Le Groupe de travail de l’OCDE sur la corruption exprime sa profonde préoccupation face au fait que la Finlande continue de ne pas mettre en œuvre la Convention anti-corruption de l’OCDE. En outre, le Groupe de travail s’inquiète des difficultés rencontrées par la Finlande pour appliquer efficacement sa législation relative à la corruption d’agents publics étrangers.
Dans son rapport de phase 3 d’octobre 2010, le Groupe de travail avait formulé 19 recommandations visant à sensibiliser la Finlande à la corruption d’agents publics étrangers et à promouvoir la prévention, la détection et la poursuite des infractions de corruption d’agents publics étrangers. Le Groupe de travail a constaté que la Finlande n’avait pleinement mis en œuvre que six recommandations au cours des cinq dernières années, ce qui signifie que les deux tiers des recommandations n’ont pas été mises en œuvre du tout ou ne l’ont été que partiellement.
Le Groupe de travail est déçu par l’absence de progrès réels de la Finlande dans la mise en œuvre des réformes législatives nécessaires à l’application des recommandations clés. Il est particulièrement préoccupé par le fait que la Finlande n’ait pas modifié la définition de l’agent public étranger et n’ait pas prévu de délais de prescription adéquats pour les poursuites relatives aux infractions de corruption à l’étranger. La Finlande n’a pas mis en place de véritables mesures de protection des lanceurs d’alerte pour les personnes qui, de bonne foi et sur la base de motifs raisonnables, signalent des cas présumés de corruption à l’étranger. De plus, les entreprises ne sont toujours pas responsables des infractions de falsification comptable, bien que la Finlande ait récemment informé le Groupe de travail qu’un projet de loi visant à remédier à cette lacune devrait être présenté au Parlement au cours du premier semestre 2016.
Enfin, tout en reconnaissant les efforts manifestes déployés par les enquêteurs et les procureurs finlandais pour porter les affaires de corruption transnationale devant les tribunaux, le Groupe de travail reste préoccupé par les maigres résultats de la Finlande en matière d’application de la loi. Les prévenus ont été acquittés des chefs d’accusation de corruption à l’étranger dans les quatre affaires qui ont abouti à un jugement définitif en Finlande — alors même que des agents publics étrangers ont été condamnés dans leur pays d’origine pour un système de corruption lié à une entreprise finlandaise. Le Groupe de travail estime que la mise en œuvre intégrale de ses recommandations améliorera les efforts de la Finlande en matière d’application de la loi à l’avenir.
Le Groupe de travail appelle donc la Finlande à faire preuve de la volonté politique nécessaire pour mettre en œuvre sans plus tarder l’ensemble des recommandations en suspens de la phase 3. À cette fin, le Groupe de travail a invité la Finlande à établir, d’ici octobre 2016, un rapport écrit sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de ces recommandations. Si la Finlande ne fait pas état de progrès significatifs d’ici là, le Groupe de travail se réserve le droit d’envisager des mesures supplémentaires.