Le présent chapitre est consacré à l’évolution de la politique agricole dans les 56 économies couverte par le rapport Politiques agricoles : suivi et évaluation 2026 de l’OCDE. Il passe en revue les principaux éléments de contexte international ayant pesé sur les décisions stratégiques prises en 2025-2026, dont les contraintes macroéconomiques, les phénomènes météorologiques extrêmes, les tensions géopolitiques les perturbations des échanges et la volatilité des marchés des intrants. Il analyse les données les plus récentes sur le niveau, la composition et la répartition du soutien public à l’agriculture dans 56 pays. Ce soutien a connu une augmentation de 121 milliards USD entre 2023 et 2025 qui a inversé le déclin tendanciel observé, par rapport à la production, au cours des dernières décennies. Le chapitre se conclut par la mise en relief de diverses priorités de réforme, parmi lesquelles le recours à des mesures de soutien générant moins de distorsions et l’insistance sur la résilience, la durabilité et la productivité.
Politiques agricoles : suivi et évaluation 2026 (version abrégée)
1. Soutien public aux producteurs et aux consommateurs
Copier le lien de 1. Soutien public aux producteurs et aux consommateursDescription
Principaux messages
Copier le lien de Principaux messagesLes systèmes agricoles sont de plus en plus influencés par les chocs survenant en lien les uns avec les autres. Cela se reflète dans les mesures prises par les pouvoirs publics en 2025‑2026 pour faire face aux risques météorologiques extrêmes, aux tensions géopolitiques et aux évolutions macroéconomiques. Une action systématique des pouvoirs publics propre à renforcer la durabilité, la résilience, la gestion des risques, l’innovation et la productivité est primordiale pour relever les défis actuels.
Les données récentes semblent indiquer une inversion des tendances à long terme de baisse du soutien par rapport à la taille du secteur, le soutien total ayant marqué une hausse lors de chacune des trois dernières années. Les transferts aux producteurs résultant des politiques de majoration des prix (le soutien des prix du marché) ont été la composante qui a augmenté le plus rapidement, même si le soutien budgétaire progresse également. Par voie de conséquence, le soutien total à l’agriculture a dépassé 950 milliards USD en 2025, ce qui représente plus de 121 milliards USD – soit près de 15 % – supplémentaires par rapport à 2023.
Les trois quarts du soutien total à l’agriculture continuent de bénéficier directement aux producteurs pris individuellement, le quart restant étant partagé entre les investissements dans les services d’intérêt général et les paiements aux consommateurs.
Le soutien des prix du marché demeure une composante centrale : les transferts aux producteurs résultant de la hausse des prix intérieurs s’élevaient en moyenne à 7.1 % des recettes agricoles brutes (RAB) en 2023‑2025, les coûts de ces transferts étant financés par environ 5.3 % des dépenses de consommation. Les pays de l’OCDE ont partiellement abandonné le soutien des prix du marché pour privilégier davantage les paiements budgétaires, tandis que les économies émergentes ont conservé un ensemble de mesures plus stable, avec une prédominance des transferts fondés sur les prix et un soutien total rapporté aux recettes agricoles qui ne cesse de baisser.
La part du soutien fourni par les grandes économies émergentes a augmenté. Ainsi, la République populaire de Chine (ci-après « la Chine ») a cumulé à elle seule quelque 204 milliards USD de transferts annuels aux producteurs – résultant des politiques fondées sur les prix – en 2023‑2025, tandis que l’Inde a enregistré 119 milliards USD par an de transferts aux consommateurs dont le coût est supporté par les producteurs. L’Inde, en outre, subventionne largement les importations.
Le soutien aux services d’intérêt général s’accroît en valeur absolue mais diminue par rapport à la production, avoisinant les 118 milliards USD par an dans l’ensemble des 56 pays couverts par le rapport, mais ne représentant que 2.4 % de la production. De façon générale, les économies émergentes examinées ne consacrent à ce soutien – en proportion de la taille de leur secteur – qu’un peu plus de la moitié de celui fourni par les pays de l’OCDE
L’essentiel du soutien est fourni sans conditions puisque 79 % environ du soutien net aux producteurs (401 milliards USD) n’est assorti d’aucune contrainte – obligatoire ou facultative – relative aux intrants. Lorsqu’elles existent, la plupart des contraintes visent à améliorer les performances environnementales. L’efficacité de ces mesures est difficile à apprécier et varie selon les instruments utilisés et les pays considérés.
Le soutien au titre d’un seul produit demeure très élevé et inégal selon les secteurs : les transferts nets représentent 21 % des recettes brutes pour le sucre brut et 18 % pour le maïs, mais pour d’autres produits de base (comme le lait), les transferts des producteurs aux consommateurs équivalent à 12 % des recettes.
En 2025, la production agricole a conservé des niveaux historiquement élevés sous l’influence des gains de productivité et de conditions globalement favorables. Le secteur a pourtant été confronté à un environnement mondial plus complexe et exposé aux risques, marqué par la conjonction de risques météorologiques extrêmes, de tensions géopolitiques et d’évolutions macroéconomiques. Ces facteurs ont eu une incidence croissante non seulement sur le marché, mais aussi sur la conception et les objectifs des politiques agricoles.
Les marchés mondiaux sont restés globalement résilients, mais cette résilience masque une exposition aux risques systémiques de plus en plus grande. La production agricole, les échanges de produits et les marchés d’intrants ont pâti simultanément des phénomènes météorologiques extrêmes, dont les conséquences économiques s’alourdissent, des frictions commerciales induites par l’action des autorités et de la volatilité du coût des intrants. Il s’en est suivi une évolution plus franche des cadres de l’action publique vers la gestion des risques, de la résilience et de la durabilité, ainsi que de la productivité.
Ce chapitre examine les principaux facteurs influant sur les politiques agricoles et décrit l’évolution générale du soutien mondial à l’agriculture sur la base des dernières données disponibles. Le chapitre 2 examine de plus près certains des événements ayant influé sur l’action publique et les mesures prises en conséquence par les gouvernements, en effectuant une présentation pays par pays.
Les déterminants mondiaux des politiques agricoles en 2025‑2026
Copier le lien de Les déterminants mondiaux des politiques agricoles en 2025‑2026Les pressions inflationnistes se renforcent en 2026, tandis que la croissance du PIB et les marchés du travail se maintiennent à un bon niveau quoique évoluant à la baisse
La situation des marchés agricoles est fortement influencée par les facteurs macroéconomiques, et les exportateurs de produits agricoles doivent compter avec un environnement commercial mondial de plus en plus incertain. Le prix de l’énergie est un autre facteur ayant une influence majeure, car un grand nombre d’intrants agricoles sont sensibles à son évolution (à commencer par le carburant nécessaire à la production et au transport des produits agricoles, des produits chimiques et des engrais). Le prix de l’énergie influe aussi sur la demande de céréales, de plantes sucrières et d’oléagineux au travers du marché des biocarburants fabriqués avec ces produits.
En partant de l’hypothèse que les perturbations au Moyen-Orient seront de courte durée, les Perspectives économiques de l’OCDE prévoient un ralentissement de la croissance du PIB mondial – de 3.4 % en 2025 à 2.8 % en 2026 –, avant sa reprise à 3.1 % en 2027. Les taux d’intérêt directeurs devraient rester globalement stables cette année dans la majorité des grandes économies, avec des tensions sous‑jacentes sur les prix qui seront généralement contenues et se relâcheront quelque peu en 2027 (OCDE, 2026[1]).
Après une période de relative stabilité ayant débuté à la mi-2023, l’inflation semble se raffermir en 2026. Si les prix de l’énergie sont plus durement touchés, ceux des produits alimentaires n’ont pas échappé à la pression inflationniste (Graphique 1.1, courbe du haut). S’agissant de l’avenir, la hausse annuelle des prix à la consommation dans les pays du G20 devrait atteindre 4.0 % en 2026 (contre 3.4 % en 2025) avant de retomber à 3.1 % en 2027 sous l’effet du tassement progressif des pressions exercées sur les prix de l’énergie et de l’alimentation (OCDE, 2026[1]). Malgré l’abondance de l’offre à l’échelle mondiale, les prix des céréales ne cessent d’augmenter sous l’influence des risques météorologiques, de la consolidation de la demande mondiale ainsi que de la progression des prix de l’énergie et des engrais (Banque mondiale, 2026[2]). Très fluctuants, les prix des produits laitiers sont en baisse depuis la mi-2025 après avoir enregistré de fortes hausses (Graphique 1.1, courbe du bas).
Les marchés des engrais ont connu un regain d’instabilité avec des prix généralement plus élevés (Encadré 1.1). La flambée des prix constatée au début de l’année 2026 est due en grande partie aux répercussions de la fermeture du détroit d’Ormuz sur les exportations d’engrais et d’intrants (Banque mondiale, 2026[2]). L’indice des prix des engrais du Groupe de la Banque mondiale a bondi de plus de 12 %, entre le dernier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, pour sa sixième hausse en l’espace de sept trimestres.
Encadré 1.1. Historique des mesures prises face à l’évolution du prix des engrais
Copier le lien de Encadré 1.1. Historique des mesures prises face à l’évolution du prix des engraisLes récentes augmentations du prix des engrais, en particulier de l’urée, ont déjà suscité des interventions de la part des pouvoirs publics. Les pays exportateurs mettent l’accent sur la limitation des exportations pour protéger les marchés intérieurs, alors que les pays importateurs prennent généralement des mesures à court terme pour protéger l’agriculture nationale (FAO, 2026[3]).
Ce n’est pas la première fois que les prix des engrais montent en flèche (la hausse récente la plus significative remonte à 2022). Pour déterminer comment les administrations publiques ont réagi à ces augmentations de prix par le passé, un filtre a été appliqué aux données de l’estimation du soutien aux producteurs (ESP) afin de sélectionner tous les programmes dont les intitulés comportent le terme « azote », « engrais » ou « nutriment ». La plupart des soutiens mis en évidence ciblent directement les engrais sous la forme de paiements au titre de l’utilisation d’intrants variables et ne sont pas assortis de contraintes. Cette forme de soutien est considérée comme la plus susceptible de créer des distorsions sur la production et les échanges.
En superposant le tracé du soutien total et celui du prix de l’urée, on observe une proche correspondance entre le montant des subventions aux engrais et le prix de l’urée (Graphique 1.2). Les mesures répertoriées incluent à la fois des dispositifs ponctuels visant à faire face à la hausse des prix, des politiques de soutien pour gérer les évolutions de prix, et des programmes permettant de fournir un niveau de soutien constant au fil des ans.
L’Inde est l’un des pays versant les plus grosses subventions aux engrais en termes de dépenses totales. Les programmes relatifs aux engrais sont souvent axés sur la réduction des coûts pour les agriculteurs. Les approches utilisées incluent la subvention des fabricants d’engrais (Inde), la fourniture d’engrais à bas coût au travers de réseaux gérés par l’État (Indonésie), les paiements au titre de l’achat d’engrais (Kazakhstan) ou les paiements au titre des superficies (Türkiye).
Il arrive que les politiques relatives aux engrais visent à limiter la demande de cet intrant, ce qui a pour effet d’atténuer les pénuries sur les marchés et, dans le même temps, de réduire les dégradations environnementales dues à l’application excessive de nutriments. Ces programmes promeuvent des alternatives comme l’utilisation d’effluents d’élevage ou l’application plus efficiente des engrais par la planification des nutriments et les tests des sols (entre autres méthodes). La Suisse a ainsi mis en place la contribution pour l’amélioration de la fertilité du sol (Beitrag zur Verbesserung der Bodenfruchtbarkeit) et la contribution pour une utilisation efficiente de l’azote (Beitrag für eine effizientere Stickstoffnutzung). Le Japon s’est doté d’un programme hybride de soutien face à la flambée des prix des engrais, qui comprend à la fois des paiements visant à réduire les coûts pour les agriculteurs et des incitations pour rendre l’utilisation des engrais plus efficiente.
Les indicateurs agroenvironnementaux de l’OCDE montrent que les excédents de nutriments ont sensiblement diminué en 2022 et 2023. Cette situation est sans doute la conséquence des chocs provoqués par le niveau élevé des prix des engrais en 2022 (OCDE, 2026[4]). Les mesures privilégiant une utilisation plus efficiente des engrais et des sources alternatives de nutriments peuvent aussi permettre de réduire les apports excédentaires et devraient avoir des effets positifs à long terme sur l’environnement et dans les exploitations.
Les conditions météorologiques extrêmes et les atteintes à l’environnement comme contraintes structurelles
Les risques liés à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes (comme les sécheresses, les inondations et les vagues de chaleur) ont des conséquences sur l’agriculture mondiale. Selon la FAO, les catastrophes naturelles ont entraîné des pertes cumulées pour l’agriculture estimées à 3 260 milliards USD au cours des trente dernières années, avec des conséquences pour les cultures, l’élevage et les pêches dans toutes les régions du monde (FAO, 2025[5]). Les pressions environnementales contribuent en outre à la baisse de la productivité, et environ 1.7 milliard de personnes vivent dans des zones où les rendements agricoles ont diminué sous l’effet de la dégradation des sols. La chaleur extrême peut jouer un rôle de « multiplicateur de risques » car combinée à la sécheresse, à la pénurie d’eau et aux maladies, elle aggrave les risques au regard de la production agricole et la sécurité alimentaire (FAO et OMM, 2026[6]).
Cette dynamique a été constatée en 2025‑2026, les conditions météorologiques extrêmes ayant des conséquences sur la production dans plusieurs grandes régions exportatrices. Si le niveau de la production est resté globalement élevé, les chocs localisés ont créé une instabilité des marchés, en particulier pour les céréales et les oléagineux. De nombreuses mesures prises par les pouvoirs publics pour faire face aux événements météorologiques extrêmes en 2025 et 2026 ont été rapportées par les pays dans le cadre du présent rapport (Tableau 1.1). Si la plupart faisaient suite à des événements précis, nombre d’entre elles ont été conçues pour accroître la résilience du secteur, que ce soit par des dispositifs de soutien ou par la promotion des investissements sur les lieux d’exploitation.
Tableau 1.1. Mesures prises par les pouvoirs publics en 2025 et 2026 pour faire face aux événements météorologiques extrêmes et aux catastrophes naturelles
Copier le lien de Tableau 1.1. Mesures prises par les pouvoirs publics en 2025 et 2026 pour faire face aux événements météorologiques extrêmes et aux catastrophes naturelles|
Sécheresses |
Tempêtes et inondations |
Épisodes de gel |
Événements ou catastrophes multiples |
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Australie : Prêt d’urgence en cas de sécheresse durant au moins 24 mois. |
Grèce : Aide à la reprise après des inondations. |
Bulgarie : Indemnisation en cas de gel printanier. |
Australie : Évaluation des risques climatiques auxquels est exposée l’agriculture. |
Portugal : Dons pour relancer la production à la suite de catastrophes naturelles. |
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Espagne : Aide en cas de sécheresse. |
Pologne : Soutien suite aux dégâts causés par des précipitations extrêmes et des tempêtes. |
Pologne : Indemnisation en cas de grave dégradation des vergers suite à des épisodes de gel. |
Brésil : Soutien aux producteurs touchés par des chocs climatiques. |
Estonie : Interventions de la politique agricole commune (PAC) pour relancer la production après des catastrophes naturelles. |
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Hongrie : Indemnisation après la grave sécheresse de 2024. |
Lettonie : Mesures pour améliorer l’écoulement des eaux et ainsi éviter les inondations. |
Roumanie : Aide d’urgence après les épisodes de gel printanier. |
Chili : Outils de gestion des risques climatiques dans le cadre de la politique de gestion des risques de catastrophes. |
Grèce : Aide de l’État en cas d’incendie. |
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Pologne : Soutien suite aux dégâts causés par des sécheresses. |
Lituanie : Mesures contre les risques d’inondations. |
Türkiye : Augmentation de la subvention à l’assurance contre le gel. |
Union européenne : Soutien en cas de pertes liées aux conditions météorologiques. |
Viet Nam : Soutien aux producteurs agricoles frappés par des catastrophes naturelles. |
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Suisse : Assurance contre les risques de sécheresse. |
Tchéquie : Indemnisation pour les graves inondations de septembre 2024. |
Suisse : Assurance contre les risques de gel. |
Estonie : Soutien à l’investissement dans la résilience aux chocs climatiques. |
Espagne : Aides d’État en compensation des pertes de revenu ou de production occasionnées aux exploitants par les graves feux de forêt et de végétation de 2025. |
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Chypre : Indemnisation en cas de faibles précipitations et de températures élevées nuisant à la production. |
Espagne : Soutien pour les dégâts causés par la tempête DANA (Depresión Aislada en Niveles Altos, ou dépression isolée à haute altitude) en octobre 2024. |
Islande : Aide d’urgence ciblée pour les pertes causées par des conditions météorologiques extrêmes. |
Colombie : Plans d’atténuation des effets d’El Niño sur les filières de production de riz, de maïs, de lait, de viande bovine et de café ainsi que sur les filières horticoles. |
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Grèce : Aide en cas de sécheresse. |
Croatie : Indemnisation en cas de conditions climatiques défavorables. |
Colombie : Financements d’urgence, prêts bonifiés et subventions aux assurances agricoles pour venir en aide aux petits producteurs frappés par les sécheresses et les inondations. |
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Note : Pour plus d’informations, se reporter aux chapitres par pays et aux aperçus des États membres de l’Union européenne figurant dans la Partie II du présent rapport. Ce tableau présente les mesures connues prises entre début 2025 et avril 2026.
Les tensions géopolitiques ont une incidence sur les échanges et les chaînes d’approvisionnement
Les marchés agricoles mondiaux continuent d’être très dépendants des échanges. À moyen terme, environ 22 % des calories consommées à l’échelle mondiale devraient traverser les frontières internationales, d’où l’importance que les flux commerciaux soient ouverts et prévisibles (OCDE/FAO, 2025[7]). Or en 2025‑2026, les échanges ont eu lieu dans un environnement politique incertain et fragmenté, caractérisé par des modifications des droits de douane, des restrictions des exportations et autres limitations.
La politique commerciale des grandes économies a continué à influer sur les marchés agricoles et à avoir des effets à la fois sur les prix et les échanges. Les restrictions et les contrôles des exportations ont été une caractéristique importante des marchés mondiaux des principaux intrants et produits de base. Ainsi, les exportations des composants des engrais par les principaux fournisseurs ont continué à être limitées jusqu’en 2025, ce qui a restreint l’offre mondiale et a contribué à la hausse des prix des intrants (Banque mondiale, 2025[8]). De même, les choix politiques concernant les exportations des aliments de base sont restés un moteur important de la dynamique des marchés : les restrictions des exportations de riz décidées antérieurement par les grands fournisseurs, puis leur allègement ultérieur, ont contribué à des fluctuations marquées des prix et à des réorientations des flux commerciaux (COFACE, 2025[9]).
Certains pays ont également adopté des mesures pour renforcer la sécurité alimentaire intérieure ou réduire la dépendance vis-à-vis de l’extérieur, notamment en restreignant les importations, en ajustant les régimes tarifaires et en promouvant la production nationale. Ces évolutions, ainsi que – plus généralement – les tensions géopolitiques, ont renforcé les craintes au sujet de la résilience des chaînes d’approvisionnement et contribué aux adaptations en cours des stratégies d’achat.
La situation logistique s’est améliorée par rapport aux perturbations observées ces dernières années, même si les principaux points de passage maritimes sont restés une source de vulnérabilité systémique. Les limitations de passage du canal de Panama (à cause du faible niveau d’eau) et les perturbations le long de l’itinéraire de la mer Rouge/du canal de Suez qui ont été décrites dans les précédentes éditions de ce rapport montrent la sensibilité des échanges agricoles aux conditions du transport maritime. En 2025‑2026, le centre de toutes les attentions a été le détroit d’Ormuz. Sa fermeture a une incidence moins directe sur les échanges agricoles que les perturbations touchant les canaux de Panama et de Suez, mais elle peut néanmoins se répercuter sur les marchés agricoles sous la forme d’une hausse des prix de l’énergie et des engrais et d’une modification de la demande de biocarburants. Il ressort de la modélisation réalisée par l’OCDE et la FAO que les hausses de prix des produits agricoles qui en résulteront seront sans doute retardées et atténuées dans l’ensemble, mais aussi plus prononcées dans les pays qui dépend fortement des importations d’engrais, ce qui induit des risques supplémentaires pour les marchés des huiles végétales (OCDE, 2026[10]).
Des risques de plus en plus liés entre eux
Une caractéristique majeure de l’environnement stratégique de l’année 2025 est l’interaction croissante entre ces facteurs. Les phénomènes météorologiques extrêmes, qui s’intensifient, ont une influence sur les flux commerciaux et les prix ; les tensions géopolitiques ont des effets à la fois sur les échanges et les marchés d’intrants ; enfin, les conditions macroéconomiques influent sur la demande et sur la marge de manœuvre des pouvoirs publics. Dans ce contexte, une stratégie de gestion des risques globale est nécessaire pour faire en sorte que les décisions ne soient plus prises sous l’angle de la réactivité mais davantage dans une optique de « résilience » proactive. Cela implique de mettre l’accent sur la préparation, à travers un effort sur la communication et l’établissement de plans d’urgence ainsi que sur la prise de décisions ex-ante en matière d’adaptation, de diversification et d’utilisation des instruments de marché, l’objectif étant soit d’atténuer les conséquences négatives de ces phénomènes, soit de réduire significativement la probabilité qu’ils surviennent (OCDE, 2020[11]).
Tour d’horizon de l’évolution du soutien à l’agriculture
Copier le lien de Tour d’horizon de l’évolution du soutien à l’agricultureLe présent rapport fournit un ensemble de données exhaustives et comparables à l’échelle internationale sur la conception et l’évolution des politiques agricoles. Il permet aux décideurs publics, aux analystes et aux parties prenantes d’accroître la transparence, facilite la comparaison entre les pays et sert de base d’informations aux réformes des politiques publiques. Ce rapport est le fruit d’un long processus de collaboration avec les pays participants, qui fournissent de façon harmonisée des données détaillées sur les mesures qu’ils ont prises, leurs transferts budgétaires et leurs cadres réglementaires. Cet effort collectif garantit l’homogénéité, la précision et la comparabilité des données, tout en apportant des éclairages par pays qui enrichissent l’analyse. Le grand nombre de pays examinés garantit la profondeur d’analyse et la pertinence globale du rapport. Cette édition 2026 comprend deux nouveaux pays, l’Égypte et le Pérou (Encadré 1.2), ce qui porte la couverture totale à 56 pays.
Encadré 1.2. Extension du nombre de pays examinés : ajout de l’Égypte et du Pérou au cadre de suivi et d’évaluation des politiques agricoles de l’OCDE
Copier le lien de Encadré 1.2. Extension du nombre de pays examinés : ajout de l’Égypte et du Pérou au cadre de suivi et d’évaluation des politiques agricoles de l’OCDEL’inclusion de l’Égypte et du Pérou dans cette édition du rapport de l’OCDE sur le suivi et l’évaluation des politiques agricoles élargit sa couverture géographique et analytique, confortant par là même son statut de référence mondiale en matière de politique agricole. Le rapport examine désormais les politiques mises en œuvre dans 56 économies – à la fois des membres de l’OCDE et de plus en plus de pays émergents et en développement –, ce qui lui permet de mettre en évidence une grande diversité d’approches utilisées concernant les systèmes alimentaires mondiaux.
L’Égypte et le Pérou présentent des caractéristiques structurelles très différentes du profil type des pays de l’OCDE, ce qui permet d’élargir la comparaison entre les pays.
En Égypte, l’agriculture est soumise à d’importantes limitations en matière de ressources naturelles – en particulier une pénurie d’eau aiguë et des terres peu abondantes –, lesquelles demeurent pourtant essentielles pour garantir la sécurité alimentaire d’une population nombreuse qui augmente rapidement. Son cadre d’action se caractérise par l’interventionnisme poussé de l’État, qui se manifeste notamment par le contrôle des prix, des subventions aux intrants, des programmes de subvention des produits alimentaires à grande échelle et la mise en culture des zones désertiques.
Au Pérou, en revanche, l’agriculture est un secteur dynamique tourné vers l’exportation qui compte un grand nombre de petits exploitants pratiquant une agriculture de subsistance, signe d’un profond dualisme structurel et de disparités régionales. Cette diversité contraste avec les structures agricoles à forte intensité capitalistique, technologiquement avancées et souvent moins dualistes que l’on trouve dans de nombreux pays de l’OCDE, où le soutien est de plus en plus orienté vers l’innovation, la durabilité environnementale et les paiements découplés.
L’inclusion de ces deux pays ajoute beaucoup de valeur à ce rapport en fournissant des éclairages sur des cadres d’action où la sécurité alimentaire, le manque de ressources, l’activité informelle et les capacités institutionnelles jouent un plus grand rôle. Ces deux pays illustrent des défis qui sont moins prononcés dans la plupart des membres de l’OCDE tels que l’équilibrage entre les objectifs d’autosuffisance et d’efficience, la gestion de ressources en eau et en terres qui se font rares, l’intégration des petits exploitants sur les marchés, et la conception de dispositifs de soutien aux consommateurs à grande échelle. Parallèlement, ces pays font ressortir d’importants arbitrages (entre l’augmentation de la productivité, les coûts budgétaires, l’accessibilité financière des denrées alimentaires, les moyens de subsistance des agriculteurs et la protection de l’environnement) qui sont de plus en plus pertinents pour l’ensemble des pays.
Enfin, l’inclusion de l’Égypte et du Pérou accroît la profondeur d’analyse de l’exercice de suivi et d’évaluation. Elle favorise la comparaison entre un plus large éventail de contextes de développement et accroît son utilité au regard de la mise en œuvre à l’échelle mondiale de réformes de l’action publique fondées sur des données probantes.
Pour en savoir plus :
OCDE (2026), Policies for the Future of Farming and Food in Egypt, Examens des politiques agricoles et alimentaires de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/cab0cefd-en.
OCDE (2026), Policies for the Future of Farming and Food in Peru, Examens des politiques agricoles et alimentaires de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4a2aa5b8-en.
Cette section donne un aperçu de l’évolution des mesures de soutien à l’agriculture, en s’appuyant sur les estimations de l’OCDE qui permettent une comparaison entre les pays et dans le temps. Ces éléments montrent la diversité des mesures de soutien mises en œuvre dans les pays et portent sur différentes dimensions de celles-ci. On trouvera des définitions complètes à l’Annexe 1.A.
L’estimation du soutien total (EST) est l’indicateur du soutien à l’agriculture le plus général de l’OCDE. Elle conjugue trois éléments :
les transferts aux agriculteurs à titre individuel (ESP)
l’estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG)
l’estimation du soutien aux consommateurs (ESC) de produits agricoles (Graphique 1.3).
L’estimation du soutien aux producteurs (ESP) mesure tous les transferts versés aux exploitants agricoles à titre individuel. On peut distinguer deux grands types de transferts. Le soutien des prix du marché (SPM) correspond aux transferts découlant des mesures créant un écart entre les prix intérieurs et les prix de référence internationaux. Lorsque les prix intérieurs sont supérieurs aux prix de référence, cela signifie que les interventions publiques génèrent des transferts aux producteurs qui sont financés par les consommateurs ; en revanche, lorsqu’ils sont inférieurs aux prix de référence, c’est l’inverse qui se produit, les transferts étant supportés par les producteurs au profit des consommateurs. Le soutien budgétaire est financé par les contribuables et prend de nombreuses formes (Encadré 1.3). L’ESP est exprimée en valeur nette et inclut tous les transferts aux exploitants.
L’estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG) mesure les dépenses publiques qui bénéficient au secteur agricole primaire dans son ensemble, et non les transferts aux producteurs à titre individuel ou aux consommateurs. Ces dépenses sont financées par les contribuables et classées dans plusieurs catégories.
L’estimation du soutien aux consommateurs (ESC) mesure les transferts bénéficiant aux consommateurs de produits agricoles. Comme pour l’ESP, l’ESC inclut à la fois les transferts qui s’opèrent via le marché – avec l’écart des prix mesuré par le SPM –, ainsi que les transferts budgétaires. Lorsque les prix intérieurs sont supérieurs aux prix de référence, ce sont les consommateurs qui assument les coûts des politiques publiques en payant des prix plus élevés ; en revanche, lorsqu’ils sont inférieurs aux prix de référence, les consommateurs bénéficient de prix plus bas, dont les coûts correspondants sont supportés par les producteurs. Afin d’éviter un double comptage, seule la composante budgétaire de l’ESC est incluse dans l’EST.
Graphique 1.3. Structure des indicateurs du soutien à l’agriculture
Copier le lien de Graphique 1.3. Structure des indicateurs du soutien à l’agriculture
Note : *Le soutien des prix du marché (SPM) s’entend net des prélèvements aux producteurs et du surcoût de l’alimentation animale.
Source : Annexe 1.A.
Encadré 1.3. Composantes budgétaires de l’ESP
Copier le lien de Encadré 1.3. Composantes budgétaires de l’ESPL’ESP se compose du SPM et du soutien budgétaire. Le soutien budgétaire prend de nombreuses formes différentes et entre dans différentes catégories de la nomenclature de l’ESP. Ces catégories budgétaires distinguent les mesures suivantes en fonction de leurs modalités d’application :
Paiements fondés sur le niveau effectif de la production d’un produit de base donné.
Paiements au titre de l’utilisation d’intrants dans l’exploitation. Ces paiements ciblent la réduction des coûts des intrants achetés comme les engrais et les produits chimiques, le capital fixe comme les bâtiments et le matériel agricoles, ou les services utilisés sur l’exploitation qui réduisent le coût de l’aide et de la formation dispensée aux agriculteurs individuels sur des questions techniques, comptables, commerciales, sanitaires et phytosanitaires.
Paiements au titre de la superficie, du nombre d’animaux, des recettes ou des revenus (S/Na/Rec/Rev) courants, production requise.
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants (c’est-à-dire fondés sur un niveau antérieur ou fixe), avec obligation de produire sans spécification de produit.
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, la production effective d’un produit donné n’étant pas obligatoire, mais facultative.
Paiements au titre du retrait à long terme de facteurs de production de produits de base, paiements au titre de l’utilisation de ressources agricoles pour produire des biens et services spécifiques autres que des produits de base, ou transferts accordés à tous les exploitants de manière égale, par exemple un taux forfaitaire ou un paiement fixe.
Il existe en outre une catégorie Divers, qui regroupe les paiements ne pouvant être classés dans une autre catégorie faute d’informations suffisantes.
On trouvera à l’Annexe 1.A de plus amples informations sur la nomenclature de l’ESP et les indicateurs utilisés dans ce chapitre.
Le soutien affiche un recul durable en proportion de la production, mais repart à la hausse depuis 2022
Le soutien total au secteur agricole dans les 56 pays examinés s’est élevé en moyenne à quelque 885 milliards USD par an sur la période 2023-2025 (Graphique 1.4). Les transferts bénéficiant aux producteurs à titre individuel (ESP) en représentaient la plus grosse part (661 milliards USD par an), principalement sous la forme d’un soutien des prix du marché (SPM) majorant les prix intérieurs par rapport aux prix de référence internationaux, et de transferts budgétaires financés par les contribuables. Les dépenses consacrées aux services d’intérêt général (ESSG) ont atteint quelque 118 milliards USD par an, alors que les transferts budgétaires aux consommateurs se sont chiffrés aux alentours de 106 milliards USD par an.
Parallèlement, dans un certain nombre de pays, les prix intérieurs de certains produits de base sont restés inférieurs aux prix de référence internationaux, ce qui crée des transferts des producteurs aux consommateurs (SPM négatif). Au cours de la période 2023-2025, ces transferts se sont élevés en moyenne à quelque 151 milliards USD par an, faisant partiellement contrepoids aux transferts dont ont bénéficié les producteurs grâce aux politiques de majoration des prix intérieurs.
En termes nominaux, le soutien total n’a cessé d’augmenter, et plus particulièrement en 2020 et 2025. Le soutien moyen est plus élevé sur 2023‑2025 que lors des périodes précédentes ; cela s’explique par les augmentations de plusieurs composantes, dont le soutien des prix du marché, les transferts budgétaires aux producteurs et le soutien aux services d’intérêt général. Le soutien aux consommateurs demeure également important en comparaison avec les niveaux antérieurs à 2020. D’après les premières estimations, le soutien total à l’agriculture a dépassé 950 milliards USD en 2025.
Alors qu’il s’est accru en valeur nominale, le soutien total exprimé en pourcentage de la valeur de la production agricole est resté inférieur aux niveaux des périodes précédentes. Le soutien total au secteur représentait environ 18 % de la valeur moyenne de la production en 2023‑2025, quand des pourcentages plus élevés avaient été observés au début des années 2000. Cette situation reflète l’augmentation de la valeur de la production agricole, ainsi que l’évolution au fil du temps du niveau du soutien.
Depuis 2022, cependant, l’EST en pourcentage de la valeur de la production est repartie à la hausse. Le soutien total est aujourd’hui pratiquement au même niveau qu’en 2008, principalement sous l’influence de l’évolution du soutien des prix du marché. Ces dernières années, en effet, le SPM affiche de loin la plus forte progression en valeur absolue, quand d’autres composantes – comme les transferts budgétaires aux producteurs et le soutien aux services d’intérêt général – ont augmenté plus modestement. Dans le même temps, les transferts des producteurs aux consommateurs lorsque les prix intérieurs sont inférieurs aux prix de référence internationaux ont diminué, ce qui a encore accru les avantages nets retirés par les producteurs grâce à la politique des prix.
L’ESP se compose de mesures présentant des caractéristiques diverses. L’analyse réalisée par l’OCDE permet de mettre en évidence les possibles effets des politiques publiques en fonction de ces caractéristiques (Encadré 1.4). Les transferts associés au soutien des prix du marché et à certaines mesures budgétaires considérées comme susceptibles de créer le plus de distorsions sur la production et les échanges (comme les paiements au titre de la production ou de l’utilisation d’intrants) continuent de représenter une grande part du total des transferts aux producteurs. Les autres formes de soutien sont moins représentées, et leur poids relatif est resté stable au fil du temps.
Encadré 1.4. Analyse et recommandations de l’OCDE concernant le soutien des pouvoirs publics
Copier le lien de Encadré 1.4. Analyse et recommandations de l’OCDE concernant le soutien des pouvoirs publicsAfin de pouvoir formuler des recommandations à l’intention des décideurs publics, l’OCDE a examiné les politiques de soutien à l’agriculture et leurs impacts depuis 2001. Les expressions « formes de soutien pouvant créer le plus de distorsions » et assimilées qui sont employées dans le présent rapport proviennent de ces travaux. L’OCDE utilise des modèles quantitatifs pour évaluer les effets relatifs des différentes mesures de soutien (Martini, 2011[12] ; OCDE, 2001[13]). Ses analyses montrent que le SPM et les formes de soutien qui donnent lieu à des paiements au titre de la production et de l’utilisation d’intrants variables non assortie de contraintes créent potentiellement le plus de distorsions sur la production et les échanges. Ces mesures sont désignées collectivement dans le présent rapport comme « les formes de soutien susceptibles de créer le plus de distorsions ».
Les mêmes travaux conduisent à la conclusion que les mesures les plus génératrices de distorsions ont également tendance à avoir peu d’avantages pour les producteurs en termes de revenus. La raison à cela est que les distorsions du marché déplacent une partie des avantages des transferts publics vers d’autres bénéficiaires, par exemple les entreprises vendant des combustibles, des semences et des engrais. La fluidité des flux financiers entre l’État/les consommateurs et les producteurs est appelée « efficience des transferts ». Le soutien au titre des intrants présente l’efficience la plus faible ; 25 % seulement des transferts de ce type bénéficient réellement aux producteurs sous forme de revenu supplémentaire (Dewbre, Antón et Thompson, 2001[14] ; OCDE, 2001[13]). Les travaux de l’OCDE s’inscrivent dans le cadre du « programme de réforme positif » (OCDE, 2002[15]), en vertu duquel les pays sont invités à recenser et réformer les mesures à l’origine des plus graves distorsions, et à rechercher le cas échéant des solutions de substitution plus adaptées.
Ces recherches montrent par ailleurs que la distribution du soutien a son importance – lorsque le soutien est centré sur une poignée de pays ou de produits, l’effet de distorsion n’en est que plus marqué. Des effets d’aubaines s’ensuivent, et l’efficience s’en trouve encore amoindrie.
Dans des travaux récents, l’OCDE s’est intéressée aux moyens d’encourager l’amélioration des systèmes alimentaires. Il s’agit du « triple défi » consistant à assurer un niveau adéquat de sécurité alimentaire et de satisfaction des besoins nutritionnels à des prix abordables, à répondre aux enjeux environnementaux et de durabilité et à fournir des moyens de subsistance aux agriculteurs et à tous les acteurs de la filière (OCDE, 2021[16]). Cette idée se retrouve dans la Déclaration ministérielle de 2022 sur des solutions transformatrices pour des systèmes agricoles et alimentaires durables (OCDE, 2022[17]).
Les études de l’OCDE ont montré que les mesures qui sont susceptibles de créer le plus de distorsions de la production et des échanges ont des effets moins évidents sur l’environnement (Henderson et Lankoski, 2019[18] ; Lankoski, Nales et Valin, 2025[19]). Les mesures liées à la production ou à l’utilisation d’intrants sont les plus susceptibles d’avoir des effets préjudiciables sur l’environnement. Cela dit, ces effets varient en fonction du type de production ou d’intrant ciblé, de l’existence ou non d’une limite à la production, ainsi que des éventuelles conditions environnementales associées au soutien. À l’opposé, les paiements agroenvironnementaux, et plus particulièrement ceux fondés sur les résultats ou les performances et directement liés aux résultats environnementaux, lorsqu’ils sont conçus et mis en œuvre correctement, sont les plus susceptibles de procurer des bienfaits en termes de durabilité. Il convient, pour mieux comprendre les impacts et l’utilité des instruments de soutien, de prendre en considération les conditions locales, les arbitrages entre les dimensions environnementales et l’échelle d’analyse des impacts (niveau national ou international). La réforme ou la réorientation des dispositifs de soutien peut améliorer les résultats environnementaux et, s’agissant du soutien budgétaire, procure des ressources supplémentaires à investir dans des mesures ciblées et bénéfiques (Valin, Henderson et Lankoski, 2023[20]).
Les travaux de l’OCDE sur la gestion des risques reposent sur un cadre holistique qui, d’abord centré sur les outils de gestion des risques dans l’agriculture, a évolué vers une optique beaucoup plus large de résilience du secteur. Le cadre initial a servi de base en reconnaissant la nécessité d’adapter les interventions de gestion des risques aux types de risques concernés (OCDE, 2009[21]). Il distinguait en particulier les risques normaux, ceux liés au marché et ceux inhérents à des catastrophes, chacun d’eux ayant des conséquences pour le secteur agricole et donnant lieu à des interventions des pouvoirs publics.
Les recommandations formulées à partir des travaux de l’OCDE sont notamment les suivantes :
Les administrations publiques devraient réformer, réorienter et, autant que possible, éliminer les formes de soutien et les mesures susceptibles de créer le plus de distorsions, c’est-à-dire celles qui rendent le système commercial international moins à même de jouer son rôle d’équilibrage des approvisionnements alimentaires entre les régions excédentaires et les régions déficitaires.
Les administrations publiques devraient promouvoir des approches globales de la résilience qui favorisent la préparation et des systèmes de gestion des risques conformes au cadre établi par l’OCDE.
Les administrations publiques devraient réduire les mesures de soutien au revenu peu efficientes au regard des transferts.
Elles devraient miser davantage sur la durabilité et la résilience pour relever le triple défi devant lequel se trouvent l’agriculture et les systèmes alimentaires, à savoir : assurer la sécurité alimentaire et la nutrition ; répondre aux enjeux environnementaux ; procurer des moyens de subsistance à tous les exploitants*.
Note : * Comme on peut le constater dans les chapitres par pays du rapport, les mesures prises dans un certain nombre de pays mettent notamment l’accent sur les enjeux liés au changement climatique.
Le soutien s’est déplacé vers les grandes économies émergentes, avec en tête la Chine et l’Inde
La majorité des transferts aux producteurs sont le fait d’un petit nombre d’économies au secteur agricole très vaste. Sur la période 2023‑2025, la Chine, l’Union européenne, les États-Unis et le Japon représentaient ensemble quelque 69 % du total des transferts aux producteurs (ESP positive). Leur contribution relative a cependant beaucoup évolué au fil du temps (Graphique 1.5). En 2000‑2002, l’Union européenne cumulait environ 30 % de ces transferts, suivie par le Japon et les États-Unis (environ 17 % chacun), alors que la Chine en représentait quelque 7 %. En écho à l’augmentation de la contribution de la Chine à la production agricole, la part de ce pays dans les transferts aux producteurs a atteint près de 42 % en 2023‑2025, soit le plus gros pourcentage parmi l’ensemble des économies représentées. Dans le même temps, la part de l’Union européenne a été ramenée à environ 14 %, tandis que les États-Unis et le Japon redescendaient respectivement à quelque 6 % et 4 %.
S’agissant à la fois des transferts des/aux producteurs, l’Inde représente une part non négligeable de l’ensemble des flux correspondants. En 2023‑2025, les transferts aux producteurs s’élevaient en Inde à une moyenne de 72 milliards USD par an, alors que ceux supportés par les producteurs (du fait que les prix intérieurs étaient inférieurs aux prix de référence internationaux) étaient de la même ampleur, voire supérieurs (en moyenne 119 milliards USD par an). Il en ressort que l’Inde contribue pour une grande part aux deux facettes du soutien total. L’ampleur combinée de ses deux types de transferts – au profit et aux dépens des producteurs – en fait l’un des pays ayant le plus d’influence sur la composition du soutien total, en plus de la Chine.
La composition du soutien aux producteurs diffère entre les pays de l’OCDE et les économies émergentes
Depuis 2000, la composition du soutien a évolué différemment dans les pays de l’OCDE et les économies émergentes. Dans la zone OCDE, les transferts associés à des prix intérieurs dont le niveau est supérieur aux prix de référence internationaux (SPM) ont diminué, passant d’environ 15-16 % des recettes agricoles brutes au début des années 2000 à 6 % en 2023‑2025 (Graphique 1.6). Au cours de la même période, les mesures budgétaires (comme les paiements au titre de la production/de l’utilisation d’intrants ou les autres catégories de paiements) ont pris relativement plus d’importance et représentent aujourd’hui une plus grande part des transferts aux producteurs. De manière générale, le soutien exprimé en pourcentage des recettes agricoles a reculé de 27-30 % au début des années 2000 à environ 14 % en 2023‑2025, avec une relative stabilité depuis le milieu des années 2010 et une hausse après 2022.
Dans les économies émergentes, la composition du soutien a été plus stable au cours de la même période. Les transferts aux producteurs liés à l’application de prix intérieurs plus élevés ont généralement représenté 7-9 % environ des recettes agricoles brutes depuis 2000, alors que ceux découlant de prix intérieurs inférieurs aux niveaux de référence ont conservé une part importante, généralement entre 4 % et 8 % des recettes agricoles. Les transferts budgétaires ont été moins importants et représentent une plus faible part du soutien total que dans les pays de l’OCDE. Dans les économies émergentes, le soutien en pourcentage des recettes agricoles s’est maintenu dans une fourchette relativement étroite de 6-9 % depuis 2000.
Les transferts nets aux exploitants ont augmenté depuis 2022, marquant l’inversion d’une longue période de baisse du soutien des prix du marché
De manière générale, les écarts entre les prix intérieurs et les prix de référence internationaux demeurent une composante importante des transferts aux producteurs (Encadré 1.5), même si leur importance a diminué au fil du temps (Graphique 1.7). Sur l’ensemble des 56 pays, les transferts aux producteurs découlant du niveau supérieur des prix intérieurs représentaient en moyenne 7.1 % des recettes agricoles brutes en 2023‑2025, contre 12-13 % environ au début des années 2000. Au cours de la même période, les transferts provenant des producteurs – lorsque les prix intérieurs étaient inférieurs aux prix de référence – équivalaient en moyenne à -2.9 % des recettes agricoles brutes, contre -1.6 % à -2.0 % en 2000‑2002. Globalement, ces composantes ont abouti à des transferts nets aux producteurs d’environ 4-5 % des recettes agricoles brutes ces dernières années, alors qu’ils approchaient 10-11 % au début des années 2000.
Ces trois séries de transferts fluctuent de façon plus radicale lors des périodes de grande instabilité du marché. Les transferts aux producteurs ont diminué progressivement après le début des années 2000, alors que les transferts des producteurs ont augmenté, surtout aux alentours de 2007‑2008 où ils représentaient quelque -6 % des recettes agricoles brutes. Les transferts nets aux producteurs ont donc nettement reculé au cours de cette période et étaient quasiment nuls au lendemain de la crise financière de 2008, sous l’effet de la fluctuation des taux de change. Depuis lors, ils se sont stabilisés dans une fourchette comprise entre 3 % et 5 %. Ces dernières années, les transferts aux exploitants ont progressé de quelque 6.5 % en 2022 à presque 8 % en 2025. La dernière fois que le SPM était aussi élevé remonte à 2015.
Encadré 1.5. Comprendre le soutien des prix du marché
Copier le lien de Encadré 1.5. Comprendre le soutien des prix du marchéLe soutien des prix du marché (SPM) est l’estimation du gain ou de la perte enregistré par les producteurs agricoles et les consommateurs en cas d’écart entre les prix intérieurs et les prix mondiaux. L’écart de prix est calculé en mesurant la différence entre le prix effectif sur le marché intérieur et celui qui aurait été appliqué en l’absence de mesure ayant un effet de distorsion sur les prix (OCDE, 2016[22]).
L’écart de prix pour un produit donné mesure la différence entre deux prix : le prix intérieur moyen et le prix de référence calculé au même niveau dans la chaîne de valeur (généralement au départ de l’exploitation). Ce prix de référence correspond au prix à la frontière du pays, c’est-à-dire au prix à l’importation (pour les produits dont le pays est importateur net) ou à l’exportation (pour ceux dont il est exportateur net). Le prix de référence peut être observé directement, calculé à partir des prix pratiqués dans des pays comparables ou voisins ou, plus rarement, dérivé des données sur les droits de douane ou les taxes à l’exportation.
Si l’écart de prix est tel que le prix intérieur est deux fois plus élevé que le prix de référence, le SPM en pourcentage des recettes agricoles brutes pour le produit est de 50 %, et les producteurs perçoivent des revenus deux fois supérieurs (en supposant qu’aucune autre forme de soutien n’est dispensée). Si le prix intérieur est cinq fois supérieur au prix à la frontière, le SPM équivaut à 80 % des recettes agricoles brutes pour le produit. Si le prix intérieur représente la moitié du prix mondial (ce qui équivaut à une taxe de 50 %), le SPM en pourcentage des recettes agricoles brutes par produit s’établit à ‑100 %, soit un transfert aux consommateurs supporté par les producteurs. L’écart de prix peut être influencé par les évolutions qui se produisent sur le marché (comme les fluctuations des taux de change se répercutant sur les prix mondiaux exprimés en monnaie locale), de sorte qu’une variation du SPM n’est pas toujours imputable à la modification des politiques publiques.
L’écart de prix est calculé uniquement s’il existe des mesures de nature à le créer, par exemple des dispositions aux frontières qui restreignent ou encouragent les importations ou les exportations, ainsi que des prix d’intervention sur le marché intérieur pour les achats et les ventes des organismes publics. Si aucune mesure de ce type n’est mise en œuvre dans un pays donné, l’écart de prix est considéré comme nul. Le calcul de l’écart de prix pour un produit particulier tient compte des différences relatives aux caractéristiques du produit et des marges de transformation et de transport, de façon à comparer ce qui est comparable.
Le SPM n’est pas un indicateur des dépenses publiques, mais une estimation des transferts implicites ou explicites. À ce titre, les estimations du SPM publiées par l’OCDE diffèrent souvent de celles qui sont réalisées par d’autres organisations comme l’Organisation mondiale du commerce, et ne doivent pas leur être assimilées, les concepts utilisés pour calculer ces autres indicateurs pouvant être très différents malgré des appellations similaires.
Source : OCDE (2020[23]), Politiques agricoles : Suivi et évaluation 2020, https://doi.org/10.1787/10578a8d-fr.
Les paiements sans contraintes sur les intrants sont majoritaires dans le soutien total, le principe de conditionnalité étant principalement appliqué aux paiements reposant sur la superficie cultivée ou au titre de l’utilisation d’intrants
Les paiements aux producteurs sont souvent conditionnels, c’est-à-dire subordonnés au respect de certaines conditions par les agriculteurs. Ces conditions peuvent correspondre à des actions « obligatoires » ou « facultatives ». Les actions obligatoires relatives aux intrants sont notamment l’observation de lois ou règlements ou de normes complémentaires en vigueur, alors que les actions facultatives vont au-delà du respect des obligations légales et consistent, pour les producteurs, à adopter ou abandonner certaines pratiques en échange d’un paiement. Les contraintes facultatives sur les intrants sont à leur tour divisées en trois sous-catégories selon qu’elles se rapportent i) à des pratiques environnementales, ii) au bien-être animal ou iii) à d’autres pratiques. Au Canada, par exemple, le soutien fourni dans le cadre du Programme des technologies propres en agriculture - volet Adoption est subordonné à l’adoption par les exploitants de technologies propres disponibles dans le commerce, le financement privilégiant les projets visant à réduire de façon mesurable les émissions de gaz à effet de serre, d’engrais et de méthane. Ce type de programme est un exemple des contraintes environnementales facultatives en vertu desquelles les paiements sont conditionnés à l’adoption de pratiques allant au-delà des prescriptions réglementaires. Le soutien des prix du marché ne peut être subordonné à de telles contraintes, les producteurs ne pouvant se voir interdire la possibilité de bénéficier de prix plus élevés sur le marché intérieur. Les transferts budgétaires, en revanche, peuvent être subordonnés au respect de contraintes obligatoires ou facultatives relatives aux intrants, et le sont d’ailleurs souvent.
En 2023-2025, 21 % du soutien fourni dans l’ensemble des pays étudiés dans ce rapport était assorti de contraintes, qui étaient en majorité des contraintes obligatoires sur les intrants (15 % du soutien). Ce chiffre représente une progression par rapport aux 12 % de 2000-2002. Les transferts aux producteurs étaient pour 5 % subordonnés au respect de contraintes environnementales facultatives, tout comme en 2000-2002, et pour environ 1 % au respect d’autres exigences (Graphique 1.8). Les exigences s’appliquent presque toujours à des formes de soutien reposant sur des critères non liés aux produits de base. Plus de la moitié des paiements au titre de la superficie, du nombre d’animaux, des recettes ou des revenus sont subordonnés à certaines contraintes. Les paiements au titre de l’utilisation d’intrants sont moins souvent conditionnés à des contraintes sur les intrants (11 % des cas environ).
La plupart des transferts aux producteurs ne sont pas soumis à des contraintes sur les intrants (Graphique 1.8). Parmi tous les instruments utilisés par les pouvoirs publics, environ 79 % du soutien total (401 milliards USD) n’est assorti d’aucune contrainte sur les intrants ou est fourni sous une forme à laquelle les contraintes ne sont pas applicables, comme c’est le cas du SPM. Le soutien assorti de contraintes obligatoires sur les intrants s’élève à environ 77 milliards USD (15 %), alors que celui subordonné au respect de contraintes environnementales facultatives atteint quelque 29 milliards USD (6 %). Le soutien lié au respect du bien-être animal ou d’autres contraintes facultatives demeure limité, aux alentours de 2.4 milliards USD (moins de 1 %).
Le conditionnement du soutien à des contreparties est très variable selon les instruments. Les paiements reposant sur la superficie cultivée, le nombre d’animaux, les recettes ou le revenu (S/Na/Rec/Rev) assortis de conditions représentent la plus grosse part du soutien, à savoir quelque 66 milliards USD liés au respect de contraintes obligatoires et 16 milliards USD à celui de contraintes environnementales facultatives. Les paiements au titre de lʼutilisation dʼintrants se répartissent entre 4 milliards USD environ subordonnés à des contraintes obligatoires, et des sommes inférieures conditionnées à des prescriptions facultatives ; parallèlement, le soutien au titre des investissements dans l’infrastructure (formation de capital fixe) se répartit entre 3.3 milliards USD et 3 milliards USD pour, respectivement, le respect de contraintes obligatoires et facultatives. Les paiements selon des critères non liés à des produits de base sont plus souvent associés à des contraintes environnementales volontaires, en particulier les paiements au titre du retrait de ressources à long terme (d’environ 4.6 milliards USD).
Certains produits bénéficient d’un soutien relativement plus important
Les politiques publiques ciblent souvent des produits de base particuliers. De par leur conception, les mesures aboutissant à un SPM et à des paiements au titre de la production sont axées sur des produits spécifiques, ce qui n’est pas forcément le cas des autres transferts budgétaires. À titre d’exemple, des droits de douane sur les importations de blé rendront celles-ci plus coûteuses, feront croître les prix intérieurs et profiteront aux producteurs de blé du pays. Les mesures qui prévoient des paiements au titre de l’utilisation d’intrants ou d’autres facteurs de production sont souvent formulées de façon à s’appliquer à un seul produit (comme une subvention accordée uniquement pour la production de maïs, ou un paiement versé par tête de bétail). La valeur totale de ces paiements, SPM inclus, est regroupée par produit sous la rubrique des transferts au titre d’un seul produit (TSP).
Les transferts au titre d’un seul produit, exprimés en pourcentage des recettes brutes par produit, sont très variables selon les produits (Graphique 1.9). Les transferts nets aux producteurs (TSP) peuvent être très négatifs (par exemple : lait -12 %, avoine -5 % et tournesol -4 %) ou positifs à un niveau relativement élevé (maïs 18 %, sucre brut 21 %, colza 12 % et environ 11 % pour plusieurs produits d’origine animale). Ces chiffres sont le reflet des différences entre les pays : les transferts aux consommateurs supportés par les producteurs se retrouvent principalement dans les économies émergentes ; en revanche, pour certains produits comme le lait et certains produits d’origine animale, les transferts des consommateurs aux producteurs associés au niveau élevé des prix intérieurs sont relativement importants dans de nombreux pays de l’OCDE. De manière générale, les écarts entre les prix intérieurs et les prix de référence internationaux demeurent le principal moteur des transferts au titre d’un seul produit ; la part des autres transferts au titre d’un seul produit est en revanche plus faible.
Pour certains produits, les différentes approches adoptées par les pays se traduisent par des transferts nets qui sont proches de zéro lorsqu’on les totalise, mais qui masquent des transferts sous-jacents nettement positifs et négatifs. L’ampleur des transferts aux producteurs et celle des transferts supportés par eux donnent une idée plus globale des mesures prises concernant un produit donné. Ainsi, la somme des transferts au titre de l’orge avoisine zéro, mais elle masque l’existence de transferts au profit des producteurs dans certains pays, et de transferts aux dépens des producteurs dans d’autres.
Vus sous cet angle, les produits bénéficiant globalement de la plus grande attention des pouvoirs publics sont notamment le sucre, le colza, le maïs et le lait, pour lesquels le cumul des transferts atteint un niveau relativement haut. Dans certains pays, les politiques publiques cherchent à accroître le prix intérieur de ces produits alors que dans d’autres, elles visent à les abaisser par rapport aux prix de référence internationaux. On voit donc qu’un même produit peut être associé à des types de transferts différents selon les pays, mais que le niveau global de l’intervention des pouvoirs publics peut être comparable en valeur absolue. Les produits pour lesquels le cumul des transferts est le plus faible sont la laine, les œufs, l’orge et l’avoine.
Le soutien au titre d’un seul produit peut influencer les choix de production en modifiant le rendement relatif de certains produits ou groupes de produits. Ainsi, un paiement par balle de coton produite peut conduire à l’extension de la surface des plantations de coton au détriment d’autres cultures. C’est pourquoi le soutien axé sur quelques produits en particulier peut avoir plus d’effets de distorsion sur la production qu’un niveau de soutien équivalent réparti de façon égale entre plusieurs produits ou ne visant pas spécifiquement tel ou tel produit. Ce soutien peut nuire à la capacité d’adaptation des agriculteurs s’il tend à les dissuader d’abandonner un produit donné lorsque les conditions de culture évoluent, le risque étant d’entretenir une dépendance aux aides publiques.
Les consommateurs restent des contributeurs nets, les montants concernés étant plus élevés et plus variables dans les économies émergentes
Les mesures axées sur les consommateurs visent à répondre à toute une série d’objectifs, et leurs effets sont étroitement liés aux mesures visant les producteurs. Les politiques agissant sur les prix intérieurs peuvent se traduire pour le consommateur par des prix des produits agricoles plus élevés, ou au contraire plus faibles (Encadré 1.6). Les consommateurs peuvent aussi bénéficier de transferts budgétaires. Sur l’ensemble des pays examinés dans ce rapport, les transferts des consommateurs équivalaient en moyenne à 4.4 % des dépenses brutes de consommation mesurées aux prix au départ de l’exploitation (ESC en %) sur la période 2023‑2025 (Graphique 1.10).
Encadré 1.6. Composantes de l’estimation du soutien aux consommateurs
Copier le lien de Encadré 1.6. Composantes de l’estimation du soutien aux consommateursL’estimation du soutien aux consommateurs se compose de trois éléments définis en fonction de la source et de la destination des transferts.
Transferts des consommateurs aux producteurs. La principale composante de l’ESC dans la plupart des pays est le soutien des prix du marché (SPM), qui accroît les prix intérieurs. Le consommateur paie les produits alimentaires plus cher, et le producteur est rétribué davantage pour sa production ; le transfert va donc du consommateur au producteur (c’est donc une taxation implicite du consommateur). La situation est inversée lorsque les prix intérieurs sont maintenus à un bas niveau ; le SPM est alors négatif, ce qui signifie que le transfert va du producteur au consommateur (donc un soutien à ce dernier). Certains pays utilisent un panachage des deux, mais il est plus courant dans la zone OCDE que le SPM ait uniquement lieu du consommateur vers le producteur.
Autres transferts des consommateurs. Ces transferts relèvent également des mesures de SPM. Lorsqu’un pays utilise le SPM pour augmenter le prix intérieur d’un produit et que ce pays est importateur net du produit, l’État est le bénéficiaire des transferts sous la forme des recettes provenant des droits de douane prélevés sur le produit importé. Dans de rares cas, les détenteurs de quotas d’importation peuvent être les bénéficiaires de ces transferts.
Transferts des contribuables aux consommateurs. Les politiques budgétaires (qui sont financées par le contribuable) aboutissent à des transferts au consommateur, par exemple sous la forme d’une réduction du prix des repas scolaires ou des programmes d’assistance nutritionnelle. Il s’agit, dans la plupart des pays, de la composante la plus faible de l’ESC.
Dans les pays de l’OCDE, les transferts supportés par les consommateurs du fait du niveau élevé des prix des produits agricoles sont restés relativement stables au fil du temps, atteignant en moyenne quelque 95 milliards USD par an en 2023‑2025, auxquels s’ajoutent d’autres transferts des consommateurs d’environ 23 milliards USD par an. Ces sommes ont été partiellement compensées par des transferts aux consommateurs financés par les contribuables, qui se sont montés à quelque 71 milliards USD par an ces dernières années.
Dans les économies émergentes, les transferts aux consommateurs sont plus élevés et plus variables. Les transferts supportés par les consommateurs du fait du niveau élevé des prix et d’autres mécanismes s’élevaient en moyenne à quelque 152 milliards USD par an en 2023‑2025, tandis que les autres transferts des consommateurs étaient d’environ 66 milliards USD par an. En comparaison, les transferts aux consommateurs financés par les contribuables sont plus faibles – 35 milliards USD par an en moyenne ces dernières années – et moins variables dans le temps.
Par conséquent, dans les deux groupes de pays, les consommateurs sont restés globalement des contributeurs nets. Cela se reflète dans l’estimation du soutien aux consommateurs en pourcentage (ESC en %), qui a été négative pendant toute la période. Dans les pays de l’OCDE, l’ESC en % s’est améliorée, passant de -11 % en 2000‑2002 à -3.3 % en 2023‑2025. Dans les économies émergentes, l’ESC en % a atteint -5 % en moyenne en 2023‑2025 contre -0.9 % en 2000‑2002, avec de grandes variations d’année en année.
La composition des transferts bénéficiant aux consommateurs n’est pas la même dans les deux groupes de pays. Dans la zone OCDE, les transferts financés par les contribuables représentent une plus grande part du total des transferts, et les transferts des consommateurs aux producteurs sont plus stables dans le temps. Dans les économies émergentes, les transferts des consommateurs aux producteurs sont plus importants et très variables d’année en année.
Le soutien aux services d’intérêt général a augmenté, avec des dépenses plus diversifiées dans les pays de l’OCDE mais plus concentrées dans les économies émergentes
Les dépenses publiques qui bénéficient au secteur agricole primaire dans son ensemble – par opposition aux transferts bénéficiant aux producteurs à titre individuel ou aux consommateurs – se sont accrues depuis 2000, à la fois dans les pays de l’OCDE et les économies émergentes, bien qu’avec des différences en termes de composition et d’importance relative (Graphique 1.11). Dans la zone OCDE, le soutien aux services d’intérêt général a progressé d’environ 38 milliards USD en 2000 à 57 milliards USD en 2025, soit une moyenne de quelque 56 milliards USD sur la période 2023‑2025. L’infrastructure (essentiellement les projets d’irrigation) et le système de connaissances et d’innovation agricoles en sont les principales composantes – respectivement à hauteur de 20 milliards USD et 17 milliards USD par an en 2023‑2025 –, alors que les services d’inspection et de contrôle ont reçu en moyenne 5.6 milliards USD par an. La composition de ce soutien est restée dans l’ensemble relativement stable au fil du temps grâce à la contribution de plusieurs composantes. Rapporté à la valeur de la production agricole, le soutien aux services d’intérêt général a progressivement diminué, de 5.5 % au début des années 2000 à 3.6 % en 2023‑2025.
Dans les économies émergentes, le soutien aux services d’intérêt général a augmenté plus rapidement en valeur absolue, d’environ 19 milliards USD en 2000 à 63 milliards USD ces dernières années, soit une moyenne de quelque 63 milliards USD sur la période 2023‑2025. La composition de ce soutien y est plus concentrée que dans les pays de l’OCDE : l’infrastructure recueille 35 milliards USD par an et le stockage public y prédomine pendant toute la période, atteignant une moyenne de 13 milliards USD par an ces dernières années. Les autres composantes sont moins représentées, à l’instar du système de connaissances et d’innovation agricoles (9.6 milliards USD) et des services d’inspection et de contrôle (3.9 milliards USD). Malgré sa croissance, le soutien aux services d’intérêt général en pourcentage de la valeur de la production était plus faible dans les économies émergentes que dans les pays de l’OCDE, passant de 3.6 % à 1.9 % durant la période examinée.
Conclusions
Copier le lien de ConclusionsLes augmentations récentes du soutien total à l’agriculture sont dues aux transferts liés aux prix
Le soutien à l’agriculture demeure substantiel, à plus de 950 milliards USD en 2025. Dans la durée, il a en revanche diminué en pourcentage de la valeur de la production agricole, car cette dernière a crû plus rapidement. Depuis 2022, en revanche, le soutien rapporté à la production a de nouveau augmenté, en grande partie du fait de l’évolution des transferts liés aux prix, même si les paiements exceptionnels pour cause de catastrophes se sont également accrus. Le soutien des prix du marché continue d’occuper une place centrale et est à la base des transferts entre les exploitants et les consommateurs.
Les écarts entre les prix intérieurs et les prix mondiaux demeurent une importante source de soutien pour l’agriculture, qui bénéficie aussi bien aux exploitants qu’aux consommateurs. Bien que ces écarts se soient amenuisés sur le long terme, ils se sont de nouveau creusés ces dernières années, entraînant une hausse du soutien aux producteurs. Les consommateurs continuent de supporter une partie des coûts liés au niveau élevé des prix, en particulier dans les économies émergentes où ces transferts ont tendance à être de plus grande ampleur et plus variables. Le soutien aux producteurs a une composition variable selon les pays, et les économies émergentes occupent à cet égard une plus grande place.
La composition et la répartition du soutien aux exploitants agricoles sont très variables selon les groupes de pays. Dans la zone OCDE, le soutien s’est orienté vers une plus grande diversification des mesures budgétaires alors que dans les économies émergentes, les transferts liés aux prix continuent de prédominer. Les grandes économies émergentes, en particulier la Chine et l’Inde, représentent une part croissante du total de la production et des transferts, ce qui influe sur la configuration mondiale du soutien à l’agriculture.
Le soutien aux services d’intérêt général est en progression, mais sa composition et son importance relative ne sont pas partout les mêmes
Les dépenses consacrées aux services d’intérêt général ont augmenté à la fois dans les pays de l’OCDE et les économies émergentes, quoique avec des différences structurelles manifestes. Le soutien à ces services est plus diversifié dans la zone OCDE – l’infrastructure et le système de connaissances y sont les principales composantes – mais plus concentré dans les économies émergentes, où l’infrastructure et le stockage public dominent. Malgré une hausse en valeur absolue, le soutien aux services d’intérêt général diminue en pourcentage de la valeur de la production, en particulier dans les économies émergentes.
La majeure partie du soutien aux producteurs n’est assorti d’aucune contrainte, la conditionnalité étant réservée à des instruments bien précis
Certains pays s’attachent, de plus en plus, à accompagner le soutien d’exigences de production répondant à des objectifs environnementaux ou autres. Parmi l’ensemble des instruments utilisés par les pouvoirs publics, la majeure partie ne sont assortis d’aucune exigence de ce genre. Lorsque des conditions sont imposées, elles concernent principalement le respect d’obligations existantes. Ces exigences peuvent améliorer les performances environnementales des programmes existants, mais leurs effets supplémentaires sont difficiles à apprécier et varient selon les instruments utilisés et les pays considérés. La part du soutien subordonné à des contraintes s’est accrue au fil du temps mais reste limitée par rapport au soutien total.
Le soutien au titre d’un seul produit reste élevé et est très variable selon les produits
Le soutien bénéficiant à certains produits en particulier continue de jouer un rôle important, même s’il varie sensiblement selon les produits et les pays. Pour certains produits, les approches divergentes adoptées par les pays aboutissent à un bilan des transferts équilibré, qui masque les importantes mesures sous-jacentes. Les pouvoirs publics continuent de soutenir massivement des produits comme le sucre, le colza, le maïs et le lait.
Les évolutions récentes marquent une inversion des tendances à long terme en matière de soutien
Les récentes augmentations des transferts liés aux prix du marché et du niveau global du soutien sont les signes de la fin progressive d’une longue période de baisse du soutien par rapport à la production qui a été observée au cours des précédentes décennies. Si ces ajustements sont peut-être les réponses apportées à court terme face à une situation changeante, ils soulignent aussi l’importance de continuer à promouvoir des formes de soutien moins génératrices de distorsions. Compte tenu du rôle que continuent d’avoir les échanges internationaux pour équilibrer l’offre et la demande de produits alimentaires, la préservation de l’ouverture et de la prévisibilité des échanges reste un élément important à prendre en compte lors de la conception des mesures par les pouvoirs publics.
L’interdépendance des risques appelle à une réponse systématique des autorités publiques
La production agricole s’est maintenue à un bon niveau en 2025, mais le contexte mondial dans lequel elle a eu lieu s’est avéré de plus en plus complexe en raison des contraintes macroéconomiques, des tensions géopolitiques et des risques liés à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes. Ces facteurs interdépendants ont suscité une instabilité accrue sur les marchés des intrants et des produits agricoles, et renforcé l’importance de l’adoption d’une approche systémique en matière de résilience, de durabilité et de gestion des risques au sein des cadres de l’action publique.
De manière générale, les politiques agricoles continuent d’être le reflet d’un ensemble d’objectifs ayant trait à la productivité, au soutien au revenu, à la sécurité alimentaire, à la durabilité et à la résilience. L’interdépendance accrue des risques et la diversité croissante des approches mises en œuvre par les pays soulignent l’importance de prendre en compte à la fois le niveau et la composition du soutien pour évaluer le rôle qu’il joue dans les systèmes agricoles.
Les mesures visant à renforcer la durabilité, la résilience, la gestion des risques, l’innovation et la productivité sont les éléments clés d’une démarche permettant de relever les défis actuels de manière cohérente. Celles qui aident à la préparation, favorisent des échanges ouverts et prévisibles et renforcent la capacité du secteur à s’adapter à l’évolution des conditions peuvent contribuer à une efficacité accrue des politiques. Dans ce contexte, la réorientation du soutien vers des mesures moins génératrices de distorsions et des investissements favorisant la productivité et la durabilité à long terme peut aider à adapter les cadres de l’action publique en fonction de l’évolution des risques auxquels est confrontée l’agriculture.
Références
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Annexe 1.A. Définitions des indicateurs du soutien à l’agriculture de l’OCDE
Copier le lien de Annexe 1.A. Définitions des indicateurs du soutien à l’agriculture de l’OCDEIndicateurs nominaux présentés dans ce rapport
Copier le lien de Indicateurs nominaux présentés dans ce rapportEstimation du soutien aux producteurs (ESP) : valeur monétaire annuelle des transferts bruts des consommateurs et des contribuables au titre du soutien aux producteurs agricoles, au départ de l’exploitation, découlant des mesures de soutien à l’agriculture, quels que soient leur nature, leurs objectifs ou leurs incidences sur la production ou le revenu agricoles. Elle comprend le soutien des prix du marché, les paiements budgétaires et les recettes budgétaires perdues, c’est-à-dire les transferts bruts des contribuables aux producteurs agricoles résultant des mesures fondées sur : le niveau effectif de la production, l’utilisation d’intrants, la superficie cultivée/le nombre d’animaux/les recettes/le revenu (en fonction ou indépendamment de leur niveau effectif), et des critères relatifs aux produits autres que les produits de base. Les catégories entrant dans l’ESP sont définies dans l’encadré 1 A.1.
Soutien des prix du marché (SPM) : valeur monétaire annuelle des transferts bruts des consommateurs et des contribuables aux producteurs agricoles, qui découlent des mesures créant un écart entre les prix intérieurs et les prix à la frontière d’un produit agricole donné, mesurés au départ de l’exploitation. Le SPM est calculé par produit et les totaux des composantes négatives et positives sont présentés séparément s’il y a lieu en accompagnement du SPM total.
Transferts aux producteurs au titre d’un seul produit (TSP aux producteurs) : valeur monétaire annuelle des transferts bruts des consommateurs et des contribuables aux producteurs agricoles, mesurés au départ de l’exploitation, découlant des mesures liées à la production d’un produit particulier et subordonnant le versement du paiement au producteur à la production du produit désigné. Cette catégorie comprend des mesures à caractère plus général où les paiements sont définis par rapport à tel ou tel produit. Les TSP aux producteurs sont également calculés par produit.
Transferts au titre d’un groupe de produits (TGP) : valeur monétaire annuelle des transferts bruts des consommateurs et des contribuables aux producteurs agricoles, mesurés au départ de l’exploitation, découlant des mesures octroyant des paiements sous réserve de la production d’un ou de plusieurs des produits figurant sur une liste donnée. Autrement dit, un producteur peut choisir parmi un éventail de produits et percevoir un transfert qui ne variera pas en fonction de sa décision.
Transferts au titre de tous les produits (TTP) : valeur monétaire annuelle des transferts bruts des consommateurs et des contribuables aux producteurs agricoles, mesurés au départ de l’exploitation, découlant des mesures n’imposant aucune restriction sur le produit agricole produit, mais exigeant du bénéficiaire la production d’un produit de base de son choix.
Autres transferts aux producteurs (ATP) : valeur monétaire annuelle des transferts bruts des consommateurs et des contribuables aux producteurs agricoles, mesurés au départ de l’exploitation, découlant de mesures non assorties d’une quelconque obligation de production de produits de base.
Transferts aux consommateurs au titre d’un seul produit (TSP aux consommateurs) : valeur monétaire annuelle des transferts bruts des (aux) consommateurs de produits agricoles, mesurés au départ de l’exploitation, découlant des mesures liées à la production d’un produit particulier. Les TSP aux consommateurs sont également calculés par produit.
Estimation du soutien aux consommateurs (ESC) : valeur monétaire annuelle des transferts bruts, au départ de l’exploitation, des (aux) consommateurs de produits agricoles découlant des mesures de soutien à l’agriculture, indépendamment de leur nature, de leurs objectifs ou de leurs incidences sur la consommation de produits agricoles. Lorsque l’ESC est négative, elle mesure la charge pour les consommateurs (taxe implicite) imputable au soutien des prix du marché (majoration des prix), dont les effets font plus que compenser ceux des subventions à la consommation qui font baisser les prix à la consommation.
Estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG) : valeur monétaire annuelle des transferts bruts découlant des mesures qui créent des conditions propices au secteur agricole primaire, grâce au développement de services, institutions et infrastructures, privés ou publics, quels que soient leurs objectifs et leurs incidences sur la production et le revenu agricoles, ou sur la consommation de produits agricoles. L’ESSG inclut les mesures dont le secteur agricole primaire est le principal bénéficiaire, mais elle ne prend en compte aucun des paiements versés aux producteurs à titre individuel. Les transferts relevant de l’ESSG ne modifient pas directement les recettes perçues ou les coûts supportés par les producteurs ni leurs dépenses de consommation. Les catégories entrant dans l’ESSG sont définies ci-dessous.
Estimation du soutien total (EST) : valeur monétaire annuelle de tous les transferts bruts des contribuables et des consommateurs découlant des mesures de soutien au secteur agricole, déduction faite des recettes budgétaires associées, quels que soient leurs objectifs et leurs incidences sur la production et le revenu agricoles, ou sur la consommation de produits agricoles.
Estimation du soutien budgétaire total (ESBT) : valeur monétaire annuelle de tous les transferts budgétaires bruts des contribuables découlant des mesures de soutien au secteur agricole, quels que soient leurs objectifs et leurs incidences sur la production et le revenu agricoles, ou sur la consommation de produits agricoles.
Recettes agricoles brutes (RAB) : valeur monétaire annuelle de la production, augmentée des transferts budgétaires versés aux producteurs individuellement (autrement dit, VP + ESP – SPM).
Recettes brutes par produit : valeur monétaire annuelle de la production d’un produit donné, augmentée des transferts budgétaires versés aux producteurs de ce produit (autrement dit, VP + TSP aux producteurs – SPM).
Indicateurs présentés sous la forme d’un ratio ou d’un pourcentage
Copier le lien de Indicateurs présentés sous la forme d’un ratio ou d’un pourcentageESP en pourcentage (ESP en %) : transferts pris en compte dans l’ESP en proportion de la valeur des recettes agricoles brutes (le soutien étant inclus dans le dénominateur).
TSP en pourcentage (TSP en %) : transferts au titre d’un seul produit exprimés en proportion de la valeur des recettes agricoles brutes pour le produit considéré (le soutien étant inclus dans le dénominateur).
Part des TSP dans l’ESP totale (%) : part des transferts au titre d’un seul produit dans l’ESP totale. Cet indicateur est également calculé par produit.
Coefficient nominal de protection des producteurs (CNP des producteurs) : rapport entre le prix moyen perçu par les producteurs (au départ de l’exploitation), y compris les paiements par tonne effectivement produite, et le prix à la frontière (mesuré au départ de l’exploitation). Le CNP des producteurs est également calculé par produit.
Coefficient nominal de soutien aux producteurs (CNS aux producteurs) : rapport entre la valeur des recettes agricoles brutes, y compris le soutien et les recettes agricoles brutes (au départ de l’exploitation) évalués aux prix à la frontière (mesurés au départ de l’exploitation).
ESC en pourcentage (ESC en %) : transferts pris en compte dans l’ESC en proportion de la valeur des dépenses consacrées à la consommation de produits agricoles (aux prix au départ de l’exploitation), nets des transferts des contribuables aux consommateurs. L’ESC en % mesure la taxe implicite (ou subvention si l’ESC est positive) à laquelle les consommateurs sont soumis par les politiques des prix agricoles.
Coefficient nominal de protection des consommateurs (CNP des consommateurs) : rapport entre le prix moyen acquitté par les consommateurs (au départ de l’exploitation) et le prix à la frontière (mesuré au départ de l’exploitation). Le CNP des consommateurs est également calculé par produit.
Coefficient nominal de soutien aux consommateurs (CNS aux consommateurs) : rapport entre la valeur des dépenses consacrées à la consommation de produits agricoles (au départ de l’exploitation) et leur valeur aux prix à la frontière.
EST en pourcentage (EST en %) : transferts pris en compte dans l’EST, exprimés en pourcentage du PIB.
ESBT en pourcentage (ESBT en %) : transferts pris en compte dans l’ESBT, exprimés en pourcentage du PIB.
ESSG en pourcentage (ESSG en %) : part des dépenses affectées aux services d’intérêt général dans l’estimation du soutien total (EST).
Part des transferts pouvant créer le plus de distorsions dans l’ensemble des transferts bruts aux producteurs (%) : somme du SPM positif, de la valeur absolue du SPM négatif, des paiements au titre de la production et des paiements au titre de l’utilisation d’intrants sans contraintes sur ces derniers, rapportée à la somme du SPM positif, de la valeur absolue du SPM négatif et du total des paiements budgétaires aux producteurs.
Encadré d’annexe 1.A.1. Définitions des catégories entrant dans l’ESP
Copier le lien de Encadré d’annexe 1.A.1. Définitions des catégories entrant dans l’ESPDéfinitions des catégories
Catégorie A1, Soutien des prix du marché (SPM) : transferts des consommateurs et des contribuables aux agriculteurs, qui découlent des mesures créant un écart entre les prix intérieurs et les prix à la frontière d’un produit agricole donné, mesuré au départ de l’exploitation.
Catégorie A2, Paiements au titre de la production : transferts des contribuables aux agriculteurs, qui découlent des mesures fondées sur le niveau effectif de la production d’un produit agricole donné.
Catégorie B, Paiements au titre de l’utilisation d’intrants : transferts des contribuables aux producteurs agricoles, qui découlent des mesures fondées sur l’utilisation d’intrants :
Utilisation d’intrants variables : paiements réduisant le coût sur l’exploitation agricole d’un intrant variable donné ou d’un ensemble d’intrants variables.
Formation de capital fixe : paiements réduisant pour l’exploitation, le coût d’investissement dans les bâtiments agricoles, les équipements, les plantations, l’irrigation, le drainage et l’amélioration des sols.
Services utilisés sur l’exploitation : paiements réduisant le coût de l’aide et de la formation dispensée aux agriculteurs individuels sur des questions techniques, comptables, commerciales, sanitaires et phytosanitaires.
Catégorie C, Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev courants, production requise : transferts des contribuables aux producteurs agricoles, qui découlent des mesures reposant sur le niveau effectif des superficies cultivées, nombres des animaux, recettes et revenus.
Catégorie D, Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production requise : transferts des contribuables aux producteurs agricoles, qui découlent des mesures reposant sur les superficies cultivées, nombre d’animaux, recettes et revenus ne correspondant pas à la période en cours (c’est-à-dire fondées sur un niveau antérieur ou fixe), avec obligation de produire sans spécification de produit.
Catégorie E, Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production non requise : transferts des contribuables aux producteurs agricoles, qui découlent des mesures reposant sur les superficies cultivées, nombre d’animaux, recettes et revenus ne correspondant pas à la période en cours (c’est-à-dire fondées sur un niveau antérieur ou fixe), la production effective d’un produit donné n’étant pas obligatoire, mais facultative.
Catégorie F, Paiements au titre de critères non liés à des produits de base : transferts des contribuables aux producteurs agricoles, qui découlent des mesures reposant sur :
Le retrait de ressources à long terme : transferts au titre du retrait à long terme de facteurs de production de produits de base. Les paiements répertoriés dans cette sous-catégorie se distinguent de ceux imposant un retrait de ressources à court terme, qui dépendent de critères relatifs à la production des produits de base.
La production de produits particuliers autres que des produits de base : transferts alloués pour l’utilisation de ressources agricoles pour produire des biens et services spécifiques autres que des produits de base, qui sont produits au-delà des quantités requises par les réglementations en vigueur.
Autres critères non liés à des produits de base : transferts accordés à tous les exploitants de manière égale, par exemple un taux forfaitaire ou un paiement fixe.
Catégorie G, Paiements divers : transferts des contribuables aux exploitants pour lesquels l’insuffisance des informations disponibles ne permet pas de les ventiler vers les catégories appropriées.
Note : S (Superficie cultivée), Na (Nombre d’animaux), Rec (Recettes), Rev (Revenu).
Définitions des étiquettes
Avec ou sans limitation de la production effective des produits de base et/ou des paiements : définit s’il existe ou non des limitations spécifiques de la production effective des produits de base associées à une mesure prévoyant des transferts à l’agriculture et s’il existe ou non des limitations des paiements sous la forme de limitations de la superficie ou du nombre d’animaux ayant droit à ces paiements. S’applique aux catégories A–F.
Avec taux de paiement variables ou fixes : tout paiement est défini comme étant soumis à un taux variable lorsque la formule déterminant le niveau du paiement réagit à une variation du prix, du rendement, des recettes ou du revenu nets, ou du coût de production. S’applique aux catégories A–E.
Avec ou sans contraintes sur les intrants : définit s’il y a ou non des obligations spécifiques concernant les pratiques agricoles liées au programme en matière de réduction, de remplacement ou d’abandon de l’utilisation des intrants ou des restrictions portant sur les pratiques agricoles autorisées. S’applique aux catégories A–F. Les paiements avec contraintes sur les intrants sont eux-mêmes subdivisés en :
Paiements dépendant du respect de conditions de base qui sont obligatoires (avec obligatoire) ;
Paiements exigeant des pratiques spécifiques allant au-delà des conditions de base et facultatives (avec facultatives).
Pratiques spécifiques liées aux problèmes environnementaux ;
Pratiques spécifiques liées au bien-être des animaux ;
Autres pratiques spécifiques.
Avec ou sans exceptions sur les produits : définit s’il y a ou non des interdictions de production de certains produits de base comme critères d’éligibilité aux paiements versés au titre des S/Na/Rec/Rev non courants. S’applique à la catégorie E.
Au titre de la superficie cultivée, du nombre d’animaux, des recettes ou du revenu : définit l’attribut particulier (par exemple : superficie cultivée, nombre d’animaux, recettes ou revenu) sur lequel le paiement repose. S’applique aux catégories C–E.
Reposant sur un produit individuel, un groupe de produits ou tous les produits : définit si le paiement est accordé pour un produit individuel, un groupe de produits ou tous les produits. S’applique aux catégories A–D.
Moteurs du changement de l’ESP
Copier le lien de Moteurs du changement de l’ESPDécomposition de l’ESP
Variation de l’ESP en pourcentage : variation en pourcentage de la valeur nominale de l’ESP exprimée en monnaie nationale. La variation en pourcentage est calculée sur les deux dernières années de la série.
Contribution du SPM à la variation de l’ESP en pourcentage : variation en pourcentage de l’ESP nominale, toutes les autres variables étant par ailleurs maintenues constantes.
Contribution de l’écart de prix à la variation de l’ESP en pourcentage : variation en pourcentage de l’ESP nominale, les variables, autres que l’écart entre prix intérieurs et prix à la frontière, étant par ailleurs maintenues constantes.
Contribution de la quantité produite à la variation de l’ESP en pourcentage : variation en pourcentage de l’ESP nominale, toutes les variables, autres que la quantité produite, étant par ailleurs maintenues constantes.
Contribution des paiements budgétaires (PB) à la variation de l’ESP en pourcentage : variation en pourcentage de l’ESP nominale, toutes les variables, autres que les PB, étant maintenues constantes.
Contribution des éléments constitutifs des PB à la variation de l’ESP en pourcentage : variation en pourcentage de l’ESP nominale, toutes les variables autres qu’un élément donné des PB, étant maintenues par ailleurs constantes. Les éléments des PB comprennent les paiements au titre de la production, les paiements au titre de l’utilisation d’intrants, les paiements au titre des S/Na/Rec/Rev courants, production requise, les paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production requise, les paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production facultative, les paiements selon des critères non liés à des produits de base et les paiements divers.
Variation du prix à la production
Variation en pourcentage du prix à la production : variation en pourcentage du prix à la production, mesuré au départ de l’exploitation, exprimé en monnaie nationale. La variation en pourcentage est calculée sur les deux dernières années de la série.
Décomposition de la variation du prix à la frontière
Variation en pourcentage du prix à la frontière : variation en pourcentage du prix à la frontière, mesuré au départ de l’exploitation, exprimé en monnaie nationale. La variation en pourcentage est calculée sur les deux dernières années de la série.
Contribution du taux de change à la variation en pourcentage du prix à la frontière : variation en pourcentage du prix à la frontière (mesuré à la sortie de l’exploitation), exprimé en monnaie nationale, toutes les variables, autres que le taux de change entre la monnaie nationale et l’USD, étant par ailleurs maintenues constantes.
Contribution du prix à la frontière exprimé en USD à la variation en pourcentage du prix à la frontière : variation en pourcentage du prix à la frontière, mesuré à la sortie de l’exploitation, exprimé en monnaie nationale, toutes les variables, autres que le prix à la frontière, mesuré à la sortie de l’exploitation et exprimé en USD, étant par ailleurs maintenues constantes.
La variation de l’estimation du soutien aux producteurs (ESP) ne fait l’objet d’aucune décomposition lorsque l’ESP de l’année en cours et/ou précédente est négative. La variation du prix à la production et la variation du prix à la frontière ne sont pas calculées en cas de soutien des prix du marché (SPM) à la fois négatif et positif au niveau des produits de base l’année précédente. Il convient de souligner que les estimations du SPM des produits de l’élevage peuvent être négatives en raison d’un SPM positif pour les produits d’alimentation animale.
Définitions des catégories entrant dans l’ESSG
Copier le lien de Définitions des catégories entrant dans l’ESSGSystème de connaissances et d’innovation agricoles
Création de connaissances agricoles : dépenses budgétaires au titre des activités de recherche et développement (R-D) liées à l’agriculture, et de la diffusion des données correspondantes, indépendamment du cadre institutionnel (organisme privé ou public, ministère, université, centre de recherche ou groupe de producteurs) dans lequel elles se déroulent, et quelle que soit la nature de la recherche (scientifique, institutionnelle, etc.) ou sa finalité.
Transfert de connaissances agricoles : dépenses budgétaires au titre des établissements agricoles professionnels et des programmes agronomiques dans l’enseignement supérieur, des activités générales de formation et de conseil à l’intention des exploitants (règles de comptabilité, application de pesticides, etc.), excluant les cas individuels, et des réseaux constitués pour rassembler des données et diffuser des informations concernant la production et la commercialisation agricoles.
Services d’inspection et de contrôle
Sécurité et inspection des produits agricoles : dépenses budgétaires au titre d’activités qui se rapportent à la sécurité et à l’inspection des produits agricoles. Seules sont visées les dépenses concernant l’inspection des produits obtenus dans le pays au premier niveau de transformation et l’inspection à la frontière des produits exportés.
Lutte contre les parasites et les maladies : dépenses budgétaires au titre de la lutte contre les parasites et les maladies concernant les intrants et les produits agricoles (contrôle au niveau du secteur agricole primaire), et financement public des services vétérinaires et phytosanitaires (concernant les exploitations).
Contrôle des intrants : dépenses budgétaires au titre des organismes qui exercent des activités de contrôle et de certification concernant les intrants industriels utilisés en agriculture (machines, engrais industriels, pesticides, etc.), ainsi que les intrants biologiques (certification et contrôle des semences, par exemple).
Développement et entretien des infrastructures
Infrastructures hydrauliques : dépenses budgétaires au titre des investissements publics dans les infrastructures hydrauliques (réseaux d’irrigation et de drainage).
Stockage, commercialisation et autres infrastructures physiques : dépenses budgétaires au titre des investissements liés au stockage hors exploitation et de divers équipements et infrastructures de marché liés à la manutention et à la commercialisation des produits agricoles primaires (silos, installations portuaires telles que les quais et entrepôts ; marchés de gros, marchés à terme), et autres infrastructures physiques touchant à l’agriculture, dont ce secteur est le principal bénéficiaire.
Infrastructure institutionnelle : dépenses budgétaires au titre des investissements liés à la mise en place et à la gestion de l’infrastructure institutionnelle touchant au secteur agricole (cadastres ; groupes d’utilisateurs de machines, registres de semences et d’espèces ; constitution de réseaux de financement rural ; soutien aux organisations agricoles, etc.).
Restructuration des exploitations agricoles : paiements budgétaires touchant à la réforme des structures agricoles, au titre des stratégies d’entrée, de sortie ou de diversification (en dehors de l’agriculture).
Commercialisation et promotion
Programmes collectifs de transformation et commercialisation : dépenses budgétaires au titre des investissements consacrés à des dispositifs et équipements collectifs de transformation, principalement au premier niveau, et de commercialisation, en vue d’améliorer les conditions de développement des marchés pour l’agriculture.
Promotion des produits agricoles : dépenses budgétaires concernant l’assistance à la promotion collective des produits agroalimentaires (campagnes de promotion et participation à des foires internationales, entre autres exemples).
Stockage public : dépenses budgétaires couvrant les coûts d’entreposage, de dépréciation et d’écoulement des stocks publics de produits agricoles.
Divers : dépenses budgétaires au titre d’autres services d’intérêt général qu’il n’est pas possible de ventiler et d’affecter à l’une des catégories ci-dessus, souvent parce que les informations font défaut.
Des informations plus détaillées sur ces indicateurs, leur utilisation et leurs limites sont disponibles dans OCDE (2016), OECD’S Producer Support Estimate and Related Indicators of Agricultural Support - Concepts, Calculations, Interpretation and Use (The PSE Manual), https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/topics/policy-issues/agricultural-policy-monitoring/producer-support-estimates-manual.pdf (en anglais).
Annexe 1.B. Estimations du soutien à l’agriculture : agrégats régionaux
Copier le lien de Annexe 1.B. Estimations du soutien à l’agriculture : agrégats régionauxTableau d’annexe 1.B.1. OCDE : estimations du soutien à l’agriculture
Copier le lien de Tableau d’annexe 1.B.1. OCDE : estimations du soutien à l’agricultureMillions USD
|
1986-1988 |
2000-2002 |
2023-2025 |
2023 |
2024 |
2025p |
|
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Valeur totale de la production (en sortie d’exploitation) |
595 948 |
674 346 |
1 561 641 |
1 519 800 |
1 542 960 |
1 622 163 |
|
dont : part des produits SPM (%) |
71,26 |
70,61 |
73,59 |
74,65 |
72,27 |
73,86 |
|
Valeur totale de la consommation (en sortie de l’exploitation) |
555 706 |
665 006 |
1 443 272 |
1 417 329 |
1 399 174 |
1 513 315 |
|
Estimation du soutien aux producteurs (ESP) |
229 677 |
217 190 |
244 603 |
222 494 |
236 464 |
274 852 |
|
Soutien au titre de la production de produits de base |
186 562 |
139 383 |
101 508 |
87 027 |
100 751 |
116 747 |
|
Soutien des prix du marché1 |
173 966 |
124 423 |
97 782 |
83 885 |
97 155 |
112 305 |
|
Soutien positif des prix du marché |
178 365 |
125 075 |
98 259 |
84 096 |
97 613 |
113 069 |
|
Soutien négatif des prix du marché |
-4 399 |
-652 |
-477 |
-210 |
-457 |
-764 |
|
Paiements au titre de la production |
12 596 |
14 960 |
3 727 |
3 142 |
3 595 |
4 442 |
|
Paiements au titre de lʼutilisation dʼintrants |
19 703 |
19 536 |
38 207 |
36 207 |
36 208 |
42 205 |
|
En fonction de l’utilisation d’intrants variables |
9 262 |
8 018 |
12 832 |
12 822 |
12 731 |
12 944 |
|
avec contraintes sur les intrants |
796 |
492 |
2 715 |
2 557 |
2 617 |
2 972 |
|
En fonction de la formation de capital fixe |
6 898 |
5 084 |
14 336 |
13 606 |
13 091 |
16 312 |
|
avec contraintes sur les intrants |
1 235 |
544 |
4 272 |
4 256 |
4 131 |
4 430 |
|
En fonction des services utilisés sur l’exploitation |
3 544 |
6 434 |
11 038 |
9 779 |
10 386 |
12 949 |
|
avec contraintes sur les intrants |
439 |
967 |
2 788 |
2 181 |
2 173 |
4 010 |
|
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev courants, production requise |
19 377 |
41 440 |
57 998 |
54 845 |
52 277 |
66 872 |
|
Au titre des recettes/des revenus |
2 052 |
3 173 |
9 825 |
7 884 |
9 020 |
12 570 |
|
Au titre de la superficie cultivée/du nombre d’animaux |
17 325 |
38 266 |
48 173 |
46 961 |
43 257 |
54 302 |
|
avec contraintes sur les intrants |
4 093 |
16 924 |
41 014 |
38 127 |
36 414 |
48 502 |
|
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production requise |
577 |
71 |
2 382 |
2 185 |
2 453 |
2 508 |
|
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production facultative |
2 080 |
13 720 |
35 267 |
35 083 |
34 421 |
36 297 |
|
Avec taux de paiement variables |
181 |
4 318 |
548 |
609 |
435 |
598 |
|
avec exceptions sur les produits |
0 |
4 079 |
488 |
531 |
386 |
547 |
|
Avec taux de paiement fixes |
1 899 |
9 402 |
34 720 |
34 474 |
33 986 |
35 699 |
|
avec exceptions sur les produits |
1 561 |
6 081 |
2 300 |
2 532 |
2 120 |
2 248 |
|
Paiements au titre de critères non liés à des produits de base |
1 078 |
3 208 |
8 553 |
6 474 |
9 629 |
9 556 |
|
En fonction du retrait de ressources à long terme |
1 076 |
2 902 |
4 766 |
4 223 |
4 788 |
5 287 |
|
En fonction de la production de produits particuliers autres que des produits de base |
2 |
237 |
2 660 |
2 018 |
2 295 |
3 665 |
|
En fonction d’autres critères non liés à des produits de base |
0 |
69 |
1 128 |
233 |
2 546 |
604 |
|
Paiements divers |
300 |
-167 |
687 |
671 |
724 |
665 |
|
ESP en pourcentage (%) |
35.24 |
28,31 |
14,32 |
13,42 |
14,06 |
15,40 |
|
CNP des producteurs (coeff.) |
1.46 |
1.25 |
1,07 |
1,06 |
1.07 |
1,08 |
|
CNS aux producteurs (coeff.) |
1.54 |
1,39 |
1,17 |
1.15 |
1,16 |
1,18 |
|
Estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG) |
25 633 |
36 797 |
55 838 |
53 683 |
56 434 |
57 395 |
|
Système de connaissances et d’innovation agricoles |
4 891 |
8 025 |
17 003 |
16 539 |
16 564 |
17 906 |
|
Services d’inspection et de contrôle |
1 076 |
1 934 |
5 608 |
5 386 |
5 677 |
5 759 |
|
Développement et entretien des infrastructures |
10 230 |
16 401 |
20 322 |
19 209 |
19 918 |
21 838 |
|
Commercialisation et promotion |
2 159 |
5 781 |
9 548 |
9 506 |
10 761 |
8 377 |
|
Coût du stockage public |
5 882 |
2 284 |
666 |
569 |
722 |
706 |
|
Divers |
1 395 |
2 372 |
2 692 |
2 474 |
2 793 |
2 808 |
|
ESSG en pourcentage (% de l’EST) |
9,30 |
13,26 |
15,04 |
15,44 |
15,58 |
14,23 |
|
Estimation du soutien aux consommateurs (ESC) |
-154 535 |
-116 027 |
-45 147 |
-29 523 |
-43 643 |
-62 274 |
|
Transferts des consommateurs aux producteurs |
-163 739 |
-120 653 |
-94 679 |
-80 809 |
-92 361 |
-110 868 |
|
Autres transferts des consommateurs |
-22 441 |
-19 495 |
-22 548 |
-21 186 |
-22 019 |
-24 439 |
|
Transferts des contribuables aux consommateurs |
20 168 |
23 587 |
70 702 |
71 573 |
69 424 |
71 110 |
|
Surcoût de l’alimentation animale |
11 477 |
534 |
1 379 |
899 |
1 312 |
1 924 |
|
ESC en pourcentage (%) |
-28,86 |
-18,09 |
-3,29 |
-2,19 |
-3.28 |
-4,32 |
|
CNP des consommateurs (coeff.) |
1.50 |
1.27 |
1,09 |
1,08 |
1.09 |
1,10 |
|
CNS aux consommateurs (coeff.) |
1.41 |
1.22 |
1,03 |
1,02 |
1.03 |
1,05 |
|
Estimation du soutien total (EST) |
275 477 |
277 574 |
371 143 |
347 750 |
362 323 |
403 357 |
|
Transferts des consommateurs |
186 180 |
140 149 |
117 228 |
101 995 |
114 380 |
135 308 |
|
Transferts des contribuables |
111 739 |
156 921 |
276 464 |
266 941 |
269 962 |
292 488 |
|
Recettes budgétaires |
-22 441 |
-19 495 |
-22 548 |
-21 186 |
-22 019 |
-24 439 |
|
EST en pourcentage (% du PIB) |
1,92 |
0,99 |
0,54 |
0,53 |
0,53 |
0,55 |
|
Estimation du soutien budgétaire total (ESBT) |
101 511 |
153 151 |
273 361 |
263 865 |
265 167 |
291 052 |
|
ESBT en pourcentage (% du PIB) |
0.71 |
0,54 |
0,40 |
0,40 |
0.39 |
0,40 |
Note : p : provisoire. CNP : coefficient nominal de protection. CNS : coefficient nominal de soutien. S/Na/Rec/Rev : superficies cultivées/nombre d’animaux/recettes/revenus.
Le total OCDE pour 1986-88 inclut les 38 pays membres de l’OCDE à l’exception du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, d’Israël, de la Lettonie, de la Lituanie et de la Slovénie, pour lesquels les données ne sont pas disponibles. Le total OCDE pour 2000-02 inclut les 38 pays membres de l’OCDE à l’exception de la Lettonie et de la Lituanie. L’EST en pourcentage du PIB de l’OCDE pour 1986-88 est une estimation basée sur les données disponibles.
1. Le soutien des prix du marché (SPM) s’entend net des prélèvements aux producteurs et du surcoût de l’alimentation animale. Produits SPM : voir les notes des tableaux des différents pays.
Source : OCDE (2026), « Estimations du soutien aux producteurs et aux consommateurs », Suivi de la politique agricole (base de données), https://data-explorer.oecd.org/?lc=fr&pg=0.
Tableau d’annexe 1.B.2. Économies émergentes : estimations du soutien à l’agriculture
Copier le lien de Tableau d’annexe 1.B.2. Économies émergentes : estimations du soutien à l’agricultureMillions USD
|
2000-02 |
2022-24 |
2023 |
2024 |
2025p |
|
|---|---|---|---|---|---|
|
Valeur totale de la production (en sortie d’exploitation) |
543 635 |
3 242 773 |
3 192 480 |
3 184 517 |
3 351 323 |
|
dont : part des produits SPM (%) |
74,44 |
82,26 |
81,98 |
82,07 |
82,72 |
|
Valeur totale de la consommation (en sortie de l’exploitation) |
543 976 |
3 212 848 |
3 178 822 |
3 197 669 |
3 262 052 |
|
Estimation du soutien aux producteurs (ESP) |
25 123 |
259 790 |
238 904 |
238 749 |
301 718 |
|
Soutien au titre de la production de produits de base |
4 981 |
117 869 |
101 244 |
95 189 |
157 175 |
|
Soutien des prix du marché1 |
4 565 |
114 252 |
97 599 |
91 630 |
153 528 |
|
Soutien positif des prix du marché |
28 010 |
264 548 |
242 757 |
250 507 |
300 379 |
|
Soutien négatif des prix du marché |
-23 445 |
-150 295 |
-145 158 |
-158 877 |
-146 851 |
|
Paiements au titre de la production |
416 |
3 617 |
3 645 |
3 560 |
3 646 |
|
Paiements au titre de lʼutilisation dʼintrants |
18 193 |
80 928 |
78 350 |
82 480 |
81 955 |
|
En fonction de l’utilisation d’intrants variables |
12 228 |
57 807 |
56 709 |
59 026 |
57 687 |
|
avec contraintes sur les intrants |
16 |
1 708 |
2 461 |
1 779 |
883 |
|
En fonction de la formation de capital fixe |
4 568 |
20 889 |
19 570 |
21 117 |
21 981 |
|
avec contraintes sur les intrants |
91 |
2 017 |
1 829 |
1 616 |
2 605 |
|
En fonction des services utilisés sur l’exploitation |
1 398 |
2 232 |
2 071 |
2 338 |
2 287 |
|
avec contraintes sur les intrants |
16 |
115 |
108 |
77 |
159 |
|
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev courants, production requise |
817 |
36 326 |
35 174 |
36 022 |
37 781 |
|
Au titre des recettes/des revenus |
813 |
3 755 |
2 829 |
3 685 |
4 751 |
|
Au titre de la superficie cultivée/du nombre d’animaux |
5 |
32 571 |
32 345 |
32 337 |
33 030 |
|
avec contraintes sur les intrants |
5 |
111 |
178 |
84 |
70 |
|
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production requise |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production facultative |
370 |
22 347 |
22 122 |
22 612 |
22 306 |
|
Avec taux de paiement variables |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
avec exceptions sur les produits de base |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Avec taux de paiement fixes |
370 |
22 347 |
22 122 |
22 612 |
22 306 |
|
avec exceptions sur les produits de base |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
Paiements au titre de critères non liés à des produits de base |
458 |
1 158 |
1 143 |
1 150 |
1 180 |
|
En fonction du retrait de ressources à long terme |
458 |
1 140 |
1 128 |
1 133 |
1 159 |
|
En fonction de la production de produits particuliers autres que des produits de base |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
|
En fonction d’autres critères non liés à des produits de base |
0 |
18 |
15 |
17 |
21 |
|
Paiements divers |
302 |
1 163 |
871 |
1 295 |
1 322 |
|
ESP en pourcentage (%) |
4,45 |
7,67 |
7,17 |
7,17 |
8,62 |
|
CNP des producteurs (coeff.) |
1,01 |
1,04 |
1,03 |
1,04 |
1,05 |
|
CNS aux producteurs (coeff.) |
1,05 |
1,08 |
1,08 |
1,08 |
1.09 |
|
Estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG) |
19 709 |
62 516 |
62 262 |
62 650 |
62 636 |
|
Système de connaissances et d’innovation agricoles |
3 167 |
9 605 |
9 521 |
9 306 |
9 989 |
|
Services d’inspection et de contrôle |
846 |
3 920 |
3 870 |
3 916 |
3 975 |
|
Développement et entretien des infrastructures |
7 421 |
34 916 |
34 877 |
35 096 |
34 776 |
|
Commercialisation et promotion |
30 |
786 |
817 |
800 |
742 |
|
Coût du stockage public |
8 141 |
13 147 |
13 029 |
13 390 |
13 022 |
|
Divers |
103 |
141 |
149 |
142 |
132 |
|
ESSG en pourcentage (% de l’EST) |
38,74 |
17,48 |
18,42 |
18,74 |
15,64 |
|
Estimation du soutien aux consommateurs (ESC) |
-4 625 |
-157 869 |
-120 921 |
-148 026 |
-204 659 |
|
Transferts des consommateurs aux producteurs |
-7 953 |
-151 578 |
-124 768 |
-132 799 |
-197 169 |
|
Autres transferts des consommateurs |
-4 175 |
-65 959 |
-53 433 |
-71 101 |
-73 343 |
|
Transferts des contribuables aux consommateurs |
6 048 |
35 289 |
36 810 |
32 945 |
36 112 |
|
Surcoût de l’alimentation animale |
1 456 |
24 380 |
20 470 |
22 929 |
29 740 |
|
ESC en pourcentage (%) |
-0,86 |
-4,97 |
-3,85 |
-4,68 |
-6,34 |
|
CNP des consommateurs (coeff.) |
1,02 |
1,07 |
1,06 |
1.07 |
1,09 |
|
CNS aux consommateurs (coeff.) |
1,01 |
1,05 |
1,04 |
1,05 |
1,07 |
|
Estimation du soutien total (EST) |
50 879 |
357 595 |
337 976 |
334 344 |
400 466 |
|
Transferts des consommateurs |
12 128 |
217 538 |
178 201 |
203 901 |
270 511 |
|
Transferts des contribuables |
42 926 |
206 017 |
213 208 |
201 545 |
203 297 |
|
Recettes budgétaires |
-4 175 |
-65 959 |
-53 433 |
-71 101 |
-73 343 |
|
EST en pourcentage (% du PIB) |
1,41 |
1,13 |
1,11 |
1,06 |
1,21 |
|
Estimation du soutien budgétaire total (ESBT) |
46 315 |
243 343 |
240 377 |
242 715 |
246 937 |
|
ESBT en pourcentage (% du PIB) |
1,28 |
0,77 |
0,79 |
0,77 |
0,75 |
Note : p : provisoire. CNP : coefficient nominal de protection. CNS : coefficient nominal de soutien.
S/Na/Rec/Rev : superficies cultivées/nombre d’animaux/recettes/revenus.
Les 13 économies émergentes sont l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil, la Chine, l’Égypte, l’Inde, l’Indonésie, le Kazakhstan, le Pérou, les Philippines, la Russie, l’Ukraine et le Viet Nam.
1. Le soutien des prix du marché (SPM) s’entend net des prélèvements aux producteurs et du surcoût de l’alimentation animale. Produits SPM : voir les notes des tableaux des différents pays.
Source : OCDE (2026), « Estimations du soutien aux producteurs et aux consommateurs », Suivi de la politique agricole (base de données), https://data-explorer.oecd.org/?lc=fr&pg=0.
Tableau d’annexe 1.B.3. Ensemble des pays : estimations du soutien à l’agriculture
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|
2000-02 |
2023-25 |
2023 |
2024 |
2025p |
|
|---|---|---|---|---|---|
|
Valeur totale de la production (en sortie d’exploitation) |
1 217 980 |
4 834 182 |
4 742 167 |
4 754 922 |
5 005 456 |
|
dont : part des produits SPM (%) |
72.32 |
79.46 |
79.62 |
78.91 |
79.86 |
|
Valeur totale de la consommation (en sortie de l’exploitation) |
1 208 983 |
4 720 368 |
4 660 096 |
4 657 567 |
4 843 440 |
|
Estimation du soutien aux producteurs (ESP) |
242 313 |
509 920 |
466 518 |
480 549 |
582 691 |
|
Soutien au titre de la production de produits de base |
144 364 |
220 390 |
189 057 |
196 797 |
275 315 |
|
Soutien des prix du marché1 |
128 988 |
213 037 |
182 262 |
189 633 |
267 217 |
|
Soutien positif des prix du marché |
153 085 |
363 850 |
327 722 |
348 973 |
414 856 |
|
Soutien négatif des prix du marché |
-24 097 |
-150 813 |
-145 461 |
-159 340 |
-147 638 |
|
Paiements au titre de la production |
15 376 |
7 352 |
6 795 |
7 164 |
8 098 |
|
Paiements au titre de lʼutilisation dʼintrants |
37 729 |
119 777 |
115 143 |
119 233 |
124 955 |
|
En fonction de l’utilisation d’intrants variables |
20 246 |
70 877 |
69 805 |
71 933 |
70 895 |
|
avec contraintes sur les intrants |
507 |
4 423 |
5 017 |
4 396 |
3 855 |
|
En fonction de la formation de capital fixe |
9 651 |
35 592 |
33 456 |
34 532 |
38 787 |
|
avec contraintes sur les intrants |
635 |
6 289 |
6 085 |
5 747 |
7 035 |
|
En fonction des services utilisés sur l’exploitation |
7 832 |
13 308 |
11 882 |
12 768 |
15 274 |
|
avec contraintes sur les intrants |
983 |
2 910 |
2 303 |
2 257 |
4 169 |
|
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev courants, production requise |
42 257 |
96 523 |
92 060 |
90 678 |
106 831 |
|
Au titre des recettes/des revenus |
3 986 |
13 710 |
10 989 |
12 735 |
17 407 |
|
Au titre de la superficie cultivée/du nombre d’animaux |
38 271 |
82 813 |
81 071 |
77 943 |
89 424 |
|
avec contraintes sur les intrants |
16 928 |
42 583 |
39 512 |
38 001 |
50 235 |
|
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production requise |
71 |
2 382 |
2 185 |
2 453 |
2 508 |
|
Paiements au titre des S/Na/Rec/Rev non courants, production facultative |
14 090 |
59 204 |
58 828 |
58 516 |
60 267 |
|
Avec taux de paiement variables |
4 318 |
548 |
609 |
435 |
598 |
|
avec exceptions sur les produits de base |
4 079 |
488 |
531 |
386 |
547 |
|
Avec taux de paiement fixes |
9 772 |
58 656 |
58 218 |
58 080 |
59 669 |
|
avec exceptions sur les produits de base |
6 081 |
2 300 |
2 532 |
2 120 |
2 248 |
|
Paiements au titre de critères non liés à des produits de base |
3 666 |
9 781 |
7 683 |
10 839 |
10 821 |
|
En fonction du retrait de ressources à long terme |
3 360 |
5 906 |
5 351 |
5 921 |
6 447 |
|
En fonction de la production de produits particuliers autres que des produits de base |
237 |
2 724 |
2 076 |
2 350 |
3 745 |
|
En fonction d’autres critères non liés à des produits de base |
69 |
1 151 |
256 |
2 568 |
629 |
|
Paiements divers |
135 |
1 863 |
1 563 |
2 033 |
1 993 |
|
ESP en pourcentage (%) |
18.20 |
9.94 |
9.28 |
9.52 |
10.95 |
|
CNP des producteurs (coeff.) |
1.13 |
1.05 |
1.04 |
1.05 |
1.06 |
|
CNS aux producteurs (coeff.) |
1.22 |
1.11 |
1.10 |
1.11 |
1.12 |
|
Estimation du soutien aux services d’intérêt général (ESSG) |
56 506 |
118 333 |
115 871 |
119 010 |
120 119 |
|
Système de connaissances et d’innovation agricoles |
11 192 |
26 691 |
26 141 |
25 936 |
27 995 |
|
Services d’inspection et de contrôle |
2 780 |
9 548 |
9 265 |
9 613 |
9 767 |
|
Développement et entretien des infrastructures |
23 822 |
55 326 |
54 151 |
55 070 |
56 758 |
|
Commercialisation et promotion |
5 811 |
10 123 |
10 094 |
11 344 |
8 930 |
|
Coût du stockage public |
10 426 |
13 813 |
13 597 |
14 112 |
13 729 |
|
Divers |
2 475 |
2 833 |
2 623 |
2 935 |
2 940 |
|
ESSG en pourcentage (% de l’EST) |
17.20 |
16.12 |
16.77 |
16.95 |
14.83 |
|
Estimation du soutien aux consommateurs (ESC) |
-120 652 |
-204 123 |
-151 320 |
-192 518 |
-268 532 |
|
Transferts des consommateurs aux producteurs |
-128 606 |
-247 404 |
-206 531 |
-226 049 |
-309 632 |
|
Autres transferts des consommateurs |
-23 671 |
-88 589 |
-74 642 |
-93 157 |
-97 968 |
|
Transferts des contribuables aux consommateurs |
29 635 |
106 044 |
108 431 |
102 421 |
107 280 |
|
Surcoût de l’alimentation animale |
1 990 |
25 826 |
21 423 |
24 267 |
31 787 |
|
ESC en pourcentage (%) |
-10.23 |
-4.42 |
-3.32 |
-4.23 |
-5.67 |
|
CNP des consommateurs (coeff.) |
1.14 |
1.08 |
1.06 |
1.07 |
1.09 |
|
CNS aux consommateurs (coeff.) |
1.11 |
1.05 |
1.03 |
1.04 |
1.06 |
|
Estimation du soutien total (EST) |
328 454 |
734 297 |
690 820 |
701 980 |
810 091 |
|
Transferts des consommateurs |
152 277 |
335 993 |
281 173 |
319 206 |
407 600 |
|
Transferts des contribuables |
199 848 |
486 893 |
484 289 |
475 931 |
500 459 |
|
Recettes budgétaires |
-23 671 |
-88 589 |
-74 642 |
-93 157 |
-97 968 |
|
EST en pourcentage (% du PIB) |
1.04 |
0.73 |
0.72 |
0.70 |
0.76 |
|
Estimation du soutien budgétaire total (ESBT) |
199 466 |
521 260 |
508 558 |
512 347 |
542 873 |
|
ESBT en pourcentage (% du PIB) |
0.63 |
0.52 |
0.53 |
0.51 |
0.51 |
Note : p : provisoire. CNP : coefficient nominal de protection. CNS : coefficient nominal de soutien.
S/Na/Rec/Rev : superficies cultivées/nombre d’animaux/recettes/revenus.
Les données pour l’ensemble des pays se rapportent aux pays de l’OCDE, aux pays de l’UE non membres de l’OCDE et aux économies émergentes suivantes : Afrique de Sud, Argentine, Brésil, Chine, Égypte, Inde, Indonésie, Kazakhstan, Pérou, Philippines, Russie, Ukraine et Viet Nam. Le total de l’ensemble des pays sur la période 2000‑02 inclut les données de tous les pays, sauf la Lettonie et la Lituanie, pour lesquelles les données ne sont pas disponibles.
1. Le soutien des prix du marché (SPM) s’entend net des prélèvements aux producteurs et du surcoût de l’alimentation animale. Produits SPM : voir les notes des tableaux des différents pays.
Source : OCDE (2026), « Estimations du soutien aux producteurs et aux consommateurs », Suivi de la politique agricole (base de données), https://data-explorer.oecd.org/?lc=fr&pg=0.