Dans cette première édition du rapport Les fondements de la croissance et de la compétitivité sont examinées les réformes structurelles à mettre en œuvre dans des domaines d’action identifiés comme prioritaires pour renforcer la croissance dans les pays membres et dans certaines économies non membres de l’OCDE. La sélection de ces priorités repose sur une nouvelle base de données d’indicateurs comparables au niveau international, permettant aux pays d’évaluer leurs performances économiques et leurs politiques structurelles dans un large éventail de domaines, ainsi que sur un modèle de hiérarchisation des priorités de l’action publique élaboré récemment. Dans cette édition du rapport Les fondements de la croissance et de la compétitivité, les recommandations relatives aux priorités d’action structurelles propres à chaque pays s’articulent autour de trois principaux domaines : les catalyseurs, les incitations de marché et les mesures ciblées. On trouvera des informations détaillées sur les priorités d’action des différents pays dans les notes consacrées à chacun d’eux.
Les fondements de la croissance et de la compétitivité 2026
Description
Synthèse
Il est aujourd’hui crucial de réexaminer les fondements de la croissance, compte tenu de la dégradation des perspectives économiques à moyen terme des pays de l’OCDE, liée à un ralentissement marqué de la croissance de la productivité du travail. Ce dernier tient à la faiblesse persistante de l’investissement des entreprises depuis la crise financière mondiale, ainsi qu’au ralentissement sur longue période de la dynamique des entreprises et de l’accumulation de capital humain. Bien que le renforcement de l’emploi constaté au cours des 15 dernières années ait compensé dans une certaine mesure cette évolution, cette progression pourrait cesser peu à peu sous l’effet du vieillissement démographique et des pénuries persistantes de main-d’œuvre et de compétences. Dans ce contexte, les pays doivent de toute urgence mettre en œuvre des réformes structurelles propices aux gains de productivité, sachant que la dynamique de réforme s’essouffle dans l’ensemble de la zone OCDE depuis plus de dix ans. Cela peut aider les pays à relancer leur économie en faisant face aux vents contraires susmentionnés qui soufflent sur la croissance, et en exploitant plus pleinement les possibilités offertes par les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle (IA).
L’initiative relative aux fondements de la croissance et de la compétitivité (F4GC) vise à doter les responsables publics des outils nécessaires pour relever ces défis. Dans cette édition 2026 sont identifiées des priorités de réforme structurelle qui peuvent être ventilées entre trois grands domaines: les catalyseurs, notamment le capital humain, la gouvernance, les infrastructures et la politique macroéconomique ; les incitations de marché et l’efficience allocative, qui recouvrent la fiscalité, la réglementation des marchés de produits et du travail, les échanges et l’investissement direct étranger (IDE) ; ainsi que les mesures ciblées et sectorielles, notamment les aides relatives à l’innovation et à la sécurité énergétique.
Cadre d’analyse des fondements de la croissance et de la compétitivité
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Les priorités de réforme sont identifiées à l’aide d’un modèle de hiérarchisation des priorités d’action élaboré récemment, qui est fondé sur une nouvelle base de données agrégeant la plupart des statistiques produites par l’OCDE sur les politiques structurelles. Chacun des indicateurs de cette base de données est ensuite appairé avec des indicateurs de performance pertinents, fondés sur l’état actuel des connaissances concernant les effets positifs que peuvent avoir de meilleures politiques publiques sur les déterminants structurels de la croissance. Pour un pays donné, une priorité d’action potentielle se dégage lorsque l’indicateur de résultat et l’indicateur de politique qui lui est associé se situent tous deux en deçà de la moyenne de l’OCDE, sachant que plus cet écart est important, plus la priorité d’action correspondante sera privilégiée. Cette procédure quantitative de sélection des priorités potentielles (couvrant l’ensemble des pays) est ensuite complétée par une évaluation qualitative reposant sur les compétences spécialisées du bureau géographique compétent, de manière à identifier les cinq priorités structurelles les plus importantes pour chacun des 48 pays couverts, parmi lesquels figurent l’ensemble des 38 pays membres de l’OCDE.
Chaque pays se trouve naturellement dans une situation qui lui est propre, mais plus d’un tiers des problèmes structurels mis en évidence concernent la réglementation des marchés de produits (RMP) et l’insolvabilité et l’éducation, les compétences et le capital humain, ce qui est significatif compte tenu du ralentissement de la dynamique des entreprises et de l’accumulation du capital humain. Un autre tiers des recommandations porte sur la mobilité de la main-d’œuvre et le taux d’activité, la gouvernance et la qualité des institutions et l’efficience du système d’imposition. Viennent ensuite les problèmes structurels liés aux infrastructures matérielles, à l’innovation ainsi qu’à l’ouverture aux échanges et à l’IDE, qui représentent collectivement plus d’un cinquième du total. Enfin, les difficultés associées aux infrastructures numériques, aux politiques énergétiques et environnementales, au logement ainsi qu’aux politiques macroéconomiques et aux marchés financiers représentent moins d’un dixième du total.
Pour relancer la croissance, il faudra remédier à un large éventail de problèmes structurels
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Source : Calculs de l’OCDE fondés sur les notes par pays du rapport sur les fondements de la croissance et de la compétitivité (F4GC).
Renforcer les catalyseurs de croissance sous-jacents
Copier le lien de Renforcer les catalyseurs de croissance sous-jacentsPour relancer la croissance et bâtir une économie solide, la première étape consiste à renforcer ses fondements. Pour ce faire, les pays doivent remédier aux problèmes structurels liés à leurs catalyseurs de croissance. Investir dans le capital humain en améliorant la qualité et la réactivité du système d’enseignement, en particulier de la formation professionnelle, en élargissant l’accès au système à tous les niveaux d’instruction, et en resserrant les liens entre les universités et le marché du travail peut rehausser la productivité de la main-d’œuvre et améliorer la capacité d’adaptation de la population active aux transformations structurelles.
En outre, renforcer la qualité de la réglementation et des institutions, par exemple en élargissant le champ des analyses d’impact de la réglementation et en associant plus activement les parties prenantes, jette les bases d’un cadre réglementaire efficace, qui est lui-même essentiel pour créer des incitations de marché adéquates et améliorer la répartition des ressources dans l’économie. Par ailleurs, investir davantage dans les infrastructures, en particulier dans les domaines des transports et du haut débit, peut renforcer la connectivité ainsi que la diffusion des connaissances et des technologies, contribuant ainsi à accélérer la croissance de la productivité. Il est crucial de veiller à l’efficience économique de ces investissements et à leur durabilité environnementale, ainsi que de mieux évaluer les projets, pour maximiser leur rendement. En outre, il est essentiel de renforcer la stabilité macroéconomique, notamment grâce à une saine gestion budgétaire, et d’améliorer l’accès des entreprises aux financements pour créer un environnement favorable à leurs activités.
Améliorer les incitations de marché et l’efficience allocative
Copier le lien de Améliorer les incitations de marché et l’efficience allocativeUne fois que ces catalyseurs clés sont en place, la deuxième étape évidente consiste à instaurer pour les entreprises et les ménages des incitations de marché qui favorisent l’activité économique et orientent les ressources vers leurs usages les plus productifs.
L’environnement réglementaire peut favoriser la création d’entreprise, l’investissement et l’innovation, à condition que des catalyseurs essentiels tels que des infrastructures et des compétences adéquates soient en place. Renforcer la concurrence sur les marchés de produits, notamment en réduisant la présence capitalistique de l’État dans les entreprises, et préserver une ouverture aux échanges et à l’IDE fondée sur des règles internationales, incitent les entreprises à investir et à innover. Alléger les charges administratives, réduire les obstacles à l’entrée sur le marché – en particulier dans les secteurs ayant d’amples effets d’entraînement sur le reste de l’économie (comme les industries de réseau, les services professionnels et le commerce de détail) – et simplifier les régimes d’insolvabilité peuvent faciliter l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché et la sortie d’autres, tout en renforçant la dynamique des entreprises et l’efficience allocative.
En outre, réduire les obstacles à la mobilité de la main d’œuvre et à l’activité peut favoriser une utilisation plus efficiente des ressources en main-d’œuvre. Renforcer les incitations au travail – au moyen de système de prélèvements et de prestations et de mesures d’activation judicieusement conçus – tout en élargissant l’accès à des services abordables d’accueil des jeunes enfants et en mettant en œuvre des politiques du logement propices à la mobilité, peut permettre d’améliorer l’utilisation de la main-d’œuvre et la répartition des compétences. Enfin, des réformes des impôts permettant de rationaliser les dépenses fiscales et d’élargir la base d’imposition, de réaliser un transfert de charge fiscale des revenus du travail et des bénéfices des entreprises vers les biens immobiliers et la consommation, ainsi que de dématérialiser la collecte des impôts, peuvent renforcer encore la croissance en réduisant les distorsions inhérentes à la fiscalité.
Orienter et soutenir l’activité économique
Copier le lien de Orienter et soutenir l’activité économiqueUne fois que des conditions propices à la croissance ont été instaurées et que des mesures créant des incitations de marché adéquates ont été adoptées, les pouvoirs publics peuvent orienter de manière stratégique l’activité économique vers des domaines prioritaires. Des réformes ciblées promouvant l’innovation, les investissements verts et la sécurité énergétique contribuent à remédier aux défaillances du marché, à accélérer les transitions technologiques et à mettre la croissance en adéquation avec des objectifs sociétaux à long terme, tout en renforçant la compétitivité et la résilience économique.
Les aides publiques à la R-D demeurent essentielles pour surmonter les problèmes de sous-investissement, et un renforcement de la collaboration entre les entreprises et les universités conjugué à une meilleure coordination des politiques d’innovation peut en amplifier les effets, en particulier lorsqu’il va de pair avec des réformes de l’enseignement.
Les réformes du marché de l’énergie sont de plus en plus cruciales pour la sécurité des approvisionnements énergétiques et pour faire avancer la transition vers les énergies propres. Dans cette optique, il peut être bénéfique pour les pays de lever les obstacles à l’entrée sur les marchés, de renforcer la réglementation, et de favoriser l’investissement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.
Pour susciter l’adhésion aux réformes structurelles, il faut améliorer leur cohérence et la compréhension de leurs effets
Copier le lien de Pour susciter l’adhésion aux réformes structurelles, il faut améliorer leur cohérence et la compréhension de leurs effetsLa réussite d’un programme de réformes structurelles dépend de sa cohérence et de la maîtrise des enjeux d’économie politique pouvant faire obstacle à ces réformes. Ceci posé, nous mettons fortement l’accent dans ce rapport sur la compréhension des possibilités d’exploiter la complémentarité des politiques publiques, ainsi que sur la production de nouvelles données probantes sur le délai de matérialisation des gains de croissance résultant des réformes structurelles, compte tenu des coûts politiques éventuels des réformes.
Sachant que les priorités d’action les plus fréquentes concernent la RMP et les régimes d’insolvabilité ainsi que le capital humain et les compétences, des réformes mises en œuvre dans ces domaines pourraient faire jouer la complémentarité des politiques publiques en renforçant l’efficacité de l’action publique dans d’autres domaines (notamment celle des politiques ciblées). Ainsi, le rendement des subventions à l’innovation sera rehaussé par la disponibilité d’un capital humain de haute qualité, de même que par une RMP et des régimes d’insolvabilité renforçant le dynamisme économique, qui joue un rôle central dans le processus d’innovation.
En outre, en s’appuyant sur la base de données récemment créée, cette première édition fournit également de nouvelles données empiriques sur les effets économiques à court terme des réformes structurelles, qui peuvent être incertains et inégaux. Or, ces effets à court terme peuvent influer sur les réactions des électeurs et des groupes d’intérêt, et déterminer si les réformes sont politiquement faisables, pérennes ou remises en question a posteriori. La connaissance de ces effets permet aux responsables publics d’anticiper les résistances, de concevoir des mesures compensatoires, de former des coalitions et, globalement, d’élaborer une meilleure stratégie de réforme, susceptible d’accroître la probabilité que les réformes adoptées et mises en œuvre soient couronnées de réussite.
Ces nouvelles données empiriques visent à compléter de précédents travaux de l’OCDE, qui portaient essentiellement sur les effets à long terme. Cela dit, en s’appuyant sur ces éclairages à long terme, cette édition montre comment les réformes structurelles peuvent aussi étayer la viabilité des finances publiques sur fond de dette publique élevée et de montée des tensions sur les dépenses. Dans la mesure où elles élargissent la base d’imposition, renforcent le dynamisme économique ou améliorent l’efficience des administrations publiques, les réformes structurelles peuvent constituer un levier pour réduire le ratio dette/PIB sans recourir exclusivement à une politique d’austérité, renforçant du même coup la viabilité de la dette ainsi que la résilience et la croissance de l’économie. Mettre davantage en évidence ces effets peut aussi améliorer l’acceptabilité politique des réformes, en montrant qu’elles présentent des avantages tangibles sur le plan budgétaire
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23 septembre 202528 Pages