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Salle de presse

Finlande: il faut stimuler l’emploi et la croissance de la productivité pour éviter que la crise liée au COVID-19 ne laisse des traces durables

 

10/12/2020 - La crise provoquée par la pandémie de COVID-19 a plongé la Finlande dans la récession la plus grave qu’elle ait connue depuis le début de la décennie 90, même si les mesures de soutien rapidement adoptées par le gouvernement ont permis d'amortir le choc, si bien que la chute de la production a été inférieure à celle observée dans beaucoup d'autres pays de l’OCDE. Pour limiter les conséquences de la pandémie et soutenir la reprise, la Finlande devrait s’employer à relever les défis fondamentaux auxquels elle est confrontée, par exemple stimuler l’emploi et la productivité : c’est ce qui ressort d'un nouveau rapport de l’OCDE.

Dans sa dernière Étude économique de la Finlande, l’Organisation relève que la crise liée au COVID-19 a éclaté dans un contexte de ralentissement de la croissance économique et d'augmentation des risques pesant sur la stabilité financière. Le gouvernement devrait se tenir prêt à poursuivre le soutien aux entreprises et aux travailleurs si nécessaire, puis mettre l’accent sur des mesures propres à aider les travailleurs à retrouver un emploi viable et à redresser les finances publiques. Améliorer l’éducation et les compétences, accroître la flexibilité salariale et réduire les obstacles à la concurrence dans des secteurs comme les transports, l’énergie et le commerce de détail, permettraient d'accélérer les gains de productivité et de favoriser la reprise, peut-on lire dans l’Étude.

« Il faut féliciter la Finlande de l’efficacité avec laquelle elle a su gérer la pandémie. Il est maintenant indispensable de soutenir l’activité économique et de ramener le chômage à ses niveaux d'avant la crise pour éviter que celle-ci n’ait des conséquences économiques et sociales durables », a déclaré M. Alvaro Pereira, Directeur de la Branche des études nationales du Département des affaires économiques de l’OCDE en présentant l’Étude. « Augmenter le taux d’emploi, en particulier celui des seniors, et stimuler la productivité en renforçant l’offre de travailleurs qualifiés et en réformant les réglementations qui font obstacle à la concurrence, sont autant de mesures qui permettraient d'éviter une érosion à long terme des niveaux de vie relatifs. »

Le PIB de la Finlande a diminué de 5 % au premier semestre de 2020, une contraction historique mais qui reste néanmoins l’une des plus modestes de tous les pays de l’OCDE, grâce à des mesures de confinement ciblées qui ont permis de limiter la baisse de la mobilité, et à des mesures de soutien financier qui ont empêché des faillites massives et préservé des emplois. Il est probable que les pertes d’emploi et les faillites vont augmenter à court terme, avec la levée progressive des mesures d’aide. Selon les projections issues de l’Étude, le PIB de la Finlande reculera de 3.3 % en 2020 et ne se redressera que progressivement par la suite, avec une croissance de 2.1 % en 2021 et de 1.8 % en 2022, portée par la consommation privée et les exportations.

Le dispositif de chômage partiel a joué un rôle essentiel en matière de protection des emplois et des revenus, et la Finlande affiche depuis longtemps des niveaux d’inégalités de revenu et de pauvreté relative modestes en comparaison internationale. Cela étant, 15 % des travailleurs entre 15 et 74 ans ont été licenciés à titre temporaire ou définitif depuis la crise. Les plus durement touchés sont les ménages à faible revenu, dont les emplois se prêtent souvent moins au télétravail et dont les contrats sont moins protecteurs. De plus, environ 25 % des travailleurs en chômage temporaire n’ont pas pu prétendre à des prestations de chômage calculées sur leur rémunération, parce qu'ils n'étaient pas affiliés à une caisse d’assurance-chômage. Les auteurs de l’Étude recommandent donc de créer une caisse publique d’assurance-chômage à laquelle seraient automatiquement affiliés tous les travailleurs, ou tous les travailleurs n’étant pas déjà affiliés à une autre caisse.

Avant la crise, le taux d’activité était déjà faible en Finlande par rapport aux autres pays nordiques, du fait du taux d’emploi peu élevé des travailleurs seniors. Ces derniers ont encore la possibilité de prendre une retraite anticipée, contrairement à leurs homologues des autres pays nordiques. Supprimer progressivement les prestations de chômage étendues ouvertes aux travailleurs âgés contribuerait à accroître le taux d’emploi des seniors.

La croissance de la productivité est relativement faible en Finlande par rapport à la situation observée dans d'autres économies européennes, du fait de pénuries de compétences et d’obstacles réglementaires à la concurrence relativement élevés dans certains secteurs. Dans cette Étude, il est recommandé d’encourager davantage de jeunes sortis du système scolaire d'accéder à l’enseignement supérieur en réformant le système d'admission, très sélectif, et en augmentant le nombre de places dans les établissements. Assouplir la réglementation des marchés de produits, actuellement restrictive, et coordonner les négociations salariales entre les secteurs, pourraient aider à gagner en compétitivité.

 

Les auteurs de l’Étude notent que la reprise qui suivra la crise liée au COVID-19 est l'occasion de s’orienter sur une trajectoire de croissance plus durable d’un point de vue environnemental, compatible avec la réalisation des objectifs ambitieux de la Finlande en matière de réduction des émissions de GES.

Consultez l’Étude économique 2020 de l’OCDE consacrée à la Finlande.

 

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter Catherine Bremer au Bureau des médias de l’OCDE (+33 (0)1 45 24 97 00).

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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