Selon un nouveau rapport du Groupe de travail de l’OCDE sur la corruption, la Slovénie devrait redoubler d’efforts pour sensibiliser les secteurs public et privé à la lutte contre la corruption transnationale. Le faible niveau de sensibilisation à cette question pourrait indiquer que la priorité accordée à la lutte contre la corruption et l’engagement en la matière sont en recul en Slovénie. Par ailleurs, la Commission pour la prévention de la corruption, qui a joué un rôle central dans ce domaine, est menacée de dissolution. L’avenir incertain de la Commission alimente les inquiétudes quant à savoir qui dirigera et coordonnera les futurs efforts de la Slovénie en matière de sensibilisation et de prévention de la corruption, y compris la corruption transnationale.
Le Groupe de travail de l’OCDE sur la corruption, qui regroupe 37 pays, vient d’achever, dans le cadre de son cycle régulier d’examens, un examen de la mise en œuvre par la Slovénie de la Convention sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales.
Le Groupe de travail encourage les autorités slovènes à soutenir la coordination et la mise en œuvre des mesures de lutte contre la corruption à l’étranger par la Commission, ou tout autre organisme indépendant chargé de prévenir la corruption. Les autres principales recommandations du Groupe de travail de l’OCDE sont les suivantes :
- Renforcer l’expertise et les ressources dont disposent la police et les procureurs pour lutter contre les crimes économiques complexes ; et veiller à ce que les entreprises impliquées dans des infractions soient tenues pour responsables ;
- Rationaliser les procédures préalables au procès et réduire les retards judiciaires ;
- collaborer avec les entreprises afin d’élaborer de meilleures stratégies de prévention et de détection de la corruption à l’étranger ;
- veiller à ce que la loi érige en infraction pénale la corruption par l’intermédiaire de tiers et la corruption pour des actes ne relevant pas des fonctions habituelles du fonctionnaire étranger.
Le Groupe de travail a également souligné les aspects positifs des efforts déployés par la Slovénie pour lutter contre la corruption à l’étranger. Le pays a mis en place un système efficace pour répondre aux demandes d’informations émanant d’autres pays, et les autorités chargées de l’application de la loi recourent activement à toute une gamme de techniques d’enquête spécialisées dans le cadre des enquêtes sur la criminalité économique. L’organisme slovène de crédit à l’exportation déploie des efforts constants pour se conformer aux normes les plus récentes de l’OCDE en matière de prévention et de détection de la corruption à l’étranger, et les autorités slovènes continuent d’affiner le système de déclaration en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.
Le rapport énumère toutes les recommandations du Groupe de travail aux pages 69 à 73 et présente un aperçu des mesures récentes de mise en œuvre ainsi que des caractéristiques juridiques et politiques spécifiques de la Slovénie en matière de lutte contre la corruption d’agents publics étrangers. Comme tous les autres membres du Groupe de travail de l’OCDE, la Slovénie rendra compte oralement au Groupe de travail, dans un délai d’un an, des mesures prises pour mettre en œuvre ses recommandations. La Slovénie soumettra au Groupe de travail, dans un délai de deux ans, un rapport écrit qui servira de base à une évaluation, accessible au public, de la mise en œuvre des recommandations par la Slovénie.