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Podium : ENGIE : permettre la transition énergétique

 

« Transition énergétique », « transition vers une économie bas carbone » : ces deux termes que nous employons régulièrement ne recouvrent en réalité qu’une partie du phénomène. Nous sommes au cœur d’une véritable révolution industrielle qui bouleverse le secteur énergétique et devrait en perturber d’autres, comme celui des transports.

 

Ce bouleversement a deux moteurs : la sensibilité des citoyens au changement climatique et la maturité croissante des technologies.

 

L’Accord de Paris sur le climat a marqué l’apogée du changement des mentalités sur les questions environnementales et climatiques. À cette occasion, 195 pays ont officiellement appuyé des politiques et des idées autrefois défendues avant tout par les scientifiques, convenant de lutter contre le changement climatique et de mettre en œuvre des plans d’action nationaux pour réduire les émissions de carbone.

 

Cette sensibilité croissante des citoyens a une autre conséquence : soucieux de leur image, les investisseurs ont commencé à se retirer des secteurs énergétiques fossiles au profit des sources d’énergie bas carbone. De grandes banques d’investissement comme JPMorgan, Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley se sont publiquement engagées à arrêter ou réduire leur soutien à des projets dans le charbon et à soutenir financièrement les énergies renouvelables.

 

L’appui des pouvoirs publics et des investisseurs a permis aux technologies renouvelables d’arriver rapidement à maturité. En 2008, le prix de revient de l’énergie solaire était d’environ 700 € par mégawattheure (MWh). En août 2016, le Chili a annoncé un nouveau prix record, à moins de 30 €/MWh. En avril 2017, ENGIE a remporté un projet solaire en Inde avec une offre de prix exceptionnelle pour ce pays, à environ 40 €/MWh.

 

Du fait de ces deux évolutions complémentaires (un large consensus sur le changement climatique et le progrès technologique), la révolution est irréversible, même si les récentes déclarations publiques de certaines personnalités, remettant en cause la lutte contre le changement climatique, ont pu donner l’impression qu’elle était compromise. Les incertitudes politiques pourraient ralentir la transition vers une économie bas carbone dans certaines parties du monde, mais nous avons dépassé le stade où un seul protagoniste, pour important qu’il fût, pouvait arrêter la révolution.

 

À quoi une économie bas carbone va-t-elle donc ressembler ?

 

Le secteur énergétique aura trois caractéristiques principales : il sera décarboné, décentralisé et numérique.

 

Commençons par la décarbonation. La part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique mondial va continuer de progresser. En y ayant recours pour satisfaire leurs besoins énergétiques, les pays en développement et émergents seront les moteurs du changement. L’Administration nationale de l’énergie de la Chine a annoncé son intention d’investir 335 milliards EUR dans la production d’énergie renouvelable d’ici 2020. En décembre 2016, l’Inde prédisait que d’ici 2027, sa puissance installée renouvelable représenterait 43 % du total, contre 14 % en 2016.

 

La part des renouvelables augmentera aussi dans les pays industrialisés, qui disposent déjà d’infrastructures énergétiques solides. En France, la nouvelle loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte fixe un objectif pour 2030 de 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation totale, contre 14 % en 2014. Le gaz naturel devrait, en complément des sources renouvelables, remplacer des combustibles plus carbonés.

 

Deuxième caractéristique : la décentralisation. La production décentralisée s’oppose sur bien des aspects au modèle traditionnel où une grande centrale approvisionne une région entière. Dans cette nouvelle configuration, l’énergie est produite par de petites unités. Il existe toute une gamme de systèmes décentralisés qui peuvent aller de systèmes d’autoconsommation avec panneaux solaires en toiture à des réseaux de distribution électrique à l’échelle de la ville ou du quartier, éventuellement autonomes, c’est-à-dire non reliés au réseau principal. La production d’électricité décentralisée est en phase avec le souhait du citoyen de donner du sens à sa consommation. Moyen fantastique de garantir l’accès à l’énergie au 1,2 milliard de personnes qui en sont dépourvues, elle constitue une alternative économiquement viable aux lourds investissements nécessaires pour développer le réseau. Dans certains pays, elle fait partie de la stratégie des autorités pour étendre l’accès à l’énergie. Le Rwanda, par exemple, espère fournir un accès à l’énergie à 20 % de sa population avec des systèmes solaires en autoconsommation d’ici 2018.

 

Enfin, le numérique. Les innovations comme les données massives, les compteurs intelligents, l’internet des objets, ou encore les chaînes de blocs, permettront une production et une utilisation de l’énergie plus efficaces. Elles sont aussi indispensables aux systèmes d’autoconsommation : pour gérer l’énergie dans un bâtiment, par exemple, il faut collecter des données, utiliser un logiciel d’ajustement de la production à la consommation en temps quasi-réel, et gérer l’interface du réseau.

 

Nous avons toutes les raisons d’être optimistes quant à la transition vers une économie bas carbone. Cette mutation radicale, déjà engagée sous la double impulsion des exigences du public et de l’innovation technologique, promet d’être une révolution foncièrement positive puisqu’elle nous donnera les moyens de relever les défis du changement climatique et de l’accès à l’énergie. Quels que soient les obstacles, des entreprises comme ENGIE, engagées dans la transition énergétique, peuvent être fières du rôle qu’elles jouent au service du progrès social.

 

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© L'Annuel de l'OCDE 2017 

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Isabelle Kocher
Directrice générale d’Engie

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