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Asie et Pacifique

Pour se redresser, les économies émergentes d’Asie devront surmonter des défis considérables en 2021

 


TOKYO, le 4 février 2021 – Selon la dernière édition des Perspectives économiques pour l’Asie du Sud-Est, la Chine et l’Inde 2021 : Réaffecter les ressources en faveur de la transformation numérique (Economic Outlook for Southeast Asia, China and India 2021: Reallocating resources for digitalisation), publiée aujourd’hui par le Centre de développement de l’OCDE, la croissance ralentit fortement dans les économies émergentes d’Asie, et le chemin de la reprise sera semé d’embûches tout au long de l’année 2021.



Dans les économies émergentes d’Asie (ASEAN-10, Chine et Inde), le produit intérieur brut (PIB) réel devrait reculer de 1.7 % en moyenne en 2020, avant de rebondir de 7.4 % en 2021, depuis un faible niveau de départ. Toujours selon ce rapport, le PIB réel moyen des pays de l’ASEAN devrait se contracter de 3.4 % en 2020 et augmenter de 5.1 % en 2021. En 2020, la contraction a été particulièrement marquée en Inde (-9.9 %) et aux Philippines (-9.0 %), tandis que le Viet Nam devrait afficher le taux de croissance de la production le plus élevé de la région, à 2.6 % selon les prévisions.


Le rebond attendu à court terme s’explique par l’amélioration de la situation financière et par les mesures monétaires et budgétaires d’envergure mises en place par les gouvernements. Un certain nombre de facteurs pourraient toutefois freiner la demande et l’investissement. En particulier, la situation du marché du travail restera fragile, tandis que les incertitudes qui entourent la conjoncture économique mondiale remettent en cause la contribution du secteur extérieur à la reprise. On prévoit également une hausse de l’endettement public et privé. En outre, si la qualité des actifs du secteur bancaire venait à se dégrader, les banques pourraient ne pas être en mesure de soutenir suffisamment la reprise. Enfin, les pressions inflationnistes devraient rester modérées en raison de l’atonie persistante de l’économie.

 

En 2021, la reprise dépendra des stratégies de gestion de la pandémie déployées par les différents pays et des capacités de ces derniers à maintenir les mesures de soutien. Les pays qui tireront le mieux leur épingle du jeu sont ceux dont la gestion de la pandémie est la plus efficace, notamment au niveau de la distribution des vaccins contre le COVID-19. Lorsque les craintes entourant le virus se dissiperont, le maintien des mesures de soutien aux ménages et aux entreprises permettra une reprise plus rapide. À mesure que se réduit la marge de manoeuvre monétaire et budgétaire, les responsables publics des économies émergentes d’Asie devront s’attacher à améliorer la transmission de leur politique monétaire et à accroître l’efficacité de leur politique budgétaire.


La pandémie de COVID-19 souligne l’importance de la santé et de l’éducation numériques. Dans ces deux domaines, les responsables politiques doivent lever les obstacles qui existent actuellement sur les plans de l’infrastructure, de la réglementation et du capital humain. Concernant la santé numérique, une réglementation claire est nécessaire afin de garantir la qualité des soins et le respect rigoureux des règles de protection des données. Les professionnels de santé doivent être formés aux outils numériques de manière à favoriser une adoption plus large de la santé numérique. En matière d’éducation numérique, il faut mettre l’accent sur le renforcement des compétences numériques des enseignants et sur la garantie qu’une éducation de qualité peut être préservée en cas d’enseignement à distance. En raison des perturbations engendrées par la pandémie dans divers secteurs de l’économie, l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) auront toute leur place dans le développement des compétences et la reconversion des travailleurs. En outre, une égalité d’accès à des équipements fiables, faciles à utiliser et d’un coût abordable garantira une répartition équitable des avantages de la santé et de l’éducation numériques.


Enfin, la pandémie accélère l’avènement de la quatrième révolution industrielle. Les technologies de l’industrie 4.0 permettent aux entreprises de rester en phase avec les besoins du marché. Pendant la pandémie, plusieurs économies émergentes d’Asie ont pris des mesures énergiques en faveur de la transformation numérique, le plus souvent en offrant des incitations aux entreprises de façon à encourager le commerce électronique et le passage au numérique pour leurs transactions et leurs circuits commerciaux. La capacité des pays à adopter les technologies de l’industrie 4.0 dépend de leur niveau de préparation et de leur structure économique. Les goulets d’étranglement les plus fréquemment cités sont le manque d’infrastructures et de connaissances adéquates, ainsi que les contraintes financières, en particulier pour les petites entreprises. Une plus grande coopération est nécessaire pour faire face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées et pour renforcer la cyberrésilience dans les économies émergentes d’Asie.
Le rapport a bénéficié du soutien des gouvernements de la Corée, du Japon et de la Suisse, ainsi que de l’Union européenne.


Pour plus d’informations sur l’édition 2021 des Perspectives économiques pour l’Asie du Sud-Est, la Chine et l’Inde, vous pouvez consulter le site.


Les journalistes sont invités à contacter M. Kensuke Tanaka, Chef de l’Unité Asie au Centre de développement de l’OCDE (Kensuke.Tanaka@oecd.org, tél. : +33 6 27 19 05 19), Mme Bochra Kriout au service de presse du Centre de développement de l’OCDE (Bochra.Kriout@oecd.org, tél. : +33 1 24 82 96) ou Mme Yumiko Yokokawa, Responsable médias et publications au Centre OCDE de Tokyo (Yumiko.Yokokawa@oecd.org, tél. : +81 3 55 32 00 21).

 

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