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Salle de presse

Face à la crise du COVID-19, les efforts de développement au niveau mondial devraient davantage se concentrer sur les États fragiles

 

17/09/2020 - Selon un nouveau rapport de l’OCDE, la pandémie de COVID-19 aggrave les inégalités, la pauvreté et l’insécurité dans les pays et territoires vulnérables, ou fragiles, ce qui rend d’autant plus urgente la nécessité d'axer les efforts de développement sur ces derniers.

Depuis quelques années, les progrès accomplis dans les contextes fragiles au regard de plusieurs des Objectifs de développement durable des Nations Unies – en particulier l’ODD 16 (Paix, justice et institutions efficaces) qui est crucial – stagnent, voire régressent, tel est le constat que dresse la publication States of Fragility 2020. La crise du coronavirus porte atteinte aux revenus et à la stabilité dans les pays déjà pauvres et vulnérables, ainsi qu’à la santé et à l'éducation – deux éléments clés du développement durable dans les États fragiles.

« La pandémie de COVID-19 est un choc systémique mondial qui exacerbe la fragilité et risque d’entraver tout progrès sur la voie de la concrétisation des Objectifs de développement durable », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría.« Alors que nous poursuivons notre action pour faire face à la crise sanitaire, économique et sociale la plus grave que nous ayons connue depuis près d'un siècle, nous devons placer les populations au cœur de nos efforts en matière de coopération pour le développement afin de remédier à la fragilité. »

Définissant la fragilité comme la conjonction d'une exposition à des risques dans cinq domaines – économique, environnemental, politique, social et sécuritaire – et d'une capacité insuffisante de l'État ou d'un système à gérer, absorber ou atténuer ces risques, l’OCDE estime que 23 % de la population mondiale, et 77 % de ceux qui, avant la pandémie, étaient classés comme extrêmement pauvres, vivent dans des contextes dits « fragiles ». Le rapport ne fait état que d'améliorations mineures de la fragilité dans les 57 pays et territoires qui y sont examinés.

La pandémie de COVID-19 ne fait qu'ajouter aux vulnérabilités économiques, sanitaires et sociétales et aggraver les tensions existantes alimentant la fragilité, les conflits et la violence, poursuit le rapport. Dans les secteurs où la violence régne ou se développe, il faudra intensifier les efforts sur la recherche de la paix si l'on veut parvenir à atténuer l'impact du COVID‑19. Les premières mesures adoptées par les pouvoirs publics pour faire face à la pandémie dans certains contextes fragiles risquent d'exacerber la pauvreté, les inégalités, la fragmentation sociale et la répression politique et, par là même, d’aggraver encore les causes profondes des conflits et de la fragilité.

Selon le rapport, l’aide publique au développement (APD) est devenue une importante source de soutien pour aider les États fragiles à se remettre sur une trajectoire viable et retrouver le chemin de l'autonomie. Il convient donc de la préserver et de la renouveler pour relever les défis de l’après COVID-19, précise le rapport, du fait notamment que les mesures prises en vue d’endiguer la propagation du virus mettent à mal la capacité des organisations multilatérales, humanitaires et de la société civile à opérer dans les contextes fragiles.

De 2010 à 2018, les membres du Comité d’aide au développement de l’OCDE (CAD) ont accru leur aide bilatérale aux secteurs prioritaires dans les contextes fragiles, tant en volume qu’en proportion de l’APD totale. L’APD versée au titre de l'aide humanitaire a également progressé de 44 % sur la même période. Pourtant, l’APD versée au titre de la paix reste bas par rapport au financement du développement et des opérations humanitaires. En 2018, pour ce qui est des contextes fragiles, les membres du CAD ont consacré 25% de l’APD à l’aide humanitaire, mais seulement 4 % à la prévention des conflits et 13 % à la recherche de la paix.

Selon le rapport, il faut allouer davantage de financements aux causes sous-jacentes de la fragilité. Pour lutter contre la fragilité, il faut aussi agir en suivant une démarche fondée sur la résilience et sur les besoins et les priorités propres au contexte local.

 

Lire le rapport à http://www.oecd.org/fr/developpement/states-of-fragility-fa5a6770-en.htm

 

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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