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Général

Selon un rapport de l’OCDE, la mondialisation entraîne une externalisation croissante des centres de recherche-développement

 

11/10/2005 - Un nouveau rapport de l’OCDE indique que l’externalisation de la recherche-développement (R-D) prend de l’ampleur et que les multinationales sont de plus en plus nombreuses à établir des laboratoires à l’étranger. En Hongrie et en Irlande, par exemple, la part des entreprise étrangères dans la R-D industrielle dépasse 70%, mais le rôle des filiales étrangères varie beaucoup selon les pays.   La part de la R-D exécutée par les multinationales est également importante en République tchèque, au Portugal, en Espagne et en Suède, où elle dépasse 40%, alors qu’elle est inférieure à 5% au Japon.

Selon l’édition 2005 du Tableau de bord de la science, de la technologie et de l’industrie de l’OCDE, l’importance des pays non-membres de l’OCDE comme moteur de l’innovation mondiale augmente rapidement. Ainsi, la Chine se classe désormais au troisième rang mondial pour l’exécution de la R-D, derrière les états-Unis et le Japon, ce qui s’explique dans une large mesure par la progression rapide des salaires des chercheurs, qui a encouragé les scientifiques et ingénieurs chinois de talent à demeurer dans leur pays.

Le Tableau de bord observe que le Japon est le pays de l’OCDE le moins engagé dans la coopération internationale en matière de brevets. En effet, moins de 4% des inventions nationales appartiennent à des étrangers, contre plus de 12% pour les états-Unis et 37.5% pour le Royaume-Uni. Le Japon est également le pays le moins actif sur le plan de la collaboration internationale, puisque moins de 3% de ses brevets sont le fruit de travaux menés conjointement avec des chercheurs étrangers, alors que la proportion est de près de 12% pour les états-Unis et de plus de 21% pour le Royaume-Uni.

Le Tableau de bord fait également l’inquiétante constatation du désintérêt pour les études scientifiques dans les pays de l’OCDE, où les diplômes scientifiques représentent seulement en moyenne le quart de l’ensemble des diplômes décernés. Les étudiants et les travailleurs qualifiés deviennent également plus mobiles, les courants migratoires vers les pays de l’OCDE provenant de plus en plus de l’extérieur de la zone OCDE. En Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Suisse, plus de 30% des travailleurs hautement qualifiés sont étrangers, contre moins de 1 % au Japon et en Corée.

En présentant un large éventail d’indicateurs comparables au plan international, le Tableau de bord de l’OCDE permet aux décideurs et aux analystes d’avoir une vue globale de l’impact croissant de la mondialisation sur l’économie du savoir. Il fait non seulement le point sur la mobilité internationale des chercheurs et des scientifiques, l’augmentation de la prise de brevets, le rôle des entreprises multinationales ainsi que la diffusion rapide des nouvelles technologies de l’information, mais attire aussi l’attention sur l’émergence d’acteurs internationaux clés à l’extérieur de la zone OCDE, notamment la Chine et la Russie.

Les principales conclusions qui se dégagent du Tableau de bord sont les suivantes :

  • Depuis 1995, les dépenses annuelles de R-D ont progressé plus rapidement au sein de l’UE (3.3%) qu’aux états-Unis et au Japon (2.7%).
  • Si les entreprises représentent encore près des deux tiers des dépenses totales de R-D de la zone OCDE, leur rôle a diminué, surtout aux états-Unis et légèrement dans l’Union européenne.
    L’augmentation des dépenses de R-D du gouvernement des états-Unis depuis 2001 est attribuable pour les trois quarts à la R-D militaire.
  • En 2003, la Chine se classait au deuxième rang pour le nombre total de chercheurs (863 000), derrière les états-Unis (1.3 millions) mais devant le Japon (675 000) et la Fédération de Russie (487 000).
  • La Suède est le pays de l’OCDE qui investit le plus dans la R-D en pourcentage de son PIB (3.98%), devant la Finlande (3.49%), le Japon (3.15%) et l’Islande (3.04%).
  • Entre 1995 et 2003, c’est en Australie, en Suède et aux états-Unis que les investissements dans les technologies de l’information et des communications ont le plus stimulé la croissance du PIB, représentant environ 0.8 point par an, soit près du quart de la croissance totale du PIB. Au Japon et au Royaume-Uni, environ 0.6% de la croissance du PIB était attribuable aux investissements dans les TIC, contre moins de 0.4 % en France et en Allemagne chaque année.
  • L’augmentation rapide du nombre d’abonnés à l’Internet haut débit (118 millions dans la zone OCDE à la fin de 2004), souvent en connexion permanente, s’accompagne d’un risque croissant d’atteinte à la confidentialité et à la sécurité du cyberespace. En 2004, ce sont les internautes coréens et espagnols qui étaient les plus exposés à une contamination de leurs ordinateurs par un virus. En ce qui concerne les entreprises, c’est en Australie, en Finlande et au Japon qu’elles courraient le plus de risque à cet égard.
  • Avec le développement des connexions haut débit est également apparue une nouvelle menace, celle des "botnets", ces réseaux d’ordinateurs contrôlés à distance à l’insu de leurs propriétaires.  Les  botnets sont responsables de l’ampleur qu’on prise des phénomènes comme le spam (courriels non sollicités), les attaques entraînant un refus de service et l’hameçonnage. Pendant le deuxième semestre de 2004, ce sont le Royaume-Uni, le Portugal, la Grèce, l’Espagne et la Suède qui ont enregistré les taux les plus élevés d’ordinateurs contaminés.
  • L’utilisation de la téléphonie Internet se développe également. Entre octobre 2004 et avril 2005, le nombre de clients d’un prestataire de service "voix sur IP" -- Skype -- a doublé ou triplé dans la plupart des pays. Plus d’une personne sur 10 en Israël, au Taipei chinois et au Danemark y sont maintenant abonnées et l’utilisation de ce type de service a triplé en France, en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni et aux états-Unis notamment.

Le rapport est disponible pour les journalistes sur le site protégé de l'OCDE ou via SourceOCDE (http://www.sourceoecd.scoreboard). Pour des informations complémentaires les journalistes peuvent contacter la Division des relations avec les médias de l’OCDE. Pour plus de renseignements sur cette publication, prière de contacter Dirk Pilat (tél. + 33 1 45 24 87 49, Direction de la science, de la technologie et de l’industrie de l’OCDE.

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