Forum mondial de l’OCDE sur l’intégrité et la lutte contre la corruption 2021, 23 mars 2021

 

Allocution de M. Angel Gurría,

Secrétaire général de l’OCDE

Paris, 23 mars 2021

Bienvenue à l’édition 2021 du Forum mondial de l’OCDE sur l’intégrité et la lutte contre la corruption.

Je tiens tout d’abord à remercier le gouvernement du Royaume-Uni pour le soutien permanent qu’il apporte au Forum.

Un an après l’apparition de la pandémie de COVID-19, les problèmes qu’elle a soulevés continuent d'affecter largement nos économies et nos sociétés – et ont aussi montré à quel point il est urgent de lutter contre la corruption. En raison des mesures d’urgence prises par les pouvoirs publics pour combattre la pandémie, quitte à parfois contourner la réglementation et les procédures en place pour privilégier la rapidité d’action, de nombreux services se sont retrouvés exposés à un risque accru de corruption.

Les pays ne ménagent aucun effort pour assurer une reprise de meilleure qualité et plus résiliente. Toutefois, cette reprise dépendra du degré de confiance qu’aura la population dans la capacité des pouvoirs publics à produire des résultats et à préserver les intérêts à long terme.

C’est pourquoi nous devons continuer de lutter énergiquement contre la corruption et guider les efforts de sortie de crise avec intégrité. L’OCDE a apporté sa contribution en la matière et je suis fier aujourd'hui de lancer notre nouvelle boîte à outils sur l’intégrité publique. Cet instrument offre aux professionnels du secteur public une panoplie d'outils numériques de premier ordre pour promouvoir l’intégrité publique et lutter contre la corruption.

La semaine prochaine, nous lancerons également à destination du secteur privé un nouvel outil interactif en ligne sur l’évaluation des risques de corruption, afin d’aider les entreprises à mieux cerner les risques de corruption dans le cadre de leurs activités, et à y faire face.

Lorsqu’il s’agit de promouvoir l’intégrité, l’OCDE est à pied d'œuvre. Permettez-moi de présenter brièvement quelques axes majeurs de nos travaux.

En premier lieu, depuis plus de vingt ans, l’OCDE pilote l’action menée contre la corruption transnationale au moyen de sa Convention sur la lutte contre la corruption et aide les pays à adopter des législations pour combattre la corruption dans les entreprises. Fin 2019, 651 personnes physiques et 230 personnes morales faisaient l’objet de sanctions pénales pour des infractions de corruption transnationale.

En deuxième lieu, nous nous employons à promouvoir l’intégrité des administrations publiques et des entreprises de façon à susciter la confiance, notamment grâce à notre Recommandation sur l’intégrité publique, aux Principes de l’OCDE pour la transparence et l'intégrité des activités de lobbying, aux Lignes directrices sur l’intégrité et la lutte contre la corruption dans les entreprises publiques et à notre Initiative sur la confiance dans les entreprises.

En troisième lieu, nous luttons contre les infractions à caractère fiscal et les autres infractions financières qui entraînent un détournement des fonds destinés au secteur public alors que celui-ci en a cruellement besoin. En 2019, près d’une centaine de pays ont échangé des renseignements de façon automatique sur 84 millions de comptes financiers représentant une valeur totale de 10 000 milliards EUR . Notre nouveau rapport intitulé En finir avec les montages financiers abusifs décrit également les stratégies à adopter pour lutter contre les professionnels qui facilitent les infractions à caractère fiscal.

En quatrième lieu, nous luttons contre la corruption dans les pays en développement, où elle représente un coût d’environ 1 260 milliards USD par an . À la faveur de la Recommandation du Conseil de l’OCDE à l’intention des acteurs de la coopération pour le développement sur la gestion du risque de corruption, nous aidons activement les donneurs à coordonner plus efficacement leur action et à apporter une réponse collective face aux affaires de corruption survenant dans des pays partenaires.

Enfin, et surtout, les travaux menés par l’OCDE dans le cadre du G20 et d’autres enceintes mondiales jouent un rôle déterminant pour promouvoir une mondialisation fondée sur des règles. Nous sommes fiers d’apporter notre appui à la présidence italienne du G20 dans les domaines de l’amélioration de la mesure de la corruption, de la lutte contre la corruption comme facilitateur d’autres infractions ou encore de la promotion de la lutte contre la corruption dans le sport.

À l’avenir, nous continuerons de nous employer à garantir aux contribuables un retour sur investissement optimal en luttant contre la fraude, le gaspillage et l’utilisation abusive des ressources publiques. Nous nous attacherons également à analyser les moyens permettant de limiter les influences indues dans l’action publique et de garantir l’intégrité ainsi des processus de reddition de comptes robustes – autant d’aspects que le Réseau des hauts responsables de centres de gouvernement de l’OCDE, il y a deux semaines, a soulignés comme étant essentiels à la reprise.

Cher amis,

Alors que les gouvernements du monde entier continuent de lutter contre la pandémie, la restauration de la confiance du public sera indispensable pour reconstruire sur de meilleures bases. Soyez assurés que l’OCDE continuera d'œuvrer à vos côtés, et dans votre intérêt, pour livrer ce combat et façonner un monde de l’après-COVID qui soit plus inclusif, plus juste et plus vert.

Je vous remercie.

 

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