Le déclin est principalement dû aux cinq plus grands fournisseurs du CAD
L’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et la France (classés par volume d’APD) représentent 95.7 % de la baisse totale de l’APD. À eux seuls, les États-Unis sont à l’origine des trois quarts de ce recul, avec une APD en baisse de 56.9 % par rapport à 2024. Il s’agit de la plus forte réduction en volume jamais enregistrée par un fournisseur, toutes années confondues. En 2025, l’Allemagne est devenue pour la première fois de l’histoire le premier fournisseur d’APD du CAD, avec un total de 29.1 milliards USD. Huit membres du CAD ont augmenté leur APD.
Les coupes ont surtout touché l’aide bilatérale et le financement de l’ONU
L’APD bilatérale a diminué de 26.4 % pour s’établir à 126.4 milliards USD, tandis que l’APD multilatérale a reculé de 12.7 % à 47.9 milliards USD. Au sein de l’APD bilatérale, les dons ont enregistré une baisse nettement plus marquée (-29.1 %) que les prêts (-10.3 %). S’agissant de l’APD multilatérale, en recul pour la deuxième année consécutive, les baisses ont surtout touché les contributions de base au système des Nations Unies (-27 %), soit la plus forte diminution annuelle jamais enregistrée pour ces financements. En revanche, les contributions à la Banque mondiale et aux banques régionales de développement ont augmenté.
Les pays non-membres du CAD ont fourni une APD substantielle
Douze fournisseurs officiels non-membres du CAD ont déclaré un total de 13.3 milliards USD au titre de l’APD, témoignant d’un engagement soutenu en faveur de la coopération pour le développement.
L’aide bilatérale aux programmes de développement a connu un recul historique
L’APD consacrée aux programmes, aux projets et à la coopération technique pour le développement (donc excluant les coûts liés à l’accueil des réfugiés dans les pays donneurs, l’aide humanitaire et l’allègement de la dette) a diminué de 26.3 %, soit la plus forte baisse jamais enregistrée pour cette composante. Cette partie de l’APD avait pourtant fait preuve de résilience au fil du temps, augmentant de 24.2 % entre 2019 et 2023. Le recul important observé en 2025 signifie que les coupes ont porté au-delà des composantes de l’aide qui fluctuent habituellement d’une année sur l’autre, telles que les coûts liés à l’accueil des réfugiés dans les pays donneurs et l’aide humanitaire.
L’aide humanitaire des pays du CAD a diminué de 35.8 % pour s’établir à 15.5 milliards USD, soit un deuxième recul consécutif après cinq années de croissance (2019-2023). Les coûts liés à l’accueil des réfugiés dans les pays donneurs ont baissé de 22.1 % par rapport à 2024 et sont restés stables en proportion de l’APD totale (13.2 %, contre 13.0 % en 2024).
L’APD bilatérale a diminué pour l’Ukraine, l’Afrique subsaharienne et les pays les moins avancés
L’APD bilatérale nette des pays du CAD en faveur de l’Ukraine a chuté de 38.2 % en 2025, pour atteindre 10.3 milliards USD, sous l’effet de la baisse du soutien des États-Unis, alors même que 23 pays ont augmenté leur APD bilatérale à l’Ukraine. L’APD bilatérale aux pays les moins avancés (PMA) et à l’Afrique subsaharienne a également reculé, de 25.8 % et 26.3 % respectivement.
Ces dernières années, ces baisses bilatérales avaient été en partie compensées par une augmentation des financements concessionnels des organisations multilatérales. Toutefois, l’APD multilatérale étant en recul depuis deux ans, il n’est pas certain que cette tendance se soit maintenue en 2025. Les données finales, publiées en décembre 2026, permettront une évaluation plus complète.
Avec les apports des institutions de l’UE, l’Ukraine a reçu 44.9 milliards USD, soit une augmentation de 18.7 % par rapport à 2024 et le plus important volume d’APD nette jamais versé à un seul bénéficiaire en une seule année. Ce montant est supérieur à l’APD bilatérale combinée des membres du CAD à l’ensemble des PMA (28.1 milliards USD) et à l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne (29.2 milliards USD).
Les perspectives de l’APD en recul
L’APD a augmenté de 32.7 % entre 2019 et 2023, portée par la réponse des membres du CAD à la pandémie de COVID-19 et à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine. Cette croissance s’est depuis inversée. L’APD a reculé de 6.1 % en 2024 et de 23.1 % en 2025, dans un contexte de pressions budgétaires et politiques croissantes, la ramenant à un niveau inférieur de 4.2 % à celui de 2019.
Ces reculs soulèvent des préoccupations quant à l’espace budgétaire des pays en développement et quant à l’efficacité et au potentiel catalytique de l’APD restante. Les projections indiquent une nouvelle baisse de 5.8 % de l’APD du CAD en 2026, un chiffre qui ne tient pas compte des nouvelles tensions liées à la crise actuelle au Moyen-Orient.