L’Asie du Sud-Est et de l’Est occupe une place centrale dans la lutte mondiale contre la pollution plastique en raison de son poids important dans l’économie mondiale, de sa position stratégique dans les chaînes de valeur des matières plastiques et de la hausse rapide de la demande de plastique qu’elle enregistre, comme le souligne un nouveau rapport de l’OCDE.
Intitulé Perspectives régionales des plastiques pour l’Asie du Sud-Est et de l’Est, ce rapport porte sur les pays de l’ASEAN Plus Trois (APT), c’est-à-dire les 10 États Membres de l’ASEAN plus la République populaire de Chine (Chine), la Corée et le Japon. Il montre que la consommation de plastiques dans la région a été quasiment multipliée par neuf depuis 1990 pour atteindre 152 millions de tonnes (Mt) en 2022.
La région APT représente désormais près d’un tiers de la consommation mondiale de plastique, et la consommation annuelle par habitant y varie entre 32 kg dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et plus de 100 kg dans de nombreux pays à revenu élevé et à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. En 2022, 8.4 Mt de plastique y ont été rejetés dans l’environnement, soit plus d’un tiers des rejets mondiaux totaux : 3.5 Mt par les États Membres de l’ASEAN et 4.9 Mt par la Chine. Par rejets de plastique dans l'environnement, on entend les matières plastiques qui entrent dans le milieu terrestre ou aquatique faute d’être collectées et traitées de manière adéquate. Cela comprend les déchets comme les emballages ou les gobelets en plastique qui sont abandonnés sur la voie publique ou dans la nature ou qui aboutissent dans des décharges à ciel ouvert.
Le rapport cartographie de manière exhaustive le paysage politique et le cycle de vie des plastiques dans la région. D’après les projections au fil de l’eau, la consommation annuelle de plastique devrait atteindre 280 Mt à l’horizon 2050, tandis que les rejets de plastique devraient augmenter de 68 % pour s’établir à 14.1 Mt par an. Le rapport présente aussi un scénario de rigueur élevée, duquel il ressort qu’une action globale sur l’ensemble du cycle de vie des plastiques pourrait faire baisser la consommation de 28 %, multiplier par plus de quatre le taux de recyclage pour le porter à 54 % et réduire de 97 % le volume de déchets mal gérés dans la région par rapport à ces projections.
« L’Asie du Sud-Est et de l’Est peut devenir un modèle en matière de lutte contre la pollution plastique et d’application de solutions fondées sur l’économie circulaire pour le traitement des déchets plastiques », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann. « En renforçant la coopération à son échelle, en suivant des politiques ambitieuses et en investissant de manière ciblée, la région est en mesure de supprimer la quasi-totalité des rejets de plastique d’ici 2050 et d’apporter ainsi des avantages pérennes pour les populations, l’environnement et l’économie mondiale. »
Le coût économique estimatif du scénario d’ambition élevée – qui représente 0.8 % du PIB régional d’ici à 2050 – est inégalement réparti. En l’occurrence, il est plus élevé pour les pays de l’ASEAN à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (2.8 % du PIB en moyenne), d’où la nécessité de renforcer la coopération régionale et le soutien international.
En dépit des difficultés, liées notamment au fait que la production de déchets progresse plus vite que les moyens de gestion des déchets et que la région est très hétérogène en termes de niveaux de revenus, de consommation de matières plastiques et de capacités de gestion de ces matières, on constate des avancées notables. La plupart des pays de l’APT se sont dotés d’un plan national d’action contre la pollution plastique et ont renforcé leurs liens de coopération régionale. Le taux de recyclage moyen dans la région (12 %) dépasse déjà la moyenne mondiale (10 %), et des efforts sont en cours pour améliorer le tri des déchets à la source, réduire les déchets sauvages et accroître le recours aux matières recyclées dans l’industrie manufacturière.
Il est possible de rendre les stratégies déployées plus efficaces en les adaptant davantage aux contextes locaux et en les accompagnant d’investissements dans la collecte des déchets et les infrastructures de recyclage, d’un renforcement des cadres réglementaires, de politiques publiques qui envoient des signaux clairs, de nature à débloquer les investissements, et de mesures favorisant l’intégration des travailleurs informels du secteur des déchets.
Le rapport sera présenté officiellement à l’occasion d’un webinaire OECD Green Talks LIVE qui se tiendra aujourd’hui, 30 juillet, de 10h00 à 11h15, heure de Paris (CEST). Détails et inscription ici.
Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent contacter Johanna Gleeson, de la Division des médias de l’OCDE (tél. : +33 1 45 24 97 00).
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