La lutte contre la fraude et l'évasion fiscales a considérablement progressé au cours des dernières années. La coopération internationale et l'échange de renseignements (ER) sont devenus des outils essentiels dans la lutte contre les flux financiers illicites (FFI). Les pays destinataires de ces flux, notamment les centres financiers d'Europe, d'Asie, d'Amérique, des Caraïbes et du Pacifique, participent désormais à l'effort mondial visant à améliorer la transparence fiscale et l'ER à des fins fiscales, aidant ainsi les pays en développement à prévenir les sorties et à identifier les acteurs impliqués.
Un récent rapport du Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites en provenance d'Afrique a attiré l'attention sur l'ampleur des FFI. Il estimait que le continent perdrait entre 50 et 60 milliards USD chaque année à cause des FFI. Ce total inclut l'argent provenant de l'évasion fiscale et d'autres activités criminelles (corruption, blanchiment d'argent, etc.) qui sapent les efforts de développement et de gouvernance de l'Afrique. Le rapport identifie également des moyens de lutter contre les FFI, notamment par le biais de l'échange de renseignements et de l'amélioration de la coopération fiscale internationale.
Bien que d'importants progrès aient été réalisés dans le cadre de l'Initiative Afrique du Forum mondial, les pays africains n'exploitent pas encore pleinement les avancées récentes en matière de coopération fiscale internationale et d'échange de renseignements :
- 39 des 54 pays africains participent aux efforts internationaux sur la transparence fiscale et l'ER et 13 sont engagés à commencer l'échange automatique de renseignements (EAR) à une date spécifique.
- De nombreux pays africains ne disposent pas encore d'un cadre juridique approprié, ni de l'organisation ou des procédures administratives nécessaires pour utiliser efficacement l'ER et bénéficier de la coopération fiscale dans leurs efforts de mobilisation des recettes intérieures.