La confiance dans les pouvoirs publics s’est stabilisée dans les pays de l’OCDE, après une phase de recul, d’après un nouveau rapport de l’OCDE intitulé Résultats 2026 de l’enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques. Il ressort de ce rapport que 40 %, en moyenne, des personnes interrogées dans les pays de l’OCDE déclarent accorder une confiance élevée ou modérément élevée à leur gouvernement national, contre 43 % qui continuent d’avoir peu ou pas confiance.
L’une des conclusions de cette dernière enquête de l’OCDE sur la confiance, qui couvre 33 pays membres et, pour la première fois, cinq pays candidats à l’adhésion, est par ailleurs que la confiance dans la police, les tribunaux, les collectivités locales et la fonction publique est en général nettement plus élevée que la confiance dans le gouvernement national. Parmi les femmes, les jeunes adultes et les personnes ayant un plus faible niveau d’instruction formelle, la confiance reste plus timide, en moyenne, dans tous les pays, les écarts entre les niveaux de confiance selon l’instruction se creusant considérablement depuis 2021.
Le rapport montre que l’un des déterminants importants de la confiance est le sentiment que les citoyens ont d’avoir voix au chapitre dans la prise de décisions politiques. Dans l’ensemble des pays, on observe un écart de 47 points de pourcentage entre les personnes qui estiment que le système politique leur permet d’avoir leur mot à dire et celles qui pensent le contraire, écart qui n’a pratiquement pas varié depuis quelques années. Aujourd’hui, alors que 68 % des répondants considèrent que le vote influe sur l’action des pouvoirs publics, selon un mécanisme constituant le fondement de la gouvernance démocratique, seulement 31 % considèrent que des personnes comme elles peuvent peser sur les décisions publiques. Cela donne à penser que le seul fait de pouvoir voter ne suffit plus pour que les citoyens se sentent écoutés.
« Les citoyens ont confiance dans les services publics sur lesquels ils comptent chaque jour, mais ils sont moins confiants dans la capacité des pouvoirs publics à relever des défis à long terme, et ils ne se sentent pas entendus », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann. « Pour préserver et renforcer la confiance, les pouvoirs publics doivent créer de véritables possibilités de participer, augmenter la transparence, fonder leurs décisions sur des éléments probants et veiller à ce que les nouvelles technologies suscitent la confiance des citoyens. »
En moyenne, 54 % des utilisateurs récents sont satisfaits de leurs interactions avec le système de santé ; ce chiffre atteint 60 % pour le système éducatif et 68 % pour les services administratifs publics. Les citoyens sont toutefois beaucoup moins confiants dans la capacité des pouvoirs publics à concilier équitablement des intérêts concurrents, à prendre des décisions difficiles à long terme et à préparer les sociétés aux défis futurs, autant de déterminants essentiels de la confiance dans le gouvernement national.
Le rapport contient également des données factuelles nouvelles sur la perception de l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur public. Si plus de quatre personnes sur dix estiment que l’IA pourrait aider les administrations à améliorer les services ou à réduire les coûts, la proportion de celles qui s’attendent à ce que les pouvoirs publics mettent en place des garde-fous appropriés, notamment pour garantir l’équité, la transparence, la protection de la vie privée et une surveillance humaine efficace, est plus faible.
La prochaine édition du Forum mondial de l’OCDE sur l’instauration de la confiance et le renforcement de la démocratie, dont le thème sera « Dégripper les rouages administratifs - Pour des démocraties résilientes dans un monde en pleine mutation » et qui se tiendra les 12 et 13 octobre à Paris (France), sera l’occasion de tirer les enseignements des résultats de l’Enquête de l’OCDE sur la confiance.
Les 33 pays Membres de l’OCDE qui ont participé à l’Enquête sont l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Chili, la Colombie, la Corée, le Costa Rica, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède et la Suisse. Les cinq pays candidats à l’adhésion qui y ont également participé sont la Bulgarie, le Brésil, la Croatie, le Pérou et la Roumanie.
Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour préserver les libertés individuelles et améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.