Le nombre des restrictions à l’exportation de cultures essentielles - que les pays ont tendance à imposer en cas de hausse effective ou attendue des prix alimentaires pour soutenir la disponibilité des denrées et leur accessibilité financière - a diminué de près de moitié entre août 2024 et juin 2025. C’est ce qui ressort de l’édition 2025 de l’Inventaire OCDE des restrictions à l’exportation de cultures essentielles. Cette chute marque une rupture très nette par rapport à la tendance observée depuis 2018, c’est-à-dire une hausse constante du nombre de restrictions, qui a culminé au premier semestre 2024, en atteignant le plus haut niveau jamais enregistré depuis 2007, où l’OCDE a commencé ses travaux d’inventaire.
Ce retournement de tendance coïncide avec la suppression de mesures en place dans de grands pays exportateurs ainsi qu’avec la diminution relative du nombre de nouvelles restrictions. Entre janvier 2024 et juin 2025, environ 85 % des restrictions en place dans le monde étaient le fait de quatre pays seulement : l’Inde, la Russie, l’Argentine et l’Ukraine. Or, l’Inde a supprimé la quasi-totalité des restrictions à l’exportation qu’elle appliquait au riz, à savoir les interdictions d’exporter, les contingents, les taxes et les prix plancher, mais pas les régimes de licence. L’Argentine a mis fin au contingentement des exportations de maïs et à sa taxe sur les exportations de riz. La Russie a supprimé les taxes sur les exportations de riz et de soja, ainsi que l’interdiction d’exporter du blé.
Le contingentement a été l’instrument le plus utilisé au cours de la période considérée, suivi des prix plancher à l’exportation et des taxes sur les exportations. Le riz est la culture essentielle la plus visée, devant le blé, le maïs et le soja. Les restrictions les plus fréquemment employées à son égard sont le contingentement et l’interdiction d’exporter. Dans les cas du maïs et du soja, il s’agit des taxes sur l’exportation. Le blé a fait l’objet d’un ensemble de restrictions : taxes, contingents, régimes de licence et prix plancher à l’exportation. Seulement 2 % des restrictions ont été en place pendant moins d’un mois, environ 44 % l’ont été moins d’un an, quelque 26 % plus d’un an et à peu près 30 % pour une durée indéterminée.
Dans une économie mondiale interdépendante, les restrictions à l’exportation de cultures essentielles peuvent perturber les chaînes d’approvisionnement et alimenter la volatilité des prix. Il est donc essentiel qu’elles fassent l’objet d’un suivi transparent. La base de données de l’OCDE fournit des informations actualisées et accessibles gratuitement qui permettent d’effectuer ce suivi, de comparer les différentes mesures et d’apporter des réponses efficaces et concertées.
Pour en savoir plus sur les travaux que l’OCDE consacre aux restrictions à l’exportation de cultures essentielles, consulter :
https://www.oecd.org/fr/topics/sub-issues/agro-food-trade/export-restrictions-on-staple-crops.html.
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