Objectif croissance, 2021

 

Allocution de M. Angel Gurría,

Secrétaire général de l’OCDE

Paris, 14 avril 2021

Cher M. Franco, chers amis,

Je suis très heureux de lancer l’édition 2021 de notre rapport Objectif croissance aux côtés du ministre italien de l’Économie et des Finances, M. Daniele Franco. Ministro, grazie per aver ospitato questo evento con noi.

Ce lancement a lieu à l’heure où la fin de la crise du COVID-19 est en vue et où nos économies commencent à se redresser. Le moment est venu d’examiner en quoi les politiques publiques peuvent être mises au service d’une reprise vigoureuse, résiliente, inclusive et verte.

Objectif croissance nous montre la voie pour réorienter la croissance après les mesures d’urgence sans précédent que les pays ont prises pour faire face à la pandémie. Pour chaque pays, nous avons mis en évidence les grandes priorités d’action pour une reprise dynamique – afin de « reconstruire sur de meilleures bases », selon l’expression consacrée ou de « construire pour un avenir meilleur », comme je préfère le dire.

Force est de reconnaître qu’avant la pandémie, tout n’allait pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Notre croissance passée n’était pas tenable, faisant bien trop de laissés pour compte. Elle était en outre, du moins dans les économies avancées, de plus en plus modeste. Nombre de nos économies ont été confrontées à plus d’une décennie de décélération de la croissance de la productivité, de déclin de la dynamique des entreprises, de persistance du chômage de longue durée et de très fortes inégalités des chances.

La reprise nous donne l’occasion de corriger nos politiques publiques pour asseoir une croissance qui soit plus forte, équitable et plus résiliente. Dans ce but, les gouvernements doivent agir dès à présent, et avec audace.

Il n’y a pas de stratégie uniforme, mais les conseils d’action dispensés dans ce rapport reposent sur trois grands piliers :

Le premier consiste à développer la résilience et la durabilité – en améliorant la couverture santé et les systèmes de protection sociale et en faisant payer ceux qui se livrent à des pratiques préjudiciables, sources d’émissions carbone et de pertes de la biodiversité. Il est grand temps de faire très lourdement payer le carbone ! Et le prix à payer devra s’alourdir encore au fil du temps pour tenir compte des crises environnementales auxquelles nous sommes confrontés. Les prix des émissions sont actuellement encore bien en-dessous du juste prix : dans les pays de l’OCDE et du G20 – qui sont responsables de 80 % des émissions dans le monde – 81 % de celles-ci se voient appliquer une tarification carbone inférieure à 60 euros par tonne de CO2, le prix cible qui aurait dû être atteint en 2020 pour être sur la bonne voie en vue d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Or, dans ces pays, le prix de la plupart des émissions est toujours inférieur à 30 euros la tonne ! C’est dire à quel point nous sommes encore très loin du compte.

Je développerai plus avant ces thématiques lors de ma dernière conférence biennale sur le climat, en tant que Secrétaire général de l’OCDE, qui se tiendra le 21 avril sous la forme d’une discussion avec Lord Nicholas Stern et Mme Laurence Tubiana.

Le deuxième pilier est celui de la levée des obstacles à la réaffectation des ressources en vue de faciliter le changement de paradigme économique. Dans cette optique, il faut aider les travailleurs qui veulent changer d’emploi et les entrepreneurs qui veulent lancer des entreprises innovantes, et liquider les activités improductives et polluantes. Pour ce qui est de l’Italie, par exemple, cela signifie améliorer l’efficacité de l’administration publique et de la réglementation – notamment par une réforme du régime des faillites – afin de promouvoir la croissance des entreprises productives.

Le troisième pilier enfin, consiste à aider les individus confrontés à des phases de transition, que ce soit lorsqu’ils ont besoin de se perfectionner pour trouver un nouvel emploi, de s’occuper de leurs enfants ou de leurs aînés et qu’ils ne peuvent pas travailler, ou lorsqu’ils tombent malades. Dans les pays avancés, les dispositifs de maintien dans l'emploi ont bénéficié à beaucoup de gens mais pas toujours aux travailleurs indépendants et aux travailleurs de l’économie à la demande, alors que ceux de l’économie informelle ne peuvent compter sur aucun filet de protection sociale. En raison de l’incidence élevée de l’informalité dans les économies émergentes et à faible revenu, ce problème s’y pose avec une acuité particulière.

L’édition 2021 du rapport Objectif croissance présente aussi pour la première fois les priorités de la politique structurelle dans plusieurs domaines où la coopération internationale est essentielle. Les priorités immédiates englobent les campagnes de vaccination contre le COVID-19 et la fiscalité des multinationales dans l’économie numérique, domaines dans lesquels l’OCDE s’efforce de parvenir bientôt à une solution au niveau mondial.

Chers amis,

La phase de reprise après la pandémie offre une occasion unique de réinventer et d’améliorer nos systèmes économiques. Nous espérons que cette toute dernière édition d’Objectif croissance pourra utilement nourrir la réflexion des décideurs, car nous visons par-dessus tout à asseoir une croissance plus équitable, plus verte et plus résiliente pour les générations futures. Pour atteindre ce but, vous pouvez compter sur l’OCDE !

M. Franco, vous avez la parole.

Je vous remercie.

 

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