Partager

Education

Le nouveau rapport PISA de l’OCDE pointe des différences notables de comportement et d’investissement dans les questions mondiales et multiculturelles entres filles et garçons

 

22/10/2020 - L’école et le système éducatif échouent à donner aux garçons et aux filles de par le monde les mêmes chances d’acquérir des connaissances sur les questions mondiales et multiculturelles et de les appliquer, selon un nouveau rapport ; celui-ci présente la première évaluation, dans le cadre du programme PISA de l’OCDE, des connaissances, compétences et comportements des élèves à l’œuvre dans l’appréhension d’autrui et des autres cultures.

Le rapport, intitulé Are Students Ready to Thrive in an Interconnected World?, s’intéresse aux connaissances acquises par les élèves sur les questions d’importance nationale et mondiale, dont les questions de santé publique, d’économie et d’environnement, ainsi qu’à leurs connaissances, compétences et comportements interculturels. Les élèves de 27 pays et économies ont participé à cette évaluation. Les élèves, enseignants, parents d’élèves et chefs d’établissement d’environ 66 pays et économies y ont pris part en remplissant un questionnaire*.

Les résultats révèlent une différence entre filles et garçons dans leur accès aux possibilités d’acquérir des « compétences globales », ainsi que dans les compétences et comportements des élèves sur les questions mondiales et interculturelles. En moyenne dans les pays de l’OCDE, les garçons déclarent plus souvent que les filles qu’ils participent à des activités où l’on attend d’eux qu’ils expriment leurs points de vue et en discutent, tandis que les filles déclarent plus souvent que les garçons participer à des activités mettant en jeu la compréhension et la communication interculturelles.

Ainsi, il est plus fréquent que les garçons acquièrent des connaissances sur les interdépendances des économies dans le monde, recherchent des actualités sur Internet ou bien regardent des journaux d’information en classe avec leurs camarades. Ils sont également plus souvent sollicités par leurs professeurs pour donner leur avis sur l’actualité internationale, participer à des débats en classe sur les événements du monde et analyser les enjeux d’intérêt planétaire avec leurs camarades.

En revanche, les filles déclarent plus souvent que les garçons qu’elles apprennent à résoudre les conflits avec leurs camarades de classe, qu’on leur enseigne les différentes cultures et la manière dont les individus issus de cultures différentes peuvent avoir des visions différentes sur certaines questions. Selon le rapport, ces différences entre les sexes pourraient s’expliquer par les centres d’intérêt personnels ou par le sentiment d’efficacité personnelle, mais elles peuvent aussi refléter les modalités de socialisation des filles et des garçons à la maison et à l’école.

« L’éducation est primordiale pour aider les jeunes à s’y retrouver dans le monde d’aujourd’hui, toujours plus complexe et interconnecté », a déclaré Andreas Schleicher, qui dirige la Direction de l’éducation et des compétences de l’OCDE. « Les écoles et les systèmes éducatifs qui réussissent le mieux à transmettre aux jeunes des connaissances, des compétences et des comportements sur les questions d'intérêt mondial sont ceux qui proposent des programmes scolaires qui valorisent l’ouverture au monde, offrent un environnement pédagogique positif et inclusif et donnent la possibilité de nouer des liens avec des individus d’autres cultures ».

Les conclusions du rapport mettent en lumière le rôle essentiel que jouent les enseignants dans la promotion et l’intégration d’une dimension interculturelle dans leurs pratiques et dans les cours dispensés en classe. La majorité d’entre eux déclarent être sûrs de leur aptitude à enseigner dans un environnement multiculturel. Toutefois, l’absence de possibilités de perfectionnement professionnel adapté en la matière constitue un défi de taille. Les enseignants sont peu nombreux à déclarer avoir reçu une formation à l’enseignement dans un environnement multiculturel ou multilingue.

Plus de 90 % des élèves fréquentent des établissements dont le directeur fait état d’opinions positives sur le multiculturalisme parmi les enseignants. Or, les élèves qui perçoivent une attitude discriminatoire chez leurs professeurs à l’égard d’immigrés et d’individus issus d’autres milieux culturels, par exemple, présentent les mêmes comportements négatifs. Ce fait souligne le rôle essentiel que jouent, en tant que modèles identificatoires, les enseignants et les chefs d’établissement dans la lutte, ou dans la perpétuation, de ces discriminations.

Le rapport constate une forte corrélation entre les activités d’apprentissage des élèves à l’école et le fait d’avoir des comportements interculturels plus positifs. De même, l’apprentissage d’une ou deux langues étrangères présente une corrélation positive avec la sensibilité aux questions mondiales, l’intérêt pour la connaissance d’autres cultures, le respect des individus issus d’autres cultures et des attitudes positives vis-à-vis des immigrés.

En moyenne dans les pays de l’OCDE, 50 % des élèves déclarent apprendre au moins deux langues à l’école, 38 % déclarent en apprendre une seule et 12 % n’en apprendre aucune. Les pays où l’on observe la plus forte proportion d’élèves (plus de 20%) déclarant n’apprendre aucune langue étrangère à l’école sont l’Australie, Brunei Darussalam, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines, l’Arabie saoudite et l’Écosse. Dans 42 pays en revanche, 90 % des élèves déclarent apprendre au moins une langue étrangère à l’école.

Le rapport est disponible à http://www.oecd.org/fr/education/pisa-2018-results-volume-vi-d5f68679-en.htm

Les journalistes sont invités à prendre contact avec le Directeur de l’OCDE pour l’éducation et les compétences, Andreas Schleicher (Tél. :+ 33 1 45 24 93 66), ou avec la Division des médias de l’OCDE (Tél. :  + 33 1 45 24 97 00).

 

*Notes aux responsables de publication :

Les pays et économies ayant participé à l’évaluation sont les suivants : Albanie, Brunei Darussalam, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, Croatie, Écosse (Royaume-Uni), Espagne, Fédération de Russie, Grèce, Hong Kong (Chine), Indonésie, Israël, Kazakhstan, Lettonie, Lituanie, Malte, Maroc, Panama, Philippines, République slovaque, Serbie, Singapour, Taipei chinois et Thaïlande.

Les pays et économies ayant pris part seulement à l’enquête par questionnaire sont les suivants : Albanie, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Autriche, Bakou (Azerbaïdjan), Bélarus, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Brunei Darussalam, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, Croatie, Chypre, Écosse (Royaume-Uni), Émirats arabes unis, Espagne, Estonie, Fédération de Russie, France, Grèce, Hong Kong (Chine), Hongrie, Islande, Indonésie, Irlande, Israël, Italie, Jordanie, Kazakhstan, Kosovo, Lettonie, Liban, Lituanie, Macao (Chine), Malaisie, Malte, Mexique, Monténégro, Maroc, Nouvelle-Zélande, Macédoine du Nord, Panama, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, République de Moldova, République dominicaine, République slovaque, Roumanie, Serbie, Singapour, Slovénie, Suisse, Taipei chinois, Thaïlande, Turquie, Ukraine, Uruguay et Viet Nam.

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

Documents connexes