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Centre pour le bien-être, l’inclusion, la soutenabilité et l’égalité des chances (WISE)

Les inégalités suscitent de plus en plus d’inquiétudes, mais les mesures à prendre pour les combattre divisent l’opinion, selon l'OCDE

 

18/11/2021 - Pour favoriser une reprise forte, durable mais aussi équitable après la crise du COVID-19, il sera essentiel de lutter contre les inégalités et de promouvoir l’égalité des chances. Pourtant, d’après un nouveau rapport de l’OCDE, si un consensus se dégage peu à peu sur le fait que les inégalités posent problème, les individus sont de plus en plus divisés sur la question de l’ampleur de ces inégalités et des mesures à prendre pour y faire face.

Il ressort du rapport Les inégalités comptent-elles ? que la plupart des gens sont préoccupés par cette question. En effet, quatre personnes sur cinq dans la zone OCDE estiment que les écarts de revenu sont trop marqués dans leur pays. Elles sont préoccupées par les inégalités à la fois de revenu et de chances. Elles perçoivent de fortes disparités en matière de revenus et de salaires ainsi qu’une faible mobilité sociale. En outre, les préoccupations liées aux écarts de revenu et de salaire se sont accrues ces trois dernières décennies, parallèlement à la hausse des inégalités de revenu.

L’opinion publique n’est pas déconnectée de la réalité. Conformément aux tendances observées des inégalités de revenu, les individus estimaient, en moyenne, que les hauts revenus étaient 5 fois supérieurs aux bas revenus à la fin des années 1980 et au début des années 1990, tandis que ce coefficient perçu s’établit à 8 aujourd’hui, après avoir atteint un niveau record de 10 à la suite de la crise financière mondiale de 2007-2008. La tolérance à l’égard des inégalités a également progressé, mais dans une moindre mesure. Aujourd’hui, on estime, en moyenne, que les hauts revenus devraient être 4 fois supérieurs aux bas revenus, alors qu’à la fin des années 1980 le ratio moyen privilégié était de 3.

Plus de 6 citoyens sur 10 dans l’OCDE pensent que leur gouvernement devrait faire davantage pour réduire les écarts de revenu entre les riches et les pauvres, en utilisant impôts et transferts sociaux. Plus les individus sont préoccupés par les inégalités et perçoivent une faible mobilité sociale, plus leur demande de redistribution est forte.

Le point de vue des citoyens au sujet de l’efficacité des mesures prises par les pouvoirs publics et les déterminants des inégalités entre également en ligne de compte. Les individus sont en effet moins susceptibles d’exiger une plus grande redistribution s’ils estiment que les prestations sociales sont mal ciblées, et ils sont moins favorables à la progressivité de l’impôt s’ils pensent que la corruption est répandue chez les fonctionnaires, entraînant une utilisation abusive et une mauvaise répartition des transfert sociaux.

La demande en faveur d’une imposition plus progressive est également moindre lorsque la population estime que les disparités sont justifiées par des différences de mérite personnel, plutôt que par des circonstances indépendantes de la volonté des individus. En Pologne, par exemple, en 2018, 25 % des personnes interrogées estimaient que la pauvreté était due à des efforts insuffisants plutôt qu’à une injustice ou à de la malchance, et 54 % demandaient une imposition plus progressive, alors qu’en Allemagne, ces chiffres étaient respectivement de 4 % et de 77 %.

Pourtant, si la plupart des individus sont préoccupés par les inégalités, leurs opinions divergent autour de leur ampleur et des mesures à prendre pour y faire face. Si l’on prend un pays de l’OCDE moyen, un quart de la population pense que plus de 70 % du revenu national est capté par les 10 % des ménages les plus riches, contrairement à un autre quart qui estime quant à lui que moins de 30 % revient aux ménages les plus riches.

En outre, la diversité des points de vue sur les inégalités a encore progressé ces trois dernières décennies, et cela même entre personnes présentant des caractéristiques socioéconomiques similaires. On observe en effet une polarisation croissante de l’opinion : dans la plupart des pays de l’OCDE, l’écart se creuse entre les individus qui pensent que les inégalités sont fortes et ceux qui les jugent faibles. Les pays très inégalitaires comprennent une opinion publique particulièrement divisée : c’est en effet au Chili et aux États-Unis, deux des pays de l’OCDE parmi les plus inégalitaires, que les avis divergent le plus quant à l’importance de la part revenant au haut de la distribution des revenus.

Pour plus d’informations, les journalistes peuvent prendre contact avec Michael Förster (Tél. : + 33 1 45 24 92 80) ou Emanuele Ciani (Tél. : + 33 1 45 24 17 77) du Centre de l’OCDE pour le bien-être, l’inclusion, la soutenabilité et l’égalité des chances.

Le rapport ainsi que les notes par pays pour l’Allemagne, l’Australie, le Canada, le Chili, la Corée, le Danemark, les États-Unis, la Finlande, la France, l’Italie, le Japon, le Mexique et le Royaume-Uni peuvent être téléchargés à l’adresse suivante : http://oe.cd/does-inequality-matter

 

Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui œuvre à promouvoir des politiques conçues pour préserver les libertés individuelles et améliorer le bien-être économique et social des citoyens dans le monde entier.

 

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