Les obstacles aux échanges de services sont restés élevés en 2025, les nouvelles restrictions ayant contrebalancé les réformes d’ouverture des marchés et la dynamique d’assouplissement des obstacles existants ayant ralenti, selon de nouvelles données de l’OCDE.
L’Indice de restrictivité des échanges de services 2026 de l’OCDE montre que les réformes ont été moins nombreuses que l’année précédente, ce qui témoigne d’une stagnation de l’élaboration des politiques relatives aux échanges de services à un moment où les débats commerciaux restent largement centrés sur le secteur manufacturier. Cette stagnation dans la réforme des services compromet la compétitivité future, alors que les avancées de l’intelligence artificielle laissent présager une hausse des activités de services transfrontaliers.
Les données révèlent d’importantes différences de performance réglementaire entre les économies. En 2025, le Japon, les Pays-Bas et l’Espagne figuraient parmi les marchés de services les plus ouverts, tandis que près des deux tiers des économies couvertes par l’indice restaient plus restrictives que la référence de l’OCDE. Bien que l’écart entre les économies membres et non membres de l’OCDE se soit réduit au cours de la dernière décennie, des disparités régionales persistent, ce qui contribue à des conditions de concurrence inégales et à des déséquilibres commerciaux persistants.
Remédier aux asymétries persistantes de la restrictivité des échanges de services devrait être une priorité dans le contexte de l’action visant à réduire les déséquilibres mondiaux. En 2024, les exportations de services des économies de l’OCDE se sont élevées à plus de 6 144 milliards USD, ce qui souligne l’importance des services dans les balances commerciales. Parmi les dix premiers exportateurs de services, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Irlande, la France, l’Inde, Singapour et les Pays-Bas affichaient un excédent commercial dans les services, ce qui signifie qu’ils vendaient plus de services à d’autres pays qu’ils n’en achetaient.
Certaines économies ont continué de faire avancer les réformes. La Nouvelle-Zélande, l’Indonésie et l’Inde ont piloté les efforts de réforme en 2024-25, respectivement en assouplissant les procédures applicables aux voyages d’affaires, en abaissant les restrictions à l’entrée d’acteurs étrangers dans plusieurs secteurs de services et en libéralisant les services d’assurance. Le transport aérien, les services juridiques et les services de comptabilité restent globalement parmi les secteurs les plus restreints, ce qui limite la concurrence et l’efficience économique.
Les services numériques constituent le segment du commerce international qui connaît la croissance la plus rapide, mais la fragmentation des réglementations risque de freiner la croissance. Les données de l’Indice de restrictivité des échanges de services numériques de l’OCDE montrent que les exigences de présence locale et les restrictions aux flux transfrontières de données restent largement répandues. Au cours de la dernière décennie, les obstacles réglementaires se sont atténués en Afrique et dans les Amériques, mais ont augmenté dans d’autres régions, notamment en Europe et en Asie-Pacifique. Malgré un assouplissement récent, la réglementation des services numériques reste élevée dans de nombreuses économies africaines, les restrictions étant en moyenne trois fois plus élevées que dans les pays de l’OCDE.
Le rapport souligne que la modernisation de la réglementation des services pourrait générer des gains économiques importants. Selon les estimations de l’OCDE, des réformes globales des échanges de services pourraient réduire les coûts des échanges mondiaux d’environ 1 600 milliards USD par an, les avantages les plus importants étant observés dans certains secteurs des services professionnels, des services financiers, des transports et des communications. Des efforts de réforme renouvelés éviteront que les économies ne manquent les gains de productivité et la création de valeur liés à la prochaine phase de croissance des services numériques et fondés sur l’IA.
Pour plus d’informations sur les travaux de l’OCDE consacrés aux échanges de services, voir https://www.oecd.org/fr/themes/echanges-de-services.html
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