Face à l’intensification des cybermenaces et à la diffusion croissante des technologies numériques, les entreprises utilisent de plus en plus l’IA pour renforcer leur cybersécurité, tandis que les particuliers prennent davantage le contrôle de leurs données personnelles grâce à des outils de protection de la vie privée, selon de nouvelles données de l’OCDE.
En 2023, 17,7 % des entreprises de la zone OCDE ont subi des incidents de sécurité liés aux TIC, soit une hausse de 28,2 % par rapport à 2018. À mesure que les cybermenaces gagnent en sophistication et exploitent les progrès des technologies numériques, les entreprises se tournent également vers l’IA pour renforcer leurs capacités en matière de cybersécurité. En 2025, 5,3 % des entreprises utilisaient l’IA pour la sécurité des TIC, ce qui représente environ un quart de l’ensemble des entreprises utilisatrices d’IA. Parmi les applications figurent des systèmes d’apprentissage automatique destinés à la détection et à la prévention des cyberattaques, ainsi que l’authentification des utilisateurs fondée sur l’IA. L’adoption s’est rapidement accélérée : en 2025, son niveau était supérieur de 23,2 % à celui de 2024, de 68,6 % à celui de 2023, et plus de deux fois supérieur à celui de 2021.
Malgré une forte croissance ces dernières années, son utilisation varie considérablement selon la taille des entreprises. En 2025, 26,7 % des grandes entreprises utilisaient l’IA pour la sécurité des TIC, contre 9,6 % des entreprises de taille moyenne et 3,7 % des petites entreprises,, ce qui met en évidence des différences persistantes dans l’utilisation des technologies avancées de sécurité numérique.
L’adoption de l’IA pour la sécurité des TIC varie également fortement d’un secteur d’activité à l’autre. En 2025, 18,1 % des entreprises du secteur de l’information et de la communication déclaraient utiliser l’IA pour la sécurité des TIC, un taux bien supérieur à celui des autres secteurs, la deuxième part la plus élevée étant enregistrée dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques (8,9 %). L’adoption dans le secteur des TIC était environ neuf fois plus élevée que dans l’hébergement et la restauration (2,1 %). Cela laisse penser que les outils de cybersécurité fondés sur l’IA sont plus largement adoptés dans les secteurs à forte intensité d’information, où les risques numériques et la dépendance à l’égard des systèmes numériques tendent à être les plus importants.
Dans l’ensemble de la zone OCDE, les particuliers prennent de plus en plus le contrôle de leurs données personnelles en ligne. Entre 2020 et 2025, la part des personnes modifiant les paramètres de leur navigateur pour limiter les cookies, qui peuvent servir à suivre la navigation d’un site web à l’autre, a augmenté de 26,8 %. La part des personnes refusant l’utilisation de leurs données personnelles à des fins publicitaires et celle des personnes restreignant l’accès à leur localisation géographique ont également nettement progressé, de 17,2 % et 14,0 % respectivement. Des hausses plus modérées ont été observées pour la limitation de l’accès aux profils sur les réseaux sociaux (+11,3 %) et l’utilisation de logiciels anti-pistage (+7,0 %), qui peuvent limiter la capacité des sites web et des services en ligne à suivre les activités des utilisateurs sur internet.
Ces tendances coïncident avec la disponibilité croissante de paramètres de confidentialité dans les navigateurs, les systèmes d’exploitation et les plateformes en ligne, ainsi qu’avec une sensibilisation accrue à la protection de la vie privée et des données personnelles en ligne. En 2025, plus de la moitié des personnes restreignaient l’accès à leur localisation géographique ou refusaient l’utilisation de leurs données personnelles à des fins publicitaires. En revanche, la part des personnes déclarant lire les politiques de confidentialité avant de fournir des données personnelles a diminué d’environ 8,4 % sur la même période.
Si le recours aux outils de protection de la vie privée est répandu et en progression, seuls 4,5 % des individus de la zone OCDE ont cité des préoccupations en matière de respect de la vie privée, de sécurité ou de sûreté comme principale raison de ne pas utiliser d’outils d’IA générative en 2025. Par rapport aux jeunes (âgés de 16 à 24 ans), une part plus élevée d’adultes plus âgés (55 à 74 ans) déclaraient éviter l’IA en raison de préoccupations liées à la vie privée, de sécurité ou de sûreté (5,8 % contre 1,9 %), tandis qu’une part plus faible d’entre eux déclaraient prendre des mesures actives pour protéger leur vie privée en ligne. Parallèlement, les jeunes font état de moins de préoccupations à l’égard de l’IA, mais utilisent fréquemment les paramètres de confidentialité, restreignent l’accès à leurs données personnelles, modifient les paramètres de leur navigateur et utilisent des logiciels anti-pistage.
Si les préoccupations relatives aux implications de l’IA générative en matière de respect de la vie privée, de sécurité et de sûreté sont globalement similaires chez les personnes ayant un niveau d’instruction élevé et celles ayant un niveau d’instruction faible (3,9 % et 3,5 % respectivement), l’adoption de mesures de protection de la vie privée en ligne diffère nettement. Les personnes ayant un niveau d’instruction plus élevé déclarent systématiquement des taux plus élevés de mesures prises pour gérer leurs données personnelles en ligne. Par exemple, 68,1 % d’entre elles refusaient l’utilisation de leurs données personnelles à des fins publicitaires et 65,8 % restreignaient l’accès à leur localisation géographique, contre respectivement 39,5 % et 38,9 % chez les personnes ayant un faible niveau d’instruction.
Pour plus d’informations sur ces données, veuillez consulter l’OECD Data Kitchen ou contacter la Direction de la science, de la technologie et de l’innovation de l’OCDE à l’adresse sti.contact@oecd.org.