encore la trajectoire de croissance des Philippines
Les Philippines sont l’une des économies où la croissance a été la plus rapide du monde ces 15 dernières années. Selon un nouveau rapport de l’OCDE, des réformes ambitieuses propices à la concurrence, visant à stimuler la productivité et à améliorer la protection sociale pour favoriser la création d’emplois formels, alliées à une prudence budgétaire et à l’action climatique, permettraient de soutenir cette dynamique de croissance.
Selon les prévisions figurant dans la première Étude économique de l’OCDE consacrée aux Philippines, ce pays devrait enregistrer une croissance du PIB de 5.1 % en 2026 et de 5.8 % en 2027, contre 4.4 % en 2025. L’inflation devrait progresser pour atteindre 2.6 % en 2026 et 3.0 % en 2027, point médian de la fourchette retenue comme objectif par la banque centrale.
« L’économie des Philippines a fait preuve d’une vigueur et d’une résilience remarquables : depuis 2010, la production a plus que doublé et la pauvreté a reculé de plus de la moitié », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Mathias Cormann, lors de la présentation de l’Étude à Manille, aux côtés du ministre des Finances des Philippines, M. Frederick D. Go. « Des réformes ambitieuses visant à renforcer la concurrence et la création d’emplois formels sont nécessaires pour soutenir la croissance des revenus et relever le niveau de vie. Parallèlement, des efforts plus vigoureux d’adaptation au changement climatique réduiraient les risques économiques, sociaux et financiers liés aux phénomènes météorologiques extrêmes. »
Une discipline budgétaire rigoureuse placerait la dette publique sur une trajectoire plus prudente. La suppression progressive des exonérations de TVA dont bénéficient les prestataires privés de services de santé, d’enseignement et les personnes âgées, associée à des transferts sociaux ciblés, permettrait de maximiser la fiscalité, les transferts et les rentrées de recettes. La lutte contre la corruption dans le domaine de l’investissement public améliorerait l’efficience des dépenses ainsi que le climat des affaires et de l’investissement.
La mise en œuvre de réformes propices à la concurrence est essentielle pour stimuler la croissance de la productivité, en particulier dans les secteurs de l’électricité et des télécommunications, dans lesquels une concurrence insuffisante continue d’imposer des prix et des coûts des intrants élevés au reste de l’économie. Dans le secteur de l’électricité, les réformes doivent donner priorité à une séparation effective entre les infrastructures de réseau et la production d’énergie. Dans celui des télécommunications, la mise en place de règles d’accès libre aux réseaux, obligeant les opérateurs historiques à mutualiser les infrastructures à des prix réglementés, pourrait permettre aux ménages et aux entreprises du pays de bénéficier de prix plus bas. Par ailleurs, une rationalisation des démarches administratives dans l’ensemble de l’économie, notamment celles visant les investisseurs étrangers, dynamiserait davantage l’investissement.
Un système de protection sociale unifié et à plusieurs niveaux, avec des prestations universelles de base financées par les recettes fiscales générales et des prestations complémentaires financées par des cotisations sociales progressives, renforcerait la protection sociale et les incitations à la création d’emplois formels. Aligner davantage les salaires minimum avec la productivité régionale réduirait la part de la main-d’œuvre travaillant dans le secteur informel et gagnant moins que le salaire minimum.
Les Philippines sont confrontées à des risques croissants liés aux phénomènes météorologiques extrêmes. Les investissements dans l’adaptation aux effets du changement climatique, comme les infrastructures résilientes, les systèmes d’alerte précoce et l’extension des contrats d’assurance habitation, devraient être prioritairement consacrés aux zones où coexistent pauvreté et risques climatiques élevés. Parallèlement à une meilleure gestion des inondations, le Grand Manille a besoin d’une tarification plus efficace de l’eau pour remédier à l’affaissement des sols provoqué par la surexploitation des eaux souterraines. L’augmentation des droits d’accise sur le charbon accélérera l’abandon progressif de la production d’électricité à partir de charbon, ce qui contribuera à réduire les émissions et à atteindre les objectifs climatiques.
On trouvera ici une Synthèse de l’Étude économique consacrée aux Philippines reprenant ses principales conclusions et ses graphiques clés (vous êtes invités à inclure ce lien dans vos articles).
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L’OCDE coopère activement avec les Philippines dans le cadre du Programme régional pour l’Asie du Sud-Est (SEARP), créé en 2014. Actuellement, les Philippines coprésident ce programme avec le Canada, ce qui stimule le dialogue concernant les politiques entre l’OCDE et l’Asie du Sud-Est sur des questions allant du développement économique, de l’éducation, de l’investissement, des politiques environnementales à l’intégration régionale. En 2025, les Philippines et l’OCDE ont signé un protocole d’accord, assorti d’un plan d’action, qui devrait entrer en vigueur début 2026. Ce plan a pour objet de renforcer la coopération dans les domaines de la politique macroéconomique, des infrastructures durables, de la concurrence et de la gouvernance d’entreprise, entre autres. Les Philippines sont également membre du Forum inclusif sur les approches d’atténuation des émissions de carbone (le Forum inclusif), initiative phare de l’OCDE conçue pour renforcer l’impact mondial des efforts déployés en vue de réduire les émissions à l’échelle mondiale.
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