L’adoption de l’IA progresse rapidement dans les économies de l’OCDE, mais l’existence de grandes disparités entre entreprises et générations risque de limiter les bienfaits de la transformation numérique. Le taux d’utilisation de l’IA par les grandes entreprises est deux fois plus élevé que la moyenne et les jeunes sont près de cinq fois plus susceptibles que les seniors de recourir à l’IA générative, selon un nouveau rapport de l’OCDE.
D’après les estimations publiées dans les Perspectives 2026 de l’économie et de la société numériques de l’OCDE, 20 % des entreprises de 10 salariés ou plus de la zone OCDE ont eu recours à l’IA en 2025, contre 52 % des grandes entreprises de 250 salariés ou plus. S’il y a lieu de penser que les petites entreprises réduiront leur écart dans l’infonuagique d’ici à 2030, les prévisions annoncent le maintien du fossé dans le domaine de l’IA à moins d’un soutien ciblé. À la fin de la décennie, le taux d’adoption de l’IA par les grandes entreprises pourrait dépasser la moyenne de près de 80 %.
S’agissant des individus, l’utilisation de l’IA générative a atteint 37 % en 2025, les jeunes, les personnes très qualifiées et celles qui perçoivent un revenu élevé affichant des taux d’adoption plus élevés que les autres groupes. Les seniors ont pratiquement rattrapé leur retard en ce qui concerne l’internet, mais pas dans le domaine de l’IA. Dans la zone OCDE, la part des internautes de 55-74 ans est passée de 58 % à 87 % entre 2015 et 2025, réduisant ainsi sensiblement les écarts générationnels dans l’accès aux outils numériques de base. En revanche, seulement 14 % des seniors déclarent avoir déjà eu recours à l’IA générative, contre 68 % des 16-24 ans. Parmi les seniors, 43 % déclarent ne pas avoir besoin de l’IA, tandis que 12 % font état d’un manque de compétences et 9 % d’une méconnaissance du sujet.
« L’adoption de l’IA continue de progresser dans les entreprises. Mais pour exploiter pleinement son potentiel de productivité et de compétitivité, nous devons veiller à ce que l’IA se répande dans les entreprises de toutes tailles », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann. « Les Perspectives donnent des pistes pour y arriver : élargir l’accès aux services infonuagiques, cibler le soutien fourni au titre de l’IA et de l’analytique des données massives, renforcer l’interopérabilité et les normes ouvertes. »
Il ressort du rapport que l’adoption de l’IA par les petites entreprises continue de se heurter à un accès limité aux financements, infrastructures numériques et compétences spécialisées. Les entreprises doivent également faire face à des coûts de mise en œuvre, à l’incertitude qui entoure le cadre juridique et les règles de protection des données, ainsi qu’à la difficulté d’intégrer l’IA dans les systèmes existants. Alors que plus de la moitié des entreprises de la zone OCDE ont déjà recours à l’infonuagique, l’utilisation combinée de l’IA, de l’infonuagique et de l’analytique des données massives reste concentrée dans les grandes entreprises et les secteurs à forte intensité de savoir.
L’investissement dans les infrastructures d’IA monte en flèche : le montant des fonds de capital-risque placés dans les entreprises d’IA spécialisées dans les infrastructures et l’hébergement informatiques a plus que doublé entre 2024 et 2025, où il est passé de 54.5 milliards USD à 123.9 milliards USD. Dans son nouveau rapport, l’OCDE souligne l’importance de garantir l’accès aux capacités de calcul, compétences et données pour soutenir un développement et une adoption plus larges de l’IA.
Alors que les technologies numériques jouent un rôle de plus en plus central dans les économies et les sociétés, les pouvoirs publics adaptent leur façon de gouverner la transition numérique. Sur la base de 1 497 initiatives recensées dans 42 pays en 2025, l’OCDE conclut que, sous l’effet d’un changement technologique rapide, les politiques du numérique technologiquement neutres ont laissé la place à des politiques axées sur des technologies particulières. L’IA est la technologie numérique à laquelle les pouvoirs publics ont consacré le plus grand nombre d’initiatives en 2025. Les technologies quantiques, les semi-conducteurs et les satellites occupent aussi une place grandissante depuis 2023.
L’administration numérique est restée au premier rang des priorités de l’action publique en matière de numérique au cours de la décennie écoulée. Cela dit, en 2025, la cybersécurité s’est hissée à la deuxième place, atteignant ainsi son niveau le plus élevé des dix années durant lesquelles les données ont été collectées. Par ailleurs, les stratégies numériques nationales relèvent de plus en plus souvent d’un ministère dédié. En 2025, leur élaboration incombait au premier chef à un tel ministère dans 60 % des pays concernés, soit plus qu’en 2016 (24 %).
D’après les estimations, dans la zone OCDE, le secteur des TIC a crû de 5 % en 2025. À l’échelle mondiale, la création de valeur des TIC et les approvisionnements en TIC restent fortement concentrés, un petit nombre de pays servant de grands pôles de production et d’approvisionnement, ce qui témoigne à la fois de l’existence de gains d’efficience et de liens d’interdépendance transfrontières.
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