Etudes économiques par pays

Perspectives économiques du Japon suite au séisme

 

21/04/2011 - Le Grand séisme de l’Est du Japon du 11 mars 2011, le plus puissant jamais enregistré au Japon, a provoqué la pire catastrophe de l’histoire du pays depuis la guerre. Le tremblement de terre et le tsunami qui a suivi ont causé d’énormes pertes en vies humaines ainsi que des dégâts économiques de grande ampleur. Dans un rapport liminaire, les autorités japonaises estiment le montant des dommages causés aux équipements collectifs, aux logements et au capital fixe des entreprises privées entre 3.3 % et 5.2 % du PIB de 2010.

En sus des risques habituels qui peuvent peser sur les échanges mondiaux, les taux de change et les prix des produits de base, une grande incertitude entoure les perspectives au Japon, notamment pour ce qui concerne la durée des perturbations de l’approvisionnement en électricité, les problèmes à la centrale nucléaire de Fukushima ou encore l’ampleur des dépenses publiques allouées à la reconstruction et leur calendrier. C’est pourquoi il est extrêmement difficile de prévoir quand interviendra le rebond économique et quelle en sera la vigueur.

Le séisme a frappé le Japon au moment où le pays semblait avoir renoué avec une phase d’expansion après le ralentissement économique intervenu dans la dernière partie de 2010. Les retombées immédiates de la terrible catastrophe sont sans doute colossales, s’étendant au-delà des régions dévastées par le tremblement de terre et le tsunami. De fait, les dommages qu’ont subis les usines de la région du Tohoku ont perturbé les chaines d’approvisionnement des principaux produits industriels au-delà des frontières du Japon, en particulier dans le secteur automobile. La Banque du Japon, dans son rapport d’avril, a donc revu en baisse son évaluation de sept des neuf économies régionales du Japon. Cependant, l’expérience des catastrophes qui ont touché le Japon et d’autres pays développés dans le passé laisse penser que l’impact négatif à court terme sur la production économique sera suivi d’une reprise au fur et à mesure de l’effort de reconstruction. D’après les prévisions, ce schéma devrait entraîner en 2011 un ralentissement de la croissance du PIB réel à 0.8 %, puis un redressement en 2012 qui portera la croissance du PIB à 2.3 %.

 

Selon les prévisions, les dommages subis par le stock de capital physique, les coupures d’électricité et les perturbations des chaines d’approvisionnement devraient réduire considérablement la production au deuxième trimestre 2011 (voir graphique ci-après), même si le repli devrait être relativement modéré par rapport à la chute de 20 % (taux annuel corrigé des variations saisonnières) enregistrée après la faillite de Lehman. La production devrait reprendre vivement à partir du troisième trimestre 2011, tirée par l’investissement fixe lié à la reconstruction :

  • La baisse tendancielle de l’investissement public sera inversée par l’effort de reconstruction, qui d’après les hypothèses, devrait s’élever à 5 600 milliards de yen (1.1 % du PIB) à la fin de 2012. La moitié de ces dépenses relèvera de l’année civile 2011 (voir l’encadré ci-après relatif aux hypothèses budgétaires).
  • L’investissement des entreprises devrait augmenter nettement à partir du troisième trimestre, au fur et à mesure que les entreprises remplaceront ou répareront les équipements ayant subi des dommages lors du séisme et du tsunami.
  • L’investissement résidentiel regagnera promptement du terrain à la faveur de la réhabilitation ou de la reconstruction des logements endommagés ou détruits lors de la catastrophe de mars.   



Contrairement à l’investissement fixe, la consommation privée devrait rester relativement hésitante durant l’année 2011, sous l’effet de la dégradation de la confiance des ménages, à l’image de ce qui s’était produit à la suite du tremblement de terre de Kobe, et des mesures prises pour financer l’effort de reconstruction sans accroître les emprunts publics. De plus, comme les pénuries d’électricité perdureront probablement jusqu’à la fin de l’été, les services publics de l’électricité ont demandé aux consommateurs d’économiser l’énergie, et certains commerces ont raccourci leurs horaires d’ouverture. Les consommateurs risquent aussi de réduire les dépenses ostentatoires. Au fur et à mesure de l’effort de reconstruction et de la reprise de l’investissement résidentiel, la consommation privée, en particulier de biens durables, se raffermira probablement en 2012.

Un ralentissement prolongé est donc peu probable. Sur le front extérieur, certains signes dénotent une reprise des échanges dans la région asiatique, qui absorbe 56 % des exportations japonaises. En outre, sur le plan intérieur, plusieurs facteurs déjà visibles début 2011 avant le séisme continueront d’avoir une incidence positive sur l’activité. Premièrement, les plans de relance budgétaire lancés à l’automne 2010 soutiendront l’économie au cours du premier semestre 2011. Deuxièmement, le marché du travail a enregistré une nette amélioration début 2011, comme en atteste la remontée du ratio des offres d’emploi par rapport aux candidats à l’embauche, au plus bas en 2009 à 0.43, qui a atteint 0.62 en février 2011.

 Hypothèses sur lesquelles reposent les prévisions

Les autorités n’ayant pas encore annoncé leur plan de dépenses pour la reconstruction, c’est la réponse au tremblement de terre de Hanshin-Awaji (Kobe) en 1995 qui fait office de référence. Les dépenses de reconstruction de l’administration centrale s’étaient élevées à 3 200 milliards de yen (0.7 % du PIB) au cours des 15 mois ayant suivi le séisme, et ensuite à 5 000 milliards de yen sur une période de six ans. Étant donné que la catastrophe du 11 mars aurait causé, selon les estimations, entre 16 000 et 25 000 milliards de yen de dommages – contre 9 600 milliards lors du séisme de Kobe – les dépenses de reconstruction devraient leur être supérieures en proportion, et atteindre 5 600 milliards de yen (1.1 % du PIB) sur la période courante jusqu’à fin 2012.

Ces projections de l’OCDE s’appuient aussi rigoureusement que possible sur les mesures budgétaires annoncées par les différents gouvernements. L’objectif énoncé dans la Stratégie de gestion budgétaire de juin 2010 consistant à limiter l’émission de nouvelles obligations d’État au cours de l’exercice budgétaire 2011 au niveau de l’exercice 2010, soit aux alentours de 44 000 milliards de yen (9 % du PIB), est toujours d’actualité. En conséquence, le financement des 5 000 milliards de yen de rallonges nécessaires pour financer l’effort de reconstruction au cours de l’exercice budgétaire 2011 devrait provenir des sources suivantes :

  • Le fonds de réserve inscrit dans les budgets des exercices 2010 et 2011 (1 300 milliards de yen).
  • Un déplacement de l’investissement public inscrit au budget de l’exercice 2011 au profit de la reconstruction (300 milliards de yen).
  • Le report de hausses des dépenses à hauteur de 900 milliards de yen (comme l’augmentation de l’indemnité pour enfant à charge).  
  • Le report de la baisse prévue du taux de l’impôt sur le revenu des sociétés (600 milliards de yen).
  • Autres mesures visant à accroître les recettes (1 900 milliards de yen).


Autres hypothèses de base sous-tendant les prévisions :

  • Le taux directeur de la Banque du Japon demeure dans une fourchette se situant entre 0 et 0.1 % jusqu’à la fin 2012.
  • Le taux de change reste constant à son niveau du 18 mars 2011, de 80.95 yen pour un dollar.
  • Le prix du brut (Brent) reste constant, à 110 USD le baril, à partir du deuxième trimestre 2011.
  • Les prix des produits de base restent constants à leur niveau de février 2011.

A voir  Etude économique du Japon 2011 (sortie le 21 avril 2011)

 

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