Le Groupe de travail de l’OCDE sur la corruption est vivement préoccupé par le fait que la Hongrie persiste à ne pas mettre en œuvre l’infraction de corruption transnationale. Depuis 1999, la Hongrie n’a sanctionné des faits de corruption transnationale que dans une seule affaire de faible ampleur de 2008 à 2011. Malgré l’augmentation des risques de corruption d’agents publics étrangers par des entreprises hongroises induite par l’expansion de ses activités extérieures, aucune enquête ou poursuite pour corruption transnationale n’est en cours, à l’exception d’une éventuelle affaire de blanchiment de capitaux. La Hongrie devrait sans tarder élaborer et mettre en œuvre une stratégie volontariste de détection de la corruption transnationale, comme le recommandait le Groupe de travail dans le rapport de Phase 4 adopté en août 2019.
Le Groupe de travail est également préoccupé par les progrès limités accomplis par la Hongrie en vue de mettre en œuvre les 32 recommandations qu’il lui a adressées dans le rapport de Phase 4 consacré à ce pays. La Hongrie a pris des mesures importantes, comme la révision de la définition de la notion d’agent public étranger, l’affectation de ressources accrues à l’autorité chargée des enquêtes et des poursuites relatives à l’infraction de corruption transnationale, et l’adoption d’une approche plus volontariste en matière de poursuites visant les personnes morales. Toutefois, elle n’a toujours pas mis en œuvre 23 recommandations, dont 12 étaient déjà présentes dans le rapport de Phase 3 consacré à la Hongrie (datant de mars 2012).
Afin de démontrer l’engagement de la Hongrie à l’égard des obligations lui incombant en vertu de la Convention anticorruption de l’OCDE, ce pays devrait mettre fin à son inaction répressive et remédier à la non-mise en œuvre des recommandations qui lui ont été adressées depuis longtemps maintenant. La Hongrie devrait sans tarder régler les questions en suspens relevées lors des Phases 3 et 4 dans un large éventail de domaines, comme la protection des lanceurs d’alerte, la formation et la sensibilisation des secteurs public et privé, la détection, les enquêtes et les poursuites relatives à l’infraction de corruption transnationale, les mesures fiscales de lutte contre la corruption et l’entraide judiciaire.
Le Groupe de travail continuera de suivre l’évolution de la situation dans tous les domaines ayant trait à la capacité de la Hongrie à lutter efficacement contre les infractions de corruption transnationale, notamment l’indépendance de la justice et la liberté de la presse.