Seul le prononcé fait foi.
Bonjour,
Et bienvenue à cette présentation officielle de l’édition 2025 – la 38e – du rapport de l’OCDE « Politiques agricoles : suivi et évaluation »
Ce rapport contient les derniers éclairages de l’OCDE sur les politiques agricoles de 54 pays qui représentent ensemble 75 % de la valeur ajoutée agricole mondiale : les 38 Membres de l’OCDE, 5 États membres de l’Union européenne qui n’appartiennent pas à l’OCDE et 11 économies émergentes.1
Les analyses qu’il présente montrent qu’entre 2022 et 2024, les gouvernements de ces pays ont consacré en moyenne 842 milliards USD par an aux subventions et aux autres formes de soutien aux producteurs et consommateurs de produits agricoles.
C’est en moyenne 20 % de plus en valeur nominale qu’au cours de la période 2015-19 [durant laquelle ce chiffre s’était élevé à 704 milliards USD par an].2
La part des subventions agricoles et autres formes de soutien à l’agriculture dans la valeur totale de la production du secteur a sensiblement diminué, pour s’établir à 18 % en moyenne entre 2022 et 2024, contre 29 % entre 2000 et 2002.
Dans le même temps, les subventions les plus susceptibles d’entraîner des distorsions sur les marchés, dont le soutien des prix, les paiements au titre de la production et les subventions aux intrants tels que les engrais ou les produits énergétiques fossiles, ont baissé, passant de 15 % de la valeur de la production du secteur en moyenne lors de la période 2000-02 à 9 % durant la période 2022‑24.3
Il n’en reste pas moins que ces subventions représentent aujourd’hui encore la moitié environ du soutien total à l’agriculture : 410 milliards USD sur 842 milliards USD en 2024.
L’élimination progressive des subventions qui faussent le jeu du marché et leur remplacement par des mesures de soutien mieux ciblées peuvent accroître la productivité agricole, stimuler l’innovation et favoriser des systèmes alimentaires plus durables, plus résilients et plus efficients.
La réorientation du soutien vers la recherche et l’innovation est une priorité essentielle.
Il s’agit notamment de soutenir l’innovation pour stimuler la productivité du secteur.
Au cours des dix dernières années, entre 2013 et 2022, la croissance de la productivité totale des facteurs dans l’agriculture mondiale a ralenti pour s’établir à 0.8 % par an, alors qu’elle atteignait 1.7 % par an entre 1991 et 2000.4
Un soutien accru à la recherche et à l’innovation axées sur les nouvelles variétés végétales et techniques de production, par exemple, peut contribuer à inverser cette tendance et à la fois rendre les produits plus abordables pour les consommateurs et faire progresser les revenus des producteurs.
Or, le soutien public à la recherche et à l’innovation est tombé de 0.92 % de la valeur de la production du secteur agricole au cours de la période 2000-02 à 0.54 % au cours de la période 2022-24.
En outre, les pouvoirs publics peuvent mieux aligner leur soutien à l’agriculture sur les objectifs de durabilité environnementale.
Par exemple, les paiements aux agriculteurs peuvent être ciblés de façon à encourager des pratiques qui contribuent aux objectifs généraux de sauvegarde de l’environnement, comme l’agriculture régénératrice qui favorise la remise en état des sols et le captage du carbone.
Ces pratiques peuvent en définitive préserver la productivité à long terme du secteur et sa résilience aux chocs comme les inondations et l’érosion des sols.
À l’heure actuelle, 5 % seulement du soutien aux agriculteurs est lié à des actions volontaires de ce genre, alors que 66 % de ce soutien peut être dommageable pour l’environnement local en fonction du contexte, notamment en nuisant à la qualité de l’eau ou en augmentant la pollution de l’air.
Les accords commerciaux aussi peuvent être un moyen très utile d’encourager l’adoption de pratiques agricoles durables.
Ainsi, dans l’Accord sur le changement climatique, le commerce et la durabilité qu’ils ont signé en 2024, le Costa Rica, l’Islande, la Nouvelle-Zélande et la Suisse se sont engagés à libéraliser les échanges de services de recherche et de développement expérimental en lien avec l’utilisation durable des pesticides et des engrais et la réduction des risques qu’ils présentent.
L’harmonisation des clauses relatives à la durabilité de l’agriculture figurant dans les accords commerciaux faciliterait leur mise en œuvre et leur suivi, réduirait les coûts de mise en conformité supportés par les entreprises et contribuerait à garantir des règles du jeu équitables pour les pratiques durables.
En conclusion,
Ce rapport met en lumière les possibilités d’utiliser de manière plus efficace et plus ciblée les ressources limitées à la disposition des pouvoirs publics, afin de sécuriser l’approvisionnement en produits alimentaires et de rendre ces produits plus abordables, de favoriser l’adaptation au changement climatique et son atténuation, et de préserver les moyens de subsistance des millions de ménages qui dépendent directement ou indirectement de l’agriculture dans le monde.
L’OCDE continuera de mettre sa base factuelle au service du bon fonctionnement des marchés agricoles, de règles du jeu équitables au niveau mondial et d’un système commercial fondé sur des règles en bon état de marche.
Je donne maintenant la parole à Marion, qui va présenter les conclusions détaillées du rapport.
Je vous remercie de votre attention.
1 Les États membres de l’UE qui ne sont pas Membres de l’OCDE sont la Bulgarie, la Croatie, Chypre, Malte et la Roumanie. Les 11 économies émergentes sont l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil, la République populaire de Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Kazakhstan, les Philippines, la Fédération de Russie, l’Ukraine et le Viet Nam.
2 Le soutien positif à l’agriculture s’est monté en moyenne à 704 milliards USD par an de 2015 à 2019, soit les cinq années précédant la pandémie de COVID-19
3 Ces formes de soutien les plus susceptibles d’entraîner des distorsions ont représenté 15 % de la valeur de la production du secteur sur la période 2000-02 (chiffres exacts : 15.4 % sur la période 2000-02 et 8.8 % sur la période 2022-24).
4 Source : USDA Economic Research Service, Agricultural Productivity database, https://www.ers.usda.gov/data-products/international-agricultural-productivity.
Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour préserver les libertés individuelles et améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.