D’après un nouveau rapport de l’OCDE et de la Banque asiatique de développement (BAsD), réaliser de nouveaux progrès dans le domaine de la gouvernance publique, y compris en gérant mieux les finances publiques et en recourant davantage aux outils de l’administration numérique, aidera les pays d’Asie du Sud-Est à actionner de nouveaux leviers de croissance et à bien servir leur population.
La deuxième édition du Panorama des administrations publiques consacré à l’Asie du Sud-Est (disponible en anglais uniquement) fournit des données comparables sur les pratiques de gouvernance suivies au Brunei Darussalam, au Cambodge, en Indonésie, en République démocratique populaire lao, en Malaisie, aux Philippines, à Singapour, en Thaïlande et au Viet Nam. Elle offre un socle d’éléments probants à l’appui de l’amélioration de la conception et de la mise en œuvre des politiques publiques.
« Au cours des dernières décennies, les pays d’Asie du Sud-Est ont enregistré une forte croissance économique, fait nettement reculer la pauvreté et amélioré leurs systèmes de santé, d’éducation et de justice », a déclaré František Ruzicka, Secrétaire général adjoint de l’OCDE. « Pour poursuivre sur la lancée de ces gains dans un contexte régional marqué par une urbanisation rapide, par le changement climatique et par la transformation numérique, il sera essentiel d’assurer la viabilité des finances publiques et de mettre en place des institutions et des services publics centrés sur l’humain. »
Les pays d’Asie du Sud-Est ont renoué avec la croissance après la pandémie. Pour maintenir des dispositifs budgétaires sains, ils vont maintenant devoir s’appuyer sur des pratiques budgétaires efficaces et accroître les recettes publiques. En moyenne, la dette publique est passée de 44 % du PIB en 2019 à 58 % du PIB en 2023. Les recettes des administrations publiques sont restées à un niveau comparativement faible, puisqu’elles s’élèvent à 17.8 % du PIB, ce qui est largement inférieur à la moyenne OCDE, qui s’établit à 38 %. La plupart des pays d’Asie du Sud-Est ont mis en place des règles budgétaires, mais seulement la moitié d’entre eux sont dotés d’une institution indépendante chargée de porter un regard objectif sur la politique budgétaire. Le renforcement des procédures budgétaires et la mobilisation de recettes supplémentaires permettront de favoriser la viabilité à long terme des finances publiques.
En outre, pour préserver les progrès accomplis sur le plan du développement, il sera crucial de renforcer la résilience face aux risques environnementaux. De nombreux pays d’Asie du Sud-Est sont en train de réaliser d’importants investissements dans les infrastructures et, de manière générale, montrent qu’ils disposent d’importantes capacités à mener à bien une planification fondée sur des éléments probants. En revanche, les résultats sont inégaux s’agissant de la mise en œuvre de la budgétisation verte et de l’accès à des données environnementales de forte valeur. Une meilleure évaluation des projets d’infrastructures contribuerait à garantir l’intérêt à long terme des dépenses publiques envisagées.
Dans toute la région, les citoyens se déclarent très satisfaits des services. Le taux de satisfaction s’établit à 87 % pour la santé et à 89 % pour l’éducation. Toutefois, les progrès sont plus lents sur le plan des services publics de nature administrative. Même si la plupart des pays d’Asie du Sud-Est ont adopté des stratégies pour améliorer ces services administratifs, le suivi des performances n’est pas systématique, et l’accessibilité numérique est limitée. Dans sept pays sur huit, la plupart des services publics en ligne ne sont pas accessibles à partir d’un dispositif sécurisé et convivial d’identité numérique.
Il serait possible de renforcer encore la confiance de la population en assurant plus d’ouverture et de participation citoyenne. La région est à la traîne des pays de l’OCDE sur le plan du recours aux outils numériques et interactifs de remontée d’information sur les finances publiques, ainsi que sur le plan de la réalisation de tests auprès des usagers avant le lancement de nouveaux services publics numériques. À l’heure actuelle, seuls 23 % des ensembles de données de forte valeur peuvent être facilement consultés par le grand public dans les pays d’Asie du Sud-Est, alors que la moyenne s’établit à 47 % dans la zone OCDE. Des réformes dans ces domaines permettraient d’améliorer la transparence et la redevabilité.
La plupart des pays d’Asie du Sud-Est se sont dotés d’une stratégie nationale en matière d’administration numérique, ainsi que de structures chargées de superviser les travaux menés dans ce domaine. Toutefois, le recours à l’intelligence artificielle (IA) reste limité dans le secteur public et, pour l’heure, seuls l’Indonésie et Singapour déclarent y faire appel. Or, un recours efficace à l’IA peut permettre aux administrations publiques de mener une démarche active d’anticipation des besoins des particuliers et des entreprises, et d’y réagir rapidement.
Le rapport dans son intégralité, les données, les notes par pays (pour Brunei Darussalam, Cambodge, Indonésie, République démocratique populaire lao, Malaysie, les Philippines, Singapour, Thaïlande, Viet Nam) et une synthèse peuvent être consultés en suivant ce lien.
Pour en savoir plus sur les travaux de l’OCDE dans le domaine de la gouvernance publique, consultez Gouvernance | OCDE.
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