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Croissance verte et développement durable

Sommet des Chefs d’État et de gouvernement du G20, 22 novembre 2020

 

Votre Altesse Royale, Leurs Excellences,

Au-delà des pertes humaines, des emplois détruits, des millions de PME en difficulté et des secteurs entiers paralysés, comme le tourisme, la crise risque aussi d’entraîner un choc massif dû au redéploiement des ressources entre les secteurs et activités.

Cette crise a mis au jour les vulnérabilités de nos économies, de nos gouvernements et de nos sociétés.

Elle aggrave les inégalités déjà existantes, comme l’a montré son impact sur l’emploi des femmes et sur les travailleurs peu qualifiés ou précaires.

Le Communiqué convenu à la Réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des Ministres le mois dernier, sous la conduite du Président de l’Espagne, M. Pedro Sánchez, a tracé une trajectoire claire vers une reprise post COVID 19.

La reprise doit être ambitieuse. Nous devons mener des réformes qui aboutissent à un solide rebond, tout en continuant à protéger nos concitoyens. Les banques centrales et les gouvernements ne devraient pas retirer prématurément leur soutien à l'économie.

La reprise doit être inclusive. Nous devons atteindre les objectifs définis à Brisbane (sur la réduction des inégalités femmes-hommes sur le marché du travail) et à Antalya (sur l’emploi des jeunes) et mettre le financement international, tant public que privé, au service de la concrétisation des Objectifs de développement durable. Les systèmes de santé et de protection sociale devraient assurer à tous couverture et prestations.

La reprise doit être durable. Les dépenses publiques dommageables pour l’environnement, telles que les subventions accordées aux combustibles fossiles, l’emportent encore sur les investissements ayant des résultats positifs sur le plan environnemental. Pas moins de 60 % des émissions de CO2 ne sont pas encore taxées. La plupart des aides apportées aux entreprises pour faire face à la crise ne sont pas assorties de conditions liées à la protection de l’environnement. Nous pouvons faire mieux. Notre responsabilité première, la plus importante, vis-à-vis des générations à venir est la protection de la planète.

La reprise doit être placée sous le signe de la coopération.

Il s'agit tout d'abord de faire en sorte que les vaccins soient disponibles, accessibles, pour un prix abordable. Un véritable bien public mondial.

Cela veut dire également qu’il faut parvenir à un accord international, d'ici la mi 2021, sur les modalités de taxation de l'économie numérique, dans la logique du modèle de l’OCDE, et éviter ainsi une prolifération de mesures unilatérales qui déclencherait une guerre commerciale. Avec l’échange automatique de renseignements en matière fiscale, le G20 a déjà à son actif pareille réalisation. Quelque 84 millions de comptes bancaires d'une valeur équivalant à 10 000 milliards EUR ont déjà fait l’objet d’échanges automatiques de renseignements. Sous votre présidence, nous pouvons une fois encore rendre possible une telle avancée.

Nous félicitons l’Arabie saoudite des mesures importantes qu’elle a prises en vue de son adhésion à la Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption. J'invite ceux des membres du G20 qui ne l’ont pas encore fait, à l'imiter.

Votre Altesse Royale, Leurs Excellences, ce Sommet du G20 est pour moi le treizième; et le dernier. Permettez-moi de vous exprimer ma profonde gratitude d’avoir confié à l’OCDE la tâche de soutenir le G20 durant plus d'une décennie. Nous travaillons intensément avec l’Italie, qui assurera la présidence en 2021, et nous serons en contact avec l’Indonésie, qui lui succédera en 2022 et avec l’Inde, qui prendra le relais en 2023. Alors que nous célébrons le 75e anniversaire de l’ONU et le 60e anniversaire de l’OCDE, je vous quitte sur une dernière recommandation : Pensez multilatéral ! C’est le moyen le plus efficace pour concevoir, élaborer et mettre en œuvre des politiques meilleures pour une vie meilleure.

 

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