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Salle de presse

Déclaration du Secrétaire général, Angel Gurría, en réponse à un article paru dans The Economist du 20 avril 2007

 

20/04/2007 - The Economist publie en première page de son édition électronique du 20 avril un article qui est une attaque contre l'OCDE et contre moi-même en tant que Secrétaire général. Mêlant les insinuations, les ragots et les demi-vérités, le chef de la rubrique European Business de The Economist, Iain Carson, un spécialiste de l'industrie aérospatiale et de défense, qui est le principal auteur de l'article, décrit "une organisation à qui semblent faire défaut les règles et les pratiques modernes". Il cite, sans les nommer, "des ambassadeurs auprès de l'OCDE de pays de l'Europe du Nord " qui craindraient que " cette vieille organisation compassée … ne s'aventure dans des eaux dangereuses."

Avant de répondre, point par point, aux attaques formulées dans cet article, j'aimerais faire une remarque d'ordre général. En tant que Secrétaire général de l'OCDE depuis juin 2006, je me suis vigoureusement exprimé en faveur des efforts déployés au plan international pour lutter contre le fléau de la corruption dans l'économie mondiale. Je suis pareillement déterminé à éliminer tout soupçon de favoritisme ou de corruption au sein du Secrétariat de l'OCDE.

Nous naviguons, en effet, dans des eaux dangereuses. Non seulement les organisations multilatérales mais aussi les entreprises et les gouvernements nationaux ont tous un rôle à jouer dans la lutte contre la corruption, partout où elle se présente. Le rôle premier de l'OCDE à cet égard est d'apporter son aide aux 36 pays parties à la Convention anti-corruption de l'OCDE en veillant à ce que chacun remplisse ses engagements. Ces derniers mois, plusieurs affaires importantes ont été mises au jour et examinées par le Groupe de travail de l'OCDE sur la corruption. Il n'y a rien d'étonnant à ce que cette attaque se produise maintenant.

Dans ce contexte, à l'évidence, les pratiques de gestion internes de l'OCDE se doivent d'être exemplaires. C'est pourquoi j'ai initié des changements dans les procédures de gestion et de recrutement pour assurer que le Secrétariat de l'OCDE applique les meilleures pratiques, à tous les niveaux. En confiant la surveillance de ce processus, en qualité de Directeur exécutif, à compter du 1er juin 2007, à Patrick van Haute, diplomate belge de haut rang qui est actuellement l'Ambassadeur de Belgique auprès de l'OCDE, je crois pouvoir dire que j'ai choisi une personnalité dotée de l'expérience et des qualités de jugement nécessaires pour que ces changements réussissent. Toutes les futures nominations s'effectueront, de même, avec la volonté de conforter la réputation de l'OCDE, qui est soucieuse non seulement de formuler les pratiques optimales, mais aussi de s'y conformer.

Permettez moi, maintenant, de réagir à certains des éléments factuels repris par M. Carson à l'appui des insinuations sur lesquelles son article repose.

1.  Au paragraphe deux de son article, M. Carson évoque d'apparentes insuffisances dans les "modalités de fonctionnement internes" de l'Organisation. L'OCDE est régie par des règles définies par ses membres, et je suis résolu à les faire appliquer et à œuvrer à leur constante amélioration. M. Carson cite une lettre, datée du 4 avril 2007, que m'a adressée la délégation canadienne, mais il omet de citer ma réponse. Ces deux lettres, que j'ai communiquées à M. Carson, sont jointes en annexe à cette déclaration.

2.  La résidence officielle du Secrétaire général, dont il est question au paragraphe quatre de l'article de M. Carson, est propriété de l'Organisation et, à ce titre, elle justifie un entretien régulier. Jusqu'aux travaux récemment achevés, la résidence n'avait fait l'objet d'aucune maintenance sérieuse pendant plus de 20 ans, et c'est pourquoi une importante remise en état était devenue indispensable. La décision d'entreprendre ces travaux a été prise avant que je n'arrive à l'OCDE.

3.  Au paragraphe six de son article, M. Carson évoque le retrait d'une promesse de poste de Directeur exécutif faite par mon prédécesseur à son ancien Chef de cabinet. Les règles normales de confidentialité vis à vis des agents m'interdisent de faire des commentaires sur ce cas précis. Je me bornerai à dire qu'en retirant cette offre de poste j'ai agi au mieux des intérêts de l'Organisation.

4.  Au paragraphe huit de son article, M. Carson fait référence à d'autres nominations, en particulier concernant ma fille, Eva, et M. Ricardo López, le mari du Chef adjoint de cabinet.

Ma fille a, de fait, été brièvement employée à la Direction de l'éducation de l'OCDE, pour un salaire mensuel imposable de 1 342 EUR (le salaire minimum en France). Sensible aux avis que j'ai reçus et afin d'éviter toute controverse, je lui ai demandé de se retirer. Ma fille n'a donc occupé ce poste que deux semaines.

M. López, qui est titulaire d'un MBA de la North Eastern University de Boston (Massachusetts), et qui était auparavant directeur financier d'une coopérative agricole au Mexique, a été retenu sur une liste courte de candidats pour un poste au Centre de développement de l'OCDE. Il lui a, depuis, été proposé un autre poste au Centre de développement pour lequel il est éminemment qualifié. Une lettre du Directeur du Centre de développement, adressée au Doyen des Ambassadeurs auprès de l'OCDE, relative à cette nomination est jointe en annexe à cette déclaration. L'Organisation a pour politique d'aider les conjoints des agents à trouver un emploi à Paris, en particulier lorsqu'ils ne sont pas ressortissants d'un pays de l'UE, ce qui fait qu'il leur est difficile d'obtenir un permis de travail en France.

5.  Au paragraphe dix de son article, M. Carson donne des informations détaillées sur mon salaire de base et sur les indemnités auxquelles j'ai droit, qui sont exactes. Ces dispositions ont été convenues par les membres de l'OCDE, par une résolution que le Conseil a adoptée le 29 mai 2006. Je laisserai à d'autres le soin de faire des comparaisons avec les rémunérations offertes aux hauts responsables d'autres grandes organisations.

Dans le même paragraphe, M. Carson laisse entendre - sans toutefois le dire expressément - que j'ai cherché à me faire rembourser un dîner avec mon épouse. Tel n'est pas le cas. M. Carson a d'ailleurs l'élégance de reconnaître que la facture correspondante "n'a pas été traitée".

6.  Au paragraphe onze de son article, M. Carson évoque une invitation à un match de football France Mexique. Je n'ai aucun regret d'avoir accepté cette invitation. Je regrette seulement que le Mexique ait perdu 0-1 face à la France.

7.  Enfin, au paragraphe douze de son article, M. Carson évoque deux événements organisés avec la participation de l'OCDE, l'un en Corée du Sud, l'autre au Mexique. Il s'agissait de réunions de nature très différente. La réunion tenue en Corée était organisée par le gouvernement coréen pour célébrer le dixième anniversaire de l'adhésion de la Corée à l'OCDE, et les membres du Secrétariat de l'OCDE étaient invités.

La réunion tenue au Mexique n'était pas organisée par le gouvernement mexicain, mais était organisée conjointement avec cinq autres organisations internationales. L'OCDE a payé sa part des coûts liés à la tenue de cette réunion. L'objet de cette réunion était de fournir des avis, fondés sur les travaux de l'OCDE, au nouveau gouvernement mexicain et les discussions étaient centrées sur les grandes réformes en matière de politiques publiques.