Selon un nouveau rapport de l’OCDE, en réformant leurs politiques publiques, en ayant recours à des instruments financiers innovants et en favorisant la coopération régionale, les économies d’Amérique latine et des Caraïbes (région ALC) peuvent mobiliser davantage d’investissements, et ainsi devenir plus dynamiques, plus diversifiées et créer plus de valeur ajoutée — ce qu’on appelle la transformation de la production.
Le rapport Perspectives économiques de l’Amérique latine 2025 — Promouvoir et financer la transformation de la production pointe les défis qui ralentissent la transformation de la production dans la région. Les États de l’ALC ne consacrent en moyenne que 0.5 % de leur PIB aux politiques de développement de la production, contre 3 % dans les pays de l’OCDE. Les dépenses fiscales absorbent des ressources considérables et représentent en moyenne 4.0 % du PIB de la région, dont 0.9 % pour les incitations fiscales en faveur des entreprises, ce qui limite la capacité des pouvoirs publics à soutenir le développement économique. Plus de 55 % des travailleurs occupent un emploi dans le secteur informel, et ils ne sont que 2.1 % à travailler dans les secteurs de la moyenne à haute technologie, soit un niveau bien inférieur à la moyenne de 7.7 % relevée dans la zone OCDE. Le développement limité des compétences et la faiblesse des systèmes d’innovation rendent plus difficile la transition de la région vers des activités à plus forte valeur ajoutée.
« Des réformes ambitieuses sont nécessaires pour rehausser la productivité du travail, lutter contre les niveaux élevés d’activité informelle et favoriser le développement de secteurs exportateurs à forte valeur ajoutée en Amérique latine et dans les Caraïbes » a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE Mathias Cormann. « En œuvrant à approfondir la connectivité régionale, à promouvoir le développement de marchés régionaux de capitaux, à accroître les compétences et à intensifier la mobilisation de ressources au niveau national, les responsables de l’action publique peuvent susciter de nouveaux investissements au service d’une croissance forte, durable et inclusive. »
Le rapport met en évidence les tendances positives susceptibles de favoriser une telle transformation au niveau régional. En 2024, les obligations vertes, sociales, durables, liées à la durabilité et bleues ont représenté un montant cumulé de 164.4 milliards USD, soit 27.2 % du total des émissions obligataires de la région ALC sur les marchés internationaux, contre 9.3 % en 2020. L’investissement direct étranger (IDE) a atteint 2.8 % du PIB en 2024 et a concerné pour l’essentiel les énergies renouvelables, les infrastructures numériques et les industries à forte intensité technologique. Si les marchés d’actions restent peu profonds, avec une capitalisation boursière représentant 37.4 % du PIB contre 64.4 % dans les pays de l’OCDE, les banques de développement et autres institutions de financement du développement (IFD) jouent un rôle croissant pour stimuler les capacités de production, diversifier les exportations et favoriser les transferts de technologies. Les portefeuilles des IFD de la région ALC ciblent désormais à hauteur de 32 % le soutien aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME).
Pour que les ambitions de la région en matière de développement puissent se concrétiser, la coopération internationale et la coordination des politiques publiques sont indispensables. Les auteurs du Rapport préconisent de renforcer la collaboration régionale et internationale dans la région ALC afin de développer des réseaux de recherche-développement et d’améliorer la production à forte intensité de connaissances. Des investissements coordonnés dans l’énergie, les transports et la connectivité numérique peuvent également contribuer à la modernisation des infrastructures par l’abaissement des coûts de transaction. En tournant le dos à un modèle fondé sur des politiques nationales fragmentées au profit d’initiatives régionales, comme des marchés unifiés de l’électricité ou des corridors numériques transfrontières, la région ALC peut démultiplier l’impact des investissements et accélérer sa transition bas carbone.
Le rapport sera officiellement lancé le lundi 10 novembre au cours du Forum des entreprises ALC-UE qui se tiendra dans le cadre du quatrième sommet CELAC-UE entre la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes et l’Union européenne à Santa Marta, en Colombie.
Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent contacter Adriana Montejano au Centre de l’OCDE à Mexico.
Note aux responsables de publication
Les Perspectives économiques de l’Amérique latine 2025 — Promouvoir et financer la transformation de la production sont produites par le Centre de développement de l’OCDE, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) des Nations Unies, la Société andine de développement (SAD) et la Commission européenne (CE). Ce rapport a vocation à étayer le dialogue et la coopération au niveau international sur les stratégies en faveur d’un développement durable et inclusif en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour préserver les libertés individuelles et améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.