Dans leur Déclaration sur le renforcement de la confiance et de la démocratie, les ministres des pays de l’OCDE ont réaffirmé que les démocraties sont les mieux placées pour assurer la prospérité des sociétés grâce à une remise en question permanente et à une amélioration continue. Cet enjeu est d’autant plus important que les administrations publiques représentent une part significative de l’activité économique : en 2024, les dépenses publiques ont atteint en moyenne 43 % du PIB et l’emploi public représentait 18,4 % de l’emploi total dans les pays de l’OCDE.
Les gouvernements traversent aujourd’hui une période de changements rapides et de ruptures qui exige des transformations profondes et accélérées. Les institutions et les processus publics n’ont pas été suffisamment adaptés au rythme des évolutions induites par la transformation numérique, la fragmentation des écosystèmes de l’information et des citoyens plus informés, plus mobilisés et porteurs d’attentes nouvelles. Combinés aux pressions budgétaires, aux risques environnementaux, au vieillissement démographique et aux défis transfrontaliers, ces facteurs ont contribué à l’érosion de la confiance, de nombreux citoyens ayant le sentiment de ne pas être entendus et que les gouvernements peinent à produire des résultats. Un sentiment croissant s’installe : celui de gouvernements « bloqués ».
Dans le même temps, cette période ouvre une véritable opportunité de repenser le fonctionnement de l’État. Les avancées technologiques, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle, ainsi que le renouvellement des effectifs publics, peuvent contribuer à transformer les systèmes, les cultures administratives et les méthodes de travail. Associées aux contraintes budgétaires qui imposent une plus grande sélectivité dans les priorités publiques, ces évolutions offrent aux gouvernements la possibilité de réduire les lourdeurs administratives inutiles et de mieux produire de la valeur publique.