d’où une accélération de l’épuisement des nappes. De plus, en limitant la consommation d’eau, les restrictions peuvent réduire les ruissellements de surface qui reconstituent naturellement les nappes souterraines, ce qui empêche également la recharge de ces dernières. Par ailleurs, si la réduction de l’usage de l’eau peut éventuellement atténuer la pénurie sur le court terme, le coût de ces mesures en termes d’efficience économique peut s’avérer considérable en comparaison avec d’autres stratégies de gestion de l’eau (comme la tarification), et toutes les catégories d’usagers en subissent les effets (particuliers, commerces et industries) (Woo, 1994[6] ; de los Angeles Garcia Valiñas, 2006[7]). Une autre question qui se pose est celle de l’équité, les usagers les plus durement touchés par les restrictions n’étant pas toujours ceux responsables de la pénurie d’eau.
Il faut, pour relever les défis que représentent les sécheresses, adopter un changement de cap décisif et engager des actions de prévention pour atténuer les changements et s’adapter à l’évolution de la situation. L’adaptation aux sécheresses implique la mise en place d’un large éventail d’actions proactives visant à réduire ex ante l’occurrence de ces phénomènes et la pénurie d’eau qu’ils induisent, tout en limitant le plus possible leurs impacts sur les communautés, les écosystèmes et les économies. Les impacts d’envergure induits par les sécheresses – sur la sécurité alimentaire et les prix, la santé publique, les systèmes énergétiques, le transport, l’agriculture, voire la paix et la sécurité – soulignent la nécessité d’adopter des approches intersectorielles coordonnées. Des efforts sont notamment requis concernant la gestion durable de l’eau, la préservation des sols et des écosystèmes, ainsi que des pratiques sectorielles tournées vers l’adaptation, afin d’améliorer la résilience dans les zones concernées. Bien qu’inaptes à éliminer totalement le risque de sécheresse, ces mesures peuvent en réduire sensiblement les impacts. Il est important de noter que pour traiter efficacement les risques de sécheresse, qui sont par nature complexes et interconnectés, les efforts d’adaptation doivent être mis en place au niveau national et au-delà des frontières.
L’adaptation proactive au risque de sécheresse peut produire le « triple dividende de la résilience », c’est-à-dire d’importants avantages socioéconomiques (Graphique 4.1). Premièrement, les mesures préventives peuvent réduire les impacts et les coûts des sécheresses, notamment les fardeaux financier et social résultant des interventions d’urgence et des efforts de redressement. Deuxièmement, l’adaptation proactive réduit l’incertitude économique associée aux impacts des sécheresses, ce qui permet une planification à long terme et encourage le développement de l’activité économique et de l’investissement dans les actifs productifs, en particulier dans les régions où le risque est perçu comme important. Enfin, l’adaptation proactive génère des avantages connexes sur le plan socioéconomique et environnemental tels que l’amélioration de la productivité agricole, la réduction de la vulnérabilité à la pauvreté, ainsi que la meilleure santé des êtres humains et des écosystèmes. À ce titre, elle n’a pas seulement pour effet d’atténuer les impacts des sécheresses mais aussi d’accroître globalement la résilience et la performance économique, ce qui est bénéfique aux pays et aux communautés indépendamment des situations de sécheresse qu’ils rencontreront ou non (Tanner et al., 2015[8] ; OCDE, 2024[9]).
Le triple dividende de la résilience aux sécheresses montre que les bienfaits potentiels de l’investissement dans la résilience dépassent de loin les coûts y afférents. Le ratio coûts-bénéfices varie en fonction du profil de risque et des conditions socioéconomiques de chaque pays. Il arrive que les retours sur investissement des efforts d’amélioration de la résilience soient plus faibles pendant les périodes où il n’y a pas eu de sécheresse ou dans les zones n’ayant été touchées que sporadiquement (Kusunose et Lybbert, 2014[10]). Malgré ces variations, l’investissement dans la résilience et l’adaptation aux sécheresses a tendance à produire des effets globalement positifs dont le montant peut être jusqu’à dix fois supérieur aux sommes investies (FAO, 2021[11] ; IDRA, 2024[12] ; IDMP, 2022[13]). L’accroissement de cet investissement est d’autant plus nécessaire lorsque l’on s’aperçoit que la baisse de la disponibilité en eau a des répercussions importantes sur la croissance économique (voir le chapitre 3) (Zaveri, Damania et Engle, 2023[14]). De surcroît, parce que les phénomènes de sécheresse ont une évolution lente, les mesures préventives procurent des bienfaits qui s’accumulent au fil du temps, ce qui génère des retours sur investissement importants sur le long terme.
Graphique 4.1. Le triple dividende de l’adaptation aux sécheresses
Copier le lien de Graphique 4.1. Le triple dividende de l’adaptation aux sécheressesCe chapitre vise à présenter l’éventail des stratégies, politiques publiques et pratiques qui existent pour s’adapter au risque de sécheresse, ainsi qu’à évaluer dans quelle mesure les pays les adoptent. Il donne une vue d’ensemble de la façon dont les pouvoirs publics ont fait évoluer les stratégies (Section 4.2) et les mesures (Section 4.3) applicables dans les différents secteurs pour s’adapter au risque de sécheresse croissant. Il examine ensuite les conditions qui s’imposent pour permettre une adaptation aux sécheresses efficace (Section 4.4). Si l’analyse se concentre surtout sur les expériences des pays de l’OCDE, des exemples et des enseignements tirés d’autres pays et régions exposés aux sécheresses sont également fournis. En portant son attention sur différents contextes, le chapitre cherche à donner une vision exhaustive des diverses lacunes de l’action publique et opportunités que représentent les sécheresses. Au final, si les stratégies et les mesures proposées tout au long de ce chapitre offrent des solutions prometteuses pour améliorer la résilience face au risque de sécheresse, leur hiérarchisation dépendra du profil de risque et des conditions socioéconomiques uniques de chaque pays.
4.2. Une planification stratégique pour s’adapter à l’intensification du risque de sécheresse
Copier le lien de 4.2. Une planification stratégique pour s’adapter à l’intensification du risque de sécheresse4.2.1. Des cadres d’action nationaux pour assurer la résilience aux sécheresses
Face à l’augmentation des risques de sécheresse et des impacts de ces phénomènes, les pays intègrent de plus en plus dans leurs cadres d’action la notion de résilience. Ces cadres mettent l’accent sur la nécessité d’agir de façon préventive dans les différents secteurs et domaines de l’action publique afin de s’attaquer aux multiples facettes des risques de sécheresse. Cela traduit la reconnaissance croissante de l’importance de la planification à long terme pour atténuer les impacts des sécheresses sur les écosystèmes, les économies et les communautés.
Les plans de gestion des sécheresses constituent un élément central pour améliorer la résilience : ils permettent de fixer des objectifs stratégiques clairs, de coordonner les efforts des pouvoirs publics, ainsi que de réduire les conflits liés à l’eau dans les régions exposées aux sécheresses. Ces plans fournissent généralement une présentation des stratégies, des mesures et des cadres institutionnels qui peuvent être mis en œuvre pour prévenir les sécheresses et y faire face, garantissant ainsi une approche intersectorielle coordonnée. À l’échelle mondiale, 70 pays au moins ont établi des plans de gestion des sécheresses, avec une dominante en Afrique, Amérique latine et Caraïbes, et Asie du Sud-Est (CLD, 2024[15]). La moitié des pays de l’OCDE ont mis en œuvre des plans ayant une portée soit nationale, soit infranationale (Graphique 4.2). Les plans de portée infranationale, qui viennent souvent compléter – et parfois remplacer – les plans de portée nationale, peuvent s’appliquer au niveau des États fédérés (par exemple aux États-Unis) ou des bassins versants (par exemple en Espagne et au Mexique). Ces plans servent souvent à expérimenter des approches novatrices en matière de résilience aux sécheresses, comme le montrent les exemples du plan d’action spécial contre la sécheresse de la Catalogne et la stratégie de gestion des sécheresses en milieu urbain de la ville du Cap (Encadré 4.1).
Graphique 4.2. Les plans de gestion des sécheresses (PGSs) dans les pays de l’OCDE
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Note : Les plans de portée infranationale sont représentés uniquement lorsque les pays n’ont pas de plan de portée nationale. À noter que les pays ne disposant pas de plan de gestion des sécheresses à proprement parler abordent généralement le risque de sécheresse au travers de la gestion des ressources en eau, de l’adaptation au changement climatique ou d’autres stratégies locales ou sectorielles.
Source : Travaux des auteurs.
Certains pays ont conçu des plans de gestion sectoriels et des stratégies de plus grande portée pour accroître la résilience dans les secteurs vulnérables. La Turquie, par exemple, a élaboré une stratégie nationale axée spécifiquement sur la sécheresse des terres agricoles (OCDE, 2021[16]), ainsi qu’une stratégie et un plan d’action visant à promouvoir une utilisation efficiente de l’eau et l’adaptation au changement climatique dans les secteurs dépendant de cette ressource (République de Turquie, 2023[17]). En Pologne, l’autorité nationale de gestion de l’eau intègre dans son plan de gestion des sécheresses, adopté récemment, la réduction des risques et l’adaptation au changement climatique (Commission européenne, 2023[18]). Il arrive aussi que le risque de sécheresse soit pris en compte dans des instruments plus vastes comme les stratégies de gestion de l’eau et les plans de développement de l’agriculture. En Allemagne et en Slovaquie, par exemple, la réduction du risque de sécheresse est intégrée dans la stratégie à long terme relative à l’eau ; en France, le plan d’action national sur l’eau et ses cadres de gestion de l’eau au niveau des bassins versants privilégient explicitement la réduction du risque de sécheresse (OCDE, 2023[19] ; Deltares, 2022[20] ; FAO, 2016[21] ; FAO, 2021[11] ; OCDE, 2025[3]). Les nouvelles politiques publiques mises en œuvre dans d’autres secteurs (dont l’énergie, les transports, la biodiversité et l’urbanisme) commencent également à aborder la question de la résilience aux sécheresses, ce qui montre bien le lien des risques de sécheresse avec les différents pans de l’économie.
Encadré 4.1. L’adoption d’approches novatrices à l’égard de la résilience aux sécheresses dans les cadres d’action infranationaux
Copier le lien de Encadré 4.1. L’adoption d’approches novatrices à l’égard de la résilience aux sécheresses dans les cadres d’action infranationauxLes villes et les régions exposées aux sécheresses ont longtemps été à l’avant-garde de l’élaboration de stratégies de lutte contre la pénurie d’eau. En Catalogne (Espagne), par exemple, le plan d’action spécial sur la sécheresse s’appuie sur des indicateurs hydrologiques (comme la pluviométrie ainsi que le niveau des retenues d’eau et des nappes aquifères) pour définir les niveaux d’alerte sécheresse, qui déclenchent en retour des mesures d’intervention axées principalement sur la restriction de la consommation d’eau, le renforcement de l’approvisionnement en eau et les transferts de cette ressource. En revanche, d’autres stratégies de portée locale ont adopté une perspective à plus long terme. Ainsi, la stratégie de gestion des sécheresses en milieu urbain élaborée par la ville du Cap (Afrique du Sud) suite à la grave sécheresse de 2015-2017 s’appuie sur les projections de la demande en eau sur le long terme pour concevoir des mesures de gestion de cette ressource, auxquelles sont associés des campagnes de sensibilisation, des règlements sur l’utilisation efficiente de l’eau, ainsi que des investissements visant à diversifier l’approvisionnement en eau et à accroître la résilience face aux sécheresses futures.
Ces stratégies, ainsi que d’autres, se sont généralement concentrées sur les ressources en eau bleue (c’est-à-dire les cours d’eau, les lacs et les eaux souterraines) pour faire face à la rareté de cette ressource en période de sécheresse. À cet égard, les mesures les plus courantes sont les restrictions de la consommation, la mise en place d’infrastructures de stockage et l’amélioration des systèmes de distribution de l’eau. Toutefois, depuis quelques années, l’importance de l’eau verte (c’est-à-dire l’eau stockée dans les sols sous forme d’humidité) est de plus en plus reconnue dans le cadre de la gestion intégrale des sécheresses, et certains États commencent à intégrer la gestion de cette eau dans leurs stratégies de lutte contre la sécheresse. Cela implique des pratiques comme la gestion durable des terres, l’amélioration des techniques agricoles et la restauration des écosystèmes avec pour objectif une meilleure rétention d’eau dans les sols. En Écosse, par exemple, le cadre d’action sur l’eau prévoit des dispositifs de rétention naturels pour gérer les eaux de surface mais aussi créer des paysages favorisant la résilience face à aux aléas hydriques, signe d’une évolution vers des approches plus globales et coordonnées de la résilience face aux sécheresses.
Les stratégies et les plans d’adaptation au changement climatique de portée nationale sont également devenus des outils de première importance pour faire coïncider les efforts d’amélioration de la résilience aux sécheresses avec les politiques climatiques au sens large. Ces cadres fournissent une base stratégique à l’intégration de l’adaptation dans la planification de l’action publique pour les différents secteurs et aux différents niveaux de l’administration. Le degré avec lequel les risques de sécheresse sont traités dans les stratégies et les plans d’adaptation de portée nationale est variable et dépend du profil de risque et des priorités d’action de chaque pays. Il est fréquent que les plans identifient des régions, des écosystèmes (comme les zones humides ou les forêts) et des secteurs (par exemple l’agriculture ou l’énergie) prioritaires pour l’adaptation, l’agriculture et la gestion de l’eau étant souvent mises en avant comme étant des domaines critiques. Dans les pays de l’OCDE, ces plans insistent sur la nécessité de gérer les sécheresses de façon proactive, les interventions en réaction à la pénurie cédant la place à des solutions préventives axées sur le long terme (Tableau 4.1).
Tableau 4.1. Traitement du risque de sécheresse dans les stratégies et les plans d’adaptation nationaux au changement climatique au sein de certains pays de l’OCDE
Copier le lien de Tableau 4.1. Traitement du risque de sécheresse dans les stratégies et les plans d’adaptation nationaux au changement climatique au sein de certains pays de l’OCDE|
Pays |
Le risque de sécheresse sous l’angle sectoriel |
|---|---|
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Australie |
L’accent est mis sur la sécurité hydrique et la diversification, dont le dessalement, ainsi que le financement visant à accroître la résilience dans les systèmes agricoles. |
|
Canada |
L’adaptation proactive aux sécheresses et son intégration à la problématique de la gestion de l’eau dans l’agriculture et la foresterie sont mises en avant ; l’importance de la reforestation et d’une infrastructure résiliente au changement climatique est soulignée. |
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France |
Il est question des dommages causés par les sécheresses aux bâtiments, des évaluations de la vulnérabilité au regard de l’approvisionnement en eau, des liens entre adaptation et atténuation, ainsi que du comblement de l’écart entre l’approvisionnement et la demande en eau. |
|
Allemagne |
Les aspects mis en avant sont la réduction du risque de sécheresse par une planification durable de l’occupation des sols, la gestion agricole et forestière, ainsi que des stratégies relatives aux ressources en eau. Le projet de stratégie d’adaptation élaboré par l’Allemagne en 2024 ajoute des objectifs mesurables en ce qui concerne, entre autres, la résilience aux impacts liés aux sécheresses. |
|
Hongrie |
Des solutions fondées sur la nature sont évoquées pour faire face au risque de sécheresse ainsi qu’aux inondations fluviales et urbaines. |
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Espagne |
L’intégration de l’adaptation et de la gestion du risque de sécheresse dans la gestion et la planification de l’eau est encouragée. |
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États-Unis |
Des évaluations exhaustives de la résilience aux sécheresses ainsi que des mesures d’adaptation sectorielles sont incluses, l’accent étant mis sur les végétaux résistants à la sécheresse et les projets de protection des bassins versants. |
Source : Travaux des auteurs, d’après les informations provenant de : Commonwealth of Australia (2021[27]), Environnement et changement climatique Canada (2023[28]), Ministère de la Transition écologique (2024[29]), Ministère de la Transition écologique et solidaire (2017[30]), BMUV (2020[31] ; 2024[32]), OCDE (2020[33]), MITECO (2020[34]) et EPA (2024[35]).
Malgré les progrès observés, les cadres d’action nationaux continuent de se heurter à des difficultés pour mettre effectivement en place une résilience aux sécheresses. Le manque de financements, les capacités limitées et la faible coordination entre les secteurs et les différents niveaux de l’administration constituent des obstacles à leur mise en œuvre. Bien que des plans de gestion des sécheresses aient été élaborés dans de nombreux pays, leur efficacité est souvent freinée par des insuffisances dans la mise en application, le suivi et l’association des parties prenantes. Un grand nombre de cadres omettent de prendre en compte les impacts du changement climatique en fonction de différents scénarios, et il est encore difficile de dire si les améliorations observées (comme la diminution des prélèvements) permettent effectivement de réduire la vulnérabilité à la pénurie d’eau. Le manque d’indicateurs appropriés (par exemple concernant la santé des sols) fait en outre obstacle à l’évaluation en bonne et due forme des actions engagées (Climate Change Committee, 2021[36]). Par ailleurs, l’intégration insuffisante de la gestion de l’eau verte (Encadré 4.1) et l’absence de coordination entre les stratégies relatives au risque de sécheresse et les priorités plus générales en termes de développement réduisent l’impact global des actions. Il convient, pour pallier ces insuffisances, de remédier aux lacunes des cadres de gestion de la sécheresse et d’accélérer leur mise en œuvre par des investissements continus, une coordination intersectorielle accrue et une meilleure adéquation entre les efforts d’amélioration de la résilience aux sécheresses et les objectifs de développement des pays.
4.2.2. Fonder la gestion des sécheresses sur les évaluations des aléas climatiques
Le renforcement de la planification stratégique ayant trait à la gestion des sécheresses s’est accompagné d’une volonté de mieux comprendre le caractère évolutif du risque de sécheresse dans le contexte du changement climatique. Les évaluations des aléas climatiques sont des outils essentiels pour définir le risque de sécheresse, mettre en évidence les vulnérabilités géographiques et sectorielles, et recenser les besoins en termes d’adaptation. Parce qu’elles évaluent les aléas climatiques actuels et futurs (dont les sécheresses) en analysant le type de risque, le degré d’exposition et les vulnérabilités (Tableau 4.2), elles posent un regard sur l’avenir qui sert de base à l’élaboration de plans d’adaptation (OCDE, 2024[37]). Les systèmes d’alerte précoce viennent compléter ces évaluations en fournissant des données en temps réel et des prévisions qui permettent d’intervenir de façon dynamique et favorisent la résilience à long terme à mesure que les risques évoluent.
Tableau 4.2. Les trois composantes de l’évaluation du risque de sécheresse
Copier le lien de Tableau 4.2. Les trois composantes de l’évaluation du risque de sécheresse|
Composante |
Objet de l’évaluation |
Mode d’évaluation |
|---|---|---|
|
Évaluation du risque |
Probabilité d’occurrence des sécheresses, y compris leur fréquence, l’intensité et la durée. |
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Évaluation de l’exposition |
Présence de populations, d’actifs, d’écosystèmes ou de systèmes dans les zones directement ou indirectement concernées. |
|
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Évaluation de la vulnérabilité |
Caractéristiques des éléments exposés susceptibles d’augmenter la vulnérabilité aux impacts des sécheresses. |
|
Source : Travaux des auteurs.
Nombreux sont les pays de l’OCDE qui utilisent les évaluations des aléas climatiques pour élaborer leurs politiques et leurs stratégies de gestion des sécheresses, même si la profondeur et le niveau de technicité de ces évaluations varient. La plupart d’entre elles se concentrent sur les évolutions du risque de sécheresse. Des pays comme l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni utilisent des modèles climatiques mondiaux et régionaux pour établir des projections de la fréquence et de la distribution des sécheresses futures selon différents scénarios. De son côté, l’UE a mis au point des modèles de haute résolution pour évaluer les sécheresses futures dans le contexte de différents scénarios de réchauffement (Clark et al., 2024[38] ; U.S. Department of Energy (DOE), 2022[39] ; CCR, 2020[40] ; AEE, 2024[41]). En plus des risques, certains pays évaluent l’exposition aux sécheresses, la vulnérabilité et les impacts potentiels de ces phénomènes. Ainsi, l’Espagne et le Royaume-Uni évaluent l’évolution de la demande en eau dans le cadre de différents scénarios climatiques, afin d’estimer les risques futurs de déficit d’eau potable (OCDE, 2025[3]). En Belgique, la Flandre réalise des analyses d’impact des sécheresses sur la région en prenant en compte l’impact du changement climatique (Commission européenne, 2023[18] ; Klimaatportaal Vlaanderen, 2024[42]), tandis que la Lituanie et la Slovénie évaluent ces impacts sur des secteurs bien précis comme la foresterie (GWP et OMM, 2015[43] ; GWP CEE, 2015[44]).
En dépit des importantes avancées dans le domaine de la modélisation des données, il reste difficile d’évaluer le risque de sécheresse sur fond de changement climatique de façon exhaustive. Parce que les sécheresses sont des phénomènes complexes à évolution lente, leurs projections à long terme sont une tâche délicate. Des changements même minimes sur les facteurs qui les provoquent peuvent avoir une incidence sur leur occurrence et leur intensité. Leurs impacts divers et en cascade compliquent en outre l’évaluation de l’exposition aux sécheresses ainsi que des vulnérabilités à leur égard. À ce jour, seuls quelques pays enregistrent systématiquement les phénomènes de sécheresse, y compris leur intensité, leur durée et leurs impacts (IDMP, 2023[45]), ce qui nuit à l’exactitude des modèles prédictifs utilisant des données sur une longue période. Le manque de données sur les tendances hydrologiques et la vulnérabilité socioéconomique persiste (OCDE, 2025[3])2, de même que la faible capacité à évaluer le risque de sécheresse au niveau infranational (IDMP, 2022[13]) et la coordination interinstitutions limitée concernant l’intégration et l’harmonisation des données. Le fait d’intégrer des systèmes d’alerte précoce dans les évaluations pourrait aider à résoudre certains de ces problèmes en fournissant des actualisations continues, en améliorant l’harmonisation des données et en renforçant le suivi infranational et sectoriel. Remédier à ces obstacles est une condition essentielle pour progresser et obtenir des évaluations du risque de sécheresse efficaces (OCDE, 2025[3]).
4.3. Mesures et instruments utilisés pour améliorer la résilience aux sécheresses
Copier le lien de 4.3. Mesures et instruments utilisés pour améliorer la résilience aux sécheressesPour prévenir efficacement le risque de sécheresse, les plans de gestion des sécheresses et d’adaptation au changement climatique soulignent la nécessité de mettre en place un large éventail de mesures couvrant de multiples secteurs et domaines d’action. Si la gestion durable de l’eau est primordiale pour assurer la résilience face aux sécheresses, elle n’est toutefois pas suffisante pour faire face aux défis de plus en plus complexes qui sont associés à ces phénomènes ainsi qu’à l’interconnexion des effets des différentes mesures prises par les pouvoirs publics. Par conséquent, les mesures destinées à gérer l’approvisionnement et la demande en eau (Section 4.3.1) doivent aller de pair avec celles axées sur la gestion durable des terres et des écosystèmes (Section 4.3.2), et celles portant sur l’adaptation des pratiques sectorielles au changement climatique (Section 4.3.3).
4.3.1. Gérer l’approvisionnement et la demande en eau pour assurer la résilience aux sécheresses
La gestion efficiente des ressources en eau est capitale pour réduire le risque de sécheresse. À l’heure où la fréquence et l’intensité des sécheresses s’accroissent sous l’effet du changement climatique, les mesures visant à réduire et à optimiser la demande en eau doivent être associées à l’augmentation de la disponibilité en eau douce et à la diversification des sources d’approvisionnement. C’est seulement en abordant la question de l’approvisionnement et de la demande en eau de façon coordonnée, en tenant compte des besoins et des conditions hydrologiques au niveau local, que les pays peuvent engager des actions efficaces de prévention, de préparation et de résilience aux sécheresses.
Mesures permettant de gérer la demande en eau
La réduction de la demande en eau est primordiale pour s’adapter au risque de sécheresse dans le contexte du changement climatique, car elle agit directement sur la pression croissante s’exerçant sur la ressource en eau, qui est limitée. La gestion de la demande en eau suppose que les pouvoirs publics adoptent un large éventail de mesures pour réduire au maximum le gaspillage de l’eau et encourager la préservation de cette ressource. Cela inclut la régulation de la consommation et des prélèvements, des incitations à une utilisation efficiente de l’eau, sa tarification et des actions de sensibilisation à l’intention des ménages, des exploitants agricoles et autres usagers.
La régulation de la consommation et des prélèvements d’eau
Compte tenu de la forte augmentation des prélèvements d’eau douce ces dernières décennies (Encadré 4.2), la régulation de la consommation et des prélèvements d’eau est devenue indispensable. Les cadres réglementaires efficaces comprennent généralement des régimes d’allocation de l’eau, des systèmes d’autorisation et des instruments économiques permettant de gérer les ressources en eau de façon durable. Les régimes d’allocation de l’eau fournissent un cadre stratégique assurant la répartition des droits d’accès à l’eau entre les usagers et privilégiant les usages essentiels (comme l’agriculture, la consommation humaine, l’hygiène et la préservation des écosystèmes) pendant les périodes de pénurie. Les systèmes d’enregistrement et d’autorisation fixent des limites en termes de quantité, de calendrier et de finalité des prélèvements individuels, et incluent des dispositions sur les eaux restituées. Les instruments économiques comme les marchés de l’eau permettent d’échanger des permis d’utilisation de cette ressource, ce qui favorise un usage de l’eau plus souple et plus efficient. Lorsqu’ils sont mis en œuvre efficacement, ces dispositifs réglementaires permettent d’équilibrer la demande immédiate en eau et la résilience à long terme, promouvant ainsi la conservation de la ressource et assurant l’adéquation entre l’usage de l’eau, les besoins écologiques locaux (Encadré 4.3) et les objectifs plus généraux d’adaptation au changement climatique.
Encadré 4.2. Les défis posés par les prélèvements d’eau non soutenables
Copier le lien de Encadré 4.2. Les défis posés par les prélèvements d’eau non soutenablesLes ressources en eau font l’objet d’une surexploitation dans de nombreuses régions du monde. Au siècle dernier, la consommation d’eau douce à l’échelle mondiale a été multipliée par six, principalement en raison de l’augmentation de la demande d’irrigation et de la production d’électricité. En Europe, les captages excessifs concernent 10 % des cours d’eau et 17 % des eaux souterraines1. Au niveau mondial, 21 des 37 nappes aquifères les plus importantes sont exploitées plus rapidement que leur capacité à se reconstituer. La surexploitation des ressources en eau atteint un niveau particulièrement élevé dans les zones urbaines, industrielles et agricoles, où la demande est la plus forte.
En provoquant l’épuisement des nappes aquifères et la baisse du débit des cours d’eau, les prélèvements excessifs amplifient les effets du changement climatique, ce qui accroît la vulnérabilité aux sécheresses sur le long terme. En Europe, par exemple, l’interdiction des captages excessifs pourrait, dans de nombreuses zones, réduire de 50-90 % le nombre de jours où le niveau d’écoulement des cours d’eau est très faible. En plus d’exacerber les risques de sécheresse, les captages excessifs sont préjudiciables aux écosystèmes et aux services essentiels qu’ils fournissent. Ainsi, dans le parc national de Doñana en Espagne, les prélèvements excessifs ont eu pour corollaires une baisse de la qualité de l’eau et de la capacité de stockage du carbone, de même qu’une diminution du débit des cours d’eau et du niveau des nappes souterraines ainsi qu’un ralentissement de la recharge des nappes aquifères. Ces dégradations ont pour effet non seulement de menacer la biodiversité, mais aussi de compromettre la résilience naturelle des écosystèmes face au changement climatique.
1. Ces chiffres incluent les pays de l’UE, la Norvège et le Royaume-Uni.
La plupart des pays de l’OCDE déploient des régimes d’allocation de l’eau et des systèmes d’autorisation pour gérer les ressources hydriques. À titre d’exemple, l’Australie, les États-Unis et un grand nombre de pays européens ont mis en place des cadres de gestion de l’eau complets, qui incluent à la fois les régimes et les systèmes précités. La conception de ces cadres – notamment les conditions de limitation de l’usage de l’eau, les exigences en matière d’efficience et les restrictions saisonnières – varie en fonction des contextes régionaux, qui déterminent en fin de compte si ces dispositifs permettent ou non de s’adapter à l’évolution des conditions climatiques et aux fluctuations de la disponibilité en eau. En Australie, par exemple, les plans d’allocation de l’eau du bassin Murray-Darling ajustent les droits de façon dynamique en fonction de la disponibilité en eau effective, ce qui permet de s’assurer qu’en cas de sécheresse, les services essentiels sont fournis en priorité (Murray-Darling Basin Authority, 2023[52]). Dans sa récente révision du Code de l’eau, le Chili a lui aussi lié l’allocation des volumes d’eau à la disponibilité de cette ressource, et a décidé que les nouveaux droits d’accès à l’eau pouvaient être révoqués en cas de sous-utilisation ou d’utilisation non efficiente ; les problèmes liés à l’allocation excessive et aux droits permanents ne sont cependant pas résolus (Ministerio de Obras Públicas, 2022[53] ; OCDE, 2024[54]). Pour autant que le respect des dispositifs soit assuré, le fait de lier l’allocation de l’eau à la disponibilité de la ressource et à l’efficience de son utilisation peut inciter à opérer une transition vers des activités ou des cultures moins consommatrices d’eau et encourager la relocalisation dans des zones où l’approvisionnement en eau est plus fiable (Ramirez, 2022[55]). Des marchés de l’eau sont formellement en place dans plusieurs pays, dont l’Australie (Section 4.3.3), le Chili et l’Espagne (OCDE, 2021[56]).
Cela dit, de nombreuses réglementations sur l’usage et les prélèvements de l’eau ne sont pas totalement adaptées aux défis que suscite le changement climatique. Les restrictions quantitatives des prélèvements d’eau sont souvent mises en place en réaction à des situations d’urgence liées aux sécheresses, ce qui limite leur potentielle utilité au regard de la résilience à long terme3. Si les restrictions à court terme peuvent aider à surmonter une pénurie temporaire, elles n’améliorent en revanche pas la résilience car elles ne suscitent pas les changements requis sur la durée pour promouvoir l’adaptation. De surcroît, même dans des pays exposés aux sécheresses comme la France, des permis individuels sont délivrés sans que soit suffisamment pris en compte leur impact cumulé sur la durabilité des ressources en eau (OCDE, 2025[3]). Qui plus est, il est fréquent que les réglementations ayant trait à l’usage de l’eau omettent de prendre suffisamment en considération les effets du changement climatique et des captages excessifs de l’eau sur la disponibilité future de cette ressource, comme c’est le cas par exemple au Chili, en Espagne, en France et en Californie (Ramirez, 2022[55] ; OCDE, 2025[3] ; Gómez Gómez et Pérez Blanco, 2012[57] ; Gleick et al., 2014[58]). Une enquête réalisée par l’OCDE en 2015 a montré que seuls 57 % des pays ayant répondu tiennent compte des impacts futurs du changement climatique dans leurs régimes d’allocation de l’eau (OCDE, 2015[59]). Rattraper cet écart risque de devenir d’autant plus nécessaire que le changement climatique renforce le potentiel agricole dans les régions où les ressources en eau sont traditionnellement abondantes, ce qui entraîne une intensification de la concurrence entre les secteurs pour l’accès à l’eau douce. Cela montre une fois de plus l’importance de disposer de cadres d’allocation de l’eau intégrés, tournés vers l’avenir et offrant une résilience au changement climatique, qui assurent un équilibre entre, d’une part, les objectifs économiques et de sécurité alimentaire, et d’autre part l’accès équitable et la préservation des fonctions écosystémiques de base.
Encadré 4.3. La prise en compte des débits écologiques dans les régimes d’allocation de l’eau
Copier le lien de Encadré 4.3. La prise en compte des débits écologiques dans les régimes d’allocation de l’eauLa prise en compte des débits écologiques dans les régimes d’allocation de l’eau est primordiale pour assurer la résilience aux sécheresses et maintenir les écosystèmes aquatiques en bonne santé. Les débits écologiques correspondent à la quantité, la qualité et la répartition dans le temps de l’eau qui est nécessaire dans les cours d’eau et les lacs pour garantir la santé des écosystèmes et la continuité des services qu’ils fournissent aux êtres humains et à la nature. Ne pas en tenir compte dans les dispositifs d’allocation de l’eau et d’autorisation peut conduire à la dégradation des écosystèmes aquatiques et des zones humides, au recul de la biodiversité et à l’affaiblissement de la résilience naturelle des écosystèmes face aux sécheresses et autres agressions de l’environnement.
De nombreuses administrations publiques ont reconnu l’importance de préserver les débits écologiques. Ainsi, en Afrique du Sud, en Suisse et dans l’UE, la loi nationale sur l’eau, la loi fédérale sur la protection des eaux et la directive-cadre sur l’eau incluent respectivement des dispositions sur les débits écologiques. En Australie, le plan du bassin Murray-Darling fixe des limites de captage pour protéger la santé des deux cours d’eau, et affecte des droits de prélèvement proportionnels aux écosystèmes afin de garantir des fonctions écologiques minimales, même en cas de sécheresse. Le gouvernement fédéral soutient cette approche en rachetant des droits sur les marchés de l’eau afin de restaurer les écosystèmes d’eau douce. Lors de l’enquête menée par l’OCDE en 2019, 78 % des répondants1 ont indiqué que des débits écologiques minimums ou des limites de détournement de l’eau durables étaient précisés dans leurs régimes d’allocation de l’eau. La quantité d’eau requise pour les fonctions écologiques est souvent définie avant d’allouer le reste aux autres usagers, que ce soit en préaffectant des pourcentages d’eau aux écosystèmes (comme en Australie) ou en tenant compte du débit minimum nécessaire pour assurer les fonctions écologiques, indépendamment des autres affectations (par exemple en Israël et en Suisse).
Malgré les progrès accomplis, il est encore possible d’améliorer l’adéquation entre les niveaux de prélèvement et les débits écologiques, et d’accorder à ces derniers une place plus importante dans la réglementation de l’eau. À titre d’exemple, dans un grand nombre de pays de l’OCDE, les exigences en matière de débits minimums sont suspendues pendant les périodes de pénurie d’eau, ce qui nuit à la capacité de protéger les écosystèmes. L’application desdites exigences aux autres activités qui dépendent de l’eau (comme la production d’hydroélectricité) est en outre indispensable pour garantir la bonne santé et la résilience des écosystèmes.
1. L’enquête avait trait à la mise en œuvre de la Recommandation du Conseil de l’OCDE sur l’eau. Elle a recueilli 27 réponses, dont 26 de la part des Adhérents à la Recommandation.
Une autre difficulté est que l’usage illégal de l’eau continue de poser un grave problème dans les régions où l’eau se raréfie en raison de la surveillance limitée, de l’insuffisance des mesures coercitives et de l’archaïsme des réglementations. En 2019, des prélèvements d’eaux souterraines illégaux étaient recensés dans 12 pays de l’OCDE (OCDE, 2021[56]). L’usage illégal de l’eau représente environ 13 % du total des captages en France et en Bulgarie, et plus de 22 % dans la région espagnole de Castille-La Manche (Cour des comptes européenne, 2021[64]). Cela montre la nécessité de renforcer les cadres réglementaires et d’améliorer leur mise en application, mais aussi de perfectionner les systèmes de contrôle du débit de l’eau afin de mieux détecter les raccordements illégaux et les fuites. De nombreux pays de l’UE sont ainsi en train d’adopter des systèmes perfectionnés pour repérer les prélèvements d’eau non autorisés (AEE, 2022[65]).
Les incitations à une utilisation efficiente de l’eau
Utiliser l’eau de façon plus efficiente peut permettre une amélioration considérable de la résilience aux sécheresses en aidant à préserver les ressources en eau limitées et à garantir un usage durable dans tous les secteurs. En adoptant des technologies favorisant une utilisation efficiente de l’eau, les collectivités peuvent réduire le gaspillage, atténuer les impacts de la pénurie de cette ressource et maintenir les activités essentielles pendant les périodes de sécheresse. Au niveau des ménages, des dispositifs comme des réducteurs de débit (par exemple sur les robinets) peuvent réduire la consommation d’eau jusqu’à 20 % (OCDE, 2025[3]). Dans l’agriculture, les systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte et par aspersion ainsi que les capteurs d’humidité des sols offrent une importante possibilité d’accroître la résilience aux sécheresses, à condition qu’ils soient associés à des réglementations limitant l’usage de l’eau (voir la section 4.3.3). Les compteurs d’eau favorisent également une utilisation efficiente de la ressource en permettant aux ménages, aux exploitants agricoles et aux entreprises de surveiller leur consommation ; ils améliorent en outre la sensibilisation et encouragent une facturation établie sur la base de la consommation effective. De manière générale, rendre l’utilisation de l’eau plus efficiente est capital pour relever les défis que suscite la variabilité climatique et assurer la sécurité hydrique à long terme pour l’agriculture, l’industrie et les ménages.
Les administrations publiques ont mis en place diverses incitations d’ordre réglementaire et financier dans le but de promouvoir l’adoption de technologies favorisant les économies d’eau. Si ces incitations portent souvent sur l’irrigation (voir la section 4.3.3 pour un examen approfondi), elles s’adressent aussi parfois aux ménages. En Californie, par exemple, l’arrêté Model Water-Efficient Landscape (modèle de paysage à faible consommation d’eau) établit des normes de conception en matière d’irrigation et d’utilisation efficiente de l’eau pour les grands projets d’aménagement, et encourage les administrations locales à proposer des incitations financières pour adopter des technologies favorisant les économies d’eau (Ville de Vallejo, 2024[66]). En Australie, des programmes de remise encouragent les ménages à se doter d’installations économes en eau (Gouvernement australien, 2013[67]). En France, certaines administrations locales et agences de l’eau ont distribué aux ménages des kits d’économie d’eau permettant de limiter le débit et d’utiliser l’eau de manière plus efficiente (OCDE, 2025[3]). Israël a conçu un système complet de comptage de l’eau à usage agricole et domestique, qui comprend à la fois des instruments réglementaires, des incitations financières et des campagnes de sensibilisation (OCDE, 2023[68]).
L’efficacité des mesures visant à rendre l’utilisation de l’eau plus efficiente dépend en fin de compte de la façon dont les volumes d’eau économisés sont gérés. Sans une véritable supervision, les gains en termes d’efficience risquent de donner lieu à une demande en eau accrue, annulant ainsi les bienfaits recherchés (OCDE, 2024[46] ; OCDE, 2016[69]). Cet « effet rebond » a été observé en Australie, où les améliorations de l’efficience de l’irrigation se sont accompagnées d’une hausse de la consommation d’eau de 21-28 % (OCDE, 2025[3]). Il convient, pour atténuer ces risques, de mettre en place des régimes d’allocation de l’eau robustes et évolutifs qui déterminent comment et dans quelles conditions l’eau économisée peut être utilisée. Cette approche garantit que les économies d’eau contribuent bien à réduire le risque de sécheresse plutôt qu’à accroître malencontreusement la demande.
La tarification de l’eau
La tarification de l’eau est un mécanisme clé pour favoriser les économies d’eau. Elle peut prendre la forme de redevances pour le prélèvement d’eau dans des sources naturelles, ou de tarifs appliqués aux usagers pour financer des services comme l’alimentation en eau ou le traitement des eaux usées. Parce qu’ils reflètent les coûts économiques des services liés à l’eau, les coûts environnementaux des prélèvements et les coûts d’opportunité des usages concurrents, ces mécanismes de tarification peuvent inciter à une gestion durable de la ressource (Farnault et Leflaive, 2024[70] ; Leflaive et Hjort, 2020[71] ; OCDE, 2017[72]). De manière générale, en reflétant la rareté de l’eau, la tarification peut promouvoir une plus grande efficience dans son utilisation et inciter à investir dans des processus et des technologies favorisant les économies.
Bien que mise en œuvre à grande échelle, la tarification de l’eau est très variable dans sa conception, ses objectifs et le niveau des prix proposés (Graphique 4.3). Ainsi, les redevances et les tarifs peuvent être calculés en fonction du volume utilisé ou d’autres facteurs comme le niveau d’utilisation, la région ou la saison (Tableau 4.3). Parmi les pays qui adhèrent à la Recommandation du Conseil de l’OCDE sur l’eau, 74 % appliquent des redevances pour le captage des eaux superficielles et souterraines. La moitié les imposent aux producteurs d’énergie et aux industries, et 45 % aux exploitants agricoles (OCDE, 2021[56]). Les tarifs appliqués sont eux aussi très variables. Des pays comme l’Allemagne, la France et l’Italie utilisent par exemple des barèmes progressifs (AEE, 2024[73] ; OCDE, 2025[3]). En revanche, l’Espagne, la Grèce et la Hongrie ont adopté une tarification saisonnière ou régionale (OCDE, 2024[46] ; Tortajada et al., 2019[74]).
Tableau 4.3. Sélection de mécanismes de tarification de l’eau utiles pour la prévention des sécheresses
Copier le lien de Tableau 4.3. Sélection de mécanismes de tarification de l’eau utiles pour la prévention des sécheresses|
Mécanisme de tarification |
Description |
Principaux avantages |
|---|---|---|
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Tarifs ou redevances en fonction du volume |
Les prix dépendent du volume d’eau effectivement utilisé ou prélevé. |
Encourage la conservation de la ressource en liant le coût avec la consommation/le prélèvement, réduit le gaspillage et promeut une utilisation efficiente. |
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Tarifs ou redevances saisonniers/régionaux |
Les prix fluctuent en fonction de la disponibilité en eau saisonnière ou régionale, leur niveau étant au plus haut pendant les périodes/dans les régions où l’eau se raréfie. |
Reflète la raréfaction de l’eau, incite à une utilisation efficiente, favorise une répartition équitable et s’adapte à la situation locale. |
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Tarifs progressifs (par tranches) |
Les prix augmentent en même temps que le niveau d’utilisation (par exemple : ils sont faibles pour un usage de base, mais élevés en cas d’usage excessif). |
Garantit l’accessibilité financière de l’eau pour la satisfaction des besoins élémentaires, mais dissuade de consommer excessivement ; promeut une culture de la conservation de la ressource. |
|
Tarifs en deux parties |
Les prix sont composés d’un montant fixe (pour financer l’infrastructure) et d’un montant variable dépendant de la consommation. |
Assure l’équilibre entre le recouvrement des coûts et la responsabilité de l’usager. |
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Redevances de prélèvement plafonnées |
Les redevances s’appliquent jusqu’à un certain niveau de prélèvement prédéfini ; au-delà, des pénalités ou des redevances beaucoup plus élevées sont demandées. |
Prévient les captages excessifs, favorise le respect des règles et assure la durabilité à long terme de la ressource. |
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Redevances différenciées |
Les redevances varient en fonction de certains facteurs comme la provenance de l’eau (des barèmes plus élevés sont par exemple appliqués pour les eaux souterraines) ou le secteur auquel elle est destinée (comme l’agriculture ou l’industrie). |
Reflète les impacts environnementaux (tels que l’épuisement des eaux souterraines), incite à la préservation de l’eau dans les secteurs à fort impact et promeut une utilisation juste. |
Note : Ce tableau n’inclut pas les mécanismes de tarification qui n’incitent pas à la conservation à long terme de l’eau (par exemple les tarifs forfaitaires, les redevances fixes ou les tarifs/redevances dynamiques).
Source : Travaux des auteurs.
L’efficacité des instruments de tarification dépend du niveau des prix et de la faculté des usagers à ajuster leur demande. La consommation des ménages a tendance à être inélastique du fait de l’absence de substituts à l’eau potable ; en cas d’augmentation du prix de l’eau de 1 %, la demande diminuerait de 0.1-1 % (Reynaud et Romano, 2018[75] ; Sebri, 2013[76]). À l’opposé, les usagers des secteurs agricoles et industriels sont généralement plus prompts à réagir à l’évolution des prix, bien que cela puisse générer des coûts sociaux inattendus. L’élasticité de la demande varie également en fonction de la zone géographique ainsi que des sous-secteurs, des cultures et des pratiques de production. Outre cette élasticité, la question de la pénurie d’eau est également cruciale pour concevoir les redevances de prélèvement. Cela dit, dans de nombreux contextes, ces redevances sont davantage des sources de revenus que des outils de promotion de l’efficience, étant donné qu’elles ne prennent pas en compte la totalité des coûts liés à la pénurie d’eau (OCDE, 2025[3] ; OCDE, 2024[46]). Par exemple, les redevances de prélèvement qui sont en vigueur en Europe n’internalisent en moyenne que 2-3 % de ces coûts (IPEE, 2021[77])4. D’autre part, les exonérations de redevances dont bénéficient certains secteurs (comme l’agriculture) dans de nombreux pays ont souvent pour effet de nuire à l’efficacité du dispositif (OCDE, 2018[78]).
Bien que la tarification de l’eau soit un outil efficace pour promouvoir la conservation de cette ressource, elle a néanmoins des limites. Les effets redistributifs sont un sujet particulièrement préoccupant sur le plan de la consommation intérieure, car l’augmentation des prix de l’eau risque de frapper de façon disproportionnée les ménages modestes. Les tarifs progressifs peuvent atténuer ce phénomène en maintenant les usages essentiels de l’eau à un niveau abordable (Ruijs, Zimmermann et van den Berg, 2008[79]), mais ils doivent être conçus avec soin afin de tenir compte des différents modes de consommation et de garantir le recouvrement des coûts (Leflaive et Hjort, 2020[71])5. Augmenter les prix de l’eau pour intégrer les coûts liés à la raréfaction de cette ressource peut être politiquement sensible et délicat, en particulier dans les régions où la consommation de l’eau est lourdement subventionnée. Qui plus est, la tarification peut ne pas être suffisante pour résoudre le problème du captage excessif des eaux souterraines ou de la détérioration des écosystèmes. La combinaison des mesures de tarification avec des instruments d’une autre nature – comme des règlements, des incitations et des campagnes de sensibilisation – peut améliorer leur efficacité. Des compteurs d’eau précis sont également nécessaires pour ajuster le niveau des prix en fonction de l’évolution réelle de la demande et de la consommation, en veillant à ce que les mécanismes de tarification soient justes et alignés sur les objectifs de durabilité (OCDE, 2024[46]).
Graphique 4.3. Prix moyen de l’eau potable dans une sélection de pays (EUR/m3), 2022
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Note : Pour que la comparaison soit possible, le niveau de consommation pris pour référence lors des calculs est de 15m³ par mois. La moyenne de chaque pays est obtenue en pondérant les prix facturés par les opérateurs à l’aide de la population qu’ils alimentent. Cela veut donc dire que le prix indiqué pour chaque pays ne correspond pas à la moyenne de tous les prix appliqués à l’échelle nationale. Les prix doivent être examinés en tenant compte des circonstances particulières de chaque pays (par exemple le niveau de pénurie d’eau, le revenu par habitant et les évolutions au fil du temps ou pendant les périodes de pénurie).
Source : Adapté d’OCDE (2025[3]), d’après les données du réseau International Benchmarking Network (IBNET).
La sensibilisation
Les mesures de sensibilisation ont pour but de réduire la consommation d’eau en promouvant des comportements plus économes et plus efficients. Ces mesures « sans regret », à faible coût, présentent souvent un ratio bénéfices-coûts élevé, même si leur efficacité dépend de facteurs comme le niveau de consommation de base, la disponibilité de la ressource et le contexte local (par exemple, milieu urbain ou rural). Les campagnes de sensibilisation peuvent réduire la consommation d’eau de quelque 9.5-32.5 % ; avec l’étiquetage et les normes, la baisse peut atteindre 6-10 % (OCDE, 2025[3]).
Au cours des dernières décennies, les administrations publiques et les opérateurs du secteur de l’eau ont lancé de nombreuses initiatives de sensibilisation à différents niveaux territoriaux. Les expériences réussies en milieu urbain sont notamment celles de Saragosse et Séville (Espagne), Melbourne (Australie), Tallin (Estonie), Copenhague (Danemark) et Atlanta (États-Unis). Les campagnes qui y ont été menées ont accru la sensibilisation au risque de sécheresse et encouragé l’adoption de comportements permettant un usage durable de l’eau (OCDE, 2025[3] ; EMASESA, 2022[80]). À Barcelone, par exemple, cela a permis de réduire de 10 % la consommation d’eau des ménages entre 2006 et 2011 (AEE, 2020[81]). À Séville, des actions similaires se sont traduites par une baisse de la consommation par habitant de 39 % (EMASESA, 2023[82]). Au même titre que l’utilisation de technologies favorisant les économies d’eau, les efforts de sensibilisation ont fait partie des outils les plus efficaces pour réduire la demande en eau en Espagne (Tortajada et al., 2019[74]).
Dans certains pays, un étiquetage et des normes désignant les dispositifs et les bâtiments économes en eau ont été instaurés pour encourager les comportements permettant un usage durable de cette ressource. En Australie, par exemple, l’étiquetage apposé sur une sélection d’appareils domestiques économes en eau a réduit la consommation des ménages de 6 % (soit 0.8 % de la consommation totale du pays) en seulement une année. En France, un étiquetage favorisant une utilisation efficiente de l’eau est déjà utilisé, mais son déploiement à grande échelle pourrait réduire la consommation d’eau des ménages d’environ 22 % dans la région parisienne (OCDE, 2025[3]). En plus d’orienter les choix des consommateurs, ces mesures incitent les fabricants à concevoir des produits plus économes en eau, favorisant ainsi une réduction de la demande sur le long terme.
Mesures permettant d’accroître l’approvisionnement en eau
Les efforts pour réduire la demande en eau doivent être associés à des stratégies visant à accroître l’offre. Celles-ci peuvent consister à améliorer l’efficience de l’infrastructure, à faciliter la recharge des eaux souterraines et à diversifier les sources d’approvisionnement en eau en exploitant des ressources non conventionnelles comme les eaux de pluie, les eaux usées traitées et l’eau désalinisée (Tableau 4.4). Le fait d’intégrer ces approches novatrices aux systèmes d’approvisionnement existants accroît la résilience à la variabilité climatique et peut aider les populations à pérenniser leur accès aux ressources en eau ainsi qu’à renforcer leur résilience aux sécheresses de longue durée. D’autres sources d’approvisionnement et solutions de stockage existent également (comme l’utilisation de réservoirs artificiels), mais leur utilité pour améliorer la résilience à long terme face au changement climatique est controversée (Encadré 4.4). L’amélioration de l’approvisionnement en eau doit aussi être au cœur des efforts de planification économique des administrations publiques, afin que les ambitions en termes de développement prennent fond sur des ressources en eau adéquates, durables et résilientes au changement climatique.
Tableau 4.4. Sélection de mesures d’approvisionnement en eau et de leurs avantages
Copier le lien de Tableau 4.4. Sélection de mesures d’approvisionnement en eau et de leurs avantages|
Intervention |
Description |
Avantages |
|---|---|---|
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Efficience du réseau d’eau |
Amélioration de l’efficience des systèmes de distribution de l’eau afin de réduire au maximum les fuites et d’optimiser les performances. |
Réduction des pertes d’eau, baisse des coûts de fonctionnement, allongement de la durée de vie de l’infrastructure et diminution de la consommation d’énergie. |
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Recharge contrôlée des nappes aquifères |
Reconstitution des réserves d’eaux souterraines à l’aide de bassins d’infiltration, de puits de recharge ou de solutions fondées sur la nature. |
Maintien des eaux souterraines à niveau, amélioration de la résilience de l’approvisionnement en eau et atténuation des impacts des sécheresses. |
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Récupération des eaux de pluie |
Collecte et stockage des eaux pluviales sur les toits ou d’autres surfaces en vue de les utiliser pendant les périodes de sécheresse. |
Augmentation de la disponibilité en eau, réduction de la chaleur et du ruissellement en milieu urbain, baisse des coûts associés aux systèmes de gestion des eaux pluviales ainsi qu’au traitement et à la distribution de l’eau. |
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Réutilisation de l’eau |
Recyclage de l’eau grise et des eaux usées traitées pour des usages autres que la consommation humaine. |
Augmentation de la disponibilité en eau, réduction maximale des rejets d’eaux usées et de la pollution qu’ils entraînent, et baisse des coûts de traitement de ces eaux. |
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Dessalement |
Utilisation de la technologie pour retirer le sel et d’autres minéraux de l’eau de mer ou des eaux saumâtres afin d’obtenir de l’eau douce. |
Augmentation de la disponibilité en eau douce, création d’emplois pour la construction, l’exploitation et la maintenance des usines de dessalement. |
Note : Les mesures figurant dans ce tableau impliquent des coûts économiques et environnementaux qui doivent être soigneusement mis en balance au cas par cas avec les avantages cités, en tenant compte des contextes ainsi que de la résilience et la durabilité à long terme au niveau local.
Source : Travaux des auteurs.
Encadré 4.4. Éviter la maladaptation : le rôle controversé des réservoirs et transferts d’eau
Copier le lien de Encadré 4.4. Éviter la maladaptation : le rôle controversé des réservoirs et transferts d’eauLes réservoirs d’eau artificiels ont de tout temps joué un rôle primordial en atténuant la pénurie d’eau, mais leur efficacité dans le contexte du changement climatique fait débat. Ces réservoirs peuvent stocker de l’eau en vue de son utilisation pour la consommation humaine, l’industrie, l’agriculture et la production d’énergie. Avec des régimes pluviométriques moins prévisibles et la hausse des températures, il sera peut-être plus difficile pour ces coûteuses infrastructures de maintenir à l’avenir un niveau de stockage de l’eau suffisant. Ainsi, si une sécheresse similaire à celle de 1921 devait survenir dans la métropole du Grand Paris, les réservoirs existants ne se rechargeraient qu’à 28 %1 de leur capacité. De plus, selon leur emplacement, les conditions climatiques locales et le type de prélèvement qui est pratiqué, les réservoirs artificiels peuvent réduire le débit annuel des cours d’eau de 7-35 %, ce qui peut nuire aux écosystèmes et à la disponibilité en eau en aval. Compte tenu de ces difficultés, la construction de nouveaux réservoirs pourrait ne pas être la stratégie la plus efficace pour accroître la sécurité hydrique dans l’ensemble des régions exposées aux sécheresses. Il conviendrait en revanche d’aborder ces nouvelles installations comme des mesures complémentaires, et réaliser des analyses d’impact et de résilience approfondies afin d’évaluer leur faisabilité et leur efficacité à long terme. Un autre volet tout aussi important est d’assurer l’entretien adéquat et la modernisation des actifs existants, ainsi que de combiner ces derniers avec des solutions naturelles de stockage de l’eau afin de renforcer leur résilience globale et leur efficacité à long terme.
La pratique des transferts d’eau a également été critiquée. La démarche consiste à déplacer l’eau d’un bassin vers un autre. Des pays comme la Chine, la Corée, l’Espagne et le Royaume-Uni y ont eu recours pour répondre aux besoins agricoles, industriels et municipaux dans les régions où l’approvisionnement en eau est insuffisant. Si les infrastructures utilisées peuvent apporter une aide à court terme, elles suscitent cependant des inquiétudes en ce qui concerne leurs coûts élevés de construction et d’entretien, leurs impacts environnementaux et leur résilience au changement climatique, sans parler de leurs avantages réels en termes d’approvisionnement en eau compte tenu de l’évaporation qui se produit lors du transport et du stockage. En fait, la raréfaction croissante de l’eau pourrait nuire à l’efficacité des transferts et exacerber les conflits territoriaux portant sur des ressources partagées. Ces infrastructures risquent aussi d’exercer elles-mêmes une pression excessive sur les bassins dont elles dépendent, et ainsi d’aggraver potentiellement le risque de sécheresse. Le projet de transfert d’eau de Chavimochic au Pérou illustre bien les défis évoqués. Bien que ce projet ait été très bénéfique sur le plan socioéconomique, apportant bien-être et développement, le fait qu’il s’appuie sur les ressources en eau de glaciers qui rétrécissent menace sa durabilité sur le long terme. Cet exemple souligne la nécessité de procéder à une planification et des analyses d’impact rigoureuses lorsque des projets de transfert d’eau de grande ampleur sont envisagés.
1. Il s’agit là de la recharge moyenne estimée en fonction de la capacité maximale de chaque réservoir.
L’efficience des réseaux d’eau
La réduction des fuites sur les réseaux de distribution peut être très efficace pour rendre l’utilisation de l’eau plus efficiente et préserver les ressources. À l’heure actuelle, les pertes d’eau potable dues à des fuites dans les canalisations s’élèvent à 24 % dans les pays de l’UE (Ociepa-Kubicka, Deska et Ociepa, 2024[86]) (Graphique 4.4) et même jusqu’à 50 % dans certains pays (Commission européenne, 2013[49]). Ces pertes sont souvent liées à l’insuffisance des investissements dans les infrastructures urbaines de l’eau, y compris dans leur fonctionnement et leur entretien, comme cela a été observé dans des pays tels que le Costa Rica et l’Italie (OCDE, 2023[87] ; CCR, 2023[88]). La modernisation des infrastructures d’irrigation permet également de réaliser des économies considérables, les réductions de la consommation d’eau dans l’agriculture pouvant atteindre jusqu’à 25 % dans l’UE (AEE, 2021[47]).
Graphique 4.4. Pourcentage de perte sur les réseaux de distribution d’eau d’une sélection de pays européens
Copier le lien de Graphique 4.4. Pourcentage de perte sur les réseaux de distribution d’eau d’une sélection de pays européensLes administrations publiques adoptent des mesures diverses pour améliorer l’efficience des infrastructures d’alimentation en eau potable. Cela inclut notamment des objectifs de réduction des fuites, des travaux de modernisation des infrastructures et l’utilisation de technologies de surveillance comme des compteurs d’eau et des capteurs pour repérer les fuites. Certaines municipalités fournissent à cet égard des exemples inspirants. À titre d’exemples, Séville (Espagne) a réduit les fuites sur les canalisations de 68 % entre 1991 et 2021, tandis que Paris (France) obtient un taux de renouvellement du réseau de 1.19 % par an, soit presque deux fois plus que la moyenne nationale. À Londres (Royaume-Uni), les opérateurs du secteur de l’eau ont fixé des objectifs de réduction des fuites au niveau local (OCDE, 2025[3]). En Corée, l’initiative de gestion intelligente de l’eau utilise des données en temps réel pour détecter les fuites et promouvoir une utilisation efficiente de l’eau par les ménages (OCDE, 2017[90]). Si les coûts de mise à niveau de l’infrastructure varient selon que le réseau est enterré ou en surface, l’amélioration de l’efficience de la distribution d’eau est une mesure « sans regret », les bienfaits socioéconomiques et environnementaux étant supérieurs aux coûts de mise en œuvre (OCDE, 2025[3]). Dans certains pays, cependant, le sous-investissement causé par la déficience des mécanismes de recouvrement des coûts au sein des organismes d’approvisionnement en eau et d’assainissement reste un obstacle de taille.
La gestion de la recharge des nappes aquifères et de la qualité de l’eau
La gestion de la recharge des eaux souterraines et de la qualité de l’eau est primordiale pour garantir un approvisionnement fiable sur le long terme. La recharge des nappes peut avoir lieu naturellement par infiltration de l’eau dans les sols (Section 4.3.2), ou artificiellement par intervention humaine. Parallèlement à cela, les politiques publiques relatives à la qualité de l’eau garantissent que la ressource est propre à la consommation – en prévenant la contamination des nappes aquifères (et des eaux de surface) –, et assurent un approvisionnement en eau propre durable pour l’avenir.
La recharge contrôlée des nappes aquifères consiste à réalimenter les nappes souterraines en laissant l’eau s’infiltrer et en stockant les excès d’eau accumulés lors des précipitations pour les utiliser pendant les périodes de sécheresse. On peut, pour cela, utiliser des bassins de recharge, des puits d’injection ou des solutions fondées sur la nature qui accentuent les processus d’infiltration naturels. Dans le contexte du changement climatique, la recharge contrôlée des nappes devient une solution de plus en plus importante pour assurer la durabilité de l’eau, en particulier dans les régions où les eaux de surface sont rares ou très variables. Sans de telles interventions, de nombreux pays (dont l’Espagne, la Grèce et le Portugal) devraient enregistrer de fortes baisses du taux de recharge des eaux souterraines (CCR, 2018[91]). La recharge contrôlée des nappes peut en outre contribuer à la protection contre les inondations.
Les pays de l’OCDE adoptent progressivement cette méthode, avec en tête les États-Unis, l’Australie et plusieurs pays européens. En Europe, plus de 220 sites ont mis en œuvre la recharge contrôlée, et d’autres devraient suivre (Sprenger et al., 2017[92]). En Espagne, par exemple, le site de Pedrajas-Alcazarén a accru le niveau de la nappe de 0.75 mètre entre 2012 et 2016 (Deltares, 2022[20]). Les États-Unis, qui représentent 26 % de la capacité de recharge contrôlée au niveau mondial, ont mis en œuvre cette mesure à grande échelle et sont parvenus à inverser l’évolution à la baisse du niveau des eaux souterraines (Dillon et al., 2019[93] ; Scanlon et al., 2016[94]). En Australie, les administrations infranationales (par exemple en Australie-Occidentale) ont mis au point des cadres et des outils pour faciliter le déploiement de la recharge contrôlée des nappes dans l’ensemble de l’État fédéré (Government of Western Australia, 2021[95]). Ces dernières décennies, les techniques de recharge contrôlée ont également gagné du terrain en Afrique. Des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya, le Maroc, la Namibie et la Somalie les ont adoptées pour améliorer la sécurité hydrique dans les régions exposées aux sécheresses et les zones en situation de stress hydrique.
La gestion de l’interaction entre les épisodes de sécheresse et la qualité de l’eau est également primordiale pour accroître la résilience aux sécheresses. Si la mauvaise qualité de l’eau réduit la disponibilité en eau propre, la sécheresse exacerbe souvent le problème en entraînant une concentration de la salinité et des polluants présents dans l’eau douce. Les effets de cette interaction ont été observés par exemple au Danemark – où les fortes concentrations de polluants et de nitrate dans l’eau douce ont abouti à la fermeture de 30 % des puits existants (AEE, 2017[96]) –, ainsi que dans plusieurs autres cas au Colorado (États-Unis), en Allemagne et en Pologne (Chapitre 3). De manière générale, la contamination de l’eau devrait intensifier la pénurie à l’horizon 2050, avec des milliers de nappes d’eau (superficielles et souterraines) touchées (Wang et al., 2024[97]) et des coûts de traitement supplémentaires à payer (AEE, 2024[73]).
La résolution de ces problèmes passe obligatoirement par le maintien des débits écologiques et la mise en place de normes de qualité de l’eau robustes. Elle suppose aussi de s’attaquer aux principales sources de pollution comme les eaux de ruissellement agricoles, les rejets industriels et les eaux usées urbaines, par exemple en mettant en place des systèmes d’autorisation, en instaurant des obligations de surveillance ou en adoptant les meilleures technologies disponibles pour améliorer la qualité de l’eau. Des approches innovantes comme l’échange de crédits de salinité en Australie ont également permis de protéger les ressources en eau essentielles en réglementant les rejets industriels dans les réserves d’eau douce (NSW EPA, 2024[98]). Associées à des investissements dans les infrastructures de traitement de l’eau ainsi que dans le renforcement de la surveillance et des contrôles, ces mesures aident à préserver les ressources en eau douce et assurent la résilience face aux risques croissants de sécheresses.
La récupération des eaux de pluie
La récupération des eaux pluviales, qui consiste à recueillir et stocker les surplus de précipitations en vue de leur utilisation ultérieure, est une méthode efficace pour satisfaire les besoins hydriques. Elle peut être appliquée pour les usages domestiques et l’irrigation, mais aussi par les municipalités pour le nettoyage des rues, l’arrosage des espaces verts et la climatisation. En réduisant la dépendance à l’égard des eaux superficielles et souterraines, le recueil des eaux de pluie permet d’alléger la pression qui pèse sur ces ressources vitales. Il peut par exemple satisfaire jusqu’à 90 % de la demande en eau émanant des ménages et des activités de loisirs, des économies importantes étant enregistrées même dans des zones à faibles précipitations comme Barcelone (Espagne) (OCDE, 2025[3] ; Domènech et Saurí, 2011[99]). Cette approche est particulièrement utile dans les régions où la disponibilité en eau douce est faible ou celles qui font face à l’intrusion saline (par exemple les petites îles et les zones arides/semi-arides). Les régions ayant une saison sèche et une saison humide bien distinctes, ainsi que celles qui dépendent de chutes de pluie imprévisibles pour faire pousser les cultures, peuvent aussi tirer de gros avantages en stockant l’eau de pluie excédentaire pour l’utiliser pendant les périodes de sécheresse.
La mise en place de systèmes de collecte des eaux pluviales est encouragée par une combinaison d’exigences réglementaires et d’incitations économiques. Dans de nombreux cas, les codes et les règlements de la construction mettent surtout l’accent sur la mise en œuvre de ces systèmes dans les bâtiments neufs ou les projets de rénovation, alors que les aides financières et les subventions sont parfois utilisées pour encourager la modernisation des structures existantes (Tableau 4.5). C’est le cas à Barcelone (Espagne), où la récupération des eaux pluviales et grises est obligatoire pour les bâtiments neufs, et où des subventions sont en place pour rénover les bâtiments privés (OCDE, 2025[3]). À San Francisco (États-Unis), les dispositions légales imposant la récupération des eaux de pluie sur les bâtiments neufs ont permis une réduction de la consommation d’eau potable pouvant atteindre 50 % dans certaines zones (Shimabuku, Diringer et Cooley, 2018[23]). Un équilibre bien dosé entre les exigences réglementaires et les incitations financières est de mise pour encourager l’adoption des systèmes de récupération des eaux de pluie tout en limitant le plus possible les coûts pour les propriétaires fonciers.
Tableau 4.5. Exemples de mécanismes de soutien de l’administration publique à la récupération des eaux de pluie dans différents pays
Copier le lien de Tableau 4.5. Exemples de mécanismes de soutien de l’administration publique à la récupération des eaux de pluie dans différents pays|
Pays |
Moyen d’action |
Description |
|---|---|---|
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Australie |
Incitation financière |
Des rabais sont consentis aux niveaux national, régional et local pour aider financièrement les propriétaires de logements qui installent chez eux des réservoirs de récupération d’eau. |
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Barbade |
Règlements |
Une capacité de récupération d’eau minimale est requise à la fois pour les bâtiments résidentiels et commerciaux. |
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Belgique |
Règlements |
En Flandre, la récupération des eaux pluviales est obligatoire pour les nouvelles constructions et les projets de rénovation excédant une certaine superficie. |
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République tchèque |
Aides financières |
Le programme national « Dešťovka » subventionne les propriétaires de logements et les entreprises de construction pour l’installation de dispositifs de récupération d’eau, à la fois sur les bâtiments neufs et existants. |
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France |
Subventions |
En Île-de-France, les aides financières couvrent 50 % du coût d’installation des récupérateurs d’eau sur les bâtiments existants. |
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Allemagne |
Incitations fiscales et subventions |
Dans une grande partie du pays, la récupération des eaux pluviales est encouragée en calculant les redevances d’assainissement en fonction de la surface imperméable des propriétés foncières. À Brême, les subventions couvrent 40 % des coûts d’installation (jusqu’à 5 000 EUR). |
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Nouvelle-Zélande |
Règlements |
La récupération des eaux de pluie est obligatoire dans plusieurs zones urbaines du pays. |
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Pologne |
Subventions et remboursements |
À Wrocław, les propriétaires de logements peuvent demander un remboursement allant jusqu’à 80 % des frais engagés (à hauteur de 1 100 EUR). À Cracovie, les subventions couvrent 50 % des coûts d’installation d’un récupérateur d’eau. |
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Espagne |
Règlements et subventions |
À Barcelone, la collecte des eaux pluviales est obligatoire pour les nouvelles constructions et les rénovations excédant une certaine taille et se trouvant dans certains quartiers. Des subventions peuvent être allouées en cas de rénovation des biens existants. |
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Türkiye |
Règlements |
Les bâtiments neufs construits sur des terrains de plus de 2 000 m2 doivent être équipés de systèmes de récupération de l’eau. Les municipalités locales sont libres d’étendre cette exigence aux terrains plus petits. |
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États-Unis |
Règlements |
À Tucson (Arizona), la récupération des eaux pluviales est inscrite dans le Code de l’aménagement du territoire. La ville de San Francisco (Californie) impose l’installation et l’entretien de dispositifs de récupération de l’eau de pluie dans certains complexes immobiliers. |
Source : Travaux des auteurs, d’après OCDE (2025[3]), AEE (2020[81]), FAO (2016[21]), CNULCD (2022[100]), Gouvernement australien (2013[67]), Shimabuku, Diringer et Cooley (2018[23]), Ville de Tucson (2024[101]) et Esin Attorney Partnership (2022[102]).
Pour garantir la durabilité de la collecte des eaux de pluie, il est important de réglementer les modalités de sa mise en œuvre. Par exemple, dans les zones où les parties prenantes situées en aval ou les cycles hydrologiques locaux dépendent dans une large mesure des eaux pluviales, il peut être nécessaire de limiter la récupération de ces eaux. Inversement, leur collecte pourrait être encouragée lors des périodes de fortes précipitations, afin d’éviter de puiser dans les eaux souterraines et ainsi d’aider à préserver ces ressources. Les zones urbaines connaissant de forts ruissellements et les régions côtières où les eaux pluviales sont souvent rejetées en mer pourraient plus particulièrement tirer avantage du développement des pratiques de récupération des eaux de pluie (CLD, 2023[103] ; Gleick et al., 2014[58] ; AEE, 2020[81]). En fin de compte, l’adaptation des stratégies de collecte des eaux pluviales aux contextes locaux est très importante pour optimiser leurs bienfaits tout en évitant les effets inattendus pour les systèmes d’alimentation en eau et les parties prenantes.
La réutilisation de l’eau
La réutilisation de l’eau (ou recyclage) est une stratégie efficace pour accroître l’approvisionnement en eau en recyclant les eaux grises et les eaux usées traitées6. Cette pratique peut aider à garantir un approvisionnement en eau pour l’irrigation, l’industrie et les municipalités, mais aussi contribuer à la recharge des nappes aquifères et aux usages domestiques autres que la consommation humaine. Une étude récente suggère que la réutilisation des eaux usées traitées dans les zones urbaines et les parcs industriels pourrait réduire la consommation d’eau potable de 26-48 % (Bauer, Linke et Wagner, 2020[104])7. Dans l’UE, le recyclage de l’eau destiné à l’irrigation uniquement pourrait permettre jusqu’à 50 % d’économies (AEE, 2021[47]).
De nombreux pays ont mis en place des règlements et des incitations pour encourager la réutilisation de l’eau (Tableau 4.6). En Israël, 85 % des eaux usées sont recyclées, ce qui représente 45 % de la consommation agricole et 21 % de la consommation totale d’eau. Cette réussite s’explique par l’adoption de règlements encourageant cette pratique, combinés à la tarification de l’eau et à des investissements massifs dans la technologie. Des pourcentages de recyclage des eaux usées similaires (90 %) sont obtenus à Chypre (OCDE, 2024[46]), dont l’objectif est de réutiliser 100 % des eaux usées urbaines pour des usages autres que la consommation humaine (comme l’irrigation et la recharge des nappes aquifères) (AEE, 2020[81]). En Australie, la pratique de la réutilisation de l’eau prend de l’ampleur sous l’effet des lignes directrices et des efforts de surveillance déployés au niveau national, souvent complétés par des objectifs de recyclage à l’échelon infranational (OCDE, 2018[105] ; OCDE, 2021[56]). Malgré ces avancées, la réutilisation de l’eau représente toujours un faible pourcentage de la consommation totale de cette ressource à l’échelle mondiale. Dans l’UE, par exemple, le recyclage ne concernait en 2015 que 2.4 % des eaux usées traitées et 0.4 % des prélèvements annuels d’eau douce (Commission européenne, 2018[106]).
Tableau 4.6. Expériences du soutien au recyclage de l’eau dans différents pays
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Pays |
Moyen d’action |
Description |
|---|---|---|
|
Australie |
Lignes directrices et objectifs quantitatifs |
Des lignes directrices sur la qualité de l’eau et des dispositifs de surveillance ont été mis en place pour divers usages (agriculture, industrie, municipalités, eau potable et recharge contrôlée des nappes aquifères). Des objectifs ont été fixés au niveau des États et des villes en ce qui concerne le recyclage des eaux usées et pluviales. À titre d’exemple, la zone métropolitaine de Perth a pour ambition de recycler 30 % de ses eaux usées d’ici 2030. |
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Allemagne |
Subvention |
À Brême, la municipalité subventionne l’installation de systèmes de réutilisation des eaux grises à hauteur de 40 % (soit jusqu’à 5 000 EUR). |
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Israël |
Investissements publics dans les installations de traitement des eaux usées |
L’État investit massivement dans l’expansion du traitement des eaux usées. La station d’épuration du Grand-Tel Aviv fournit quotidiennement quelque 400 000 m3 d’eau traitée qui alimentent 11 villes et 2.5 millions de personnes. |
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Japon |
Règlements |
Le recyclage des eaux grises est obligatoire pour les bâtiments de plus de 30 000 m2 et lorsque les volumes dépassent 100 m3 par jour. |
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Singapour |
Sensibilisation |
Le Conseil chargé des services d’utilité publique organise des campagnes d’éducation et de vulgarisation pour promouvoir l’utilisation d’eau recyclée. |
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Espagne |
Règlements et orientations |
Le décret royal 1620/2007 définit les exigences en matière de qualité de l’eau et fixe un cadre pour l’autorisation de la réutilisation de l’eau. Le plan national de traitement, d’assainissement, d’utilisation efficiente, d’économie et de recyclage de l’eau promeut une utilisation accrue de l’eau recyclée. Le plan spécial sécheresse de la Catalogne exige la mise en œuvre de mesures d’urgence, dont le recyclage de l’eau. |
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Tunisie |
Subvention |
Le gouvernement subventionne 20 % du plein tarif de l’eau recyclée afin que celle-ci soit beaucoup moins chère que l’eau conventionnelle. |
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États-Unis |
Crédit d’impôt |
En Californie, les propriétaires qui installent des systèmes de recyclage des eaux grises dans leurs logements peuvent bénéficier de crédits d’impôt. |
Source : Travaux des auteurs, d’après OCDE (2025[3] ; 2024[46] ; 2018[105] ; 2023[68] ; 2021[56]), AEE (2020[81]), Navarro (2018[107]), Agència Catalana de l’Aigua (2020[4]), Agence nationale de l’eau de Singapour (2024[108]) et Chenini (2010[109]).
Plusieurs facteurs font obstacle à la mise en œuvre de la réutilisation de l’eau à plus grande échelle. Dans certains pays, la réglementation limite cette pratique à certains usages (par exemple, la consommation domestique en France (OCDE, 2025[3])). Dans d’autres, l’absence d’orientations et de normes constitue un frein à l’investissement dans les technologies de recyclage. Le règlement de l’UE relatif à la réutilisation de l’eau y remédie en établissant un seuil de qualité de l’eau, des exigences de surveillance et des modalités en matière de gestion des risques (Union européenne, 2020[110]). La conception d’installations de traitement avancées ou la modernisation de celles existantes requiert des investissements initiaux importants, ce qui peut effrayer les administrations locales, malgré les économies réalisées sur le long terme. Des incitations financières sont donc primordiales pour inverser la tendance, en particulier dans les secteurs très consommateurs d’eau comme l’agriculture (OCDE, 2025[3] ; OCDE, 2024[46]). Enfin, l’hésitation du grand public en raison des risques que la consommation d’eau recyclée peut représenter pour la santé (comme une éventuelle contamination lors d’un usage domestique) est un autre obstacle à l’adoption de cette pratique (Morris et al., 2021[111] ; Union européenne, 2020[110]). Des campagnes de sensibilisation ciblées ont réussi à accroître l’acceptation du recyclage de l’eau par la population, par exemple en Türkiye (Taher et al., 2018[112]).
Réglementer les modalités de la réutilisation de l’eau est indispensable pour assurer la durabilité de cette pratique. Le recyclage de l’eau peut par exemple avoir besoin d’être limité lorsque les rejets d’eaux usées sont nécessaires au débit écologique ou à la recharge des eaux souterraines (OCDE, 2025[3] ; AEE, 2024[73]). C’est le cas pour le fleuve de la Seine, en France, dont le débit est assuré jusqu’à 70 % par des eaux usées traitées (Agence de l’eau Seine-Normandie, 2022[113]). Inversement, dans les régions côtières où les eaux recyclées seraient rejetées à la mer, il pourrait être judicieux de privilégier leur réutilisation (OCDE, 2025[3]). En adaptant les règlements sur la réutilisation de l’eau aux contextes locaux, les pays peuvent optimiser les bienfaits de cette pratique tout en limitant au maximum les risques socioéconomiques et environnementaux.
Le dessalement
Le dessalement peut offrir une solution viable aux régions disposant d’une réserve d’eau douce limitée ou en baisse, à condition que des mesures soient prises pour remédier à ses effets secondaires. Cette pratique consiste à retirer les sels dissous dans l’eau de mer et les eaux saumâtres afin d’obtenir de l’eau douce ; elle est donc souvent mise en œuvre dans les zones où les ressources en eau douce sont rares mais l’accès à l’eau de mer abondant. Au Moyen-Orient, par exemple, jusqu’à 90 % de l’eau potable provient du dessalement de l’eau de mer (Eyl-Mazzega et Cassignol, 2022[114]). Israël a investi massivement dans les technologies de dessalement et plus de 80 % de l’eau qui alimente ses zones urbaines provient aujourd’hui des usines de dessalement (OCDE, 2023[68]). En Europe, le dessalement est amplement utilisé dans les pays du bassin méditerranéen (comme l’Espagne, la Grèce et l’Italie) pour compléter l’approvisionnement en eau, principalement en cas de pénurie saisonnière ou localisée dans les zones côtières. L’Australie, le Chili et l’Égypte l’ont également adopté. L’Égypte a élaboré une série de plans quinquennaux courant jusqu’en 2050 dans le but d’étendre ses capacités de dessalement pour répondre à ses besoins en eau potable (IDMP, 2019[115] ; Elsaie et al., 2023[116]).
Les États déploient toutes sortes d’instruments pour encourager l’adoption et le perfectionnement des technologies de dessalement. Cela inclut notamment des incitations financières comme des subventions, des aides financières et des allègements fiscaux pour encourager les investissements dans les usines et les technologies de dessalement, ainsi que des règlements pour garantir la viabilité écologique des processus correspondants. Le financement de la recherche-développement (R-D) est également utilisé pour favoriser l’innovation dans les technologies de dessalement offrant une efficacité énergétique et une durabilité environnementale, par exemple celles fonctionnant à l’énergie solaire. Le gouvernement fédéral des États-Unis a par exemple fourni récemment une enveloppe de 250 millions USD pour financer la construction d’usines de dessalement (Maison Blanche, 2024[117]). De son côté, l’Allemagne a lancé des programmes de financement de projets de R-D ayant trait à la réutilisation et au dessalement de l’eau afin d’accroître la disponibilité de cette ressource (BMBF, 2024[118]).
Malgré le potentiel qu’elle offre en matière d’augmentation de la disponibilité en eau douce, la technique du dessalement présente plusieurs difficultés. Bien que les coûts des technologies y afférentes aient sensiblement diminué ces dernières années, ils restent élevés en comparaison avec les autres solutions d’approvisionnement en eau. Ces coûts dépendent de la taille des usines et de la technologie utilisée8. Le dessalement est en outre très gourmand en énergie (Shokri et Sanavi Fard, 2022[119]) et s’accompagne d’effets préoccupants pour les écosystèmes marins et la qualité de l’eau en raison du risque de contamination par les produits chimiques et de rejet de saumure. Si les progrès technologiques récents ont amélioré l’efficience des installations (Hidalgo González et al., 2020[120]) et réduit les impacts sur l’environnement, d’autres avancées et investissements sont nécessaires pour accroître les protections et la durabilité environnementales, notamment des mesures pour limiter le plus possible les risques écologiques et optimiser la consommation d’énergie (Bdour et al., 2023[121] ; Berenguel-Felices, Lara-Galera et Muñoz-Medina, 2020[122] ; AEE, 2020[81] ; AEE, 2021[47]).
4.3.2. Gérer les sols et les écosystèmes pour améliorer la résilience aux sécheresses
Gérer les sols et les écosystèmes de façon durable est fondamental pour accroître la résilience aux sécheresses dans le contexte du changement climatique (Chapitre 2). Lorsqu’ils sont en bonne santé, les sols et les écosystèmes permettent de mieux retenir l’eau, d’accroître la disponibilité des eaux souterraines et superficielles, ainsi que de réguler les flux hydriques. Les avantages d’une gestion durable des terres et des écosystèmes vont de l’amélioration de la disponibilité en eau au niveau des exploitations agricoles, des villes ou des bassins versants lorsque des interventions sont menées localement, à des modifications des cycles hydrologiques (par exemple une pluviométrie accrue) lorsque des actions de plus grande ampleur sont mises en œuvre à l’échelle régionale. Quelle que soit son ampleur, cette gestion durable réduit les risques de sécheresse en même temps qu’elle renforce la résilience des communautés humaines et des écosystèmes naturels. Les solutions fondées sur la nature fournissent des avantages connexes comme la purification de l’eau, l’atténuation du changement climatique, la préservation de la biodiversité et l’amélioration de la qualité de l’air (Graphique 4.5). Afin d’optimiser leur efficacité et d’éviter toute maladaptation, ces solutions doivent être ajustées aux conditions socioéconomiques, climatiques et environnementales locales (OCDE, 2021[123] ; Li et al., 2023[124])9.
L’importance de la préservation et de la restauration des sols et des écosystèmes pour réduire le risque de sécheresse est de plus en plus prise en compte dans les cadres stratégiques et réglementaires des administrations publiques. À titre d’exemple, la restauration des masses d’eau superficielles est explicitement encouragée en Espagne dans le plan national d’adaptation, et en Suisse dans la loi fédérale sur la protection des eaux (Fedlex, 2023[63]). Les solutions fondées sur la nature sont en outre régulièrement mises en avant dans la législation européenne pour relever les défis climatiques et environnementaux. Au niveau mondial, plus de 120 Parties à la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CLD) se sont engagées à stopper la dégradation des sols en intégrant des objectifs de restauration dans leur législation nationale, le but étant de réhabiliter 450 millions d’hectares de terres dégradées. Les sections qui suivent examinent les avantages et l’ampleur de l’adoption de solutions fondées sur la nature au niveau des paysages et des zones urbaines (Section 4.3.2). L’examen se poursuit dans la section 4.3.3 consacrée au rôle des pratiques agricoles durables au regard de la santé des sols et des écosystèmes.
Graphique 4.5. Les avantages d’une gestion durable des sols et des écosystèmes
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Source : Travaux des auteurs.
Gérer les écosystèmes à l’échelle des paysages
La protection et la restauration des écosystèmes au niveau des paysages sont primordiales pour accroître la résilience aux sécheresses. Le fait que les écosystèmes (cours d’eau, forêts, zones humides et pâturages) soient en bonne santé joue un rôle essentiel dans la rétention de l’humidité, la recharge des eaux souterraines et la régulation des flux hydriques (OCDE, 2021[123]). Les zones humides peuvent par exemple stocker jusqu’à 15 000 m3 d’eau par hectare (Office français de la biodiversité, 2012[125]), tandis que la transpiration des plantes contribue à plus de la moitié de l’humidité atmosphérique provenant des continents (Bureau des Nations Unies pour la prévention des catastrophes, 2021[126]). Conscientes de ces fonctions, les administrations publiques ont de plus en plus mis en avant la protection et la restauration de ces écosystèmes, en privilégiant surtout la gestion durable des paysages et du couvert végétal (Tableau 4.7).
Tableau 4.7. Vue d’ensemble des pratiques de gestion des écosystèmes au niveau des paysages et de leurs avantages
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Pratique |
Description |
Avantages |
|---|---|---|
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Gestion intégrée des paysages |
Reconnexion des cours d’eau aux plaines inondables, protection et restauration des zones tampons riveraines et des plaines inondables naturelles, protection des écosystèmes aquatiques sensibles et destruction des espèces envahissantes. |
Réduction des ruissellements, amélioration du stockage de l’eau et de la recharge des eaux souterraines, maintien du débit des cours d’eau pendant les périodes de sécheresse, réduction du risque d’érosion et d’inondation, amélioration de la qualité de l’eau et préservation de la biodiversité. |
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Gestion des végétaux |
Protection ou restauration des écosystèmes terrestres, création de ceintures végétales et extension du couvert végétal indigène. |
Amélioration du stockage de l’eau et de la régulation du débit, disponibilité en eau garantie en aval, réduction de l’érosion, amélioration de la qualité de l’eau et préservation de la biodiversité. |
Source : Travaux des auteurs.
Ces dernières années, les pouvoirs publics ont concentré leurs efforts sur l’amélioration de la gestion des paysages afin d’obtenir une meilleure connectivité hydrologique. Les principales mesures sont notamment la reconnexion des cours d’eau aux plaines inondables, la protection des écosystèmes sensibles et la restauration des zones tampons riveraines (c’est-à-dire la végétation située le long des cours d’eau et au bord des zones humides). En Europe et aux États-Unis, les incitations mises en place encouragent la création de zones tampons végétales à la bordure des cours d’eau et des zones humides afin d’améliorer la filtration de l’eau et sa rétention (OCDE, 2024[46]). En Chine, le programme de conversion des terres en pente indemnise les exploitants qui convertissent en forêts ou en pâturages les terres agricoles situées sur des pentes en érosion, afin de réduire les risques de sécheresse et d’inondation le long des principaux cours d’eau (Liu et Lan, 2015[127]). En Allemagne et en Estonie, des mesures comme la suppression des barrages et le retrait des digues ont considérablement amélioré la connexion entre les cours d’eau et les plaines inondables, générant des bienfaits hydrologiques et écologiques comme l’amélioration du stockage de l’eau et de la résilience des écosystèmes (AEE, 2024[73] ; Serra-Llobet et al., 2022[128]). La protection des tourbières et autres zones humides contre l’assèchement, le maintien de débits d’eau minimums (voir l’Encadré 4.3) et le soutien en cas de besoin des initiatives de restauration ont également aidé à restaurer les équilibres hydrologiques et à garantir la disponibilité en eau dans le paysage. En Israël, par exemple, le soutien de l’État à la restauration des zones humides dans la vallée de la Houla via des règlements, des investissements publics et des incitations à l’écotourisme à l’égard des parties prenantes locales a permis d’accroître le stockage de l’eau et de stabiliser les cycles hydrologiques au niveau local (Hambright et Zohary, 1999[129]).
Les autorités locales et nationales ont également investi massivement dans la préservation et la restauration des écosystèmes dans les zones exposées aux sécheresses. Un couvert végétal en bonne santé retient l’eau des sols, régule les niveaux d’humidité pendant les périodes sèches et accroît la résilience aux sécheresses tout en réduisant les risques de dégradation des terres (OCDE, 2021[123] ; Browder et al., 2019[130]). Au Mexique, par exemple, dans le parc national d’Izta-Popo, la reforestation de plus de 300 hectares a amélioré la recharge des eaux souterraines et permet de stocker 1.3 million de m3 d’eau par an (Oppla, 2023[131]). En Türkiye, les autorités locales de la région de Konya et du bassin versant de Seyhan ont intégré les problématiques de résilience au changement climatique et d’adaptation aux sécheresses dans les plans régionaux de gestion des forêts (Oppla, 2023[132] ; UICN, 2019[133]). Une solution fondée sur la nature innovante a été expérimentée à Quito (Équateur), où un fonds local de protection de l’eau (Fondo para la Protección del Agua) a financé la restauration de 2 500 hectares de terres dégradées et la protection de 33 000 hectares de végétation de haute altitude, assurant ainsi la disponibilité en eau douce en aval (Browder et al., 2019[130]). Des fonds pour l’eau mettant l’accent sur la régénération des écosystèmes ont également été créés au Costa Rica et en Écosse (Royaume-Uni) (Water Conservation Costa Rica, 2023[134] ; SEPA, 2024[135]). Ces dernières années, les initiatives de restauration de la végétation et des terres à l’échelle du paysage se sont également développées à l’échelle internationale (Encadré 4.5).
Encadré 4.5. Initiatives internationales visant à gérer le risque de sécheresse par la restauration des terres et des écosystèmes
Copier le lien de Encadré 4.5. Initiatives internationales visant à gérer le risque de sécheresse par la restauration des terres et des écosystèmesFace au risque de sécheresse grandissant, plusieurs initiatives multilatérales ont été lancées pour promouvoir la restauration des terres et des écosystèmes à grande échelle. Ces efforts mettent l’accent sur la lutte contre la désertification, l’amélioration de la santé des sols et le renforcement de la résilience aux sécheresses dans les régions concernées à l’aide de partenariats collaboratifs. Les principales initiatives sont les suivantes :
La Global Land Initiative du G20 vise à réduire la surface mondiale de terres dégradées de 50 % d’ici 2040 grâce à la restauration des écosystèmes, la reforestation et la gestion durable des terres. Elle prévoit des activités comme le partage de connaissances, le dialogue avec la société civile et la participation du secteur privé.
L’initiative Grande muraille verte a pour objectif de restaurer 100 millions d’hectares répartis sur 22 pays du Sahel pour lutter contre la dégradation des terres, la désertification et la sécheresse. D’ici 2030, son ambition est d’accroître la résilience face au climat et la sécurité alimentaire, tout en séquestrant 250 millions de tonnes de carbone et en créant 10 millions d’emplois verts. En 2020, 4 millions d’hectares de terres dégradées avaient été réhabilités.
L’Initiative pour la restauration des paysages forestiers en Afrique (AFR100) regroupe 34 États africains, ainsi que des entreprises et des ONG, dans le but de restaurer 100 millions d’hectares de terres à l’horizon 2030. Elle promeut l’agroforesterie, le pastoralisme et les bonnes pratiques en matière de restauration des paysages pour améliorer la sécurité alimentaire, la résilience climatique et le développement rural.
Pour pouvoir engager des actions efficaces et efficientes à l’échelle des paysages, les administrations publiques utilisent de plus en plus d’analyses coûts-bénéfices. En Afrique du Sud, par exemple, Le Cap a identifié la destruction d’une certaine plante envahissante dans sept bassins versants prioritaires comme une mesure efficiente pour accroître la disponibilité en eau, la prolifération de cette plante entraînant une baisse du débit des cours d’eau et de la recharge des nappes aquifères. Il a ainsi été découvert qu’avec les espèces d’arbres envahissantes, la recharge des eaux souterraines à l’aide des précipitations annuelles n’est possible qu’à hauteur de 16 % alors que ce pourcentage peut atteindre jusqu’à 40 % avec la végétation indigène (comme le fynbos) (FAO, 2021[11]). Avec des économies annuelles de 2 millions de litres par hectare, cette intervention pourrait permettre d’économiser 100 milliards de litres d’eau douce par an d’ici le milieu du siècle, pour un coût unitaire équivalant à un dixième de celui des autres options d’approvisionnement en eau (Stafford et al., 2019[141]). De même, aux Pays-Bas, les analyses coûts-avantages réalisées dans le cadre du plan Delta ont permis de mettre en évidence les mesures les plus efficaces pour assurer l’approvisionnement en eau douce, par exemple la protection du lac IJsselmeer (OCDE, 2025[3]).
Malgré certains progrès dans la gestion des écosystèmes, des difficultés persistent et l’éventail des interventions possibles au niveau des terres n’est toujours pas exploré dans sa totalité. Pour être efficace, la gestion des écosystèmes requiert souvent de limiter ou de modifier l’occupation des sols, ce qui peut entraîner une opposition du grand public ou de certains secteurs en raison des intérêts concurrents ou des supposés compromis (OCDE, 2021[123]). En Espagne, par exemple, les priorités divergentes en matière d’occupation des sols ont conduit les administrations publiques à soutenir l’expansion de l’agro-industrie autour du parc de Doñana, ce qui a provoqué une forte baisse de la disponibilité en eau au sein de cette zone protégée (WWF, 2023[48]). Le problème est souvent exacerbé par la tendance à sous-estimer les avantages économiques de la préservation car ils ne sont pas faciles à monétiser ou à quantifier, en comparaison avec d’autres mesures. D’autre part, la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature à grande échelle nécessite une coordination et une planification intégrée entre un grand nombre de parties prenantes, ce qui reste encore très difficile à accomplir dans de nombreux cas (Section 4.4.1) (OCDE, 2021[123]). Une autre difficulté est que l’eau est souvent privilégiée pour la consommation humaine, l’infrastructure et les secteurs économiques clés, et non pour les besoins des écosystèmes. Ce déséquilibre nuit fréquemment à la santé des écosystèmes et à leur capacité à remplir leurs fonctions de base pendant les périodes de pénurie d’eau. Il est par conséquent fondamental, pour une gestion durable des écosystèmes, d’assurer l’équilibre entre leurs besoins et ceux des êtres humains (par exemple en régulant les prélèvements d’eau et en encourageant la coopération entre les usagers ; voir respectivement les sections 4.3.1 et 4.4.1).
Mettre à profit les solutions fondées sur la nature pour assurer la résilience aux sécheresses dans les zones urbaines
Les solutions fondées sur la nature sont de plus en plus reconnues comme vitales pour améliorer la résilience aux sécheresses dans les villes. Au cours des dernières décennies, l’étalement urbain et l’imperméabilisation des sols ont réduit la perméabilité des terres et perturbé la recharge des nappes aquifères ainsi que le flux naturel des eaux pluviales. Dans la métropole du Grand Paris, par exemple, qui est urbanisée à 21 %, seulement 30 % des eaux de pluie s’infiltrent dans le sol en moyenne (OCDE, 2025[3]). La situation est similaire dans de nombreuses grandes zones urbaines du monde entier. En intégrant les surfaces perméables des villes (comme les espaces verts, les toits végétalisés et les trottoirs perméables) dans les plans d’aménagement urbain, les solutions fondées sur la nature ralentissent les ruissellements, facilitent l’infiltration des eaux pluviales et améliorent la recharge des eaux souterraines (Tableau 4.8). En Californie du Sud et dans la baie de San Francisco, les trottoirs perméables et les systèmes de récupération des eaux de pluie fournissent entre 518 et 777 gigalitres d’eau par an (Gleick et al., 2014[58]). En plus d’atténuer les impacts de la sécheresse, le déploiement dans les villes de solutions fondées sur la nature améliore la résilience à d’autres phénomènes extrêmes (comme les inondations et les vagues de chaleur), contribuent à la biodiversité et augmentent la qualité de vie en milieu urbain (OCDE, 2021[123]).
Un grand nombre de pays de l’OCDE ont accru leur utilisation de solutions fondées sur la nature en milieu urbain pour améliorer la connectivité hydrologique, en mettant en œuvre des politiques d’urbanisme, des incitations fiscales et des projets de régénération urbaine. À Brême (Allemagne), par exemple, des compensations financières sont offertes aux propriétaires pour désimperméabiliser les espaces goudronnés se trouvant sur leur propriété (AEE, 2020[81]), de manière à réduire les ruissellements de surface et à faciliter l’infiltration de l’eau. De la même manière, la métropole du Grand Paris met en œuvre des règlements sur la gestion des eaux pluviales et finance des interventions comme la désimperméabilisation, la plantation d’arbres, la végétalisation des toits ainsi que des projets de restauration de la nature sur des terrains publics et privés. La région a pour ambition de désimperméabiliser 5 000 hectares à l’horizon 2030. À l’heure actuelle, presque 16 % de l’eau non potable qui est consommée à Paris provient du drainage (OCDE, 2025[3]). Une approche innovante de la gestion de l’eau en milieu urbain a été expérimentée à Rotterdam (Pays-Bas) : une zone humide artificielle a été créée pour récupérer et traiter l’eau de pluie, qui est ensuite purifiée et stockée au-dessus d’une nappe de sable pour des usages autres que la consommation humaine (AEE, 2020[81]).
Tableau 4.8. Vue d’ensemble des solutions fondées sur la nature mises en œuvre en milieu urbain pour assurer la résilience aux sécheresses, et de leurs avantages
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Pratique |
Description |
Avantages |
|---|---|---|
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Création d’espaces verts et plantation d’arbres |
Parcs, ceintures vertes et arbres de rue pour fournir de l’ombre, réduire la chaleur urbaine et favoriser la biodiversité. |
Amélioration de l’écoulement des eaux urbaines, réduction des ruissellements, renforcement des micro-climats urbains, réduction du stress thermique, amélioration de la qualité de l’air, soutien à la biodiversité et accroissement de la résilience aux sécheresses. |
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Jardins de pluie et rigoles biologiques |
Cavités ou canaux végétalisés conçus pour recueillir et filtrer les ruissellements d’eau de pluie. |
Augmentation de la recharge des eaux souterraines, réduction des ruissellements, atténuation des inondations locales et irrigation localisée lors des épisodes de sécheresse. |
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Zones humides artificielles |
Dispositifs conçus à l’aide de végétaux indigènes pour traiter les eaux de ruissellement et accroître la recharge des eaux souterraines. |
Régulation des écoulements d’eau lors des sécheresses, amélioration de la qualité de l’eau, soutien de la biodiversité, traitement des eaux usées et atténuation des inondations. |
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Trottoirs perméables |
Surfaces poreuses permettant aux eaux pluviales de s’infiltrer dans le sol, réduisant ainsi l’imperméabilisation des sols. |
Réduction du ruissellement des eaux de surface, reconstitution des nappes souterraines, atténuation de l’effet d’îlot de chaleur urbain et amélioration de l’évacuation des eaux urbaines. |
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Toits végétalisés |
Végétalisation des toits permettant de retenir les eaux pluviales. |
Rétention des eaux de pluie, réduction des ruissellements et des débits maximums, amélioration de la qualité de l’eau, renforcement de l’isolation des bâtiments, soutien de la biodiversité et atténuation de l’effet d’îlot de chaleur urbain. |
Source : Travaux des auteurs.
4.3.3. Adaptation des pratiques sectorielles au changement climatique
Dans un contexte de changement climatique, la gestion des sécheresses doit, pour être efficace, aller au-delà de la gestion de l’eau et des terres et s’intéresser au rôle que jouent les secteurs clés pour instaurer une résilience aux sécheresses sur le long terme. Cette section passe en revue les besoins et les opportunités d’adaptation dans une sélection de trois secteurs : adapter les pratiques agricoles pour maintenir la productivité et la sécurité alimentaire dans un contexte de modification des conditions climatiques ; assurer la continuité des transports fluviaux et ainsi celle des axes d’échange et de communication ; prévenir les risques pour les actifs physiques afin de protéger les services essentiels et les populations contre les impacts de la sécheresse.
Adapter les pratiques agricoles dans un contexte de changement climatique
Le secteur agricole est extrêmement vulnérable au risque de sécheresse dans le contexte du changement climatique, car la hausse des températures et la modification des régimes pluviométriques menacent les rendements et la sécurité alimentaire (Chapitre 3). Il est donc capital d’accroître la résilience des exploitants ainsi que des communautés et des économies reposant sur l’agriculture. Il faut pour cela : utiliser l’eau destinée à l’irrigation de façon plus efficiente ; améliorer la résilience aux sécheresses des végétaux, des animaux et des systèmes agricoles ; promouvoir une gestion durable des terres et de l’eau afin d’alléger la pression qu’exerce le secteur agricole sur des ressources en eau de plus en plus rares. Les sous-sections qui suivent examinent les principales pratiques possibles et l’état actuel de leur adoption.
Rendre l’irrigation plus efficiente
À l’heure où le changement climatique exacerbe la variabilité des régimes pluviométriques, l’irrigation occupe une place de plus en plus centrale au regard de la fiabilité de l’approvisionnement en eau destiné aux cultures, assurant ainsi la résilience en cas de périodes de sécheresse prolongées. Au cours des cinquante dernières années, la surface irriguée a globalement doublé et aujourd’hui, 20 % de la superficie récoltée et 40 % des rendements agricoles au niveau mondial sont assurés grâce à l’irrigation (GIEC, 2022[142]). Cette dernière représente cependant 70 % des prélèvements d’eau douce à l’échelle mondiale, et donc une cause importante de l’épuisement des eaux souterraines dans de nombreuses régions (Nations Unies, 2024[143]). D’après les projections, à mesure que la pénurie d’eau va s’amplifier, de profondes mutations vont s’opérer – d’une agriculture pluviale à une agriculture irriguée –, entraînant une augmentation de la demande en eau par le secteur agricole jusqu’à la fin du siècle (GIEC, 2022[142]). Bien que cette évolution soit vitale pour l’adaptation, elle doit s’accompagner de la prise en compte de la durabilité de l’utilisation des ressources en eau, d’autant que la majorité des prélèvements effectués pour l’agriculture ne sont pas restitués à la nature.
Il est, par conséquent, nécessaire d’accroître l’efficience de l’irrigation pour alléger la pression qui pèse sur les eaux souterraines et promouvoir une utilisation durable de l’eau. Les études montrent que la modernisation des systèmes d’irrigation peut réduire jusqu’à 76 % le manque d’efficience de l’utilisation de l’eau à l’échelle mondiale (Jägermeyr et al., 2015[144]) et abaisser le niveau général de consommation de 15-20 % dans certains pays (OCDE, 2025[3]). Partout dans le monde, les administrations publiques ont adopté des mesures diverses pour encourager l’adoption de technologies d’irrigation économes en eau. Les principales solutions sont notamment la micro-irrigation et l’irrigation au goutte à goutte, qui consomment 20-50 % d’eau en moins que les systèmes d’aspersion traditionnels (CLD, 2023[103]), ainsi que les technologies avancées comme les capteurs, les drones et les compteurs. En Europe, la Politique agricole commune (PAC) promeut l’utilisation de ces technologies en exigeant une utilisation rationnelle de l’eau et en subventionnant les investissements orientés vers les économies d’eau (Cour des comptes européenne, 2021[64]). La Hongrie subventionne l’irrigation à condition qu’elle permette de réaliser des économies d’eau ; aux États-Unis, le gouvernement fédéral soutient la modernisation des infrastructures d’irrigation, notamment les systèmes d’acheminement de l’eau en dehors des exploitations agricoles (OCDE, 2021[56]).
Une gouvernance de l’eau efficace – notamment des cadres d’allocation de l’eau, la réglementation des eaux souterraines et la tarification de l’eau – est également primordiale pour rendre l’irrigation plus efficiente. Ces mesures peuvent empêcher les prélèvements excessifs et garantir une utilisation équitable et efficiente de l’eau, en particulier pendant les périodes de sécheresse, en même temps qu’elles incitent les exploitants agricoles à adopter des technologies et des pratiques favorisant les économies d’eau (voir la section 4.3.1). À titre d’exemple, une tarification de l’eau bien conçue favorise la préservation de la ressource car elle reflète sa vraie valeur, assurant ainsi son utilisation durable dans l’agriculture et d’autres secteurs. Le soutien apporté par les pouvoirs publics dans ce domaine prend diverses formes, comme par exemple la création de marchés de l’eau en Australie, qui a amélioré l’efficience de l’irrigation au niveau des exploitations agricoles (OCDE, 2019[145] ; Kirby et al., 2014[146]), ou, au Colorado (États-Unis), l’indemnisation d’exploitants qui renoncent de façon définitive à leurs droits sur les eaux d’irrigation dans des zones prédéfinies (USDA, 2017[147]).
Les outils numériques émergents peuvent également rendre l’irrigation plus efficiente en permettant une gestion précise de l’eau. Les technologies de télédétection fournissent des informations en temps réel sur l’humidité des sols, la santé des cultures et la répartition de l’eau, et permettent donc d’optimiser les pratiques d’irrigation. De leur côté, les appareils faisant appel à l’internet des objets (IdO), comme les capteurs intelligents et les vannes automatiques, contrôlent et régulent la consommation d’eau de façon dynamique, et réduisent donc le gaspillage. Par ailleurs, les systèmes d’optimisation de l’eau d’irrigation utilisent les données météorologiques pour ajuster les périodes et les volumes d’irrigation, de manière à répondre aux besoins réels des cultures. Les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour favoriser l’adoption de ces outils (comme les subventions pour les systèmes d’irrigation intelligents ou les plateformes de partage de données) peuvent accélérer leur mise en œuvre. En France, par exemple, des subventions sont versées dans le cadre du Plan végétal environnement de plusieurs régions pour encourager l’utilisation de technologies favorisant l’amélioration des performances environnementales, dont l’utilisation efficiente de l’eau (Nouvelle-Aquitaine, 2021[148]). En Hongrie, également, des subventions sont consenties dans les cas où l’irrigation est associée à des objectifs d’économie d’eau (OCDE, 2021[56]).
Malgré les progrès récents, une application plus stricte des exigences relatives à l’utilisation efficiente de l’eau est nécessaire, de même que des mesures d’incitation plus adaptées. Dans l’UE, par exemple, les dérogations aux exigences de l’autorisation de prélèvement d’eau permettent au secteur agricole d’extraire des quantités excessives ; quant aux fonds octroyés par la PAC, ils sont souvent destinés au financement de nouveaux projets d’irrigation plutôt qu’à l’amélioration de l’efficience des dispositifs existants (Cour des comptes européenne, 2021[64]). Ces dérogations et incitations inadaptées risquent d’accroître la pression qui pèse déjà sur les ressources en eau et de nuire aux efforts visant à améliorer l’utilisation durable de l’eau dans l’agriculture. De plus, en l’absence de garde-fous appropriés, une irrigation plus efficiente peut produire un effet rebond, les économies d’eau étant contrebalancées par une irrigation plus étendue ou une consommation d’eau accrue. Par ailleurs, la prise en compte de la question du changement climatique dans la gestion de l’eau à usage agricole laisse à désirer, une minorité seulement de pays de l’OCDE ayant mis davantage l’accent sur l’adaptation climatique au cours de la dernière décennie (OCDE, 2021[56]).
Accroître la résilience des systèmes agroalimentaires aux sécheresses est en outre capital pour garantir la sécurité alimentaire et assurer un moyen de subsistance aux populations rurales dans un contexte de variabilité climatique accrue. En adoptant des variétés végétales tolérantes aux sécheresses, en ajustant le calendrier des cultures, en améliorant la gestion des cheptels et en diversifiant les sources de revenu, les exploitants agricoles peuvent réduire la vulnérabilité, maintenir leur productivité et garantir une utilisation durable des ressources (Tableau 4.9).
Les administrations publiques ont activement soutenu l’adoption de pratiques permettant d’améliorer la résilience des végétaux et des animaux en mettant en place des incitations, des investissements publics et des campagnes d’information. Dans l’UE, la PAC promeut les éco-régimes, qui favorisent l’introduction de variétés végétales moins gourmandes en eau et l’ajustement des calendriers des semis et des récoltes (OCDE, 2024[46]). Selon de récentes estimations, l’utilisation de végétaux tolérants aux sécheresses au sein de l’UE pourrait réduire la consommation d’eau jusqu’à 50 % (AEE, 2021[47]). Les organismes sectoriels, mais aussi les organismes de recherche internationaux, ont joué un rôle utile dans le domaine de la recherche-développement. Ainsi, le projet « Drought Tolerant Maize for Africa » (Pour du maïs tolérant à la sécheresse en Afrique) a considérablement étendu l’adoption de variétés de maïs résistantes à la sécheresse en Afrique subsaharienne, avec des rendements dépassant jusqu’à 40 % ceux des variétés traditionnelles lors des années de sécheresse, et des performances similaires les autres années (Shiferaw et al., 2014[149]). Des efforts pour améliorer les pratiques de gestion des cheptels ont été déployés au Tadjikistan grâce au projet de développement des cheptels et des pâturages, qui fournit un financement partiel à l’aide de dons et un renforcement des capacités pour les communautés. Ces initiatives ont procuré des avantages connexes tels que l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’augmentation des revenus des ménages, pour n’en citer que quelques-uns (FIDA, 2022[150]).
Certains pays ont également encouragé les exploitants agricoles des zones exposées aux sécheresses à diversifier leurs moyens de subsistance, de manière à stabiliser leurs revenus et à réduire leur vulnérabilité (Bureau des Nations Unies pour la prévention des catastrophes, 2021[126] ; De Boni et al., 2022[151]). Des incitations à la diversification de la production agricole et au développement d’activités autres qu’agricoles (comme l’agritourisme) ont ainsi été déployées. Les pouvoirs publics ont apporté leur soutien à ces efforts via des incitations financières, des programmes de formation et des initiatives d’accès aux marchés. En Australie, par exemple, les programmes gouvernementaux dispensent des formations et des ressources pour aider les exploitants agricoles à s’ouvrir à des sources de revenu autres que l’agriculture traditionnelle (Department of Agriculture, s.d.[152]). Dans certains pays, les dispositifs d’assurance agricole encouragent aussi la diversification des sources de revenu (voir la section 4.4.3). Aux États-Unis, par exemple, le programme « Whole-Farm Revenue Protection » (Protection des revenus de l’ensemble de l’exploitation) conditionne la réduction des primes d’assurance et le versement de subventions à la diversification des revenus des exploitants ; de plus, il ne propose un niveau de couverture maximal qu’aux exploitations produisant au moins trois produits différents (USDA, s.d.[153] ; Kokot et al., 2020[154]).
Malgré ces efforts, il reste encore d’importants défis à relever. Pour citer un exemple, en 2024, seuls deux pays de l’UE finançaient l’adoption de cultures résilientes à la sécheresse dans le cadre de leur plan stratégique national sur l’agriculture (AEE, 2024[41]). De surcroît, certaines incitations relevant de la PAC continuent de soutenir les cultures consommatrices d’eau et l’expansion des cheptels sans prendre suffisamment en compte la question de l’utilisation efficiente de l’eau, ce qui risque d’accroître davantage la vulnérabilité aux sécheresses (WWF, 2023[48]). Bien que les exploitants exposés et vulnérables soient de plus en plus conscients du risque de sécheresse (Durrani et al., 2021[155] ; van Duinen et al., 2015[156]), l’adoption de pratiques résilientes oblige souvent à opérer des arbitrages avec d’autres préoccupations urgentes comme l’intensité de main-d’œuvre des nouvelles pratiques, les potentielles baisses de revenus, l’absence de chaînes de valeur pour les cultures utilisées en alternance, ou la nécessité d’investir dans des machines spécialisées. L’élimination de ces obstacles requiert par conséquent la mise en place d’incitations financières, le développement d’infrastructures et le renforcement des chaînes de valeur en veillant à ce que les aides financières favorisent l’adoption par anticipation de mesures de résilience et une adaptation aux sécheresses sur le long terme, tout en évitant la consolidation des pratiques de maladaptation qui accroissent malencontreusement la vulnérabilité.
Tableau 4.9. Vue d’ensemble des pratiques d’adaptation visant à accroître la résilience des systèmes agricoles
Copier le lien de Tableau 4.9. Vue d’ensemble des pratiques d’adaptation visant à accroître la résilience des systèmes agricoles|
Pratique |
Description |
Avantages |
|---|---|---|
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Utilisation de cultures adaptées à la sécheresse |
Choix de variétés se caractérisant par une utilisation efficiente de l’eau ou une tolérance à la sécheresse (par exemple des végétaux à maturité précoce ou tolérants à la salinité). |
Réduction de la vulnérabilité aux faibles précipitations, stabilisation des rendements et des revenus, optimisation de la consommation d’eau et amélioration de la santé des sols. |
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Ajustement du calendrier des cultures |
Modification des calendriers des semis et des récoltes pour s’adapter à la modification des régimes pluviométriques ou réduire le plus possible les besoins d’irrigation. |
Réduction au maximum du risque de mauvaise récolte, optimisation de la consommation d’eau et de ressources, augmentation des rendements et de la rentabilité. |
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Adaptation de la production animale |
Choix de races résistantes à la sécheresse, ajustement de la densité de bétail (par exemple avec des pâturages extensifs et/ou tournants) et amélioration des systèmes d’alimentation animale et de fourrage. |
Réduction de la perte de bétail, utilisation plus efficiente de l’eau, augmentation de la productivité et des revenus, amélioration du bien-être animal, amélioration de la teneur en eau, de la structure et de la matière organique des sols, réduction de l’érosion et aide au stockage du carbone. |
|
Diversification des moyens de subsistance |
Élargissement des sources de revenu en s’orientant vers l’agriculture mixte (par exemple en combinant les cultures et l’élevage) ou des activités autres que l’agriculture. |
Réduction de la dépendance à une seule source de revenu, amélioration de la stabilité économique et augmentation de la résilience aux chocs. |
Source : Travaux des auteurs.
Amélioration de la santé des sols et de la rétention d’eau pour une résilience accrue
La gestion durable des terres et des ressources en eau dans les zones agricoles est très importante pour accroître la résilience aux sécheresses et assurer la durabilité de l’agriculture sur le long terme. Des stratégies comme l’agroforesterie, l’installation de systèmes de rétention d’eau naturels et des pratiques de gestion durable des sols permettent de préserver les ressources naturelles, de protéger la biodiversité ainsi que d’améliorer la qualité des sols et leur capacité de rétention d’eau (Tableau 4.10). Ces pratiques permettent d’accroître la teneur en carbone organique des sols – qui améliore leur capacité à retenir l’eau, leurs propriétés d’infiltration et leur santé générale – tout en servant de puissant mécanisme de stockage du carbone et de concentration de biodiversité microbienne. En adoptant ces pratiques, les exploitants ne se contentent pas d’augmenter leur résilience à la variabilité climatique, puisqu’ils peuvent aussi obtenir une hausse de leurs rendements et souvent des bénéfices record, même les années sans sécheresse (CLD, 2019[157])10.
Les pays soutiennent de plus en plus l’agroforesterie et les systèmes de rétention d’eau en mettant en œuvre des mesures d’incitation et des programmes de formation visant à promouvoir une utilisation durable des terres et une meilleure gestion de l’eau. La PAC européenne finance l’agroforesterie et promeut la plantation/restauration de forêts sur plus de 60 0000 hectares (Commission européenne, 2022[158]). Dans sa nouvelle mouture, cette politique exige que 25 % des financements nationaux accordés aux exploitants agricoles soient affectés aux éco-régimes conçus pour encourager des pratiques agricoles durables (AEE, 2024[41]). En France, l’initiative éducative Enseigner à produire autrement promeut les pratiques agricoles résilientes en intégrant dans la formation agricole les notions d’adaptation et de durabilité (OCDE, 2025[3]).
Les administrations publiques ont également mis l’accent sur des mesures visant à promouvoir les pratiques de conservation des sols comme le paillage, le travail du sol de conservation11 et la rotation des cultures, le but étant d’améliorer la santé des sols, la rétention d’eau et la résilience globale aux sécheresses. Ces pratiques sont particulièrement efficaces pour accroître la teneur en carbone organique des sols, qui améliore leur capacité à retenir l’eau et les nutriments. Au Royaume-Uni, par exemple, l’incitation à l’agriculture durable (Sustainable Farming Incentive) indemnise les exploitants qui adoptent des pratiques durables comme le non-labour et les cultures associées, tout en fournissant des conseils de mise en œuvre (Gouvernement du Royaume-Uni, 2024[159]). De même, en Irlande, le projet pilote agro-environnemental axé sur les résultats (Results-Based Environmental Agri Pilot) récompense les exploitants qui obtiennent des améliorations mesurables en matière de santé des sols et de rétention d’eau (Gouvernement de l’Irlande, 2021[160]). Aux États-Unis, le programme en faveur de la qualité de l’environnement (Environmental Quality Incentives Program) et le programme de mise en réserve des terres fragiles (Conservation Reserve Program) privilégient des pratiques comme la rotation des cultures, le travail du sol de conservation et les cultures de couverture au moyen de subventions et de loyers annuels (OCDE, 2024[46] ; USDA, 2017[147]). Le second programme a eu plus de succès dans les zones exposées aux sécheresses (après élimination de l’effet des autres particularités régionales), ce qui laisse entendre que la résilience aux sécheresses représente un moteur essentiel pour la participation (USDA, 2017[147]).
Ces pratiques de gestion des terres et de l’eau ont eu pour corollaires des améliorations de la résilience aux sécheresses, de l’utilisation efficiente de l’eau, de la santé des sols et de la productivité, même si leur efficacité varie selon le climat ainsi que des facteurs environnementaux et socioéconomiques locaux12. Ainsi, dans le bassin versant du Segura en Espagne, le paillage et le travail du sol de conservation ont réduit le stress hydrique et accru l’humidité du sol (CLD, 2019[157]) tandis que les terrasses en terre de Murcie ont amélioré l’infiltration de l’eau (WOCAT SLM Database, 2011[161]). En Afrique australe, la rotation des cultures a accru l’infiltration de l’eau dans le sol de 70-238 %. Dans certaines régions, les pratiques favorisant la résilience aux sécheresses ont en outre entraîné une hausse de la productivité. En Zambie, l’agroforesterie a permis d’augmenter les rendements de maïs pendant les années de sécheresse jusqu’à 12 fois par rapport aux systèmes sans agroforesterie (CLD, 2019[157]). Au Mexique également, les pratiques agricoles durables comme l’agriculture de conservation et de précision ont amélioré les rendements de maïs et de blé de respectivement 20.5 % et 2.8 % (CIMMYT, 2024[162]).
Malgré les progrès accomplis, d’importants obstacles empêchent l’extension de ces pratiques. Les capacités et la participation limitées des acteurs privés sont souvent un frein à leur adoption, en particulier dans les régions où les petits exploitants agricoles sont confrontés à des difficultés financières immédiates (CLD, 2019[157]). Les bienfaits à moyen et à long termes d’une gestion durable des terres peuvent ne pas être en adéquation avec les besoins et les contraintes à court terme des exploitants à faible revenu. Il faut, pour relever ces défis, des mesures d’incitation plus robustes, un renforcement des capacités ciblé et un soutien financier, mais aussi des travaux de recherche plus poussés pour assurer l’adoption à plus grande échelle des pratiques agricoles résilientes aux sécheresses.
Tableau 4.10. Vue d’ensemble des pratiques de gestion durable des terres et de l’eau et de leurs avantages
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Pratique |
Description |
Avantages |
|---|---|---|
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Agroforesterie et agropastoralisme |
Plantation d’arbres ou d’arbustes en association avec les cultures ou l’élevage. |
Amélioration de la santé des sols, augmentation de la rétention de l’humidité et de l’infiltration de l’eau, séquestration du carbone, fourniture d’ombre et soutien de la biodiversité. |
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Systèmes de rétention d’eau naturels |
Création de terrasses en terre, de murets de pierre ou de bandes tampons végétales sur les terrains en pente. |
Augmentation de la rétention d’eau, répartition uniforme de l’eau, réduction de l’érosion des sols et amélioration des rendements des cultures. |
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Paillage |
Étalage de matières organiques à la surface du sol. |
Amélioration de l’humidité et de la structure du sol, amélioration du stockage du carbone et du recyclage des nutriments, régulation de la température du sol, réduction au maximum de l’érosion des sols et amélioration des rendements des cultures. |
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Travail du sol de conservation |
Utilisation réduite ou nulle du labour afin de limiter le plus possible la perturbation des sols. |
Amélioration de l’humidité et de la structure du sol, réduction de l’érosion, augmentation de la matière organique et amélioration de l’infiltration de l’eau. |
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Rotation et diversification des cultures |
Alternance saisonnière (rotation) ou association des cultures ; utilisation de cultures de couverture pour protéger les sols pendant les périodes de jachère. |
Augmentation de la fertilité et réduction de l’érosion des sols, amélioration de l’infiltration de l’eau, rupture des cycles des ravageurs et des maladies, et réduction de la consommation d’eau. |
Source : Travaux des auteurs.
Assurer la continuité des transports fluviaux
Les sécheresses peuvent perturber sérieusement les transports par les voies navigables intérieures car elles abaissent le niveau des cours d’eau, ce qui entraîne en retour la limitation des capacités de navigation, des retards et la hausse des coûts du transport (voir le chapitre 3). Face à ces défis croissants, les administrations publiques ont pris des mesures et des initiatives pour rénover l’infrastructure fluviale et maintenir la navigabilité durant les périodes de sécheresse. Les principales stratégies adoptées sont notamment la création de nouveaux canaux de navigation ainsi que le dragage, l’approfondissement ou l’élargissement de ceux existants, comme dans le cas des bassins versants du Rhin (Allemagne) et du Mississippi (États-Unis) (Gobert, 2023[163] ; Guo, 2023[164]). Les investissements dans les lacs de retenue, les écluses et les stations de pompage sont également très importants pour réguler le débit d’eau pendant les sécheresses, comme cela a été constaté le long de la Seine (France) et du delta Rhin-Meuse-Escaut (Belgique et Pays-Bas) (OCDE, 2025[3] ; Climate-Adapt, 2016[165] ; Havinga, 2020[166]) (Tableau 4.11).
Parallèlement, certains pays ont mis en place des cadres réglementaires ou ont ajusté ceux existants pour adapter les navires et les opérations de transport à la modification du niveau des cours d’eau. En Allemagne, par exemple, la réglementation fixe des limites au tirant des bateaux en fonction du niveau de l’eau, afin de garantir la sécurité de la navigation sur le Rhin (Vinke et al., 2024[167]). Un programme fédéral finance en outre la modernisation des navires assurant les transports intérieurs afin d’optimiser ces opérations lors des étiages (PLATINA3, 2022[168]). L’Autriche a également mis en place un mécanisme de subvention pour accroître l’efficience des bateaux de navigation intérieure (BMK, 2022[169]).
En dépit de ces avancées, l’efficacité des politiques publiques et des investissements en cours est souvent limitée par le caractère évolutif du risque de sécheresse dans le contexte du changement climatique. Un grand nombre des mesures et stratégies mises en œuvre s’appuient sur les tendances des sécheresses passées, et seules quelques-unes tiennent compte des conditions futures ou encore inédites en la matière. C’est le cas par exemple du plan d’action pour les étiages du Rhin (Aktionsplan Niedrigwasser Rhein) qui a été élaboré par l’Allemagne après la sécheresse de 2018. Bien que ce plan inclue des prévisions de basses eaux sur le long terme et que les services de projection aient été activés en 2019 et 2020, d’autres dispositions du plan (comme celles relatives à l’infrastructure) n’étaient pas encore en application lorsque le second épisode d’étiage sévère a eu lieu en 2022 (OCDE, 2023[19]). Pour remédier à ces lacunes, les politiques publiques et les stratégies doivent reposer sur des évaluations des risques prospectives établies à partir d’une série de scénarios climatiques, de manière à améliorer le niveau de préparation. La restauration des zones humides et le reboisement des berges des cours d’eau sont des solutions efficaces pour maintenir des niveaux d’eau navigables au moment des sécheresses (voir la section 0). Ces mesures présentent en outre des avantages connexes comme l’amélioration de la biodiversité, de la qualité de l’eau et de la résilience socioéconomique.
Tableau 4.11. Vue d’ensemble des mesures d’adaptation des voies de transport navigables et de leurs avantages
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Mesure |
Description |
Avantages |
|---|---|---|
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Amélioration de l’infrastructure de navigation en eaux grises |
Canalisation des cours d’eau ; dragage, élargissement ou approfondissement des canaux existants ; rénovation des lacs de retenue, des écluses, des barrages et des stations de pompage. |
Maintien de la navigabilité pendant les périodes d’étiage, réduction des retards et continuité des transports par voies navigables. |
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Règlements et incitations en faveur de l’adaptation des navires |
Exigences réglementaires et incitations financières visant à encourager une conception des navires adaptée (par exemple, un faible tirant d’eau, de meilleurs systèmes de propulsion et des matériaux plus légers). |
Garantie d’une navigation sans problème lors des périodes de basses eaux, optimisation de l’efficience des navires et réduction des coûts de fonctionnement. |
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Gestion adaptative de la chaîne d’approvisionnement |
Investissements dans les reports modaux et les modes de transport alternatifs. |
Garantie du transport des biens même pendant les sécheresses ou étiages prolongés. |
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Solutions fondées sur la nature |
Restauration des cours d’eau, gestion de la végétation dans les forêts et le long des cours d’eau, restauration des zones humides pour préserver les flux d’eau naturels et réguler le débit. |
Maintien d’un débit minimum pendant les sécheresses afin d’assurer la navigabilité, de préserver la biodiversité et d’améliorer la qualité de l’eau. |
Source : Travaux des auteurs.
Prévenir les risques pour les actifs physiques provenant du retrait des argiles et de l’affaissement des sols
Des situations de sécheresse prolongées et des prélèvements d’eaux souterraines excessifs contribuent de manière importante au retrait des argiles et à l’affaissement des sols, qui provoquent des dommages structurels sur les infrastructures et les bâtiments13. En France uniquement, le retrait et le gonflement des argiles ont causé presque 2 milliards EUR de dommages entre 1995 et 2019, soit des coûts annuels 1.5 fois supérieurs en moyenne à ceux des inondations (DRIEAT, 2023[170] ; CCR, 2020[171]). En Europe, l’affaissement des sols dû aux sécheresses s’est considérablement accru au cours des dernières décennies, une tendance qui devrai se poursuivre à cause du changement climatique (Swiss Re, 2011[172]). Ce phénomène peut en outre réduire de façon permanente la capacité de stockage des nappes aquifères, et donc exacerber le risque de sécheresse (OCDE, 2025[3]).
Les administrations publiques ont adopté diverses mesures réglementaires pour renforcer la résilience des actifs dans les zones exposées au retrait des argiles et à l’affaissement des sols. Il arrive que la construction soit restreinte dans les zones à haut risque, et des analyses du sol sont souvent requises pour évaluer, avant tout aménagement, la teneur en argile et le potentiel de retrait. Les codes de la construction applicables dans les zones concernées exigent parfois des fondations plus profondes, la stabilisation du sol à l’aide de techniques particulières ou des matériaux pouvant supporter les mouvements de terrain. Un grand nombre de ces mesures ont été mises en œuvre en France (DRIEAT, 2023[170]), où les dommages résultant du retrait des argiles ont d’ailleurs été intégrés dans le dispositif national d’indemnisation (voir le Tableau 4.13). La Commission européenne a, quant à elle, publié des lignes directrices sur l’adaptation des bâtiments aux impacts du changement climatique, dont le retrait des argiles et l’affaissement des sols (Commission européenne, 2023[173]).
Des efforts ont également été entrepris pour maintenir les taux d’humidité des sols et faciliter la recharge des eaux souterraines dans les zones exposées au retrait ou à l’affaissement des sols dû aux sécheresses. La ville de Tokyo, par exemple, interdit le captage des eaux souterraines pour réduire l’affaissement des terrains (Cao et al., 2021[174]), tandis que la France a mis en place une réglementation promouvant des pratiques telles que la plantation de la végétation14 à une certaine distance du bâti afin de maintenir une teneur en eau constante dans le sol (DRIEAT, 2023[170]). Les solutions fondées sur la nature qui favorisent la recharge des nappes aquifères et la rétention d’eau dans le sol (voir la section 0 et le Tableau 4.12) peuvent aussi aider à atténuer le retrait des argiles et l’affaissement des sols tout en apportant des bénéfices environnementaux et politiques supplémentaires.
Tableau 4.12. Vue d’ensemble des mesures d’adaptation visant à prévenir les dommages pour les actifs physiques, et de leurs avantages
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Pratique |
Description |
Avantages |
|---|---|---|
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Mise en place d’une réglementation |
Restrictions de l’aménagement du territoire ; exigences concernant l’utilisation de pratiques de construction résilientes ou la mise en conformité (par exemple les matériaux utilisés, les fondations et la stabilisation des sols), ainsi que la plantation de végétation à proximité des structures. |
Réduction de l’exposition au retrait des argiles et à l’affaissement des sols, amélioration de la résilience structurelle et prévention des dommages matériels lors des sécheresses. |
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Gestion des eaux souterraines |
Régulation des prélèvements d’eaux souterraines et recharge contrôlée des nappes pour prévenir le rabattement excessif du niveau de l’eau. |
Réduction du risque d’affaissement des sols, maintien de la capacité de stockage des nappes, hausse du niveau des eaux souterraines et aide à la disponibilité et la qualité de l’eau sur le long terme. |
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Solutions fondées sur la nature |
Utilisation de surfaces perméables, pratiques de conservation des sols, régulation du débit de l’eau, protection et restauration des écosystèmes critiques (comme les zones humides). |
Amélioration de l’infiltration et du stockage de l’eau, réduction du risque de rétractation et d’affaissement des sols, augmentation de la recharge des eaux souterraines, avantages connexes (comme l’atténuation des inondations et la protection de la biodiversité). |
Source : Travaux des auteurs.
4.4. Élaboration de cadres institutionnels et de financement pour assurer la résilience aux sécheresses
Copier le lien de 4.4. Élaboration de cadres institutionnels et de financement pour assurer la résilience aux sécheressesCréer les conditions propices à la prévention efficace du risque de sécheresse est indispensable pour favoriser la mise en œuvre de politiques publiques, de pratiques et d’investissements permettant d’accroître la résilience. Cela nécessite de mettre en place des cadres institutionnels promouvant l’harmonisation de l’action publique et l’association des parties prenantes au niveau national et au-delà des frontières (Section 4.4.1), d’assurer un soutien financier adéquat aux mesures de renforcement de la résilience (Section 4.4.2) et de favoriser la résilience des acteurs privés en proposant des régimes d’assurance (Section 4.4.3).
4.4.1. Le renforcement de la collaboration au service de la résilience aux sécheresses
La coordination institutionnelle intérieure
Pour faire face au risque de sécheresse croissant, un grand nombre de pays ont créé des mécanismes de coordination qui facilitent l’harmonisation de l’action publique et la collaboration entre les autorités, les secteurs et les différents niveaux de l’administration. Aux États-Unis, par exemple, le Groupe de travail interinstitutions sur la résilience à la sécheresse (Drought Resilience Interagency Working Group) est composé de représentants de 14 départements fédéraux afin de faciliter la coordination ainsi qu’une approche mobilisant l’ensemble de l’administration (White House Drought Resilience Interagency Working Group, 2022[175]). Ses travaux sont complétés par le partenariat national pour la résilience à la sécheresse (National Drought Resilience Partnership), qui coordonne les ressources fédérales et les informations de manière à soutenir les actions menées par les autorités étatiques, tribales ou locales pour assurer la résilience aux sécheresses sur le long terme (NIDIS, s.d.[176] ; NDRP, 2019[177]). Au Kenya, un organe permanent chargé de la gestion de la sécheresse (à savoir la National Drought Management Authority) a été créé pour améliorer la coordination entre les actions menées aux niveaux national, infranational et international (FAO, 2021[11]). En Australie, le plan d’action national pour les sols (National Soil Action Plan) promeut le déploiement d’efforts coordonnés pour protéger et améliorer la santé des sols, par exemple en soutenant la création de cadres collaboratifs pour la surveillance des sols, en encourageant l’harmonisation de l’action publique et en facilitant les investissements conjoints dans les initiatives concernant les sols. Cette approche permet de s’assurer que les priorités nationales sont respectées tout en s’adaptant aux conditions locales et régionales (Gouvernement australien, 2021[178]).
La collaboration institutionnelle a également progressé au niveau des bassins versants, facilitant la gestion partagée des ressources en eau douce et atténuant le risque de sécheresse et les impacts en aval. Les mécanismes de coopération incluent des conventions sur les cours d’eau et des plans de gestion des bassins versants. Ces conventions sont des accords contraignants entre les administrations publiques (d’un seul ou de plusieurs pays ; pour la dimension transnationale, voir la section qui suit), qui présentent les objectifs à long terme concernant les ressources en eau partagées. Ainsi, au Canada, l’Accord-cadre sur les eaux transfrontalières du bassin du fleuve Mackenzie établit un cadre de coopération entre le gouvernement fédéral et les provinces/territoires faisant partie de ce bassin, en vue d’assurer une gestion durable de l’eau (Gouvernement du Canada, 1997[179]). Les conventions sur les cours d’eau sont parfois complétées par des plans de gestion des bassins versants non contraignants qui fournissent des conseils techniques pour gérer les ressources en eau partagées d’un bassin, souvent en abordant la question de la sécheresse et de la pénurie d’eau. C’est le cas au Mexique, où 26 plans de prévention de la sécheresse au niveau des bassins ont été élaborés dans le cadre du Programme national de lutte contre la sécheresse (Deltares, 2022[20]). Ces plans préconisent une allocation coordonnée de l’eau (par exemple en empêchant les captages excessifs en amont et en maintenant des débits minimums), des investissements dans l’infrastructure (par exemple pour stocker l’eau) et des mesures de prévention des sécheresses. Cela dit, l’augmentation du risque de sécheresse à cause du changement climatique appelle à des évaluations et des révisions périodiques des accords et plans existants.
En dépit des progrès réalisés, d’importantes lacunes subsistent en ce qui concerne les cadres institutionnels. Les responsabilités de la gestion des sécheresses sont parfois mal définies ou fragmentées, ce qui complique les efforts de coopération, voire suscite un manque d’harmonisation des politiques publiques et des incitations. Les mécanismes de collaboration interinstitutions et intersectoriels sont souvent insuffisants, même dans des secteurs clés comme la gestion de l’eau, comme cela a été observé notamment au Chili et en France (OCDE, 2024[54] ; OCDE, 2025[3]). Pour accroître la résilience aux sécheresses, il est très important de renforcer les mécanismes de coordination et autres cadres de coopération qui promeuvent la collaboration et l’harmonisation entre les secteurs et les niveaux de l’administration.
La gestion des risques de sécheresse au niveau transnational
Du fait du caractère transfrontière d’une grande partie des ressources en eau, les menaces croissantes liées aux sécheresses représentent des défis complexes en matière de gestion, qui s’étendent au-delà des frontières nationales. Ces défis devraient s’accentuer étant donné que le changement climatique accroît la pénurie et la variabilité des ressources en eau (Chapitre 2). L’adoption d’approches coordonnées au regard de l’allocation et des prélèvements d’eau, la gestion des infrastructures, l’évaluation et le suivi des risques, ainsi que la gestion des écosystèmes peuvent être d’une grande aide. Ces pistes d’action peuvent réduire les problèmes de qualité et de disponibilité de l’eau dans les pays situés en aval, mais aussi faciliter la répartition effective et équitable des ressources en eau transnationales entre les pays riverains (IDMP, 2022[13] ; UN Water, 2024[180]).
Des accords, des plans et des initiatives transfrontières ont été mis en place dans le but de faciliter la coopération au niveau des bassins versants, sur le modèle des approches utilisées au niveau intérieur (voir la sous-section précédente). On citera par exemple la Convention pour la protection du Danube, en Europe, ainsi que le Plan de gestion du bassin versant du Nil, en Afrique, qui assurent la gouvernance de l’eau à l’échelle transnationale dans le but d’accroître la durabilité des ressources et de réduire le risque de sécheresse dans le contexte du changement climatique (Slovenian Environment Agency, 1994[181] ; Nile Basin Initiative, 2023[182]). Les accords bilatéraux – comme ceux conclus entre le Portugal et l’Espagne, ou entre le Mexique et les États-Unis – réglementent les régimes des cours d’eau et la coopération au niveau des bassins versants (CEE-ONU, 2009[183] ; Interreg España Portugal, 2024[184]). Dans l’UE, les plans de gestion des districts hydrographiques, prévus dans la directive-cadre sur l’eau, aident également à faire face au risque de sécheresse et à assurer une gestion durable de l’eau dans les différents bassins versants transfrontaliers européens (Encadré 4.6).
Encadré 4.6. Les plans de gestion des districts hydrographiques de l’UE
Copier le lien de Encadré 4.6. Les plans de gestion des districts hydrographiques de l’UEConçus par les États membres de l’UE et gérés par des commissions spécialisées, les plans de gestion des districts hydrographiques établissent des cadres communs pour les pays riverains afin de coordonner la gestion des ressources en eau et des écosystèmes au niveau des bassins. Chacun de ces plans énonce des mesures pour atteindre les objectifs définis dans la directive-cadre sur l’eau de l’UE, notamment gérer la disponibilité en eau, maintenir les équilibres hydrologiques1 et assurer le débit écologique. Pour permettre une planification et une mise en œuvre efficaces, ces plans doivent inclure des évaluations des objectifs de la directive précitée à l’égard de la masse d’eau considérée, y compris sur le plan quantitatif.
Les plans de gestion des districts hydrographiques font souvent état du risque croissant de sécheresse et des pressions qu’il exerce sur les ressources en eau dans le contexte du changement climatique, mais ils incluent rarement des stratégies spécialement conçues pour traiter cette question dans sa globalité. Bien qu’ils intègrent souvent des scénarios sectoriels pour gérer la disponibilité en eau et l’utilisation de cette ressource, ces plans ne sont pas toujours en phase avec les périodes prises en compte pour les projections climatiques faisant l’objet d’un large consensus. Lors du second cycle de ces plans (qui s’est achevé en 2021), 16 pays ont rendu compte de la pression importante que font peser les prélèvements d’eaux superficielles ou souterraines dans certaines parties de leur territoire. Toutefois, seuls huit pays ont indiqué avoir élaboré un plan de gestion des sécheresses pour les bassins concernés, et lorsque de tels plans existent, leur degré de précision et d’exhaustivité est très variable (voir la section 4.2.1). Enfin, il est arrivé à diverses reprises que la situation en matière de sécheresse ait justifié une dispense des exigences en vigueur concernant l’état écologique et quantitatif des masses d’eau, ce qui a entraîné une détérioration temporaire des débits écologiques2.
Afin de mieux répondre aux objectifs de la directive-cadre sur l’eau concernant la disponibilité en eau et les débits écologiques, les plans de gestion des districts hydrographiques qui seront élaborés à l’avenir devront intégrer de façon plus évidente des mesures d’adaptation aux sécheresses. On trouve des exemples de bonnes pratiques en Belgique – en Flandre, en Wallonie et dans la région de Bruxelles-Capitale –, où les impacts du changement climatique ont été intégrés dans les plans de gestion des bassins hydrographiques. À noter que la région de Bruxelles a fait de l’adaptation au risque de sécheresse découlant du climat une priorité centrale de sa stratégie de gestion de l’eau.
1. Les équilibres hydrologiques désignent le rapport entre les entrées et les sorties d’eau au sein d’un bassin hydrologique. Les eaux superficielles comme les eaux souterraines sont prises en compte, de même que toute interaction entre elles.
2. L’UE définit les débits écologiques comme des régimes hydrologiques compatibles avec la réalisation des objectifs environnementaux de la directive-cadre sur l’eau pour les masses d’eau de surface naturelles (Commission européenne, 2015[216]).
Dans certains cas, des initiatives d’adaptation et de gestion de la sécheresse ont été prises concernant des bassins bien précis. S’agissant par exemple du bassin hydrographique du Danube, une stratégie de gestion de la sécheresse et une stratégie d’adaptation au changement climatique spécifiques ont été élaborées, apportant ainsi la garantie que les questions relatives à la résilience face au climat sont bien prises en compte dans la gestion du fleuve par les différents pays riverains (Danube Transnational Programme DriDanube, 2019[185]). En Afrique, le projet de gestion des sécheresses et des inondations dans le bassin de la Volta promeut une gestion coordonnée entre les six pays riverains et encourage la coopération et la résilience au niveau du bassin (CLD, 2023[103]). Ces initiatives montrent le potentiel qu’offre la coopération transnationale pour gérer efficacement les risques de sécheresse partagés.
Les initiatives supranationales peuvent également être très utiles pour favoriser l’échange de connaissances, la diffusion des bonnes pratiques et l’adoption d’approches innovantes en matière de gestion des sécheresses. Plusieurs efforts de ce type ont donné lieu à des évaluations conjointes des risques, à des systèmes de contrôle du partage des données et à la mise au point de systèmes d’alerte précoce. Pour citer un exemple, l’Observatoire européen de la sécheresse, qui est géré par le Centre commun de recherche de la Commission européenne, recueille et partage des données sur les situations de sécheresse ainsi que sur les précipitations et la teneur en eau des sols dans les différents États membres de l’UE, fournissant ainsi une compréhension unifiée des risques de sécheresse et permettant une prise de décision éclairée. Le système d’information sur la sécheresse en Méditerranée facilite la collaboration entre les pays du bassin méditerranéen, permettant le partage de données au sujet de la sécheresse et la création de systèmes d’alerte précoce. Outre ces initiatives régionales, plusieurs autres, de portée mondiale, ont vu le jour pour améliorer la résilience aux sécheresses (Encadré 4.7). Tous ces efforts ont permis d’accroître la capacité collective à relever les défis de la sécheresse et à mettre en œuvre des solutions durables à grande échelle.
Encadré 4.7. Initiatives internationales favorisant une gestion intégrée des sécheresses
Copier le lien de Encadré 4.7. Initiatives internationales favorisant une gestion intégrée des sécheressesPlusieurs initiatives ont été lancées au niveau international pour faciliter l’apprentissage mutuel, le partage de données et l’extension à grande échelle de stratégies offrant une résilience aux sécheresses efficace. En s’appuyant sur l’apprentissage par les pairs et l’échange de connaissances, ces initiatives fournissent aux administrations publiques et autres parties prenantes du monde entier des orientations pratiques, un soutien technique et un renforcement des capacités. Les principaux exemples sont les suivants :
L’Initiative sécheresse de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification aide les pays à concevoir des plans nationaux sur la sécheresse et à accroître leurs capacités de gestion proactive et intégrée des sécheresses.
Le Programme international de gestion des sécheresses, placé sous la direction conjointe de l’Organisation météorologique mondiale et du Partenariat mondial de l’eau, fournit des orientations pratiques, des outils et des ressources axées sur le renforcement des capacités à l’échelle mondiale, tout en gérant des programmes régionaux (par exemple en Europe centrale et orientale, ainsi qu’en Afrique occidentale) pour répondre aux besoins locaux.
Le portail sur la sécheresse de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture est une plateforme de partage de connaissances à l’échelle mondiale, qui fournit des outils, des ressources axées sur le renforcement des capacités et des bonnes pratiques pour opérer la transition entre des interventions en cas de crise et une gestion proactive des sécheresses, en ciblant en particulier l’agriculture et la sécurité alimentaire.
L’Alliance internationale pour la résilience face à la sécheresse (IDRA) a mobilisé un soutien politique et financier en faveur de la résilience à la sécheresse en créant une coalition de pays et d’organisations engagés dans la gestion proactive des sécheresses. Encourageant la collaboration internationale, l’IDRA propose des stratégies pour améliorer la résilience à long terme face à la pénurie de l’eau et aux impacts du changement climatique.
Toutes ces initiatives ont favorisé la transition entre des interventions de réaction aux sécheresses et des stratégies d’adaptation fondées sur les risques. Elles ont également permis de mobiliser un soutien politique et financier en faveur de la résilience aux sécheresses, en alignant les efforts nationaux et infranationaux sur les priorités d’action régionales et mondiales.
En dépit des progrès réalisés, d’importantes lacunes subsistent. À l’heure actuelle, 60 % des bassins versants transfrontaliers ne sont pas couverts par un accord formel régissant l’utilisation des ressources en eau entre les pays. Même lorsque des accords existent, ils tardent souvent à être mis en œuvre, d’où un manque d’efficacité (UNICEF, 2021[186]). Les initiatives et les coalitions mondiales se heurtent également à d’autres difficultés comme un manque de financement, une mise en œuvre inégale et des défauts de coordination entre les parties prenantes infranationales, nationales et internationales. Pour y remédier, il est primordial de mettre l’accent sur la coordination de la planification et de la mise en œuvre des mesures, de manière à accroître l’efficacité des initiatives existantes et atténuer les risques communs. Parallèlement, l’augmentation des financements au profit des projets et des initiatives axés sur la résilience face aux sécheresses est fondamentale pour obtenir des résultats pérennes.
Association des parties prenantes privées
L’association des parties prenantes privées peut être très utile pour renforcer la gouvernance de la sécheresse car les intéressées jouent un rôle central dans la gestion des ressources en eau et la mise en œuvre de pratiques pouvant soit réduire, soit accroître le risque de sécheresse et la résilience à cet égard. En collaborant avec les exploitants agricoles, les industries, les citoyens et d’autres entités privées, les administrations publiques peuvent favoriser une utilisation efficiente des ressources et accélérer l’adoption de solutions innovantes pour atténuer le risque de sécheresse et prendre des mesures d’adaptation.
Des accords amiables entre les usagers de l’eau, ou entre les usagers et les pouvoirs publics, sont importants pour accroître la collaboration et la responsabilisation dans la gestion des ressources en eau lors des sécheresses. Ces accords impliquent généralement un engagement à réduire la consommation d’eau, à adopter des pratiques durables ou encore à partager les ressources équitablement entre les parties prenantes. En France, par exemple, les contrats de milieu sont des accords visant à préserver les ressources en eau grâce à une action collective. Ces contrats, qui existent également au niveau des nappes aquifères (ils sont alors appelés contrats de nappes) sont conclus entre les exploitants agricoles, les industries et les autorités locales pour mettre en œuvre des mesures visant à réduire les captages excessifs, à garantir un approvisionnement en eau et à protéger les écosystèmes (SYMCRAU, 2024[187]). Aux États-Unis, des efforts importants ont été déployés dans le bassin du delta et de la baie de Californie pour conclure des accords amiables dans le but d’améliorer la gestion de l’eau et de restaurer les écosystèmes. Ces accords encouragent les parties prenantes à adopter des mesures proactives, à faire coïncider l’utilisation des ressources avec les objectifs de durabilité, et à promouvoir la résilience aux sécheresses par une action collaborative. Cela dit, les données issues de l’expérience de la Californie montrent que le fait de privilégier uniquement les accords amiables n’est pas suffisant pour garantir une action homogène, et qu’il est donc préférable de les utiliser en complément, plutôt qu’en remplacement, des cadres réglementaires (Center for Law, Energy & the Environment, 2024[188]). Ces accords encouragent les parties prenantes à adopter des mesures proactives, à faire coïncider l’utilisation des ressources avec les objectifs de durabilité, et à promouvoir la résilience aux impacts de la sécheresse par une action collaborative.
L’association de citoyens et groupes locaux à la prise de décision est également indispensable pour assurer une prévention efficace des sécheresses. Des approches ascendantes et inclusives permettent de s’assurer que les interventions sont adaptées aux besoins locaux et n’accentuent pas malencontreusement les difficultés préexistantes. Ainsi, aux États-Unis, le gouvernement a publié des documents d’orientation visant à aider les autorités à tenir compte des connaissances autochtones sur la sécheresse et d’autres défis dans les travaux de recherche et les prises de décision portant sur divers domaines de l’action publique (Maison Blanche, 2022[189]). De même, en Australie, le plan d’action national pour les sols met l’accent sur les approches ascendantes en finançant des projets adaptés aux régions et en promouvant la collaboration avec les communautés locales, les groupes autochtones et les responsables de l’aménagement du territoire, afin de concevoir conjointement des solutions durables pour les sols et la résilience aux sécheresses (Gouvernement australien, 2021[178]).
4.4.2. L’augmentation des financements au profit de la résilience aux sécheresses
Les financements publics sont un élément essentiel pour renforcer la résilience à long terme face aux sécheresses car ils permettent à la fois de répondre aux besoins immédiats et de prendre des mesures proactives d’adaptation sur le long terme. Ces investissements – qui vont de la restauration des écosystèmes au développement des infrastructures hydrauliques, en passant par le renforcement des capacités et la promotion de pratiques agricoles résilientes au changement climatique – sont d’une importance vitale pour garantir une résilience durable face aux sécheresses (OCDE, 2024[9]). Bien que ces mesures n’aient pas forcément une rentabilité financière immédiate, elles sont indispensables pour protéger les communautés, les écosystèmes et les économies sur la durée. En mobilisant des ressources publiques et en les affectant en priorité à l’adaptation, les administrations peuvent s’attaquer aux causes profondes de la vulnérabilité, réduire les coûts futurs et promouvoir un avenir plus résilient et plus durable.
Un niveau de financement adéquat est essentiel pour promouvoir une utilisation efficace de l’eau et des terres, moderniser les infrastructures de l’eau, inciter à l’adoption de pratiques agricoles durables, renforcer les évaluations des risques et accroître la résilience des populations face aux sécheresses. Des études récentes ont mis en évidence le bon rapport coût-efficacité des investissements dans la prévention de la sécheresse par rapport aux approches réactives. La rentabilité économique du renforcement de l’adaptation et de la résilience aux sécheresses peut être jusqu’à dix fois supérieure à l’investissement initial. Parallèlement, la prévention peut coûter jusqu’à trois fois moins cher que les mesures d’intervention et de restauration (IDRA, 2024[12] ; IDMP, 2022[13]). Si le rapport coût-efficacité varie en fonction du type d’investissement ainsi que du profil de risque et du contexte socioéconomique de chaque pays, on estime qu’un dollar investi dans la prévention de la sécheresse génère 2 à 3 dollars de bénéfices en termes de pertes et de coûts de restauration évités (IDRA, 2024[12] ; CLD, 2023[190] ; CLD, 2021[140]).
Le paysage financier de la résilience aux sécheresses est très variable selon les pays, sachant que le financement des actions de prévention est généralement assuré principalement par les autorités nationales. Des progrès notables ont été accomplis ces dernières années en ce qui concerne le financement public du risque de sécheresse. Que ce soit au niveau national ou infranational, les administrations publiques ont augmenté leurs enveloppes consacrées à la prévention de la sécheresse par des fonds spéciaux, des dons et des investissements dans des infrastructures résilientes au changement climatique (CLD, 2023[190]). En Flandre (Belgique), par exemple, le gouvernement a investi quelque 223 millions EUR dans les solutions fondées sur la nature comme la restauration des zones humides et les infrastructures vertes et bleues, afin d’accroître la rétention d’eau dans le sol et d’atténuer la pénurie de cette ressource liée aux sécheresses (Interlace Hub, 2023[191]). En France, les agences de l’eau subventionnent la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature, en offrant parfois des niveaux de financement plus élevés que pour les infrastructures grises. En Allemagne, un fonds national finance l’adaptation au changement climatique, notamment des mesures de rétention de l’eau dans les zones boisées (Commission européenne, 2014[192]). Il arrive aussi que des évaluations du risque de sécheresse soient utilisées pour prendre des décisions en matière de financement. C’est le cas au Sri Lanka, où le projet d’amélioration de la résilience au changement climatique intègre la modélisation du risque de sécheresse et d’inondation pour établir les plans d’investissement relatifs aux grands bassins versants (Ministère de la Transition Ecologique et de la Cohésion des Territoires, 2020[193]).
Il reste cependant des défis majeurs à relever pour trouver des financements publics suffisants à mettre au service de la prévention des sécheresses. Si cette prévention nécessite un financement continu, certains de ses bienfaits mettent souvent des années avant de se concrétiser. La sécheresse apparaît donc comme moins urgente aux yeux des responsables de l’action publique que des catastrophes aux effets immédiats comme les inondations ou les tempêtes. Par conséquent, il est fréquent que des fonds publics limités soient alloués pour faire face à des risques plus facilement observables ou satisfaire des besoins à plus court terme. De surcroît, la prévention des sécheresses concerne un grand nombre de secteurs et d’activités, ce qui complique la dotation budgétaire et la coordination entre les organismes publics. Outre le manque de financements disponibles, l’absence de coordination des investissements peut parfois compromettre la résilience aux sécheresses. C’est ce qui a été observé en France dans la région Île-de-France, où le financement de la gestion locale de l’eau est éclipsé par celui du secteur agricole, pour lequel les critères de prévention de la sécheresse sont moins stricts (OCDE, 2025[3])15. Prises dans leur ensemble, ces difficultés soulignent la nécessité que les investissements publics soient davantage affectés en priorité à la résilience aux sécheresses et mieux coordonnés.
Compléter les financements publics avec des fonds privés est essentiel pour pallier le manque d’investissement et alléger la charge qui pèse sur les budgets des États. La contribution du secteur privé peut s’inscrire dans des mécanismes comme des fonds d’affectation spéciale et des partenariats public-privé (PPP). Ces fonds peuvent par exemple recueillir des financements soutenus pour des projets concernant la conservation, l’innovation et les infrastructures. Un exemple notable est le fond pour l’eau de Quito (Équateur), qui a permis d’assurer le financement continu de solutions fondées sur la nature en mettant à contribution des entreprises privées, des services d’utilité publique et des donneurs internationaux (Browder et al., 2019[130]). Le fait d’inclure dans les dispositions contractuelles des objectifs de résilience face au changement climatique et des exigences en matière d’utilisation efficiente de l’eau peut en outre accroître l’efficacité de ces partenariats (Commission mondiale sur l’économie de l’eau, 2024[22]). Les PPP, quant à eux, permettent la réalisation d’investissements conjoints dans les infrastructures hydrauliques, l’innovation technologique et la résilience des populations. S’ils sont très répandus dans les secteurs de l’énergie et des transports, ils le sont en revanche toujours peu dans ceux de l’eau et l’agriculture (CLD, 2021[140]). Un PPP a par exemple été mis en place dans le secteur de l’agriculture en Zambie, où les petits exploitants agricoles ont créé des sociétés à responsabilité limitée pour développer l’agriculture d’irrigation, ce qui a permis une hausse des revenus, la création d’emplois et le développement rural (German Development Institute, 2017[194]). En favorisant une participation accrue du secteur privé grâce à des mécanismes de financement innovants, on parvient à renforcer la résilience au changement climatique et à diversifier les sources de financement des interventions essentielles.
4.4.3. Les régimes d’assurance au service de la résilience aux sécheresses
Les régimes d’assurance peuvent être un outil crucial pour accroître la résilience au risque de sécheresse dans les secteurs très vulnérables à la pénurie d’eau. En versant des indemnités pour les pertes causées par la sécheresse, ils permettent d’atténuer les risques financiers encourus par les acteurs privés, permettant une reprise d’activité plus rapide et réduisant le potentiel besoin de versement d’aides de l’État en cas de sécheresse de grande intensité (Glauber et al., 2021[195]). Les compagnies d’assurance peuvent aussi inciter à investir dans l’adaptation et la réduction des risques ex ante en offrant des avantages comme des primes réduites pour les assurés qui adoptent des mesures de prévention. Conditionner l’ouverture des droits ou le montant des cotisations aux pratiques en matière de résilience aux sécheresses – comme l’utilisation de végétaux peu gourmands en eau ou de systèmes d’irrigation efficients – peut encourager les investissements dans la réduction des risques, avec pour conséquence une diminution de la vulnérabilité (Mahul et Stutley, 2010[196]). Aux États-Unis, par exemple, le programme fédéral « Whole-Farm Revenue Protection » (Protection des revenus de l’ensemble de l’exploitation) conditionne l’ouverture des droits et le montant des primes d’assurance à la diversification des produits par les exploitants agricoles, ce qui encourage des pratiques d’adaptation (USDA, s.d.[153] ; Kokot et al., 2020[154]).
Toutefois, la nature progressive et complexe de la sécheresse rend la mise en place de dispositifs d’assurance techniquement et financièrement difficile pour les assureurs. Il n’est pas aisé d’évaluer le moment où surviendra une sécheresse ainsi que son intensité, et ses impacts multiples et progressifs sont plus compliqués à quantifier que les phénomènes d’apparition soudaine comme les inondations ou les tempêtes. Cela complique l’évaluation des pertes et allonge les processus de traitement des dossiers, en plus d’ajouter de la difficulté pour fixer avec justesse le montant des primes. Ces obstacles nuisent depuis longtemps à la viabilité des modèles d’assurance traditionnels (Bielza et al., 2006[197]). La preuve en est le système d’assurance agricole de la Türkiye (TARSİM) qui, financé par l’État, a longtemps exclu la sécheresse de tout l’éventail des risques naturels couverts. Il a fallu attendre les années récentes pour qu’un risque sécheresse soit ajouté, en particulier pour le blé (OCDE, 2019[198] ; République de Turquie, 2022[199])16.
Face à ces difficultés, les administrations publiques interviennent de plus en plus pour assurer la disponibilité d’assurances sécheresse lorsque les offres du seul secteur privé risquaient de ne pas être viables. Dans certains cas, elles fournissent directement une couverture ; dans d’autres, elles subventionnent les primes pour les acteurs vulnérables (OCDE, 2015[200]). Ces régimes d’assurance couvrent généralement les pertes agricoles, même s’il arrive qu’ils dédommagent également d’autres impacts, par exemple les dommages causés aux bâtiments par le retrait des argiles en France (Tableau 4.13). Les partenariats public-privé sont utilisés pour améliorer l’accessibilité – notamment financière – des produits d’assurance (OCDE, 2016[69]), par exemple en Autriche, au Mexique et en Türkiye. En Autriche, particulièrement, l’assurance indicielle contre la sécheresse (Tableau 4.13) s’appuie sur deux paramètres donnant une idée plus précise du caractère complexe des impacts de la sécheresse sur les cultures, à savoir la pénurie d’eau et la chaleur (Austrian Hail Insurance VVaG, 2025[201]). Les dispositifs de partage des risques à plus grande échelle peuvent aussi aider à remédier aux problèmes de la complexité de la sécheresse et de la faible ampleur de la couverture. Un exemple est l’African Risk Capacity, un groupement d’assurances régional répondant aux situations d’urgence en matière de sécheresse et de sécurité alimentaire, qui assure également le renforcement des capacités de ses 39 pays membres (ARC, 2023[202]). Un grand nombre de ces initiatives bénéficiant de l’aide gouvernementale reposent, tout au moins en partie, sur des mécanismes indiciels (Encadré 4.8). Il n’en reste pas moins que le soutien apporté par l’État doit être soigneusement réfléchi afin de promouvoir des mesures de résilience proactives ; sans de tels garde-fous, les subventions et les couvertures fournies par les administrations publiques risquent de réduire involontairement les incitations pour les exploitants agricoles à adopter des actions préventives.
Tableau 4.13. Régimes d’assurance soutenus par l’État qui favorisent la résilience aux sécheresses dans une sélection de pays
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Pays |
Nom du régime d’assurance |
Couverture |
Description |
|---|---|---|---|
|
Autriche |
Assurance contre la grêle (Österreichische Hagelversicherung VVaG - ÖHV) |
Cultures, bétail |
Ce programme fournit une assurance indicielle contre la sécheresse et d’autres aléas climatiques ayant un impact sur les terres arables, les pâturages, les vergers, les vignes et le bétail. Les primes d’assurance sont subventionnées à l’aide du fonds autrichien pour les catastrophes naturelles, qui est financé conjointement par le gouvernement fédéral et les États fédérés. |
|
France |
Assurance récolte, CatNat |
Cultures, bâtiments |
La prime de l’assurance récolte contre la sécheresse et d’autres aléas climatiques est subventionnée. Le régime national d’assurance des catastrophes naturelles (CatNat) couvre également les dommages causés aux bâtiments par des phénomènes naturels, notamment le retrait des sols argileux. |
|
Inde |
Pradhan Mantri Fasal Bima Yojana |
Cultures |
Ce régime subventionne la prime de l’assurance récolte contre la sécheresse et d’autres aléas climatiques. |
|
Kenya |
Programme d’assurance du bétail |
Bétail |
Ce programme subventionne la prime de l’assurance protégeant les éleveurs contre les pertes d’animaux liées aux sécheresses ; il couvre 18 000 foyers vivant dans des zones à haut risque. |
|
Mexique |
Fonds d’assurance agricole |
Cultures, bétail |
Le Mexique, par l’intermédiaire du réassureur public AGROASEMEX, finance ces fonds en subventionnant les primes d’assurance contre la sécheresse et d’autres aléas climatiques. |
|
Thaïlande |
Régime d’assurance complémentaire contre les catastrophes touchant les récoltes de riz |
Riz |
L’État finance 50 % des primes d’assurance contre la sécheresse et d’autres aléas. Ce régime complète les indemnités du programme national de secours en cas de catastrophe. |
|
Türkiye |
TARSİM |
Cultures, bétail, aquaculture |
Ce régime d’assurance agricole subventionné protège les exploitants agricoles contre tout un éventail d’aléas climatiques, dont la sécheresse. |
|
États-Unis |
Police d’assurance pour les pâturages, les zones de parcours et de fourrage (Pasture, Rangeland, and Forage Insurance Policy, PRF) et protection des revenus de l’ensemble de l’exploitation (Whole-Farm Revenue Protection, WFRP) |
Cultures, bétail |
La PRF couvre les pertes de récoltes et d’animaux sur les pâturages, les zones de parcours et de fourrage. La WFRP couvre les pertes liées aux sécheresses et conditionne l’ouverture des droits et le montant des primes à l’adoption de pratiques résilientes aux sécheresses comme la diversification des produits. Les deux dispositifs font partie du programme fédéral d’assurance récolte (Federal Crop Insurance Program). |
Source : Travaux des auteurs, d’après les informations provenant de Bundesministerium Finanzen (s.d.[203]), Climate ADAPT (s.d.[204]), Maina et al. (2024[205]), DGAL (2023[206]), OCDE (2015[200] ; 2025[3]), base de données WOCAT SLM (2021[207]), FARM-D (2024[208]), République de Türkiye (2022[199]), SwissRe (s.d.[209]), Parthiban et Anjugam (2023[210]) et USDA (s.d.[153]).
Malgré des progrès notables, la disponibilité et l’adoption de régimes d’assurance contre la sécheresse restent limitées dans un grand nombre de pays. Les principaux obstacles résident dans l’accessibilité financière pour les petits exploitants, la faible sensibilisation aux avantages potentiels de l’assurance et les coûts de transaction élevés (OCDE, 2016[211]). Concevoir des polices d’assurance alliant accessibilité financière et couverture complète demeure un défi. La situation est d’autant plus complexe que, bien qu’améliorant l’accessibilité financière, le fait de subventionner les primes d’assurance entraîne une distorsion des signaux de prix qui réduit malencontreusement l’incitation des assurés à investir dans des mesures préventives (Glauber et al., 2021[195] ; Mahul et Stutley, 2010[196]). Enfin, la difficulté technique à définir des indices de sécheresse précis représente un autre obstacle important. L’assurance indicielle s’appuie sur des indicateurs météorologiques clairement définis pour établir le montant des indemnités, mais les impacts des sécheresses sont très variables selon les conditions locales, le type de sol et la dynamique régionale du climat. Cette variabilité complique la mise au point d’indices fiables et peut éroder la confiance dans les régimes d’assurance si ces derniers donnent l’impression que les indemnités ne coïncident pas avec les pertes réelles. Trouver une solution à ces défis demeure fondamental pour étendre la couverture des assurances et renforcer la résilience face au risque de sécheresse.
Encadré 4.8. L’assurance indicielle : des produits évolutifs pour assurer la résilience aux sécheresses dans l’agriculture
Copier le lien de Encadré 4.8. L’assurance indicielle : des produits évolutifs pour assurer la résilience aux sécheresses dans l’agricultureDepuis une vingtaine d’années, les progrès de la technologie (en particulier les systèmes d’observation par satellite de haute qualité) ont favorisé l’essor des régimes d’assurance indicielle. Ces régimes remédient aux lacunes de l’assurance traditionnelle, fondée sur l’indemnisation, qui dédommage les exploitants agricoles pour les pertes effectives qu’ils ont subies d’après les résultats d’une analyse d’impact ex post. Dans l’assurance indicielle, en revanche, les prestations reposent sur les modifications observées des conditions météorologiques (par exemple les faibles niveaux de précipitations), indépendamment de l’occurrence ou de l’étendue des dommages. Dans la mesure où ces régimes réduisent les coûts pour l’assureur (comme les garanties et les frais de gestion des sinistres), leur émergence a amélioré l’accessibilité financière de l’assurance, en particulier pour les exploitants agricoles à faible revenu ou les régions où l’assurance est souvent inaccessible.
L’assurance indicielle joue un rôle crucial en termes d’amélioration de la résilience au niveau des exploitations. Contrairement aux régimes fondés sur l’indemnisation, les prestations ne sont pas liées aux pertes effectives, ce qui incite les exploitants à adopter des mesures proactives de réduction des risques (par exemple en investissant dans l’utilisation efficiente de l’eau). De plus, ces versements offrent plus de flexibilité aux exploitants, qui peuvent les utiliser pour réparer des dommages autres que ceux causés aux cultures ou aux animaux, ou pour se remettre d’impacts indirects comme la perte temporaire de leurs moyens de subsistance ou l’interruption de leurs activités agricoles. Cette adaptabilité fait de l’assurance indicielle un outil efficace pour promouvoir la résilience en cas de sécheresse.
Les pouvoirs publics ont largement soutenu la mise en place et l’expansion des régimes d’assurance indicielle par l’intermédiaire de partenariats public-privé, de subventions aux primes d’assurance, de programmes de réassurance, ainsi que de cadres stratégiques et réglementaires facilitateurs. Ces efforts ont facilité l’adoption de ces régimes dans plusieurs pays, dont les membres de l’OCDE que sont l’Autriche, les États-Unis, le Mexique et la Türkiye. Si l’accès à des données météorologiques précises et fiables – essentielles pour calculer les indices et établir les prestations – demeure compliqué dans de nombreux contextes, certains pays ont créé des systèmes de données avancés permettant l’instauration de l’assurance indicielle. En Autriche, par exemple, la plateforme de données GeoSphere Austria, établie récemment, fournit des données de grande qualité utilisables dans les secteurs public et privé et pour les travaux de recherche, y compris pour les produits d’assurance sécheresse de l’association Assurance autrichienne contre la grêle (Österreichische Hagelversicherung VVaG). À l’heure où les administrations publiques continuent de promouvoir le développement de l’assurance indicielle, des investissements supplémentaires dans les infrastructures météorologiques et les plateformes de partage de données seront d’une importance cruciale pour assurer sa viabilité et son efficacité à long terme.
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Notes
Copier le lien de Notes← 1. Ces chiffres correspondent à la durée de validité (en jours) d’un « arrêté sécheresse » imposant des restrictions de l’usage de l’eau (niveau « Alerte », « Alerte renforcée » ou « Crise ») pour les trois grands cours d’eau de la région.
← 2. Les données sur les tendances hydrologiques concernent notamment l’évolution à long terme des cycles de l’eau, qui incluent les précipitations, le débit des cours d’eau, le niveau des eaux souterraines, l’évapotranspiration et le stockage de l’eau. Les données sur la vulnérabilité socioéconomique font notamment référence au niveau de dépendance (d’une région ou d’une population) à l’égard de sources d’approvisionnement en eau régulières, à la résilience des systèmes d’alimentation en eau locaux, et à la disponibilité de réserves d’eau alternatives.
← 3. Si les restrictions à court terme des prélèvements d’eau peuvent aider à surmonter une pénurie d’eau temporaire, elles ne contribuent pas en revanche à la résilience à long terme car elles ne suscitent pas les changements qui sont requis sur la durée pour promouvoir l’adaptation.
← 4. Ces chiffres sont le résultat de cinq études de cas menées en 2017 dans cinq régions d’Europe, à savoir : la Thessalie en Grèce ; l’Apennin central en Italie ; le district hydrographique de la mer Noire en Bulgarie ; le district hydrographique du fleuve Júcar en Espagne ; enfin, le district hydrographique du fleuve Weser en Allemagne (IPEE, 2021[77]).
← 5. Pour un examen détaillé des structures tarifaires, voir Leflaive et Hjort (2020[71]).
← 6. Les eaux usées proviennent des ménages, des industries et des activités commerciales ; elles contiennent des produits résiduaires comme des produits chimiques, des restes alimentaires et des déchets solides. Les eaux grises sont des eaux usées provenant des activités domestiques telles que la toilette, la vaisselle et le lavage du linge.
← 7. Ces chiffres sont confirmés par les statistiques relatives à la ville de Melbourne (Australie), où les logements équipés de systèmes de recyclage des eaux usées consomment en moyenne 30 % d’eau potable de moins que ceux qui en sont dépourvus (Van Leeuwen, 2017[214]).
← 8. Ils sont par exemple estimés à 0.49-2.86 USD/m3 d’eau avec l’osmose inverse, qui est à ce jour la technique de dessalement la plus courante. Avec d’autres technologies comme la distillation flash à plusieurs étapes et la distillation à effet multiple, les coûts de production se situent respectivement entre 1.00-1.74 USD/m3 et 1.40-1.50 USD/m3 (Groupe de la Banque mondiale, 2019[215]).
← 9. Tous ces facteurs influent sur la façon dont les écosystèmes réagissent aux actions de conservation et restauration. Les efforts de préservation des sols peuvent par exemple être compromis par les pratiques d’agriculture intensive qui provoquent l’érosion de la première strate du sol ou aggravent les ruissellements. L’ampleur de la mise en œuvre joue également un rôle clé. Ainsi, menée à grande échelle, une opération de reforestation peut améliorer les cycles hydrologiques au niveau régional, alors qu’à petite échelle ses effets risquent d’être restreints.
← 10. Les résultats de l’adoption de pratiques agricoles durables telles que celles décrites dans cette section sont extrêmement variables selon le climat local, le type de sol et les périodes considérées.
← 11. Le paillage consiste à recouvrir le sol à l’aide d’un matériau permettant de préserver l’humidité et de réguler la température. Le travail du sol de conservation limite au maximum la perturbation du sol en réduisant ou éliminant le labour et l’usage des charrues.
← 12. À titre d’exemple, les caractéristiques des sols comme la texture et la capacité de rétention de l’eau peuvent déterminer les performances de pratiques agricoles comme la rotation des cultures et l’absence de travail du sol.
← 13. Le retrait des argiles fait référence à la rétractation des sols argileux due à l’évaporation de l’humidité qu’ils renferment. L’affaissement des sols induit par la sécheresse désigne le tassement progressif de la surface terrestre résultant de la compression des nappes aquifères. Les deux phénomènes peuvent provoquer des fissures et des dommages structurels, voire menacer la stabilité des biens. L’affaissement des sols peut aussi accroître l’exposition aux inondations.
← 14. Par exemple : limiter la plantation d’arbres ayant un système racinaire qui facilite l’assèchement du sol, ou mettre en place un écran anti-racines pour que les arbres aux racines profondes soient moins susceptibles d’aspirer l’eau se trouvant autour des bâtiments.
← 15. Cette inadéquation des financements est due au fait que le secteur agricole est financé par l’intermédiaire de la Politique agricole commune de l’UE, alors que l’agence de l’eau locale est financée en grande partie par les recettes provenant des redevances pour pollution et pour prélèvement d’eau qui sont facturées aux particuliers et aux acteurs de l’industrie et de l’agriculture.
← 16. Les risques naturels couverts par le TARSİM étaient les suivants : grêle, inondations, tempêtes, tornades, incendies, séismes, glissements de terrain et gel. Une assurance couvrant le rendement des récoltes de blé en cas de sécheresse au niveau des districts a été introduite en 2017 dans les régions agricoles concernées, et mise en œuvre pour la première fois en 2021.