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Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE

Réunion G20 des Ministres des Finances et des Gouverneurs de Banques centrales, 20 novembre 2020

 

Allocution de M. Angel Gurría,

Secrétaire général de l’OCDE

OCDE, Paris, France, 20 novembre 2020

Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Depuis notre dernière réunion à la mi-octobre, plusieurs pays du G20 ont rétabli des mesures de confinement strictes qui ont ralenti la reprise économique. Des nouvelles prometteuses nous parviennent sur le front du vaccin. Néanmoins, il faudra encore du temps avant que des vaccins soient mis à la disposition de tous.

Dans l’hypothèse où une vaccination à grande échelle n’interviendrait pas avant fin 2021, l’année prochaine sera une année de transition durant laquelle il nous faudra bâtir les fondements d’une économie mondiale plus forte, plus résiliente, plus inclusive et plus durable.

Le rapport de l’OCDE consacré à la reprise économique que nous avons préparé à votre demande met en exergue un certain nombre de priorités essentielles de l'action publique à l'avenir :

En premier lieu, nous devons continuer d'aider nos concitoyens et nos entreprises viables les plus durement touchés par la pandémie jusqu’à ce qu’un vaccin soit largement disponible, au moyen de programmes ciblés de protection de l’emploi, de conditions financières accommodantes, d'apports de liquidités et de fonds propres dûment sélectionnés et d'une aide à la transformation numérique des PME. Il est crucial d’empêcher un « tsunami » de faillites d’entreprises l'année prochaine, qui entraînerait une montée en flèche des prêts improductifs avec des conséquences dommageables sur les bilans des banques, dont la fonction d’intermédiation du crédit se trouverait ainsi compromise, de sorte que cette crise de « l’économie réelle » se transformerait en crise bancaire et financière.

En second lieu, et concomitamment, il est impératif de ne PAS paralyser l'économie et de faciliter l'adaptation et la réaffectation des ressources en aidant nos concitoyens à trouver de nouveaux emplois grâce à des politiques de recyclage et d'aide à la recherche d’emploi ; en redynamisant nos économies par l'adaptation du droit de la concurrence à l’ère du numérique et l'adoption d’une législation efficace sur les faillites ; et en augmentant l’investissement public et privé dans la santé et le numérique, y compris dans les infrastructures numériques.

En troisième lieu, nous devons aligner la reprise sur les engagements pris au titre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Accord de Paris. Les responsables publics doivent envoyer des signaux politiques clairs en recourant à divers instruments, tels que les taxes et les réglementations environnementales. En outre, les mesures d’aide publique pourraient être conditionnées aux gains d’efficience et à l’amélioration des performances environnementales. Le G20 peut contribuer à structurer le nombre sans cesse croissant de normes en matière de finance durable afin d’offrir plus de transparence aux acteurs du marché et de prévenir le risque que le soutien aux ODD et à la transition verte ne soit que de façade.

Monsieur le Président, je tiens à vous remercier des efforts considérables que vous déployez pour défendre le multilatéralisme partout où le besoin se fait le plus sentir. Nous sommes résolus à accomplir de nouveaux progrès afin de « reconstruire sur de meilleures bases » sous la présidence de l’Italie en 2021.

Je vous remercie.

 

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