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Centre pour le bien-être, l’inclusion, la soutenabilité et l’égalité des chances (WISE)

Le niveau de bien-être s’est affaibli en Amérique latine sous l’effet de la pandémie, les chiffres en témoignent

 

28/10/2021 - La pandémie de COVID-19 menace d’effacer une bonne partie de l’acquis des deux dernières décennies, sur le plan du bien-être, en Amérique latine, et d’aggraver les problèmes auxquels la région faisait face, d’après un nouveau rapport de l’OCDE.

Dans la publication How’s Life in Latin America?, l’Organisation indique que la pandémie a durement frappé la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, et plus particulièrement les couches les plus fragiles de la population. Le COVID-19 a fait de nombreux morts et a eu des répercussions à tous les égards sur le bien-être des individus.

La pandémie s’est déclarée au moment même où la précarité s’accentuait dans différents domaines : la croissance du revenu et la lutte contre la pauvreté piétinaient déjà, l’emploi fléchissait et le chômage augmentait, la population se montrait de moins en moins satisfaite de ses conditions de vie et perdait confiance dans les institutions publiques. Il est indiqué dans le rapport que le net déclin du niveau de satisfaction à l’égard de l’existence et la dissolution des liens sociaux entre 2019 et 2020 témoignent du coût humain de la crise.

Construit à partir du cadre de mesure du bien-être de l’OCDE, qui privilégie l’individu et son milieu de vie plutôt que l’économie en tant que fin en soi, le rapport porte sur 11 dimensions du bien-être actuel – revenu et consommation, travail et qualité des emplois, logement, santé, connaissances et compétences, qualité de l’environnement, bien-être subjectif, sécurité, équilibre vie professionnelle-vie privée, liens sociaux, et engagement civique. Il y est également question des ressources dont dépend le bien-être de demain – ressources naturelles, ressources économiques, ressources humaines et capital social.

Les habitants de l’Amérique latine et des Caraïbes ont, dans leur ensemble, pu jouir d’une amélioration de leur bien-être matériel à différents points de vue au cours des deux décennies qui ont précédé la pandémie. Les dépenses de consommation des ménages ont augmenté d’un tiers, en moyenne, entre 2000 et 2019. L’espérance de vie s’est allongée, le pourcentage d’individus ayant effectué des études secondaires a augmenté, tout comme le nombre de ménages ayant accès à l’eau potable.
 

Mais parallèlement à ces progrès, la fin de la flambée des prix des produits de base a débouché sur une stagnation, voire une détérioration, des conditions matérielles après 2014. Les individus ont commencé à juger leur niveau de vie d’un œil moins favorable tandis que le recul des inégalités de revenu donnait des signes de ralentissement. La lutte contre la pauvreté a piétiné dans de nombreux pays après 2015, et les niveaux d’emploi, chez les 25 ans et plus, ont amorcé un repli. Le rapport montre que, dès avant la pandémie, le chômage était orienté à la hausse.

Avec la pandémie, la satisfaction à l’égard de l’existence s’est, en règle générale, détériorée plus nettement en Amérique latine que dans les pays de l’OCDE, et ce notamment chez les plus vulnérables – les femmes, les jeunes –, les habitants des zones rurales et les personnes les moins qualifiées. 

On estime que le nombre de personnes passées sous le seuil de pauvreté absolue, dans la région, à cause de la pandémie, est passé de 22 millions à 209 millions en 2020, si l’on se réfère à la définition donnée par la Commission économique des Nations unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Les mesures de confinement prises afin d’endiguer la propagation du virus ont été particulièrement dures pour les travailleurs pauvres et les travailleurs du secteur informel. Dans la région, pas moins de 38 % de l’ensemble des actifs (et 61 % des travailleurs informels vulnérables) n’ont accès à aucune forme de protection sociale, d’après le rapport.

Les établissements scolaires fermés, plus de 41 semaines durant dans bon nombre de pays, il a été décidé d’avoir recours à des outils d’enseignement à distance. L’efficacité de ces outils a toutefois été limitée par le fait que 46 % des enfants de 5 à 12 ans appartiennent à une famille qui n’a pas accès à l’internet et que moins de 14 % des enfants pauvres (qui vivent avec moins de 5.5 USD/jour) scolarisés en primaire disposent chez eux d’un ordinateur et d’une connexion.

La pandémie de COVID-19 a mis en lumière l’importance de l’accès aux soins de santé, tant physique que mentale. Avant la pandémie, déjà, quelque 25 % de la population d’Amérique latine n’avait pas accès aux soins les plus élémentaires.

L’OCDE, dans son rapport, déclare que l’amélioration du bien-être doit devenir la clé de voûte des plans de relance pour porter remède, à travers eux, aux problèmes antérieurs à la pandémie et à ceux dont celle-ci est la cause. Elle avance d’autre part l’idée qu’il serait bon de se référer à des indicateurs qui excèdent le seul champ macroéconomique au moment d’organiser et d’évaluer l’action des pouvoirs publics. Des progrès en ce sens ont d’ailleurs été accomplis grâce à l’adoption et à la mise en œuvre des ODD ces toutes dernières années. Ils ne sauraient toutefois suffire à garantir que les considérations relatives au bien-être dictent les principales orientations de l’action publique.


Pour le consulter ou en savoir plus sur les travaux que l’OCDE consacre au bien-être, rendez-vous à l’adresse suivante : How’s Life in Latin America.

 

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec Martine Zaïda, Bochra Kriout ou la Division des médias de l’OCDE (tél. : +33 1 45 24 97 00).

 

Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour préserver les libertés individuelles et améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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