Seul le prononcé fait foi.
Monsieur le Premier ministre Miloš Vučević,
Madame la présidente de l’Assemblée nationale, ma chère [Ana] Brnabić,
Mesdames et Messieurs les Ministres, chers participants, chers collègues et chers amis,
Soyez les bienvenus au Sommet du Partenariat mondial sur l’intelligence artificielle — le premier depuis la formation de notre nouveau Partenariat intégré, au mois de juillet.
Merci à la Serbie de nous accueillir ici à Belgrade en sa qualité de nouveau co-président.
Merci également à l’Inde et à la République slovaque d’avoir, en tant que co-présidents, accompagné la croissance du nouveau Partenariat intégré, qui réunit aujourd’hui 44 pays du monde entier autour de l’intelligence artificielle.
Le Partenariat nous aidera à créer l’environnement stratégique dont nous avons besoin, à l’échelle mondiale, pour que l’IA puisse poursuivre son développement et répandre largement les bienfaits que l’humanité peut attendre d’elle.
En effet, ses promesses sont tout à la fois exaltantes et colossales.
Vous savez tous quelles sont ces promesses :
gains d’efficience, de productivité et de croissance,
nouvelles percées de la recherche et de l’innovation,
accès personnalisé à des services de soins et une instruction de qualité,
amélioration de la prise de décision fondée sur les données.
Dans le domaine environnemental, l’IA peut nous aider à aller de l’avant en facilitant l’établissement de modèles climatiques, en favorisant les gains d’efficacité énergétique ou encore la durabilité agricole grâce à l’agriculture de précision.
Mais comme toute technologie exaltante et qui progresse rapidement, l’IA s’accompagne également de risques et de bouleversements nouveaux et évolutifs qu’il convient d’atténuer et de maîtriser.
Cela va des considérations éthiques aux problèmes soulevés par les perturbations induites sur le marché du travail, en passant par les risques pour la sécurité, les inquiétudes pour la vie privée, la possibilité que les dynamiques anticoncurrentielles suscitées par l’IA ne conduisent à un creusement des inégalités de chances sur les marchés et entre eux, ou encore les inquiétudes pour l’environnement du fait notamment de la quantité d’énergie nécessaire aux grands modèles d’IA.
Par conséquent, tandis que nous nous employons à concrétiser tous les bienfaits attendus de l’IA, il nous faut également travailler ensemble à la définition et à la mise en œuvre de politiques et de bonnes pratiques réglementaires qui permettront un développement responsable de l’IA dans un environnement où risques et bouleversements sont atténués et maîtrisés — idéalement de manière coordonnée et cohérente à l’échelle mondiale.
Voilà pourquoi notre Partenariat mondial sur l’intelligence artificielle a pour objectif de promouvoir une IA centrée sur l’humain, sûre, sécurisée et digne de confiance, de manière à en favoriser le développement et l’utilisation responsables, en encourageant l’innovation dans le respect des droits de la personne, de l’équité, de l’inclusivité et de la durabilité.
Dans ce but, vos débats de ce jour seront l’occasion :
- de confronter vos points de vue sur les dernières évolutions et les derniers enjeux de l’IA,
- de trouver des solutions pour accompagner le développement et l’utilisation responsables et centrés sur l’humain de l’IA, et
- de définir une vision prospective et inclusive pour le Partenariat intégré.
Les analyses et conseils que l’OCDE fonde sur des données factuelles peuvent aider à faire de cette vision une réalité.
Notre travail s’enracine dans les Principes de l’OCDE sur l’IA, mondialement reconnus, qui sont destinés à favoriser l’interopérabilité universelle des politiques relatives à l’IA.
Nous nous employons désormais à aider les pays à transcrire ces principes dans la pratique et, en dernière analyse, à optimiser le potentiel de l’IA, tout en gérant les risques et perturbations dont celle-ci est susceptible de s’accompagner.
L’Observatoire OCDE des politiques relatives à l’IA a permis de rassembler des données sur plus d’un millier de politiques mises en œuvre dans plus de 70 pays et territoires, dont des économies émergentes et en développement, qui pourront servir à identifier les meilleures pratiques en matière d’action publique portant sur l’intelligence artificielle.
Nous travaillons en lien étroit avec nos partenaires internationaux, dont l’Organisation des Nations Unies, pour soutenir la mise en œuvre du Pacte numérique mondial grâce à une collaboration renforcée dans le domaine de l’IA.
Nous produisons des analyses destinées aux Sommets sur l’IA, ceux qui se sont tenus au Royaume-Uni et en Corée et celui qui doit avoir lieu en France en février prochain.
Nous appuyons l’action du G20 et du G7, notamment par nos travaux visant à donner effet aux résultats processus d’Hiroshima sur l’IA, à travers la définition d’un mécanisme de suivi propre à favoriser la mise en œuvre du Code de conduite issu de ce processus.
Nous nous appuierons sur ces travaux et mobiliserons nos données factuelles et analyses les plus récentes pour soutenir le nouveau Partenariat intégré, qui bénéficiera par ailleurs d’un réseau dense d’experts et d’une participation inclusive et sur un pied d’égalité.
Vos débats des deux prochains jours contribueront à façonner les travaux du Partenariat au regard de diverses priorités :
Premièrement, sur l’aide à apporter aux pays pour définir et mettre en œuvre des politiques nationales en matière d’IA.
Les données de l’Observatoire OCDE des politiques relatives à l’IA (OECD.AI) montrent qu’il y a de plus en plus de stratégies et politiques nationales en matière d’IA — il n’y avait que quelques stratégies en 2016, contre plus d’une cinquantaine d’initiatives stratégiques et gouvernementales en 2024.
Le Partenariat intégré accompagnera les responsables de la formulation des politiques dans la conception et l’évaluation de ces initiatives, grâce à une boîte à outils pour la mise en œuvre des Principes.
Cette dernière permettra de faire un bilan détaillé des mesures prises, auquel on pourra donner une suite concrète, et aidera à mettre en lumière les possibilités d’amélioration.
Elle fournira par ailleurs des orientations pratiques par région, ainsi que des solutions envisageables en fonction du niveau de préparation à l’IA.
Deuxièmement, sur l’aide aux pays dans l’évaluation comparative et la mesure de leurs écosystèmes et politiques dans le domaine de l’IA.
Nous travaillons à la création d’un indice de l’OCDE sur l’IA, qui offrira aux responsables de la formulation des politiques et au grand public un outil convivial les aidant à comprendre l’environnement national en matière d’IA, notamment certaines dimensions telles que les brevets, l’investissement, l’infrastructure de calcul, ainsi que la demande et l’offre de compétences.
D’autre part, pour contribuer à la mise en œuvre du Principe 2.2 sur l’IA, par lequel les pays sont appelés à créer un écosystème propice à l’IA, nous sommes en train d’élaborer une base de données qui permettra d’inventorier les ressources infonuagiques publiques des pays.
Cette base de données aidera les pays à mieux appréhender la capacité de calcul et sa corrélation avec la diffusion de l’IA, à améliorer la mise en œuvre des stratégies en matière d’IA et à guider les politiques et les investissements futurs.
Troisièmement, sur la sécurisation de l’IA.
Il y a beaucoup à attendre de l’intelligence artificielle dans le domaine de la sécurité numérique, par exemple pour ce qui est de repérer des tendances et de déceler des menaces de cybersécurité de façon rapide et systématique.
Dans le même temps, l’IA peut aussi accentuer les risques de sécurité numérique : les données en notre possession montrent en effet que le nombre d’incidents et de dangers liés à l’IA générative signalés par des médias de bonne réputation a été multiplié par 53, à l’échelle mondiale, depuis fin 2022.
À l’aide de notre outil de suivi des incidents liés à l’IA, le Partenariat intégré peut contribuer aux initiatives internationales sur la sécurité de l’IA par l’élaboration d’un cadre commun et cohérent de signalement des incidents et dangers liés à l’IA.
Quatrièmement, agir face à l’impact environnemental de l’IA
L’IA peut grandement aider nos économies et nos sociétés à lutter contre le changement climatique, notamment en facilitant la prévision et l’optimisation de la consommation d’énergie et en stimulant la productivité dans l’ensemble des secteurs.
Cependant, l’entraînement et l’utilisation de systèmes d’IA de grande envergure peuvent aussi entraîner des besoins considérables en puissance de traitement, en mémoire, en interconnexions, en volumes de stockage et autres ressources, et sont dès lors susceptibles d’avoir une empreinte environnementale significative.
Le Partenariat intégré, avec le concours d’autres partenaires internationaux, définira une norme technique permettant de mesurer l’impact environnemental de l’IA pour aider les pays à recenser les priorités et à apprécier l’efficacité des mesures qu’ils prennent dans ce domaine.
En conclusion,
Nous avons hâte de continuer à exploiter le travail de fond que l’OCDE et le Partenariat mondial sur l’intelligence artificielle ont déjà réalisé chacun de leur côté pour guider la coopération stratégique internationale dont nous avons besoin si nous voulons voir l’IA atteindre son plein potentiel.
Le Partenariat intégré a un rôle tout à fait unique à jouer en sa qualité de plateforme dédiée :
- au dialogue multipartite axé sur le partage de connaissances et de données d’expérience en rapport avec les politiques relatives à l’IA,
- au renforcement de la base de données probantes sur l’évolution et les effets de l’IA,
- à la définition de bonnes pratiques,
- à l’élaboration de normes et d’orientations.
Et en dernière analyse, à faire advenir une IA sûre, digne de confiance et centrée sur l’humain.
Excellent Sommet à toutes et à tous.
Je vous remercie de votre attention.
Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour préserver les libertés individuelles et améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.