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Répondre au défi du "supervieillissement"

 

La population japonaise vieillit à un rythme encore jamais vu dans le monde. En 2012, la part des 65 ans et plus atteignait 24 %. En 2025, elle devrait être de 30 %, et probablement de 40 % en 2060. C’est un taux de « supervieillissement » qu’aucun pays n’a encore connu.

 

Le vieillissement démographique, en entraînant une contraction de la population active, réduit le taux de croissance potentiel et plombe le système de sécurité sociale. La hausse des dépenses de protection sociale est une cause majeure du déficit budgétaire du Japon et, avec la baisse de la natalité, le fardeau imposé aux jeunes pour maintenir la solvabilité du système s’accroît, ce qui menace la pérennité de l’ensemble des dispositifs actuels.

 

Des pays d’Europe et d’Asie vont connaître un vieillissement démographique analogue et rencontreront, tôt ou tard, les mêmes problèmes que le Japon.

 

Un rapport publié l’an dernier par le Conseil national sur la réforme de la sécurité sociale montre la détermination du Japon à s’attaquer au problème. Rejetant toute vision négative, le Conseil voit dans ce changement une opportunité de bâtir une « société de la maturité » – société du grand âge où chacun vit pleinement sa vie – et ses propositions vont dans ce sens.

 

 La longévité exceptionnelle que connaît actuellement le Japon tient beaucoup à son système public d’assurance maladie universelle. Le maintien de la couverture universelle doit être l’un des piliers de la réforme de la sécurité sociale. Comme le vieillissement devrait entraîner des hausses des dépenses médicales et de soins, des mesures s’imposent pour renforcer la pérennité des systèmes actuels de couverture des frais de santé et des soins de longue durée.

 

Tout d’abord, il faut veiller à répartir le fardeau du financement de ces systèmes entre les générations selon leur capacité à payer, et hiérarchiser avec rigueur les services rendus tout en améliorant leur efficience. Il faut aussi s’attacher à prolonger l’« espérance de vie en bonne santé », en privilégiant les initiatives qui contribuent à un bon état de santé et préviennent les maladies afin que la population vive plus longtemps en bonne santé, ce qui améliorerait la qualité de vie et devrait aussi contribuer à maîtriser les hausses des dépenses de santé et de soins.

 

Des efforts sont déjà engagés. Des entreprises ont commencé à considérer la santé de leurs salariés comme un problème de gestion. Favoriser un bon état de santé et prévenir les maladies chez les salariés permet d’améliorer leur qualité de vie ainsi que leur productivité, mais aussi de réduire les dépenses de santé. Certaines entreprises ont lancé des « plans santé » prévoyant des bilans de santé réguliers et un suivi de l’historique médical pour identifier les salariés à fort risque de maladie chronique et leur proposer des conseils pour rester en bonne santé.

 

Par ailleurs, la Stratégie de revitalisation du Japon, feuille de route gouvernementale pour la croissance, préconise un ensemble complet de mesures pour encourager le développement de nouvelles entreprises à même d’aider à prolonger l’espérance de vie en bonne santé sans mobiliser de financement public. De plus, un Conseil des nouvelles industries de santé, nouvellement créé, a commencé à débattre des moyens d’améliorer l’environnement pour des entreprises de santé et des activités de promotion de la santé.

 

Le Japon s’attaque aux questions posées par le vieillissement démographique, que d’autres pays du monde vont bientôt connaître à leur tour. À cet égard, le Japon est un pionnier. J’espère et je crois qu’il sera également un pionnier dans les solutions à apporter à ce problème.

 

*Le Keidanren est une confédération d’entreprises japonaises, membre du Comité consultatif économique et industriel auprès de l’OCDE (BIAC).

 

Voir www.keidanren.or.jp et www.biac.org 

 

Voir aussi :

Les travaux de l'OCDE sur le vieilissement et les politiques de l'emploi
Les travaux de l'emploi
L'édition 2014 du Forum de l'OCDE

 

Saito

Katsutoshi Saito, Président de Dai-ichi Life Insurance Company, Ltd ; Vice-Président du Keidanren* et Vice-président du Bureau exécutif du BIAC

© OCDE


© L'Annuel de l'OCDE 2014

 

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