L’économie du Canada a fait preuve de résilience et la croissance est repartie à la hausse en 2024, mais les incertitudes commerciales et l’évolution des droits de douane ont assombri les perspectives économiques. Il faudra peut-être assouplir les politiques budgétaire et monétaire si la situation économique se dégrade nettement, à condition que les tensions inflationnistes liées aux droits de douane restent jugulées. Les réformes structurelles devraient être axées sur les problèmes liés à la faiblesse des gains de productivité, l’accessibilité financière du logement et l’adaptation au changement climatique, selon un nouveau rapport de l’OCDE.
D’après la dernière Étude économique de l’OCDE consacrée au Canada, la croissance du PIB devrait refluer de 1.5 % en 2024 à 1.0 % en 2025, puis remonter à 1.1 % en 2026, en raison des tensions commerciales avec les États-Unis. Les niveaux futurs des droits de douane et leurs effets sur l’économie canadienne restent entourés d’une incertitude considérable.
« Le cadre d’action mis en place par le Canada pour assurer sa stabilité macroéconomique reste solide, ses finances publiques sont saines et son secteur bancaire est bien capitalisé », a déclaré le Chef économiste de l’OCDE, Álvaro Pereira, lors de la présentation de l’Étude à Ottawa. « Il est possible d’améliorer l’efficience du système fiscal et de réduire encore les risques liés au marché hypothécaire, où un niveau d’endettement élevé pèse sur les finances des ménages et la stabilité financière. Afin d’améliorer de manière durable les perspectives de croissance à long terme, il faut redoubler d’efforts pour accroître la productivité et faire face aux risques liés au climat. »
Depuis de nombreuses années, les résultats du Canada en termes de productivité sont inférieurs à ceux des pays de l’OCDE les mieux classés à cet égard, et ce retard pourrait être encore aggravé par les tensions commerciales actuelles. Réduire les obstacles aux échanges intérieurs et améliorer la reconnaissance mutuelle des qualifications entre les provinces, de façon à réduire les freins à la mobilité de la main-d’œuvre dans l’ensemble du pays, peuvent contribuer à renforcer la productivité. Le Canada gagnerait également à réduire les obstacles à l’investissement étranger pour relancer l’investissement dans le pays, qui est faible. Enfin, rationaliser les incitations fiscales en faveur de la recherche-développement (R-D), pour les petites entreprises comme pour les grandes, et développer les aides directes contribueraient à stimuler les dépenses de R-D des entreprises.
Une hausse du taux d’activité des femmes serait également bénéfique à la croissance ; celles-ci restent en effet sous-représentées dans des disciplines techniques essentielles et aux postes de direction, tandis que les écarts entre les genres demeurent importants en termes de temps de travail et de rémunération. Les efforts déployés pour élargir l’offre de services abordables d’accueil des jeunes enfants devraient être poursuivis, et d’autres mesures prises pour renforcer les politiques en matière de congé parental, d’égalité salariale, de lutte contre la discrimination et de flexibilité des modalités de travail.
L’accessibilité financière du logement s’est dégradée, sachant que tant les prix de l’immobilier d’habitation que les loyers ont fortement augmenté. Continuer de réformer les lois sur le zonage et accélérer les procédures de délivrance de permis contribueraient à étoffer l’offre de logements.
Les risques climatiques liés à la hausse des températures et aux phénomènes météorologiques extrêmes ont des répercussions de plus en plus fortes sur l’économie et les populations. Les pouvoirs publics devraient s’attacher à passer d’une approche axée sur le rétablissement à la suite des catastrophes à une démarche proactive de réduction des risques et d’investissement dans des infrastructures résilientes face au changement climatique. Il faudrait limiter l’aménagement foncier dans les zones à haut risque d’inondation et d’incendie tout en favorisant un élargissement de la couverture assurantielle.
On trouvera ici une Synthèse de l’Étude économique du Canada reprenant ses principales conclusions et ses graphiques clés (vous êtes invités à inclure ce lien dans vos articles).
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