Les finances publiques des pays de l’OCDE sont soumises à des défis importants, tels que le ralentissement de la croissance économique, le vieillissement démographique, le niveau élevé de la dette résultant des crises récentes, et de nouvelles tensions sur les dépenses, notamment dans le domaine de la défense. Ce rapport offre une vue d’ensemble des initiatives nationales visant à réaliser des économies en 2025 et 2026. Bien que les mesures d'économie soient nombreuses, leur ambition paraît relativement modeste par rapport aux défis auxquels les finances publiques sont confrontées. À l’avenir, il sera essentiel de permettre au public de mieux comprendre les enjeux budgétaires futurs.
Restaurer les finances publiques
Introduction
Chiffres clés
Environ 1/2
des pays de l’OCDE devraient voir leur déficit primaire se creuser entre 2023 et 2027
89 %
des pays de l’OCDE prennent des mesures d’économies en 2025 et 2026 dans le domaine de la protection sociale et/ou de la santé
77 %
des pays de l’OCDE prennent des mesures d’économies en 2025 et 2026 dans le domaine du fonctionnement de l’administration publique
Les finances publiques de nombreux pays de l’OCDE subissent des tensions importantes
Les déficits budgétaires persistants, les aides généreuses aux ménages et aux entreprises pendant les crises récentes et la croissance économique atone ont contribué à accroître la dette publique à environ 110 % du PIB en moyenne. Le vieillissement de la population continuera d’exercer des pressions sur les dépenses de santé et de retraite. Les tensions sur les dépenses existent également dans d’autres domaines, dont la défense.
Les efforts d’assainissement des finances publiques semblent modestes relativement à l’ampleur des défis
Les efforts déployés pour réduire les dépenses publiques semblent modestes au regard des défis budgétaires actuels. Dans l’ensemble, l’OCDE prévoit que le solde budgétaire primaire se détériorera dans près de la moitié des pays membres au cours de la période 2023-2027. Lorsqu’elles existent, les estimations des pays de l’OCDE indiquent elles aussi que les mesures discrétionnaires adoptées en 2025-2026 pour réduire les dépenses n’auront qu’un impact positif limité. Les augmentations des recettes sont largement utilisées pour appuyer les efforts d’assainissement dans de nombreux pays.
Les mesures d'économie sont plus fréquentes dans les domaines où les dépenses sont les plus importantes
Environ la moitié des dépenses publiques dans les pays de l’OCDE sont consacrées à la protection sociale (retraites et prestations) et à la santé. Ce sont les domaines dans lesquels les mesures d’économies se concentrent, puisque presque tous les pays de l'OCDE ont adopté des mesures en 2025‑2026 dans le domaine de la protection sociale, y compris les retraites, les allocations de chômage, d’invalidité et prestations familiales, et/ou dans celui de la santé.
D’importants efforts sont déployés pour rendre le fonctionnement des administrations publiques plus efficient
La plupart des pays de l'OCDE cherchent à réaliser des économies en rendant le fonctionnement des administrations publiques plus efficient. Cela implique d’utiliser les outils numériques et d’intelligence artificielle pour automatiser les processus et gagner en efficacité, restructurer ou fusionner des institutions publiques et mutualiser les services publics pour des fonctions transversales telles que les marchés publics et la gestion des ressources humaines. Plus de la moitié des pays de l'OCDE engagent des réformes de l’emploi public afin de réduire le coût des effectifs de la fonction publique, notamment en restreignant les salaires et les avantages sociaux.
Que peuvent faire les pouvoirs publics ?
Les retraites, la santé et la dépendance représentent déjà une part importante des dépenses publiques et continueront d’exercer des tensions sur les budgets. Il conviendra d’exercer une vigilance toute particulière et soutenue dans ces domaines pour que les niveaux de dépenses restent soutenables. Les pays prennent déjà de nombreuses mesures d’économies dans ces domaines.
Des institutions budgétaires bien conçues et bien gérées ont une incidence importante sur les résultats budgétaires. Des cadres budgétaires à moyen terme et une budgétisation descendante sont essentiels pour maîtriser les dépenses et atteindre les objectifs budgétaires. Les revues de dépenses jouent également un rôle fondamental pour passer en revue l’ensemble des dépenses existantes lorsqu’il s’agit de réaliser des économies et de réaffecter des financements.
Face aux fortes tensions qui s’exercent sur les finances publiques, les pouvoirs publics sont confrontés à des choix difficiles. Pour susciter l’adhésion en faveur des réformes, il est essentiel que les citoyens s’approprient les défis budgétaires. Les pouvoirs publics peuvent y contribuer en démystifiant le budget, en dialoguant avec les citoyens et en communiquant clairement à propos des questions de finances publiques. Des institutions budgétaires indépendantes peuvent appuyer cet objectif en défendant plus ouvertement la soutenabilité budgétaire.
Les efforts visant à rationaliser et simplifier les processus peuvent aider les pouvoirs publics à réaliser des gains d’efficience durables et à mettre en œuvre des politiques et des services de meilleure qualité. Ils peuvent faire un meilleur usage des technologies numériques, restructurer et fusionner les organismes publics, rationaliser les procédures de passation des marchés publics afin d’obtenir un meilleur rapport qualité prix, et mettre en place des plateformes et services communs pour des fonctions transversales telles que les ressources humaines.
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