Les pays de l’OCDE ont consacré 9.3 % de leur PIB à la santé en 2024, ce qui est inférieur au pic atteint lors de la crise du COVID-19, mais tout de même plus élevé qu’avant la pandémie. Selon un nouveau rapport publié par l’OCDE, les dépenses de santé représentent au moins 10 % du PIB dans 16 pays membres, et les dépenses publiques de santé correspondent à 15 % du total des dépenses publiques dans le pays de l’OCDE moyen.
Selon le Panorama de la santé 2025 de l’OCDE, les dépenses publiques de santé augmenteront en moyenne de 1.5 % du PIB d’ici à 2045 dans les pays de l’OCDE, principalement tirées par les progrès technologiques, les attentes croissantes quant aux résultats des soins de santé et le vieillissement démographique. Le financement de ces dépenses publiques en hausse pourrait se révéler difficile compte tenu des autres priorités de l’action publique et des contraintes budgétaires. Un nouvel effort d’optimisation des dépenses est crucial, en accordant un rôle central à la prévention.
En 2023, l’espérance de vie s’élevait à 81.1 ans en moyenne dans les pays de l’OCDE, mais elle était encore inférieure à son niveau d’avant la pandémie dans 13 pays membres. Au total, plus de trois millions de décès prématurés auraient pu être évités en 2023 chez les moins de 75 ans par une amélioration de la prévention et des soins. Les maladies du système circulatoire, comme les maladies coronariennes, et le cancer, les deux principales causes de mortalité, représentent presque la moitié de tous les décès dans les pays de l’OCDE.
Si la plupart des pays disposent d’un système de santé universel, des difficultés d’accès subsistent. Ainsi, dans plusieurs pays, les délais d’attente demeurent un enjeu de taille. Les disparités socioéconomiques sont marquées, et les personnes appartenant au quintile de revenu le plus faible sont 2.5 fois plus susceptibles de faire état de besoins de soins médicaux non satisfaits que celles qui se situent dans le quintile de revenu le plus élevé.
Les taux d’obésité n’ont cessé d’augmenter dans plus de quatre cinquièmes des pays de l’OCDE entre 2013 et 2023, et 54 % en moyenne des adultes sont en surpoids ou obèses. La consommation nocive d’alcool est aussi préoccupante, 27 % des adultes déclarant des épisodes d’alcoolisation aigüe au moins une fois par mois. Les taux de tabagisme ont diminué, mais 15 % des adultes continuent de fumer quotidiennement, et les taux de vapotage sont en hausse. Ces facteurs de risque concernent aussi les enfants. Ainsi, 20 % des jeunes de 15 ans sont en surpoids ou obèses, 15 % fument et 20 % vapotent au moins une fois par mois.
« Les interventions de prévention et de soins primaires peuvent permettre de s’attaquer efficacement et à moindre coût aux principaux facteurs de risque pour la santé, comme l’obésité, le tabagisme ou la consommation nocive d’alcool », déclare le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann. « Pour améliorer l’efficacité et la viabilité budgétaire des systèmes de santé, les pays doivent accroître la part des dépenses totales de santé qui sont allouées à ces interventions, qui s’élève actuellement à 3 % pour les actions de prévention et à 14 % pour les soins primaires ».
Les soins primaires contribuent à garder les individus en bonne santé et à prévenir les hospitalisations, comme en témoigne la baisse des hospitalisations évitables ces dix dernières années dans 28 des 30 pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données. La satisfaction des patients à l’égard des services de soins primaires est élevée elle aussi : en moyenne, 87 % des usagers de soins primaires âgés de 45 ans et plus atteints de maladies chroniques sont satisfaits des soins reçus, et 78 % font confiance au dernier professionnel de santé consulté.
Les indicateurs de la santé mettent en évidence une amélioration constante de la qualité des soins aigus. Les chances de survie après une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral sont ainsi plus élevées aujourd’hui qu’il y a dix ans : les taux de mortalité à 30 jours après une crise cardiaque s’élevaient à 6.5 % en moyenne en 2023, contre 8.2 % en 2013, tandis qu’ils atteignaient 7.7 % après un AVC ischémique en 2023, contre 9.3 % en 2013.
Néanmoins, 44 % seulement des médecins et des personnels infirmiers estiment que les effectifs et le rythme de travail permettent d’assurer la sécurité des soins, et si le vécu des patients est généralement positif, il pourrait être amélioré, en particulier pour les patients ayant des besoins plus complexes.
Les troubles de la santé mentale demeurent problématiques, en particulier chez les jeunes. En moyenne en 2022, 52 % des jeunes de 15 ans faisaient état de problèmes de santé multiples, notamment de déprime, de maux de tête réguliers ou de vertiges, contre 37 % en 2014.
Les effectifs des personnels de santé augmentent, et dans les pays de l’OCDE environ un emploi sur neuf en moyenne se situe dans le secteur médico-social. Cette tendance devrait encore s’accentuer parallèlement à la hausse de la demande de soins de santé. Les médecins formés à l’étranger contribuent à pourvoir les postes vacants : en moyenne, 20 % de tous les médecins avaient suivi une formation à l’étranger en 2023, contre 16 % en 2010.
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