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Brésil : des réformes destinées à renforcer la compétitivité, la productivité et les échanges permettraient une reprise plus vigoureuse après la crise liée au COVID-19

 

16/12/2020 - Le Brésil sortait d’une longue récession lorsque la pandémie de COVID-19 a éclaté, replongeant l’économie dans une autre récession encore plus profonde. Cependant, les mesures de soutien adoptées rapidement par le gouvernement ont permis de venir en aide à des millions de ménages vulnérables, notamment ceux sans emploi formel ni protection sociale. Pour assurer une reprise vigoureuse et inclusive au sortir de la crise, qui profitera à tous les Brésiliens, il faudra engager de nouvelles réformes ambitieuses pour stimuler l’emploi, la productivité et les échanges, renforcer les finances publiques et améliorer la protection sociale : c’est ce qui ressort d'un nouveau rapport de l’OCDE.

© Etudes économiques de l'OCDE : Brésil 2020 - Des réformes structurelles ambitieuses pourraient faire progresser les revenus du Brésil (graphique)Selon la dernière Étude économique du Brésil publiée par l’OCDE, la réponse décisive des autorités a évité au Brésil des conséquences économiques plus sévères, mais la pandémie aura tout de même un impact significatif sur le bien-être et la prospérité, touchant les personnes et les entreprises dans le secteur informel de l’économie. Selon les estimations de l’Étude, la crise liée au COVID-19 provoquera cette année une contraction de 5 % du PIB, qui va ensuite rebondir de 2.6 % en 2021 et 2.2 % en 2022. Des réformes susceptibles d'aider les entreprises à se développer et à s’affirmer parmi leurs concurrentes internationales permettraient au Brésil de récolter les fruits de l'intégration dans le commerce mondial et de s’attaquer au problème de l’aggravation de la pauvreté et des inégalités.

« Avant la pandémie, le Brésil avait bien progressé sur la voie des réformes structurelles, notamment avec la réforme des retraites menée à bien en 2019. Du fait du choc causé à l’économie et à la société par le COVID-19, il est absolument indispensable de ne pas briser cet élan et de s’attaquer aux facteurs qui continuent de faire obstacle à la concurrence, à la croissance de la productivité et aux échanges internationaux, mais aussi de relever les défis environnementaux pressants », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría en présentant l’Étude. « L’OCDE est déterminée à travailler aux côtés du Brésil pour assurer une reprise forte, inclusive et durable et bâtir un avenir meilleur pour tous les Brésiliens. » (Lire le discours en anglais dans son intégralité)

Il ressort de cette Étude que selon les estimations, un ambitieux train de réformes visant à améliorer la réglementation et la concurrence au niveau national, réduire les obstacles aux commerce extérieur et renforcer les institutions ainsi que la gouvernance économique aurait pour effet de rajouter 0.9 point par an à la croissance du PIB par habitant sur 15 ans. Réduire les obstacles aux échanges permettrait aussi d'abaisser le prix de nombreux produits, ce qui aurait un impact concret sur la vie des citoyens brésiliens.

La crise provoquée par le COVID-19 a accentué la nécessité de continuer à alléger une réglementation fastidieuse, notamment les procédures fiscales complexes, qui freinent l’entrepreneuriat et la concurrence. En effet, au Brésil, une entreprise de taille moyenne consacre en moyenne environ 1 500 heures par an aux procédures de paiement des impôts, contre 317 heures dans les pays d’Amérique latine et 159 heures dans les pays de l’OCDE. Investir dans l’éducation, la formation professionnelle et les compétences des adultes contribuerait à l’émergence d'une main-d'œuvre plus productive, prête pour une intégration mondiale plus poussée de l’économie. Les données montrent que des programmes de formation des adultes peuvent faire une vraie différence pour les travailleurs à la recherche d’emplois mieux rémunérés, à condition que les contenus de ces formations soient bien en phase avec les besoins des marchés du travail locaux.

Ces dernières années, les inégalités et la pauvreté ont augmenté au Brésil, inversant les progrès qui avaient pu être accomplis depuis 2000 grâce à la vigueur de la croissance, aux transferts sociaux et à l'amélioration des résultats du système d’enseignement. Les 10 % de la population les plus riches gagnent plus de quatre fois plus que les quatre déciles inférieurs. Par ailleurs, presque la moitié des prestations sociales bénéficient au quintile des ménages les plus aisés. Les auteurs de l’Étude recommandent de mieux cibler les transferts sur les populations qui en ont le plus besoin, d'accélérer l’octroi des prestations pour les personnes qui perdent leur emploi et de les retirer plus progressivement. De telles mesures permettraient d'aider les 40 % de travailleurs du secteur informel qui ne sont pas couverts par les dispositifs de chômage et d’assurer une reprise inclusive après la crise.

Il faudrait améliorer l’efficience des dépenses publiques, car la pandémie vient accroître la dette publique du Brésil, déjà lourde. Il est possible de réaliser d'importantes économies sans que le bien-être en pâtisse. L’Étude recommande aussi de revoir les exonérations et subventions fiscales qui représentent quasiment 5 % du PIB, et de diminuer les coûts liés à la fonction publique.

Le Brésil devrait aussi mettre la reprise à profit pour renforcer la protection de la forêt pluviale amazonienne, notamment en faisant appliquer plus strictement sa législation forestière pour mettre fin à la déforestation illégale, et mettre plutôt l’accent sur une utilisation durable du potentiel économique de l’Amazonie.

 

Consulter l'Étude économique du Brésil publiée par l’OCDE

Pour en savoir plus sur la coopération entre l’OCDE et le Brésil, consulter : The OECD and Brazil

Analyse, par l’OCDE, de la crise liée au COVID-19 et des réponses des pays : Plateforme de l’OCDE consacrée à la lutte contre le coronavirus 

 

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter Catherine Bremer au Bureau des médias de l’OCDE (+33 (0)1 45 24 97 00).

 

Note à l'intention des journalistes :

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a son siège à Paris, est une organisation internationale qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier. Elle offre aux gouvernements une enceinte où ils peuvent collaborer pour échanger des expériences et rechercher des solutions à des problèmes d’ordre économique, social ou relevant de la gouvernance.

Les 37 pays membres de l’OCDE sont : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Chili, la Colombie, la Corée, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, Israël, l’Italie, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède, la Suisse et la Turquie. Le Costa Rica a été officiellement invité à devenir le 38e membre de l’OCDE et son processus d'adhésion est en cours.

Le Brésil est l’un des cinq partenaires clés de l’OCDE avec l’Afrique du Sud, la Chine, l’Inde et l’Indonésie. Les partenaires clés contribuent aux travaux de l’OCDE de façon continue et approfondie. L’un des éléments centraux du programme réside dans le développement de la participation directe et active de ces pays aux travaux des organes de substance de l’Organisation. Cela passe notamment par l’établissement de partenariats entre ces pays et les organes de l’OCDE, par l’adhésion à des instruments de l’OCDE ou par l’intégration dans ses systèmes de notification et d’information statistique. Pour toute information complémentaire sur la coopération entre l’OCDE et le Brésil, consulter : http://www.oecd.org/latin-america/countries/brazil/.


En mai 2017, le Brésil a adressé un courrier officiel à l'OCDE afin de lui faire part de sa volonté d’engager une procédure d’adhésion à l’Organisation. Le Conseil de l'OCDE, organe de gouvernance de l'Organisation, examine actuellement cette demande, ainsi que celles reçues de la part de l’Argentine, de la Bulgarie, de la Croatie, du Pérou et de la Roumanie. Pour toute information complémentaire sur le processus d’adhésion à l’OCDE, consulter : http://www.oecd.org/fr/juridique/procedure-adhesion.htm.

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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