La plupart des pays de l’OCDE sont confrontés à des pénuries d’enseignants à des degrés divers, avec des difficultés de recrutement particulièrement marquées en mathématiques et en sciences, ainsi que dans les zones rurales, isolées et défavorisées, selon un nouveau rapport de l’OCDE.
Regards sur l’éducation 2026, le recueil annuel de statistiques nationales comparables sur l’état de l’éducation dans le monde produit par l’OCDE, se concentre cette année sur les pénuries d’enseignants. Le vieillissement des effectifs d’enseignants devrait encore accentuer ces pressions dans les années à venir.
« Il devient désormais plus difficile de recruter, de retenir et de déployer des enseignants qualifiés là où ils sont le plus nécessaires », a déclaré le Secrétaire général, M. Mathias Cormann, à l’occasion de la présentation du rapport. « Les systèmes scolaires doivent planifier leurs futurs recrutements, éviter le départ des enseignants déjà en poste et développer leur vivier d’enseignants sans pour autant transiger sur la qualité. »
Les postes vacants officiels ne donnent qu’une image partielle de la situation. Au total, dans 20 systèmes éducatifs pour lesquels des données sont disponibles, le taux de postes d’enseignant vacants était de moins de 4 % dans le primaire et le secondaire en 2024/25. Les pénuries se concentrent néanmoins souvent dans des matières, des établissements et des régions particuliers. Parmi les 16 pays et économies pour lesquels des données sont disponibles, 11 font état de pénuries d’enseignants pleinement qualifiés en mathématiques et en sciences dans le secondaire.
Le niveau de qualification constitue un défi particulier. Pendant l’année scolaire 2024/25, 9 % en moyenne des enseignants du primaire et du secondaire dans les pays de l’OCDE ne possédaient pas toutes les qualifications requises. Cette proportion dépassait 18 % en Allemagne, au Chili, au Danemark et en Estonie, tandis qu’en Corée et au Japon, les enseignants doivent être pleinement qualifiés avant de pouvoir exercer.
Par ailleurs, un enseignant du secondaire sur quatre est âgé de 55 ans ou plus dans la zone OCDE, ce qui va compliquer d’autant les recrutements dans les années à venir.
Si 85 % des enseignants se déclarent satisfaits de leur emploi, seuls 22 % estiment que leur métier est valorisé par la société.
Le niveau de rémunération compte, mais ce n’est pas le seul facteur qui influe sur le recrutement et le maintien en poste. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les enseignants gagnent entre 87 % et 95 % du salaire des autres actifs diplômés du supérieur, tandis que le salaire de départ des enseignants du premier cycle du secondaire représente en moyenne 61 % de la rémunération des actifs ayant un niveau de formation similaire. Une charge de travail gérable, l’autonomie professionnelle, une direction d’établissement efficace, des possibilités d’évolution et la reconnaissance de la société déterminent également l’attractivité de la profession.
Le manque d’enseignants reflète également des pénuries plus générales de travailleurs qualifiés dans l’ensemble de l’économie, les systèmes éducatifs étant en concurrence avec d’autres secteurs pour attirer du personnel hautement qualifié.
Les systèmes éducatifs peuvent remédier aux pénuries en faisant un meilleur usage de leurs capacités pédagogiques existantes et en élargissant les voies d’accès à la profession sans transiger sur la qualité. Les technologies, y compris l’intelligence artificielle, ainsi qu’un personnel de soutien spécialisé peuvent contribuer à réduire les tâches administratives et permettre aux enseignants de consacrer plus de temps à l’enseignement, à l’accompagnement de leurs élèves et au développement professionnel.
L’évolution démographique offre l’occasion de répartir les enseignants et les ressources de manière plus efficace. Dans les pays de l’OCDE, le nombre d’enfants âgés de 5 à 14 ans devrait diminuer de 9 % entre 2024 et 2033, même si cette baisse ne sera pas uniforme. Les responsables publics ont ainsi la possibilité de réorienter les enseignants et les ressources vers les établissements, les matières et les localités où les pénuries sont les plus importantes.
Sont étudiés dans Regards sur l’éducation 2026 les systèmes éducatifs des 38 pays membres de l’OCDE, auxquels s’ajoutent l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, l’Argentine, le Brésil, la Bulgarie, la Chine, la Croatie, l’Inde, l’Indonésie, le Pérou, la Roumanie et la Thaïlande. Le rapport, qui présente des données comparables à l’échelle internationale sur les systèmes éducatifs à travers le monde, notamment les taux de scolarisation et de réussite, le financement et l’organisation des systèmes éducatifs, met l’accent cette année sur les pénuries d’enseignants.
On pourra se reporter à la Synthèse de Regards sur l'éducation 2026, qui en reprend les principaux résultats et graphiques (ce lien peut être inclus dans les articles).
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