- L’investissement et le tourisme tirent la croissance vers le haut
- Les politiques budgétaire et monétaire conserveront une orientation expansionniste
- La croissance devrait continuer de progresser et converger progressivement vers son niveau potentiel à long terme
- Remédier aux pénuries de main-d’œuvre permettrait d’appuyer les engagements budgétaires et la croissance
Perspectives économiques de l'OCDE, Volume 2024 Numéro 2 : Maurice
Table des matières
La croissance du PIB réel devrait s’établir à 6.1 % en 2024, à 5 % en 2025 et à 4 % en 2026. Porté par de grands projets de construction dans le tourisme, le logement et les infrastructures publiques, l’investissement est le principal moteur de la croissance. L’emploi, les hausses de salaire et le renforcement des aides publiques en faveur des travailleurs à faible revenu devraient continuer de soutenir la consommation des ménages. L’inflation globale, qui s’établissait à 3.4 % en octobre, continue de reculer et se situe désormais dans la fourchette retenue comme objectif par la banque centrale. Il existe des risques de divergence à la hausse par rapport aux prévisions d’inflation, sachant que le taux de croissance de l’économie est supérieur à son niveau potentiel depuis un certain temps.
La politique budgétaire demeure expansionniste, le déficit budgétaire primaire ne diminuant que légèrement malgré la vigueur de la croissance. Diverses mesures visant à accroître l’efficience des dépenses et à mobiliser des recettes supplémentaires doivent être prises pour réduire la dette publique et dégager des marges de manœuvre budgétaires afin de faire face aux futures tensions qui s’exerceront sur les dépenses en raison du vieillissement démographique et du changement climatique. Le maintien des taux directeurs à leur niveau actuel permettrait de réduire les tensions inflationnistes, alors que la croissance économique est supérieure à son niveau potentiel et que les pénuries de main-d’œuvre sont généralisées. Une simplification des procédures d’immigration contribuerait à atténuer les pénuries généralisées de compétences.
L’investissement et le tourisme tirent la croissance vers le haut
Copier le lien de L’investissement et le tourisme tirent la croissance vers le hautL’économie mauricienne continue de connaître une croissance vigoureuse, portée par le dynamisme du tourisme et de l’investissement. Les arrivées de touristes en 2024 sont en passe de dépasser le niveau record atteint en 2018 et de plus, les dépenses par touriste augmentent. Les recettes du tourisme devraient représenter 13.5 % du PIB d’ici la fin de l’année. L’investissement privé s’est hissé à 21 % du PIB au deuxième trimestre de 2024. Il se concentre essentiellement dans la construction, et plus particulièrement dans les bâtiments résidentiels et non résidentiels. Les pénuries de main-d’œuvre entravent toutefois de plus en plus la croissance de secteurs importants, en particulier le tourisme, la construction et les technologies de l’information et des communications (TIC). La croissance de l’activité dans le secteur manufacturier demeure faible en raison du déclin continu de la production dans le secteur du textile.
La baisse des prix mondiaux de l’énergie contribue favorablement aux perspectives économiques de Maurice en réduisant l’inflation et en soutenant indirectement l’essor du tourisme. Après avoir fortement reculé en termes nominaux en glissement annuel au premier trimestre de 2024 (-11.5 %), les exportations de biens ont considérablement rebondi au deuxième trimestre de 2024 (+12.5 %), sachant toutefois que cette hausse tient également à leur faiblesse un an auparavant. Globalement, les exportations de biens ont progressé de 2 % au premier semestre de 2024. Cependant, en pourcentage du PIB, elles continuent de diminuer, puisqu’elles ne représentent plus que 15 % du PIB, contre 25 % il y a dix ans.
Maurice
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Source : Banque de Maurice ; et Office central des statistiques de Maurice (Statistics Mauritius).
Maurice : demande, production et prix
Copier le lien de Maurice : demande, production et prixLes politiques budgétaire et monétaire conserveront une orientation expansionniste
Copier le lien de Les politiques budgétaire et monétaire conserveront une orientation expansionnisteL’orientation de la politique budgétaire, actuellement expansionniste, devrait devenir neutre en 2025‑26, parallèlement à la réduction progressive du déficit budgétaire primaire, qui sera probablement facilitée par la croissance élevée et soutenue. Sur fond de recul de l’inflation, la Banque de Maurice a ramené ses taux d’intérêt de 4.5 % à 4 % en septembre 2024. Toutefois, la croissance vigoureuse du PIB, le plein emploi et la forte hausse actuelle de l’investissement sont susceptibles de faire remonter l’inflation. De ce fait, le maintien des taux directeurs à leur niveau actuel jusqu’à la fin de 2025 permettrait d’atténuer les tensions inflationnistes. La banque centrale pourrait commencer à abaisser de nouveau ses taux à mesure que l’inflation refluera en 2026.
La croissance devrait continuer de progresser et converger progressivement vers son niveau potentiel à long terme
Copier le lien de La croissance devrait continuer de progresser et converger progressivement vers son niveau potentiel à long termeLa croissance du PIB réel devrait se modérer pour passer de 6.1 % en 2024 à 5.0 % en 2025 puis à 4.0 % en 2026. La croissance sera principalement tirée par la vigueur de l’investissement dans les infrastructures et le logement, ainsi que par l’essor continu du secteur du tourisme, qui devrait dépasser ses niveaux antérieurs à la pandémie en termes de nombre de touristes et de dépenses. La consommation des ménages restera soutenue, à la faveur de la progression des salaires réels, du recul de l’inflation et du renforcement des prestations sociales en faveur des ménages à faible revenu. L’inflation, qui s’établissait à 3.2 % à la fin de 2024, devrait légèrement augmenter sous l’effet de la persistance des tensions sur le marché du travail et de la vigueur de l’investissement. L’assainissement progressif des finances publiques contribuera à réduire les risques de surchauffe. Parmi les risques qui entourent les perspectives, on peut notamment citer tout éventuel retard dans l’assainissement des finances publiques, qui risquerait de compromettre la stabilité de la dette et d’accentuer les tensions inflationnistes dans une économie connaissant déjà une forte croissance. La hausse des prix des matières premières et de l’énergie à l’échelle mondiale pourrait dégrader les termes de l’échange, ralentir le reflux attendu de l’inflation et peser sur la consommation des ménages. Du fait de sa dépendance à l’égard des dépôts à court terme, le secteur bancaire extraterritorial est exposé à la volatilité des capitaux, ce qui pourrait avoir des répercussions sur le système financier en cas de retraits soudains, malgré les volants de liquidités importants et les mesures prudentielles en place. À l’inverse, une croissance du tourisme plus vigoureuse que prévu ou des échanges commerciaux plus soutenus avec les principaux partenaires africains pourraient donner une impulsion supplémentaire à l’activité.
Remédier aux pénuries de main-d’œuvre permettrait d’appuyer les engagements budgétaires et la croissance
Copier le lien de Remédier aux pénuries de main-d’œuvre permettrait d’appuyer les engagements budgétaires et la croissanceIl est essentiel de relever les défis liés aux finances publiques et au marché du travail pour soutenir la croissance. Un assainissement budgétaire s’impose pour réduire la dette publique et reconstituer des marges de manœuvre budgétaires, sachant que le vieillissement de la population va accentuer les tensions sur les dépenses de retraite et de santé. Des évaluations régulières des aides et subventions au secteur privé permettraient de réduire l’ampleur des dispositifs peu efficaces et d’accroître l’efficience des dépenses. Dans le même temps, la diminution de la main-d’œuvre bride la croissance, ce qui souligne encore la nécessité d’entreprendre des réformes structurelles visant à accroître l’offre de main-d’œuvre. Les autorités pourraient repousser l’âge d’ouverture des droits à la retraite de base, actuellement fixé à 60 ans, pour encourager les travailleurs seniors à rester actifs plus longtemps. Étoffer l’offre de services abordables de garde d’enfants pour rehausser le taux d’activité des femmes et rationaliser les procédures d’immigration contribueraient également à renforcer l’offre de main-d’œuvre. Il est en outre essentiel de dégager des marges de manœuvre budgétaires pour assurer une résilience en cas d’événement climatique majeur.