Les taux effectifs d’imposition des revenus du travail pour un travailleur célibataire rémunéré au salaire moyen ont augmenté dans la majorité des pays de l’OCDE pour la quatrième année consécutive en 2025. Au cours de la même année, les taux effectifs d’imposition ont marqué une hausse en moyenne dans la zone OCDE pour les huit types de ménage examinés dans ce rapport, et ce pour la première fois depuis 2022, année au cours de laquelle de nombreux pays ont progressivement supprimé les mesures de soutien prises pendant la pandémie de COVID-19. Les plus fortes hausses du coin fiscal ont été observées pour les ménages avec enfants, ce qui a réduit l’écart entre les taux effectifs d’imposition appliqués respectivement aux ménages avec enfants et aux ménages sans enfant pour la deuxième année consécutive.
Les Impôts sur les salaires fournit une comparaison entre différents pays du coin fiscal, qui correspond au total de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, des cotisations de sécurité sociale (CSS) à la charge des salariés et des employeurs, et des taxes sur les salaires, moins les prestations en espèces perçues par les familles, exprimé en pourcentage des coûts de main-d’œuvre. Un coin fiscal élevé tend à réduire les incitations à travailler et à embaucher, en diminuant le salaire net et en augmentant les coûts de main-d'œuvre pour les employeurs.
Pour un travailleur célibataire rémunéré au salaire moyen, le coin fiscal a augmenté en 2025 par rapport à l’année précédente dans 24 pays, diminué dans 11 pays, et n’a pas varié dans trois pays. En moyenne dans la zone OCDE, le coin fiscal pour ce type de ménage a gagné 0.15 points de pourcentage (p.p.) en 2025 jusqu’à atteindre 35.1 %. La plus forte hausse – de 2.45 p.p. – a été observé au Royaume-Uni, en partie à cause d’une hausse des cotisations patronales de sécurité sociale et en partie à cause du freinage fiscal, phénomène par lequel les taux effectifs d’imposition augmentent mécaniquement lorsque les paramètres des systèmes fiscaux ne sont pas ajustés à l’inflation. Des hausses supérieures à 1 p.p. ont également été enregistrées en Estonie (1.95 p.p.), en Allemagne (1.34 p.p.) et en Israël (1.09 p.p.). L’Estonie a relevé son taux de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) de 20 % à 22 % en 2025, tandis que la progression du coin fiscal en Allemagne et en Israël a été le résultat d’une hausse des CSS patronales et salariales ainsi que d’un freinage fiscal.
Le repli du coin fiscal pour un travailleur célibataire percevant le salaire moyen a excédé 1 p.p. en Italie (- 1.21 p.p.), en Lettonie (-1.44 p.p.) et en Australie (-1.67 p.p.). En Italie et en Lettonie, ce mouvement a été dû à l’octroi d’allégements fiscaux plus généreux aux salariés moyens, tandis qu’en Australie, le recul a été principalement imputable à une réforme du barème d’imposition qui s’est traduite par un abaissement des taux légaux de l’IRPP.
Le coin fiscal a marqué une hausse en moyenne dans la zone OCDE en 2025 pour les sept autres types de ménage analysés dans Les Impôts sur les salaires. La plus forte progression concerne les parents isolés de deux enfants percevant 67 % du salaire moyen, dont le coin fiscal a gagné 0.52 p.p. en moyenne, pour s’établir à 16.3 %, et a suivi une pente ascendante dans 22 pays. C’est en Slovénie (5.6 p.p.), en République slovaque (4.7 p.p.) et au Royaume-Uni (4.3 p.p.) que le coin fiscal a le plus progressé pour ce type de ménage, en raison d’un freinage fiscal conjugué à une hausse des CSS et une diminution des allégements fiscaux et des prestations en espèces. Les baisses les plus marquées ont été observées au Luxembourg (-3.2 p.p.), en Lituanie (-2.7 p.p.), au Danemark, en Irlande et en Lettonie (-2.0 p.p.), sous l’effet de l’abaissement des taux de l’IRPP et de l’augmentation des avantages fiscaux pour enfants à charge.
Le coin fiscal pour un couple avec deux enfants disposant d’un seul salaire égal au salaire moyen a augmenté dans 22 pays et fléchi dans 15 pays en 2025 ; la montée de 0.46 p.p. du coin fiscal moyen dans la zone OCDE (porté à 26.2 %) a été la deuxième plus forte hausse tous types de ménage confondus. La différence entre le coin fiscal moyen dans la zone OCDE pour ce type de ménage et pour un travailleur célibataire percevant le salaire moyen a diminué de 0.31 p.p. pour s’établir à 8.9 p.p. en 2025, ce qui dénote une réduction de l’avantage fiscal dont bénéficient les ménages avec enfants.
Le rapport contient une Étude spéciale ayant pour objet d’examiner la progressivité légale de l’imposition des revenus du travail dans les pays de l’OCDE. En s’appuyant sur l’indicateur de progressivité légale présenté dans Les Impôts sur les salaires 2013, les auteurs étudient dans quelle mesure le coin fiscal sur les revenus du travail varie en fonction du niveau de rémunération et de la composition des ménages actifs dans les pays de l’OCDE. Dans l'ensemble de l'OCDE, les régimes d'imposition du travail ont tendance à être plus progressifs pour les ménages à faibles revenus et ceux ayant des enfants, grâce à l'effet des mesures d'allègement fiscal et des transferts en espèces.
L’Étude spéciale constate également que, depuis 2000, les régimes fiscaux des pays de l'OCDE sont devenus plus progressifs pour les ménages dont les revenus sont inférieurs au salaire moyen, tandis que la progressivité du coin fiscal sur les revenus supérieurs au salaire moyen n'a pas beaucoup évolué, les pays de l'OCDE ayant eu tendance, au cours de cette période, à réduire davantage les impôts des travailleurs à faibles revenus que ceux des travailleurs aux revenus moyens et élevés.