Les villes intermédiaires sont des agglomérations petites et moyennes qui jouent un rôle d’intermédiation, en gérant des flux de personnes, de biens, de capitaux, d’informations et de connaissances. Ce sont des pôles territoriaux, dont les fonctions dépassent les limites administratives de la ville pour s’étendre aux territoires urbains et ruraux environnants. Par exemple, elles assurent la connexion entre zones urbaines et rurales, notamment à travers la fourniture de services et d’opportunités (liens urbain-rural).
Les villes intermédiaires jouent un rôle essentiel pour le développement régional, en fonction de leur contexte territorial. Dans les régions rurales et éloignées (souvent confrontées au dépeuplement, au vieillissement et à la perte de talents), elles fournissent des services clés (éducation, santé, emploi) pour soutenir le développement et le bien-être. À l’inverse, dans les régions très urbanisées dominées par les grandes villes et leurs banlieues, elles peuvent contribuer à atténuer les effets négatifs de l’agglomération urbaine (coût élevé du logement, congestion, etc.), offrir des services accessibles et promouvoir une mobilité douce, réduisant ainsi la dépendance à la voiture. Elles peuvent aussi proposer un mode de vie plus authentique que les banlieues, renforçant la qualité de vie et l’attractivité. Enfin, les villes intermédiaires peuvent favoriser des réseaux interurbains dynamiques, « empruntant » certaines fonctions métropolitaines et créant des synergies entre villes, renforçant ainsi la productivité et l’innovation.
Par rapport aux grandes métropoles, elles offrent un compromis entre qualité de vie et accessibilité. Elles ont la capacité d’attirer des habitants et des entreprises, et de contribuer à une répartition plus équilibrée de la population, des activités économiques et des opportunités sur le territoire. Cela renforce la compétitivité régionale, la cohésion et la durabilité. Certaines villes intermédiaires deviennent des pôles d’innovation et de recherche, attractifs pour des activités à haute valeur ajoutée et des emplois qualifiés. D’autres sont confrontées à des défis importants, notamment en matière de restructuration économique et d’investissements, dans un contexte de contraintes budgétaires et de capacités limitées. De nombreuses villes intermédiaires doivent gérer un déclin dû à des structures économiques reposant sur des industries traditionnelles, ce qui peut accentuer les tensions sociales.
Malgré leur potentiel, ces villes ont souvent été négligées dans les politiques publiques, au profit des grandes agglomérations. Cela constitue une opportunité manquée.
Les travaux de l’OCDE sur le potentiel des villes intermédiaires pour le développement régional visent à apporter des contributions théoriques, des résultats empiriques et des études de cas pour mieux comprendre leurs enjeux et leur potentiel – à la fois individuellement et en tant que systèmes – et à orienter les politiques vers un développement territorial équilibré et durable. Le programme s’articule autour de deux axes :
- Volet analytique : fournir des données et des analyses pour mieux comprendre les enjeux et le potentiel des villes intermédiaires – prises isolément ou en réseau ;
- Volet politique et gouvernance : orienter les politiques publiques vers un développement urbain intelligent, inclusif et durable dans les pays membres et partenaires de l’OCDE, et appuyer une transition verte et bas-carbone vers des économies urbaines et régionales neutres en carbone.