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Direction des affaires financières et des entreprises

L’investissement en Russie s’accroît, mais des préoccupations demeurent quant à l’action des pouvoirs publics, déclare l’OCDE

 

31/07/2008 - Selon un nouveau rapport de l’OCDE, les flux d’investissement internationaux avec la Russie ont atteint des niveaux record en 2007, avec 52 milliards USD d’entrées d’investissements directs étrangers (IDE) et 46 milliards USD investis par les entreprises russes à l’étranger. En 2007, l’investissement dans les ressources naturelles a triplé par rapport à l’année précédente et a représenté près de la moitié de l’IDE. Le secteur manufacturier est resté le deuxième destinataire, attirant près de 18 % de l’IDE.

Néanmoins, l’Examen 2008 de la politique de l'investissement de la Russie publié par l’OCDE souligne qu’il faudra améliorer encore le climat de l’investissement. Un recul sensible des prix de l’énergie serait préjudiciable à la croissance de long terme. Les goulets d’étranglement internes, notamment la pénurie de main-d’œuvre et le manque de compétences dans certains secteurs pourraient aussi mettre à mal le programme d’investissement du pays.

Le principal obstacle à la poursuite de l’investissement national et étranger en Russie demeure l’incertitude entourant la politique gouvernementale, notamment le risque d’un accroissement de l’ingérence de l’État dans l’économie et l’impact du report de réformes de l’administration et de la réglementation pourtant nécessaires.

Ce rapport analyse la réglementation russe de l’investissement, y compris la nouvelle loi de mai 2008 sur les secteurs stratégiques. Cette loi définit 42 secteurs dans lesquels les prises de contrôle d’entreprises par des investisseurs étrangers seront soumis à une autorisation préalable d’une commission gouvernementale spéciale. Cette loi marque une étape importante vers l’amélioration de Ia transparence et de la prévisibilité du dispositif juridique, souligne le rapport.

Toutefois, le délai de notification des décisions des autorités est plus long et la couverture sectorielle de la loi plus étendue que ce qui ressort des pratiques exemplaires préconisées par l’OCDE. D’après ces pratiques, les restrictions en matière d’investissement doivent en effet être étroitement ciblées sur les intérêts essentiels de la sécurité et l’ordre public et les délais d’examen des dossiers et des décisions doivent être limités. Par ailleurs, en faisant figurer des monopoles naturels dans les « secteurs stratégiques », le gouvernement étend son contrôle sur de larges pans de l’économie russe.

Le durcissement des restrictions relatives aux participations étrangères dans le secteur de la prospection et de l’extraction de pétrole et de gaz naturel risque d’aggraver encore les difficultés que connaît ce secteur qui a déjà bien du mal à faire face à des conditions d’exploitation difficiles et à une demande nationale et internationale croissante, avertit le rapport.

L’analyse de la politique d’investissement de la Russie dans le secteur de l’énergie montre que, contrairement au secteur amont du pétrole et du gaz et au transport de l’électricité dans lesquels l’État a renforcé son contrôle actionnarial et managérial, les pouvoirs publics mettent en œuvre une politique active d’ouverture du secteur de l’électricité aux investisseurs privés, y compris étrangers.

Pour encourager l’investissement par les entreprises étrangères et nationales, la Russie devrait adapter les prix intérieurs de l’énergie aux coûts de production, garantir les droits de propriété, améliorer la transparence des procédures fiscales et instaurer une véritable politique de la concurrence.

Le rapport observe que des progrès ont été accomplis ces dernières années par la Russie dans la communication d’informations concrètes sur la responsabilité sociale des entreprises, sous l’impulsion du développement des entreprises russes à l’étranger. Néanmoins, il reste beaucoup à faire, notamment en ce qui concerne les pratiques managériales de nature à favoriser les comportements responsables des entreprises. Le gouvernement a un important rôle à jouer à cet égard pour améliorer la crédibilité et la fiabilité de la Russie en tant que destinataire de l’investissement et investisseur à l’étranger.

La Russie est l’un des cinq pays avec le Chili, l’Estonie, Israël et la Slovénie, que l’OCDE a invités en mai 2007 à ouvrir des discussions en vue d’une adhésion à l’Organisation.

Le rapport Examen 2008 de la politique de l'investissement de la Russie : Renforcer le cadre politique pour l'investissement est à la disposition des journalistes auprès de la Division des relations avec les médias de l’OCDE (tél. + 33 1 45 24 97 00). Le rapport peut être obtenu auprès de la Librairie en ligne de l’OCDE. Les abonnés et les lecteurs des institutions abonnées peuvent obtenir la version en ligne du rapport via SourceOECD.

Pour plus de précisions, les journalistes sont invités à contacter Blanka Kalinova, économiste principale à la Division de l’investissement de l’OCDE (www.oecd.org/investissement) qui assure le secrétariat du Comité de l’investissement de l’OCDE (tél. + 33 1 45 24 89 23).

 

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