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Croissance verte et développement durable

Contenu en émissions de dioxyde de carbone des échanges internationaux

 

Données mises à jour en : novembre 2021

 

Les Tableaux Internationaux des Entrées-Sorties (TIES) de l'OCDE, combinés avec les émissions de CO2 liées à la combustion de fioul et d'autres statistiques industrielles, permettent d'estimer les rejets de CO2 imputables à la demande. Cela consiste répartir entre les économies de la demande finale (la consommation des ménages et l'investissement des secteurs d'activités) le contenu en dioxyde de carbone émis n'importe où dans le monde, le long des chaînes de production.

La base de données sur le Contenu en émissions de CO2 des échanges (TECO2) rassemble des indicateurs qui mettent en regard les émissions de dioxyde de carbone induites par la demande et celles liées à la production (du fait de la consommation des ménages et des secteurs d'activités d'un territoire). Mesurer les émissions de CO2 contenues dans les échanges extérieurs permet d'appréhender, dans son ensemble, l'impact des systèmes de production mondiaux sur l'environnement.

 

  • Méthodologie et résultats : Les émissions de CO2 imputables à la production et à la demande finale intérieure (Yamano et Guilhoto 2020)

 

Sont présentées dans la base de données TeCO2 : 

  • Les émissions de CO2 imputables à la production (i.e. selon les pays émetteurs)
  • Les émissions de CO2 induites par la demande finale intérieure (i.e. selon les pays de la demande)
  • Les exportations nettes d'émissions de CO2
  • Les émissions de COpar habitant liées à la production et à la demande
  • L'origine géographique du contenu en émissions de CO2 de la demande finale

 

Accès aux indicateurs: OECD.Stat 

Note: En cas de problème pour télécharger les fichiers, faire un clic droit et sélectionner "enregistrer sous".

En 2018, la Chine, les États-Unis, l'Inde, la Fédération de Russie, le Japon et l'Allemagne concentraient le plus d'émissions de dioxyde de carbone (cf. graphique ci-contre, dans lequel la zone Union Européenne, à 27 pays membres, figure également pour référence). Depuis 1995, les rejets de CO2 imputables à la demande et à la production ont fortement augmenté en Chine et en Inde, tandis qu'ils sont à la baisse au Japon, en Allemagne et dans les pays de l'Union Européenne. La Chine continue d'enregistrer les plus forts volumes d'émissions, tant sur le plan de la production que de la demande. Toutefois, entre 1995 et 2018, même si la Chine a triplé ses émissions de CO2 par habitant pour satisfaire la demande, les États-Unis ont, dans le même laps de temps, émis presque trois fois plus de CO2 par habitant que la Chine.

 

 

Les six principaux émetteurs de CO2 , selon l'approche production et demande

TeCO2 Chart1: Top emitters (web page)

Source: OCDE (2021), Contenu en émissions de CO2 des échanges internationaux, http://oe.cd/io-co2.

 

La différence (en net) entre les émissions de dioxyde de carbone liées à la production et celles dues à la demande est illustrée dans le graphique ci-après. Dans l'ensemble, les pays de l'OCDE sont des importateurs nets de contenu en carbone et les économies non Membres font généralement figure d'exportateurs nets. En effet, le volume des émissions induites par la demande (cf. la ligne bleue dans le graphique) est supérieur à celui lié à la production (cf. la ligne bleue en pointillés). A noter que les importations nettes de la zone OCDE (cf. la bande bleue) et les exportations nettes de la zone hors OCDE (cf. la bande verte) sont de même largeur, ce qui signifie que les importations nettes du contenu en CO2 de la zone OCDE correspondent aux exportations nettes du contenu en CO2 de la zone hors OCDE. Depuis 1995, les importations nettes en contenu CO2 des pays de l'Organisation ont progressivement augmenté puis n'ont cessé de décliner depuis 2006.

 

Les émissions de CO2 des pays de l'OCDE et des économies non Membres, selon l'approche production et demande

TeCO2 chart2: Net exporters net importers OECD vs Non-OECD (web page)

 

‌Cependant, les pays de l'OCDE ne sont pas tous nécessairement des importateurs nets de carbone, de même, certaines économies non Membres ne sont pas forcément des exportateurs nets de carbone. En 2018 par exemple, le Canada, la Corée, la Pologne, la Turquie, la République tchèque, les Pays-Bas et le Danemark figuraient au rang des exportateurs nets dans la zone OCDE, tandis que hors zone OCDE, l'Argentine et le Brésil apparaissaient comme des importateurs nets. Parmi les pays de l'OCDE et du G20, l'Australie, les États-Unis et l'Arabie saoudite (avec 16.7 tonnes de CO2concentraient, à eux trois, les plus forts volumes de dioxyde de carbone par habitant du point de vue de la demande, en outre, leurs émissions rapportées à la population excédaient, en moyenne, près de 8 fois celles des trois plus faibles émetteurs par habitant, le Brésil, l'Indonésie et l'Inde (avec 2.0 tonnes de CO2).

 

Émissions de CO2 par habitant, imputables à la production et à la demande, dans une sélection de pays

TeCO2 chart3: demand vs production based (web page)

 

 

Méthodologie

Les émissions imputables à la demande sont calculées à partir des "émissions de CO2 liées à la combustion" publiées par l'Agence Internationale pour l'ÉNergie (AIE) et des Tableaux Internationaux des Entrées-Sorties (TIES) de l'OCDE (édition 2021) . Ces deux sources de données permettent d'estimer les intensités des émissions de carbone imputables à la production, par branche d'activité et par pays. Une fois combinés avec la matrice inverse de Leontief des TIES, les indicateurs d'intensité permettent de calculer des coefficients multiplicateurs des émissions induites par la demande finale.

Les émissions de carbone induites par la demande finale, FD_CO2, sont calculées comme suit :

CC = diag(EF) (I-A)-1 Y

diag(EF) est le matrice diagonale du vecteur EF, de taille KN (i.e. K*N), et dont les valeurs correspondent aux intensités d'émissions de carbone par unité de production et par pays (i.e. les facteurs d'émissions), avec K = nombre de secteurs d'activités et N = nombre de pays ;

A est la matrice des coefficients intermédiaires fondée sur l'ensemble des pays et par conséquent, (I-A)-1 est la matrice inverse de Leontief calculée pour tous les pays : ces deux matrices sont toutes deux de taille KN x KN ;

Y est la matrice de taille KN x N correspondant à la demande finale de tous les pays ;

CC est la matrice des résultats, de taille KN x N.

Elle présente en ligne les branches d'activité et les pays à l'origine des émissions de carbone et en colonne, les pays de la demande finale où est consommé le contenu en émissions.

Le contenu en CO2 total de la demande finale par pays est quant à lui, estimé comme suit :

FD_CO2[c] = colsum(CC) + FNLC

colsum(CC) est le vecteur 1 x N correspondant au total des émissions incorporées dans la consommation des biens et services finals ;

FNLC est un vecteur de taille 1 x N correspondant aux émissions directement imputables à la consommation finale. Ces émissions proviennent généralement des transports routiers privés, mais peuvent également être imputables à d'autres types d'utilisations, tels que la cuisson au gaz. Pour tenir compte de l'ensemble des émissions, il est nécessaire d'ajouter les émissions directes à celles figurant dans la matrice CC. De même, pour comptabiliser toutes les émissions liées à la production, il faut ajouter aux lignes de la matrice CC les valeurs de FNLC (distribuées en premier lieu aux secteurs de la fabrication de produits pétroliers et à ceux de la fabrication et distribution d'électricité, de gaz et d'eau).

 

 

Références:

Yamano N. and J. Guilhoto (2020), "CO2 emissions embodied in international trade and domestic final demand: Methodology and results using the OECD Inter-Country Input-Output Database". OECD Science, Technology and Innovation Working Papers, No. 2020/11, OECD Publishing, Paris https://doi.org/10.1787/8f2963b8-en.

Wiebe K. and N. Yamano  (2016), "Estimating CO2 Emissions Embodied in Final Demand and Trade Using the OECD ICIO 2015: Methodology and Results". OECD Science, Technology and Innovation Working Papers, No. 2016/5, OECD Publishing, Paris, doi.org/10.1787/5jlrcm216xkl-en.

 

Toute question ou requête peut être envoyée à stan.contact@oecd.org, en précisant CO2 dans le titre de votre message. 

Veuillez citer la base de données comme suit : OCDE (2021), Contenu en émissions de CO2 des échanges (TeCO2). 

 


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