- La croissance récente a été tirée par le secteur non agricole
- La politique monétaire devrait s’assouplir parallèlement à la réduction du déficit budgétaire
- Une reprise vigoureuse est attendue en 2025
- Une trajectoire de convergence plus forte est nécessaire, de même qu’une meilleure utilisation des ressources de main-d’œuvre
Perspectives économiques de l'OCDE, Volume 2024 Numéro 2 : Maroc
Table des matières
La croissance du PIB réel devrait s'affermir pour atteindre 4.1 % en 2025, puis 3.8 % en 2026. Malgré la sécheresse en cours, la hausse de la consommation privée devrait s’accélérer, portée par la progression des revenus réels. La nouvelle Charte de l’investissement et l’envolée des entrées d’investissement direct étranger (IDE) soutiendront l’investissement, la production industrielle et la croissance des exportations. La croissance du tourisme restera forte. L’inflation a sensiblement ralenti en 2024, sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie, même si l’inflation globale devrait légèrement remonter après avril 2025, du fait du démantèlement partiel des subventions au gaz butane qui est en cours. Une période de sécheresse prolongée pourrait continuer de peser sur la production agricole, l’emploi rural et les revenus des ménages.
Il faudrait continuer d’assouplir la politique monétaire, tout en surveillant attentivement l’évolution des prix pendant le processus de réduction des subventions. Le gouvernement devrait appliquer son programme budgétaire d’ici à 2027, qui implique un resserrement modeste, et renforcer la règle budgétaire ainsi que le cadre des finances publiques. Un train de mesures destinées à faire reculer l’activité informelle, à lever les obstacles à l’activité des femmes et à améliorer l’enseignement et la formation contribuerait à la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité, dans le prolongement des efforts déjà déployés pour renforcer la protection sociale, développer les programmes du marché du travail et accélérer les réformes de l’éducation.
La croissance récente a été tirée par le secteur non agricole
Copier le lien de La croissance récente a été tirée par le secteur non agricoleL’économie du Maroc a enregistré une croissance régulière au premier semestre de 2024, tirée par la consommation et l’investissement. Le secteur du tourisme a connu une forte croissance et à ce jour, le Maroc a accueilli au cours des douze derniers mois le nombre record de 14.6 millions de touristes. La production industrielle a bien résisté, soutenue par la vigueur de la demande étrangère dans des secteurs clés comme l’automobile, l’aéronautique et les phosphates. Du fait de la sécheresse exceptionnelle de cette année, l’activité est restée faible dans le secteur agricole, dont la valeur ajoutée s’est contractée de plus de 4 % au premier semestre de 2024, contribuant à un taux de chômage élevé, allant de pair avec de fortes baisses de l’emploi rural, le plus souvent non rémunéré. L’inflation, qui a considérablement ralenti, est inférieure à 2 % depuis février 2024, en raison de la baisse des prix de l’énergie.
Maroc
Copier le lien de MarocMaroc : demande, production et prix
Copier le lien de Maroc : demande, production et prixEn valeur, la croissance des exportations a été soutenue, s’établissant à 5.5 % sur les neuf premiers mois de l’année, en phase avec la vigueur de la production industrielle en volume ainsi que du tourisme. La forte demande de biens d’investissement et autres biens d’équipement étrangers a alimenté la croissance des importations, tandis que la baisse des coûts des importations d’énergie a permis de réduire le déficit des paiements courants. En glissement annuel, les entrées nettes d’investissement direct étranger (IDE) ont bondi de 50.7 % entre janvier et septembre, bénéficiant à la fois du déploiement de nouvelles incitations à l’investissement et de l’émergence dans le pays d’un écosystème de production de batteries pour véhicules électriques.
La politique monétaire devrait s’assouplir parallèlement à la réduction du déficit budgétaire
Copier le lien de La politique monétaire devrait s’assouplir parallèlement à la réduction du déficit budgétaireAprès avoir relevé les taux directeurs jusqu’à un point haut de 3 % en mars 2023, la banque centrale a entamé son cycle d’assouplissement en procédant à une réduction de 25 points de base en juin 2024. De nouvelles baisses de taux sont prévues et le taux directeur devrait converger vers son niveau neutre, la banque centrale surveillant de près l’évolution des prix à compter de la mise en œuvre progressive des hausses des tarifs du gaz butane. Le Maroc procède actuellement à un vaste élargissement de ses programmes d’aide sociale, financé par la réduction de subventions, la révision de la fiscalité des sociétés et des améliorations du recouvrement de l’impôt. Le programme budgétaire triennal 2025-27 prévoit un assainissement progressif des finances publiques, se traduisant par un reflux du déficit qui reviendra de 4 % du PIB en 2024 à 3 % en 2026 et 2027.
Une reprise vigoureuse est attendue en 2025
Copier le lien de Une reprise vigoureuse est attendue en 2025L’économie marocaine devrait croître au rythme de 4.1 % en 2025 puis de 3.8 % en 2026. La croissance de la consommation des ménages résistera, portée par la hausse des revenus, l’élargissement des programmes d’aide sociale et le redressement de la production agricole. Des investissements destinés à améliorer les infrastructures touristiques et hydriques du pays, conjugués à de nouvelles incitations à l’investissement, soutiendront la formation de capital dans les secteurs public et privé. L’extension des installations touristiques et le développement de la production automobile dans le pays se poursuivront, favorisant la croissance des exportations. Une légère remontée de l’inflation globale est attendue après avril 2025, compte tenu de la prochaine phase du processus de réduction des subventions. Parmi les principaux risques figurent la possibilité que la croissance soit plus faible que prévu dans la zone euro, l’éventualité de nouvelles hausses des prix de l’énergie et des produits alimentaires à l’échelle mondiale, et une sécheresse qui se prolongerait.
Une trajectoire de convergence plus forte est nécessaire, de même qu’une meilleure utilisation des ressources de main-d’œuvre
Copier le lien de Une trajectoire de convergence plus forte est nécessaire, de même qu’une meilleure utilisation des ressources de main-d’œuvreIl faudrait continuer de définir la politique monétaire en se fondant sur des données, et l’assouplir tout en surveillant attentivement l’évolution des prix pendant le processus de réduction des subventions. Le gouvernement devrait appliquer son programme budgétaire d’ici à 2027 et mettre en œuvre l’assainissement modéré prévu, en honorant tout engagement supplémentaire sans s’écarter de la trajectoire prévue aujourd’hui. Il serait utile à cet égard de renforcer la règle budgétaire en mettant l’accent sur la viabilité de la dette à moyen terme. Procéder à une analyse coûts-avantages des nouvelles dépenses publiques et incitations à l’investissement, tout en engageant de nouvelles réformes des entreprises publiques, permettrait d’améliorer la productivité. La population du Maroc est jeune, mais le pays reste confronté à des problèmes d’émigration, d’emploi informel très répandu, de faiblesse du taux d’activité des femmes et de chômage croissant, d’autant qu’un grand nombre de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Un vaste train de mesures s’impose pour faire reculer l’activité informelle, prenant notamment la forme d’une amélioration des incitations ainsi que de l’application des lois. Continuer de réduire les discriminations et s’attaquer aux stéréotypes de genre, tout en développant l’offre de services gratuits d’accueil des jeunes enfants, sont autant de mesures qui permettraient de renforcer l’intégration des femmes sur le marché du travail. L’amélioration des compétences de la population marocaine, grâce à des mesures spécifiquement axées sur les besoins des secteurs prioritaires et émergents, permettrait de rehausser le taux d’activité et de remédier aux problèmes d’inadéquation des compétences. Il faudra revoir les prix et prendre de nouvelles mesures d’adaptation pour faire face à la raréfaction de l’eau et aux risques climatiques.