L'Australie a renforcé son application de la loi en matière de corruption transnationale depuis 2012, date à laquelle le Groupe de travail de l'OCDE sur la corruption a évalué pour la dernière fois la mise en œuvre par l'Australie de la Convention de l'OCDE sur la lutte contre la corruption, avec sept condamnations dans deux affaires et 19 enquêtes en cours. Toutefois, compte tenu du volume des exportations et des investissements à l’étranger réalisés par les entreprises australiennes dans des juridictions et des secteurs présentant un risque élevé de corruption, l’Australie doit continuer à renforcer son action répressive.
Le Groupe de travail vient d’achever sa quatrième phase d’évaluation de la mise en œuvre par l’Australie de la Convention sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales et des instruments connexes. Outre la mise en avant des récentes réformes de la Police fédérale australienne (AFP) et du Directeur des poursuites publiques du Commonwealth (CDPP) visant à renforcer la lutte contre la corruption à l’étranger, le rapport recense plusieurs autres avancées et bonnes pratiques, notamment le renforcement de la protection des lanceurs d’alerte dans le secteur public, les modifications apportées à la définition de l’infraction de corruption à l’étranger afin de remédier aux faiblesses précédemment identifiées, et la création de nouvelles infractions en matière de falsification comptable dans le Code pénal. En 2017, l’Australie a également mis en place la Fintel Alliance, un partenariat public-privé visant à renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la criminalité organisée. Les agences australiennes font largement appel aux agents de liaison de l’AFP déployés à travers le monde pour soutenir les enquêtes sur la corruption à l’étranger.
Le rapport formule en outre un certain nombre de recommandations à l’intention de l’Australie visant à renforcer l’application de la législation en matière de corruption à l’étranger. Les principales recommandations soulignent la nécessité pour l’Australie :
- de s’attaquer au risque que le secteur immobilier australien puisse être utilisé pour blanchir les produits de la corruption à l’étranger ;
- de veiller à ce que les autorités australiennes disposent de ressources suffisantes pour faire respecter efficacement la législation relative à la corruption à l’étranger ;
- de poursuivre de manière proactive les entreprises pour corruption à l’étranger ; et
- de renforcer la protection des lanceurs d’alerte dans le secteur privé ;
Le Groupe de travail, composé de 44 pays membres, a adopté le rapport le 14 décembre 2017, y compris les recommandations adressées à l’Australie aux pages 52 à 54. Conformément aux procédures habituelles, l’Australie est invitée à présenter au Groupe de travail, dans un délai de deux ans, un rapport écrit sur les mesures prises pour mettre en œuvre ces recommandations.
Ce rapport s’inscrit dans le cadre de la quatrième phase de suivi du Groupe de travail, lancée en 2016. La phase 4 examine les défis particuliers auxquels les pays sont confrontés dans la lutte contre la corruption transnationale, ainsi que les avancées positives réalisées. Elle explore des questions telles que la détection, l’application de la loi, la responsabilité des entreprises, la coopération internationale, ainsi que les questions en suspens issues des évaluations précédentes.