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Podium : Qui aide les aidants ?

 

Une carrière continue est la clé d’une bonne retraite. Trop souvent, cependant, des travailleurs doivent s’interrompre pour s’occuper de leurs proches. Sans protection appropriée de la part de l’État ou de l’employeur, ils risquent de perdre non seulement de précieuses années de salaire, mais aussi des trimestres de retraite, tout en s’occupant de leurs proches malades ou handicapés sans toucher de revenus. Ils peuvent également perdre des compétences essentielles, compromettant ainsi leurs chances de retrouver un emploi.

Le problème de la prise en charge de la dépendance touche les hommes comme les femmes. Aux États-Unis, cependant, il concerne surtout les femmes, qui représentent 66 % des aidants. Selon une étude de 2009 de la National Alliance for Caregiving et de l’Association américaine des retraités (AARP), aux États-Unis, l’aidant typique est « une femme de 49 ans, mariée et active, s’occupant de sa mère veuve de 69 ans qui ne vit pas avec elle. » Ce problème s’amplifiera à mesure que davantage de femmes rejoignent la vie active et que la population vieillit.

La pension des travailleurs dépendant généralement des revenus de toute une vie, toute interruption de salaire a un effet négatif sur le montant de la retraite. Il faut ainsi travailler plus longtemps pour bénéficier des mêmes avantages de retraite que les non aidants. L’ironie, c’est que la prise en charge informelle permet aux États-Unis d’économiser quelque 400 millions de dollars par an.

Pourquoi s’intéresser aux travailleurs âgés et à la dépendance

Les travailleurs de plus de 50 ans sont très prisés dans beaucoup d’organisations – surtout celles ayant besoin de travailleurs expérimentés ou possédant des compétences uniques, comme dans les secteurs de la santé ou de l’énergie. Cependant, ces actifs ont souvent besoin d’un cadre de travail flexible pour s’occuper de leurs enfants ou parents.

Selon une étude récente de l’AARP, aux États-Unis, les travailleurs de plus de 50 ans représentaient 24,6 % de la population active en 2002, puis 32,3 % en 2012 et on estime qu’ils passeront à 35,4 % en 2022. Ces chiffres sont encore plus élevés dans d’autres pays de l’OCDE comme le Japon et la Corée.

Environ 65 % de ces travailleurs sont considérés comme « impliqués », contre 58 à 60 % pour les travailleurs plus jeunes. Une implication de 5 % équivaut à une augmentation progressive du revenu de 3 %.

La réponse des gouvernements

Certains pays ont commencé à répondre aux demandes pour une plus grande égalité de retraite en proposant des crédits de prise en charge aux travailleurs ayant réduit leurs heures ou quitté leur travail pour s’occuper à court terme d’un proche. Ces crédits permettent aux travailleurs de continuer à cotiser tout en s’occupant de leur proche. C’est un bon début, auquel les États-Unis n’ont pas encore adhéré.

Des exemples innovants existent dans les pays testant le congé de soutien familial. Ainsi, en Allemagne, de multiples programmes accordent du temps aux travailleurs pour s’occuper de leurs proches, notamment des congés payés et des congés de soutien familial.

La réponse du secteur privé

Les gouvernements ne sont pas les seuls à vouloir rendre meilleure la vie des aidants. Des groupes innovants repérés par AARP Best Employers International y contribuent aussi.

ThyssenKrupp, multinationale allemande et l’un des plus grands producteurs mondiaux d’acier, dispose d’une politique de ressources humaines orientée vers les étapes de la vie : ProZukunft. Il propose à ses salariés près de 400 plages horaires différentes faites sur mesure pour leurs besoins personnels.

ThyssenKrupp soutient les aidants d’enfants grâce à sa garderie, située sur le lieu de travail. Il soutient les aidants d’adultes grâce à une ligne médicale directe, en partenariat avec Novitas BKK Krankenkasse, et conseille ses employés sur les options de soins aux personnes âgés.

À l’autre bout du monde, l’institution financière Westpac Group a été l’une des premières organisations australiennes à répondre aux besoins des travailleurs plus âgés.

WestPac a mis en place un cadre de travail souple pour ces travailleurs, et continue d’étendre ces aménagements grâce à une politique innovante et à un ensemble d’outils favorisant des conditions de travail souples. Par exemple, les employés aidant des proches plus âgés ont à leur disposition un Carer’s Concierge.

En conclusion, les meilleures innovations en matière de congé de soutien familial proviennent de pays ayant une longue tradition de protection sociale, et d’entreprises souhaitant recruter et garder des employés plus âgés et expérimentés. Les États-Unis, entre autres pays, ont beaucoup à apprendre de ces exemples. Cependant, sans augmentation de la demande de travailleurs qualifiés et sans un meilleur argumentaire en leur faveur, les changements seront limités.

Les travailleurs peu qualifiés sont encore confrontés à de nombreuses difficultés, quel que soit leur pays. Cependant, pouvoirs publics et employeurs commencent à s’intéresser aux problèmes des travailleurs aidants. Toute modification, même marginale, de l’action publique ou des ressources humaines pourrait avoir un effet très positif sur la condition du salarié et ses perspectives de retraite.

 

Pour plus d’information sur l’AARP ou AARP Best Employers International, veuillez contacter Bradley Schurman à bschurman@aarp.org. Voir www.aarp.org

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