En progression constante, le financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en faveur des pays en développement a atteint 132.8 milliards USD en 2023 et 136.7 milliards USD en 2024, selon les dernières données de l’OCDE.
Comme le montre le nouveau rapport Financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en 2013-2024, l’objectif de 100 milliards USD, qui avait déjà été dépassé en 2022 avec 115.9 milliards USD, l’a donc été plus largement encore en 2023 et 2024.
L’OCDE suit depuis 2015 la réalisation de cet objectif adopté en 2009 dans le contexte de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui prévoyait la mobilisation, à partir de 2020 et jusqu’en 2025 par la suite, de 100 milliards USD par an pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique et à s’adapter à ses effets.
« L’objectif de 100 milliards USD a été dépassé pour la troisième année consécutive en 2024, ce qui illustre clairement la détermination à aider les économies en développement à s’adapter au dérèglement climatique et à le combattre », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann. « Aussi bien les financements privés mobilisés que les financements destinés à l’adaptation ont augmenté, ce qui est essentiel pour que les pays en développement atteignent leurs objectifs climatiques. »
Les financements climatiques fournis par les pays développés ont continué d’être consacrés en majorité – en l’occurrence pour près de deux tiers – à l’atténuation.
Les financements privés mobilisés – principalement par le biais d’investissements directs dans des entreprises, de garanties et de prêts syndiqués – sont restés orientés à la hausse et ont atteint 30.5 milliards USD en 2024. Ils ont augmenté cette année-là de 7.6 milliards USD (+33 %), ce qui représente le plus fort accroissement annuel depuis 2016 et fait suite à une progression plus modeste de 1 milliard USD (+5 %) en 2023. Cette augmentation, qui doit beaucoup à l’action des banques multilatérales de développement, demeure essentielle au renforcement du financement climatique dans les pays en développement.
Le financement de l’adaptation, qui aide les pays en développement à renforcer leur résilience aux effets du changement climatique, a continué de croître, mais à un rythme plus lent. Comme le montre le rapport, il a représenté un quart du financement climatique en 2023 et 2024, après avoir culminé à un tiers en 2020. Pour atteindre un niveau deux fois plus élevé en 2025 qu’en 2019, comme le prévoit le Pacte de Glasgow pour le climat de 2021, le financement de l’adaptation fourni par les pays développés aura dû augmenter de plus de 5 milliards USD en 2025.
Le financement climatique est toujours concentré dans les pays à revenu intermédiaire, alors que l’appui aux pays à faible revenu, qui avait culminé à 11.1 milliards USD en 2022, est tombé à 8.4 milliards USD en 2023 avant de regagner en partie le terrain perdu pour s’établir à 9.6 milliards USD en 2024.
L’OCDE continuera de suivre la réalisation de l’objectif de 100 milliards USD jusqu’en 2025 et publiera un dernier rapport en 2027.
Les parties à la CCNUCC ont adopté un nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique pour la période 2026-2035, dont le Comité permanent du financement de la CCNUCC dressera un premier bilan en 2028. Comme le montrent les travaux d’analyse du Groupe d’experts OCDE-AIE sur le changement climatique, des efforts coordonnés devront être menés au cours des deux prochaines années pour élaborer un cadre rigoureux de suivi des progrès, améliorer la disponibilité et la comparabilité des données et prendre des dispositions en matière de transparence.
Pour de plus amples informations, les journalistes peuvent contacter Johanna Gleeson, de la Division des médias de l’OCDE (tél. : +33 1 45 24 97 00).
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